Liban : "Ils" reviennent !

Les derniers évènements vont ouvrir les yeux aux innocents qui s’étaient réjouis du départ de l’armée syrienne du Liban.
En effet, après l’échec de la nouvelle invasion du pays tentée par Israël en Juillet 2006, on passe aux choses sérieuses et l’armée US va reprendre pied dans le pays.

Les médias libanais confirment en effet la prochaine installation de l’armée US dans le Nord du pays.

Cette décision, prise par l’Amiral FALLON, commandant du CENTCOM - commandement US pour l’Europe et le Moyen-Orient - fait suite à des visites conduites sur le terrain au printemps 2007 par des officiers généraux US et turcs. (Elle semble également éclairer la position de l’Amiral FALLON qui ne veut pas d’attaque contre l’Iran, au moins tant qu’il n’est pas prêt.)

Il s’agit d’une installation lourde, en l’occurrence une base aérienne.

Elle sera située à KEIAT en bord de mer à quelques kilomètres de la frontière syrienne. Emplacement remarquable pour contrôler tout l’espace entre la frontière turque et la frontière israélienne. De plus, si les actuelles tensions entre ANKARA et WASHINGTON devaient rendre difficile l’utilisation par l’US AIR FORCE de la base turque de DIYARBAKIR, la base de KEIAT pourrait être utilisée à sa place pour lancer, par-dessus la Syrie, des raids sur le Nord Irak ou sur le Nord Iran.

Il s’agit du grand retour de l’armée US sur le sol libanais après son départ en 1984. Celui-ci fit suite à l’attentat suicide qui, le 23 Octobre 1983, avait coûté la vie à 241 marines US dans leur caserne de Beyrouth. Le même jour 56 soldats français perdaient la vie dans un second attentat à quelques kilomètres du précédent. Ces attentats, attribués au Hezbollah qui ne les a jamais revendiqués, a été considéré par VICTOR et HOY OSTROVSKI dans leur livre « BY WAY OF DECEPTION » (St Martins Press 1990) comme une opération montée par le Mossad et correspondant à une volonté du gouvernement israélien de chasser les troupes US et françaises du Liban où elles se trouvaient en réponse au massacre de Sabra et Chatila (Septembre 1982) et pour permettre le départ de l’OLP vers Tunis.

Il faut l’interpréter comme une reprise en gestion directe de la guerre du Proche-Orient par l’armée US et comme un terme mis au recours au sous-traitant israélien dont les dernières performances militaires n’ont pas été convaincantes, malgré les flots de dollars investis.

Cette reprise en mains est la conséquence du retour sur la scène diplomatico-militaire internationale de la Russie qui fournit du matériel militaire à la Syrie et entretient avec la Turquie des relations de plus en plus confiantes.

Cette décision de stratégie militaire régionale a aussi des incidences locales :

- le chantier d’aménagement de la base - il s’agit pour l’instant d’un simple aérodrome qu’il va falloir transformer en forteresse - ne saurait échapper au principal groupe de travaux publics au Liban : le groupe HARIRI. Les bons esprits qui font métier de lutter contre le blanchiment d’argent et contre le financement du terrorisme n’iront certainement pas regarder dans les comptes du groupe HARIRI pour voir si les travaux de KEIAT sont surfacturés : il n’y aura ni appel d’offres, ni audit .....

- la base de KEIAT est à une dizaine de kilomètres au nord du camp palestinien de NAHR EL BARED d’où il sera possible de suivre à l’œil nu tous les mouvements d’avion. Les militaires US auraient bien aimé que ce regard indiscret - la direction du camp passe pour très prosyrienne - soit supprimé. Malgré l’opération menée par le groupe mal connu : FATAH AL ISLAM ayant conduit à sa destruction partielle le camp demeure parce que les réfugiés n’ont pas d’autre endroit où aller. A moins qu’avec les superbénéfices qu’il fera à KEIAT le groupe HARIRI ne fasse un geste « humanitaire » pour les reloger à bonne distance des bombardiers et des aviateurs US.


 
P.S.

Souce : COMAGUER, buletin N° 176 bis.

 
 
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