Nul repos dans les marges !

par Thierry renard

à Carla, ma petite dernière, née le 25 février 2007
à Mohamed, l’ami volontairement disparu ce 26 août
"Malgré mon désir de meurtre, j’étais presque fier de ne pas avoir tué Floyd. Ou plutôt soulagé."
Jim Harrison, Retour en terre.

Le titre peut surprendre, il a été puisé dans l’œuvre du regretté Jean-Claude Izzo, et je me le suis déjà réservé pour mon prochain recueil. Nul repos dans les marges, voilà qui en dit long, bien plus long que tous les discours du moment. Cela pourrait également se traduire par, comme le prétend un ami très cher, « rien ne résiste au travail ».... Vous l’aurez compris, camarades lectrices et camarades lecteurs, c’est bien la rentrée. La rentrée politique, littéraire... La rentrée des classes. De toutes les classes - surtout des plus démunies. Nous y sommes, donc. L’été a fait long feu, lui aussi. Et je remercie mes amis Bernard Giusti et Valère Staraselski de m’offrir cet espace de liberté afin de vous inciter à venir nous rejoindre du côté de Vendémiaire - sur le sable encore brûlant des plages et des pages de la toile.

Rentrée littéraire. Avec ses flots incessants, répétés, de parutions diverses : romans, essais, nouvelles, traductions... Chacun trouvera bien quelque chose à son goût. Il ne faut pas désespérer. Jamais ! Et tant pis, ou tant mieux, si mes lectures du moment ne s’inscrivent pas forcément, et pas toutes, dans l’air du temps. René Char, tout d’abord, dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance. René Char pour ces mots, surtout pour ces mots : « Ma vie future, c’est ton visage quand tu dors ». Samuel Beckett, Beckett que je cite de mémoire, mais de mémoire vive : "Nul avenir là. Hélas si." Et, aussi, Annie Le Brun, Brigitte Giraud, Pierre Autin-Grenier, John Giorno, Krishnamurti... Et encore Jim Harrison dont le dernier ouvrage, Retour en terre, est l’un des meilleurs - à mes yeux. Et Albert Camus, dont on fêtera (à Lyon) le mercredi 17 octobre prochain le cinquantième anniversaire du Prix Nobel. J’en oublie, un peu, sûrement. Mais l’essentiel est là !

Rentrée politique. Je ne parlerai pas de « notre » Président, il est déjà tellement partout, partout, partout... Sur tous les fronts, dans toutes les têtes. Je ne parlerai pas la langue de bois. Je parlerai, plutôt, de ma famille naturelle, ou d’adoption, de mon camp privilégié, de ma tribu, de mon clan... LA GAUCHE ! Je parlerai de toute la gauche - toutes les gauches. Et oui, le cadavre bouge encore. Rassurez-vous, je ne vais pas en faire des tonnes. Commentaires, analyses, critiques, autocritiques, rénovation, changement, REVOLUTION... Tout a été chanté, et sur tous les toits. Là encore, il ne faut pas désespérer - jamais ! Mais, comme l’a écrit, un jour, un (autre) ami : "un bel avenir derrière moi". Alors, oui, permettez-moi de m’insurger un peu. De réveiller mes vieilles ardeurs. D’attiser mon ancienne flamme. Je le dis simplement, sans prendre de la hauteur, je le dis fermement et modestement à la fois, nous avons bien mérité cette déconvenue, cette déculottée. Car nous sommes loin, vraiment, d’être à la hauteur de ces temps nouveaux.

Et je profite de l’espace qui m’est agréablement offert pour nous redonner à tous quelques bons conseils, certains vieux comme le monde... Pour apporter, de nouveau, ma pierre au frêle édifice qui nous appartient encore. D’abord, souvenons-nous, l’union fait la force et la révolution le beau temps. La politique, comme l’amour, l’humour, la poésie ou la liberté, est sans cesse à réinventer. Souvenons-nous, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Souvenons-nous encore... Et puis soyons intelligents, audacieux, décomplexés. Soyons vivants ! Soyons humains... Et cessons d’accuser tout le temps nos adversaires de nos propres faiblesses ou incompétences... Nous ne sommes plus debout face au miroir. Respectons-les, respectons-nous... Et si nous ne croyons plus vraiment à la lutte des classes, n’allons pas trop loin dans "la lutte des places" - le mot n’est pas de moi, mais d’un député que je fréquente.

Bon, d’accord, moi aussi j’ai fait dans la dentelle. Des mots, toujours des mots, encore des mots... Et de trop nombreux maux par-dessus le marché. Pour finir sur ce chapitre-là, permettez-moi, permettez-moi d’insister... il y a un mot qu’il faudrait jeter aux orties, et c’est le mot RUPTURE. À force de l’utiliser, de le galvauder, il a perdu tout son sens et est devenu très laid.
Bon, ne cédons pas au marasme ! Vivons sainement notre joie, notre colère ! En ces temps de Fête de l’Huma, ayons le cœur et les yeux grands ouverts.

Una lunga storia per liberare l’umanità dal capitalismo ! Una storia con noi, con i communisti !
C’est écrit dans le vif de l’émotion, peut-être dans le vif du vivant.
C’est écrit d’un bond - en avant !

Allez, camarades,
Affectueusement vôtre.

Thierry Renard
Écrivain et bientôt magicien
(nuit du 4 au 5 septembre 2007)


 
P.S.

Source : Vendémiaire

 
 
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