La langue Basque et la charte des langues minoritaires

Pourquoi la France ne veut pas ratifier la charte des langues minoritaires ?
A l’heure ou on parle de changement de constitution, la France se doit de ratifier la charte

Depuis l’époque de nos chers rois,la France qui venait tout juste de prendre sa forme actuelle ( ou presque) après de multiples guerres,transactions et mariages a mis en place une politique d’assimilation des « régions » : La nomination des préfets, recteurs et autres postes clés a été minutieusement choisie, l’implantation des industries calculées, l’enseignement et les services publics cloisonnés... La révolution n’a fait qu’accentuer ce processus, notamment par le découpage des actuels départements. Tout a été mis en œuvre pour une « francisation » forcée. L’exemple de la Bretagne est flagrante : le Breton est actuellement en grand danger, le chômage important. N’a t on pas dit aussi que les Bretons était tous des paysans ? Un certain Jean marie Deguignet nous rappelle dans ses mémoires d’un paysan bas-breton que lorsqu’il s’était engagé dans les armées de Napoléon trois, les gens ne se comprenaient pas. Il y avait les Alsaciens, les Occitans, les Bretons, etc.
Ce n’est pas si vieux ! Monsieur Poignant, maire de Quimper avait rendu un rapport en 1998 à M. Jospin. Voici un extrait de son introduction : « Les langues régionales sont une richesse de notre patrimoine culturel...Le temps est révolu où l’état pouvait considérer que l’enseignement de ces langues était de nature à menacer l’unité nationale... »

En ce qui concerne le Pays Basque il y a aujourd’hui un large consensus des scientifiques pour considérer que la langue Basque est une survivance des langues parlées en Europe avant l’Indoeuropéeniasation. Rappelons que toutes les langues Européennes sauf le Lapon, le Hongrois, le Finlandais et le Basque, sont issues d’une même langue dont le peuple vivait certainement aux alentours de la Turquie actuelle voilà 6 ou 7000 ans.
Les premières traces écrites de la présence du peuple basque nous sont donnés par les Romains ( Vascons). Malheureusement aucune trace antérieure, mais la certitude qu’un Peuple était là depuis très longtemps.
Il y a actuellement environ 600 000 bascophones, dont 60 000 du coté Français. On sait qu’une langue dominée employée par un groupe bilingue, lui même intégré dans une population monolingue est condamnée à disparaître sauf si elle bénéficie d’un statut protecteur. Si le Basque survit, l’honneur en reviendra a l’Espagne qui malgré les nombreuses difficultés que l’on connaît a rendu un statut social à la langue. Mais rien n’est encore acquis et loin de là, d’ailleurs est elle sur la liste de l’Unesco des langues gravement menacées !
Alors doit on effacer cette histoire millénaire ou doit on mettre en œuvre une politique pour sa subsistance ? Voilà la question qui se pose actuellement. La France cette grande démocratie donneuse de leçon pour les kurdes, les Tchétchenes, ou les Indiens d’Amazonie, veut-elle continuer la politique de Richelieu et Colbert ou veut-elle sauvegarder le patrimoine universel qu’elle possède ?
La charte a été signé par le gouvernement Jospin, mais ce n’est qu’un leurre car il faut maintenant la ratifier et cela nécessite la modification de la constitution. Aucun gouvernement n’a eu le courage de le faire, ni de droite ni de gauche... Pourtant durant sa campagne présidentielle même Mitterand en 1981 avait promis ce changement de statut.
Seules la France et l’Italie, en Europe occidentale, n’ont pas encore voulu franchir le pas. _ Nous savons aussi que le bilinguisme est source de richesse pour nos enfants. Les chiffres le prouvent. Cela facilite l’acquisition d’une troisième et quatrième langue.
Alors pourquoi ?

J.- P. Michelena

Petit résumé du traité

Ce traité prévoit la protection et la promotion des langues régionales et minoritaires historiques .Son élaboration est justifiée ,d’une part, par le souci de maintenir et de développer les traditions et le patrimoine culturels européens, d’autre part ,par le respect du droit imprescriptible et universellement reconnu de pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans le vie privée et publique.

Elle contient tout d’abord des objectifs et principes que les parties s’engagent à respecter pour toutes les langues régionales ou minoritaires existant sur leur territoire : respect de l’aire géographique de chacune de ces langues, nécessité d’une promotion, facilité et/ou encouragement de leur usage oral et écrit dans la vie publique et privée (par des moyens adéquats d’enseignement et d’étude, par des échanges transnationaux pour ces langues qui sont pratiqués sous une forme identique ou proche dans d’autre États )

Ensuite, la charte énumère toute une série de mesures à prendre pour favoriser l’emploi des langues régionales ou minoritaires dans la vie publique. Ces mesures couvrent les domaines suivants : l’enseignement, la justice, les autorités administratives et les services publics, les médias, les activités et équipements culturels, la vie économique et sociale et les échanges transfrontaliers. Chaque partie s’engage à appliquer au moins 35 paragraphes ou alinéas parmi ces mesures dont un certain nombre est à choisir obligatoirement parmi un noyau dur . De plus, chaque partie doit spécifier dans son instrument de ratification chaque langue régionale ou minoritaire répandue sur l’ensemble ou une partie de son territoire à laquelle s’appliquent les paragraphes choisis.


 
 
 
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