Le centre en France

Le centre à pendant longtemps été le Parti Républicain, radical et radical-socialiste ( à ne pas confondre avec le Parti Radical de Gauche ou le Parti Radical Valoisien ) plus souvent appelé Parti Radical et dont les figures étaient Daladier ou Herriot avant la guerre, puis Edgar Faure ou Pierre Mendès France. C’est ce dernier qui fut réellement le premier vrai centriste puisqu’en 1955 il dirigea un gouvernement dans lequel se trouvèrent Edgar Faure, des gaullistes et des MRP (voir plus bas) ainsi que Chaban-Delmas et François Mitterand. Son gouvernement est même assuré de l’investiture des voix communistes ! Malheureusement, sa tentative échoura malgré qu’il aie réussi à conclure la paix en Indochine. C’est la Communauté Européenne de Défense qui précipitera sa chute. Plus tard JJ Servan-Schreiber prendra la tête du parti et le fera entrer dans l’UDF.

Aux côtés de ce Parti Radical qui a été de tous les gouvernements durant 70 ans, on trouve une autre force Centriste, le Mouvement Républicain Populaire. Ce parti ce voulait le Parti des résistants démocrates-chrétiens et avait comme leaders Pierre Pfilmin, Robert Schuman et qui compta également l’abbé Pierre dans ses rangs (il fut député de 1946 à 1951) et Jean Lecanuet. Mais à la suite de désaccords sur la question algérienne, le parti se divise. Sa chute débutera réellement en 1962, lorsque les ministres MRP du gouvernement Poupidou démissionnent à la suite des propos de de Gaulle sur l’Europe à Strasbourg. Le MRP cesse d’émettre le 13 Septembre 1967.

Et parallèlement à la chute de ses deux partis politiques, c’est d’abord le groupe des républicains indépendants puis l’UDF qui représentera le courant centriste. Étant d’abord une des composante de la majorité gaulliste, elle prend au fur et à mesure son indépendance vis à vis de l’UDR, puis du RPR. L’acte marquant cette rupture fut la naissance de l’UDF regroupant le Parti Républicain, le CDS de Lecanuet et le parti Radical de JJSS. Mais malgré cet effort, l’UDF du président Giscard d’Estaing reste ultra-dépendant du RPR, et ne dispose pas d’une majorité propre à l’Assemblée. Le président VGE reste donc bien encré à droite, même si Barre fait tout pour passer la barre au Centre ! Le tout aboutira à la défaite de VGE en 1981, car non soutenu par le RPR de Chirac au second tour.

Lors de la présidence socialiste, certains UDF "historiques" rejoindront les gouvernements de Mitterand puis soutiendront la candidature de Barre en 1988 - le seul vrai centriste à l’époque !, puis l’UDF soutiendra Balladur à l’élection présidentielle de 1995. Autant dire que les limites du Centre entre la Gauche et la Droite étaient plus qu’indéfinies ! Pour tout dire, c’était un sacré bazar le centrisme !

Et puis peu à peu, une personnalité c’est imposée au sein de cet imbroglio centriste. Je ne vais pas jouer le suspense, cette personne c’est François Bayrou. Après avoir fait parti de ce système alliant Centre et RPR - il a soutenu Balludur en 1995 et à été ministre de l’Éducation de Juppé - il s’en détache peu à peu dès 1997. Et la rupture, l’indépendance et la création aura lieu pour de bon en 2002, lors du congrès de création de l’UMP. Non je ne me suis pas trompé, j’ai bien écrit UMP. C’est en effet lors du congrès du Bourjet que Bayrou officialisera la séparation. Bien sûr les mauvaises langues disent que le centre majoritaire, celui de Méhaignerie et de Douste-Balzy, ce trouve à l’UMP. Ces langues là ne donnent pas long feu à Bayrou le solitaire. Et pourtant...

Avec un vingtaine de députés, Bayrou tient en main un Centre constructif avec majorité de Droite, mais tout en restant indépendant et n’acceptant pas toutes les réformes proposée par l’UMP. Les débats sur les Autoroutes et la motion de censure du gouvernement Villepin en sont la preuve. Cette attitude honnête et droite - quel bel oxymore, un centre droit et non pas centre-droit ! - vis à vis des français mènera Bayrou aux 18% de voix que l’on connait à l’élection présidentielle de 2007.

A ce moment là les mauvaises langues reviennent : "L’électorat de Bayrou est trop volatile !" Et ils croyaient encore une fois avoir raison de lui en organisant une "ouverture" vers les seconds couteaux de l’UDF Morin et son Nouveau Centre pour contrer le MoDem. Résultats des courses : le Nouveau Centre n’est que la copie du groupe des Républicains Indépendant sous de Gaulle ! Ils ne sont pas des centristes purs et déterminés, mais ce qu’on appelle le centre mou. En effet, il est plus facile pour la Droite bonapartiste de s’appuyer sur quelque chose de mou - le Nouveau Centre et ses béniouioui- que sur du dur - le Mouvement Démocrate !

Les résultats des législatives montrent parfaitement se raisonnement. L’UMP n’a pas présenté de candidat face à ceux du Nouveau Centre, gagnant leurs sièges avec des voix de droites et non celle du Centre, mais le MoDem, pris au dépourvu face à cette trahison, n’a pas préparé de candidats face à eux, laissant aux électeurs centristes le choix de ne pas choisir. Au contraire, l’UMP a présenté des candidats face à tous ceux du MoDem, et étant donné le faible déplacement des centristes déçu de toutes ses trahisons après la défaite, le niveau des voix centristes est resté très bas. Le MoDem c’est donc battu pour avoir ces 4 élus, alors que les 21 du Nouveau centre ne sont qu’un pur artifice Made In UMP.

Pour conclure, actuellement le Centre se trouve donc au Mouvment Démocrate, puisqu’un Centre est par définition autant indépendant de la droite que de la gauche. Or qu’est ce que le Nouveau Centre ? un mouvement dépendant de la droite. Leur nom "Nouveau Centre" n’est qu’une sorte de patch pour fumeur qui veut arrêter. Sauf que le patch ne fonctionne pas et que ces pseudos centristes continuent de vivre à droite. L’illusion ne trompe personne.


 
 
 
Forum lié à cet article

4 commentaires
  • > Le centre en France 18 novembre 2007 08:39, par moune07

    Je remercie l’auteur d’avoir fait cette synthèse historique, brève mais complète et qui démarre de si lion .Elle renseigne tous les nouveaux sur la naissance du MoDem et le parcours de celui qui les a incités à militer : F. Bayrou !
    Le réalisme qui en ressort encourage les nouveaux militants du MoDem qui se sont ralliés à lui pour son courage, sa loyauté et sa clairvoyance.
    A l’approche de ces élections municipales, il faut espérer que la manifestation des ambitions personnelles ne ternira pas la construction de ce grand et nouveau parti de démocrates

  • > Le centre en France 18 novembre 2007 11:36, par jacinthe

    C’est du MoDem déguisé, cette article. Le Centre n’est pas indépendant.
    Bayrou, c’est le Centre-droit, et la différence avec lui, c’est que le Centriste véritable est ouvert à la concertation.Le Centre reste un territoire vierge, à construire, bien que beaucoup s’en réclame. Si Bayrou fut crédible au premier tour des Présidentielles 2007, après il est devenu illisible.

    Voir en ligne : http://crépeauradical.canalblog.com

  • > Le centre en France 18 novembre 2007 13:19, par jackie

    MoDem désuisé ? je ne sais, favorable au MoDem, sans doute... Dire que F Bayrou est centre droit et donc le moDem dans cette lignée, c’est méconnaître les 4/5ème des adhérents dont une bonne partie viennent de la gauche. Si FB penche nettement vers le centre droit, après je ne dirais pas une période d’illisibilité mais d’inaudibilité, il y aura forcément divorce, les adhérents ne se reconnaissant pas dans le chef du parti qu’ils sont en train de créer...Un comble !

  • > Le centre en France 21 novembre 2007 13:07, par Girino

    MoDem déguisé ? non, je n’ai pas la carte désolé !
    Mais favorable au MoDem, probablement.

    Dire que le MoDem est de centre-droit (avec le tiret) est aussi faux que de dire que 4/5ème des adhérents sont de gauche. lors d’une réunion, Marielle de Sarnez a démandé : "qui n’a jamais fait partie d’une organisation politique quelle qu’elle soit ?" et tout le monde a levé la main ! (cf émission de Laurence Ferrari sur Canal +)

    D’où viennent les électeurs et militants du MoDem ? De nulle part ! Mais ou vont ils ? Au centre toute !