Communiqué de presse du 3 septembre 2007 des administrateurs salariés CGT de Gaz de France

Le conseil d’administration de GDF s’est réuni dimanche 2 septembre 2007 à propos du projet de fusion Suez -GDF.

Manifestement, la direction de Gaz de France a été mise devant le fait accompli vendredi et n’a eu que deux jours pour travailler.

Si le projet est certes relancé, il apparaît poser des questions complexes, qui ont notamment justifié la longueur du conseil d’administration, et demandera un délai très long. A la complexité initiale du dossier s’ajoute la scission du pôle environnement de Suez et sa filialisation.

L’approbation du communiqué de presse par le conseil et le mandat donné au Président pour continuer les travaux ne signifient pas, et de loin, la fin mais au contraire le tout début d’un processus dont l’aboutissement est loin d’être assuré. L’ensemble des administrateurs salariés se sont opposés à l’orientation proposée.

Les administrateurs salariés CGT ont rappelé leur analyse.

Le projet de fusion Suez- GDF annoncé dans la presse comme résultant de l’accord entre le Président Sarkozy et les actionnaires de Suez n’est ni plus ni moins que le projet Villepin de 2006.

Il consiste à privatiser Gaz de France. La minorité de blocage que conserverait l’Etat ne lui permettra nullement de piloter l’entreprise, alors même que le chef de l’Etat et le gouvernement rappellent en permanence le caractère stratégique du secteur de l’énergie face aux enjeux d’approvisionnement et d’environnement. Il s’agit d’un reniement du Ministre Sarkozy qui s’est engagé solennellement devant les salariés et devant le Parlement de ne jamais privatiser Edf et Gaz de France.

Cette privatisation, si elle intervenait, livrerait l’entreprise aux appétits financiers qui demanderaient la fin des tarifs administrés du gaz et l’alignement sur les prix de marché. On comprend pourquoi il a été beaucoup question pendant l’été du maintien des tarifs de l’électricité mais pas du gaz. C’est un renchérissement des factures qui attend les consommateurs si ce projet voyait le jour.

Ce projet ne serait pas sans conséquences sur l’activité de distribution. Celle-ci constitue pourtant un élément essentiel du service public, d’ailleurs toujours en monopole : égalité d’accès à l’énergie, maintenance et sécurité des réseaux, services de proximité. Sur ce plan également, les usagers ont tout à craindre.

Ce projet organiserait la concurrence frontale entre EDF d’une part et GDF Suez de l’autre et la fin du service commun de distribution. Au contraire, le seul projet qui tienne la route est le rapprochement d’EDF et de GDF : il répond à la fois aux enjeux industriels, au maintien du service public et de la propriété publique. Le rapprochement EDF-GDF exige une volonté politique de l’imposer, notamment vis à vis de la Commission Européenne. En actant le projet de privatisation, le Président ferme la porte à cette solution et abdique devant les exigences du marché et de la Commission Européenne.

Outre les conséquences pour l’énergie, le projet marquerait l’éclatement de Suez avec la cession du pôle environnement ce qui constitue un risque important pour le personnel de ce pôle.

Enfin, le projet Villepin prévoyait une soulte de 1,2 milliard d’euros versée aux actionnaires de Suez sous forme de dividende exceptionnel. Le projet Sarkozy prévoit une soulte de 8 à 10 milliards d’euros financée par la vente du secteur environnement. Il s’agit bien d’une capitulation devant les actionnaires de Suez.

Les administrateurs CGT s’opposent à ce projet néfaste et exigent que le rapprochement EDF-GDF fasse l’objet d’un débat sérieux et public car c’est le seul à même de répondre aux besoins des consommateurs et des enjeux énergétiques.


 
 
 
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