LE TRANSRÉALISME

Le Transréalisme est un mouvement artistique et littéraire qui cherche à exprimer en valeurs plastiques la créativité de l’imagination dans le procès de reconstruction des réalités parallèles.

Ayant la conviction que c’est dans la mémoire, que se trouvent, comme des pièces d’un puzzle, les éléments indispensables à la création et à la connaissance profonde de l’Homme, l’artiste transréaliste élabore des schémas de représentation de ses promenades à travers les coins les plus inaccessibles de l’esprit, en leur donnant la projection adéquate grâce à la peinture ou à la littérature.

Faisant appel à certains mécanismes du cerveau, comme par exemple le rêve ou encore la pensée « à la dérive » il réussit à forger un outil capable d’explorer des labyrinthes et des abîmes, à la recherche d’images et de sensations qui le porteront au-delà de la réalité. Il refuse la perception immédiate, l’émotion instantanée, préférant s’aventurer de l’autre côté du miroir, là, où la raison sait créer des mondes avec les sensations du vécu, les fragments de la mémoire.

Ainsi la créativité transréaliste invente, en la reconstituant, une réalité qui n’existera que sur la toile ou dans la voix du poète.
Utilisant en peinture un langage figuratif de grande qualité picturale, c’est dans la mise en scène du thème, dans l’ambiguïté et richesse de la description que le Transréalisme provoque la réflexion, installe l’inquiétude et l’interrogation.
Le spectateur sera toujours convié à pénétrer dans l’espace inventé, et à y débuter un voyage qui exigera, de lui, une lecture rationnelle, intellectuelle. Un tableau transréaliste - figuratif par excellence - est un conte, un poème, dits par les pinceaux de l’artiste. Aucune autre peinture ne saurait témoigner l’importance de l’un des plus puissants outils du cerveau : l’imagination.

Trouvant son inspiration dans la réalité, l’artiste transréaliste, ne cherchera pas à la reproduire ou à l’imiter. Il saura la transfigurer, en la transformant en une autre réalité, le vécu intérieur. Installé ainsi, dans un espace-temps, auquel seul lui peut accéder, il y recrée méticuleusement, sur la toile, une vie picturale, complexe, étrange, logique et parfois absurde. L’œuvre s’impose à celui qui la regarde et murmure un premier message : « Interprète-moi ».
Ensuite c’est le saut dans l’inconnu, l’intellect accepte le défi, le raisonnement du spectateur pénètre l’âme de l’artiste. C’est l’état de grâce, le miracle de la créativité partagée.

Avec le Transréalisme on accède aux instruments capables de matérialiser la Pensée, et de la rendre consistante, visible.
Sans passer par des raccourcis, on entre dans les mondes vivifiants et éternels de l’imaginaire, on finit par entrevoir tant de lieux secrets, tant d’horizons à atteindre.
Le Transréalisme possède une force cachée que l’on ne trouve en aucun autre courant artistique. Une force qui l’aide à dévoiler les mystères de l’âme, à saisir les imprévus de la vie, à combattre l’absurdité du quotidien, l’irrationalité de l’homme.
Aucune autre peinture ne pourrait rendre aussi poétique, aussi humaine la recherche de l’Absolu, la croyance en un idéal.

L’Art transréaliste méconnaît les impostures dont la médiocrité se sert pour maquiller les visages de la créativité.
Il oblige l’artiste à s’immuniser contre la facilité et la malhonnêteté, et lui permet d’atteindre l’inaccessible, de matérialiser l’incorporel, de redéfinir continuellement le sens des choses, de soutenir des convictions, d’élaborer de nouveaux schémas pour la pensée, d’ouvrir des chemins dans la forêt des certitudes. Cet art est source de rêves, de visions, de symboles, d’idées en liberté, il nous pousse à courir après la Vérité.

Aucune autre peinture ne saurait nous conduire si subrepticement le long des labyrinthes de la toile, faisant de nous une nouvelle Alice au pays des merveilles.
Que nous dit encore le Transréalisme ?
Que l’on ne peu concilier l’acte de créer avec cupidité, narcissisme, glorification, corruption, titres honorifiques, et autres artifices aliénants pour l’esprit.
Créer obéira uniquement au désir obsessif de sillonner à travers les ruelles de l’imaginaire, d’exister dans le monde de l’Absolu, de visiter les innombrables univers non visibles que la pensée, peu à peu, fini par découvrir et définir.
Peindre, consistera donc en pouvoir utiliser respectueusement, humblement, la toile, cette matière charnelle, ce lieu privilégié, cet espace palpable, parfaitement dimensionné.
La toile est le suaire dans lequel se reposera pour toujours l’âme du peintre. Alors, comment lui faire face ? Uniquement en étroite communion avec l’esprit, en ces heures où l’inspiration nous rend visite et le cœur se sent fort et patient.
La vraie peinture sera toujours un acte rituel. Toute la richesse de l’universalité humaine devient authentique et prend sur la toile l’aspect coloré, démesuré, structuré de l’âme.
Nous peignons, afin de dialoguer, pas uniquement avec nous-mêmes, mais aussi avec le regard de celui qui nous rend visite.
Nous peignons afin que d’autres aient accès, aisément, à la plate-forme, où prendront leur envol, nos rêves, nos cauchemars, nos désirs et nos obsessions. Quelle grande responsabilité celle de l’artiste envers celui qui le découvre ! Malheur à nous si nous le trompons, si nous avons pour lui, du mépris, si nous le laissons repartir l’esprit vide ! Le Transréalisme nous rappelle que l’Art ne peut être neutre, ni ne peut se laisser enfermer dans des tours d’ivoire.

Refusant ostensiblement les idéologies et les doctrines, il existe dans le sein des sociétés, afin de témoigner son temps, de se frayer des chemins, de rendre possibles les transformations, d’amener l’homme à surpasser sa condition d’hominien prétentieusement sapiens.
Le Transréalisme est né pour redéfinir, dans le contexte de la dénommée civilisation occidentale, les valeurs culturelles de notre époque. C’est donc un mouvement de rupture, de critique sociale, de contestation culturelle.
Tout en recherchant, dans la longue histoire de l’imaginaire figuratif, des références, il se propose mener le combat contre les aberrations de l’esprit humain. La Culture Transréaliste (peinture, sculpture, architecture, photographie, cinéma, théâtre, littérature) deviendra en ce début de siècle, le véhicule d’une réaction radicale, en dénonçant les guerres, les génocides, la destruction de la planète, en combattant la faim, la pauvreté, la tyrannie, l’obscurantisme et toutes les horreurs que la société s’obstine à engendrer.


 
 
 
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