Si j’avais su j’y serais allé

Le 19 avril 2005, des chômeurs, des intermittents du spectacle, des retraités, bref des travailleurs se sont invités au siège de la CFDT pour demander pour quelles raisons et au nom de quoi "les accords" les concernant avaient été signés.

Deux ans plus tard, sans autre motif que la "violation de domicile", deux des manifestants (Michel Roger de la Compagnie Jolie Môme et Ludovic Prieur animateur du webmédia associatif et coopératifhns-info.net) sont mis en examen à la demande de la Direction Nationale de la CFDT.

Mais qui dépasse la ligne jaune ?
Des travailleurs qui en arrivent à occuper un local syndical ?
Ou un syndicat qui porte plainte contre des travailleurs en lutte ?

Quoiqu’il en soit, moi, si j’avais su j’y serais allé ... !

Pour signer la pétition, cliquez ici

Après les accords sociaux signés par CFDT, après les dépôts de plaintes de la CFDT... la direction de la CFDT ment encore effrontément !

Les quelques lignes ci-dessous utilisent parfois la dérision. Elles n’en évoquent pas moins une situation grave :
- La direction nationale d’un syndicat porte plainte contre des travailleurs en lutte sous divers prétextes.
- Elle désinforme pour justifier à postériori une douteuse action en justice.
- Certains d’entre-nous encourent des peines de prison ferme et des amendes considérables.

La CFDT outragée ! La CFDT occupée ! La CFDT martyrisée ! Mais la CFDT libérée ! Libérée par elle-même, à l’insu de ses militants, de ses permanents, de ses responsables...

Il y a peu, les militants de la CFDT apprennent par le bulletin interne « Infos Rapides » [[Le document est téléchargeable, ci-dessous au format PDF.] du 17 octobre 2007 rédigé par la direction nationale que le siège central du syndicat a été victime d’une attaque « violente », « raciste » et « sexiste », le 19 avril 2005. Cette dramatisation vise à légitimer les poursuites judiciaires (des dizaines d’interrogatoires ces derniers mois, 6 personnes mises en examen) d’un « syndicat » qui veut criminaliser des formes de lutte et en particulier les occupations de locaux et a recours pour cela à tous les prétextes.

Ce bien tardif courrier répond en fait à la pétition « Si j’avais su, j’y serais allé », qui dénonce ces poursuites et a recueilli en quelques semaines près de 6000 signatures dont celles de nombre de militantes et de militants de la CFDT, abasourdis par la mise en examen pour « violation de domicile », suite à la plainte du syndicat, de Michel Roger de la Compagnie Jolie Môme et Ludovic Prieur de HNS-info.

Désinformation, infamie, amalgames et calomnies.

Cette « Info Rapide » ne manifeste aucun souci pour les faits : « La « coordination des intermittents et précaires CIP Ile de France » et ceux qui gravitent autour de cette nébuleuse ont lancé une pétition de soutien intitulé « si j ?avais su j ?y serais allé ». Or, cette pétition a été lancée mi-aôut 2007 par Jolie Môme et HNS-info.
Pourquoi la direction de la CFDT en attribue-t-elle la paternité à la CIP-IDF ? Serait-ce l’aveu que cette procédure judiciaire a pour cible effective la coordination des intermittents et précaires d’Île de France ?
Si c’est ça... c’est loupé !

Que veut en fait la CFDT lorsqu’un membre de la Compagnie Jolie Môme est visé ? ...alors que cette troupe répond aux appels à manifester émis par la CIP-Idf, à ceux lancés par la CGT-spectacle, comme aux appels à soutien lancés par des travailleurs en lutte ? Jolie Môme est même intervenue à plusieurs reprises sur des luttes ... à l’appel de syndicats CFDT !
Que veut en fait la CFDT lorsque la plainte vise également un rédacteur de HNS-Info ? ...alors que ce site diffuse des informations et communiqués émanant de nombreuses sources syndicales et politiques, relayant une multitude de luttes sociales de ce pays, sans rapport avec les positions et champs d’intervention de la CIP-IDF ?
S’il s ’agit d’une tentative d’intimidation de la « nébuleuse de la coordination », elle semble donc bien malhabile.

Qu’on en juge : « Il faut rappeler que des adhérents et des salariés de la CFDT ont été blessés, insultés et molestés lors de l ?envahissement de nos locaux le 19 avril 2005 ».

Pourquoi la CFDT continue-t-elle à propager tant d’infamies à l’égard de la centaine de personnes présentes ce jour d ?avril 2005 à son siège ?
Deux d’entre eux, Ludovic et Michel, sont illégitimement mis en examen pour « violation de domicile » et non pour autre chose : contrairement à ce que pourrait laisser accroire ce texte, il n’y a pas d’instruction en cours pour violences !
Le fond du problème est là : deux personnes sont mises en examen parce que des intermittents, des chômeurs, des précaires, des retraités exigeaient des dirigeants de la CFDT des explications sur des accords les concernant ( assurance chômage, annexes 8 et 10 de l’Unedic, retraites,... ).
Mais les dirigeants de la CFDT refusent le débat public avec les premiers concernés par leurs accords.

Plus insidieux encore sont les amalgames calomnieux servis par cette «  info rapide » du 17 ocrobre 2007.

D’abord qualifiés de « nébuleuse », les porteurs de la pétition deviennent une « poignée d’individus » se réunissant chaque semaine devant le siège de la CFDT...
Le communiqué de la CFDT amalgame donc notre présence assumée et revendiquée au siège de la Confédération, avec d’autres rassemblements de précaires, d’intermittents et chômeurs qui avaient eux-même d’excellentes raisons de se réunir devant ce même siège tous les mardis.

Le glissement de la confédération se prolonge ensuite jusqu’à tenter de nous noyer dans la fange : « cette poignée d’individus » aurait proféré «  des insultes sexistes et racistes vis-à-vis des salariés qui y travaillent  ». « Il y aura donc d ?autres suites judiciaires sur ce sujet. ».
Quatre militants d’AC ! Paris ont été mis en examen pour « injures publiques » suite à une plainte... de la CFDT.
Il ne pouvait manifestement pas leur être reproché une prétendue « violation de domicile », il a fallu pour engager des poursuites invoquer cette fois de prétendus propos « racistes et sexistes ».

Les dirigeants de la CFDT semblent en fait décidés à faire feu de tout bois contre des formes de luttes et des positions qui contestent son orientation sur le fond.
Nous ne sommes ni une nébuleuse, ni une poignée. Nous sommes des précaires, des intermittents, des sans papiers en lutte, des travailleurs en colère, des mals logés qui s’organisent, des chômeurs sans honte, indemnisés ou pas, en chair et en os, parfois organisés, parfois électrons libres...
Et à en croire les signataires de la pétition à ce jour, nous aurions pu être au moins 6000 le 19 avril 2005.

Et maintenant ?

Nous sommes pleinement solidaires des 4 autres personnes poursuivies par la Direction Nationale de la CFDT.
Nous attendons de la CFDT qu’elle cesse de calomnier des militants et qu’elle retire ses plaintes et que la justice mette fin à l’ensemble des poursuites.
La situation sociale et culturelle actuelle laisse évidemment penser que nos énergies seraient mieux utilisées dans la création de spectacles, la diffusion d’informations et les mobilisations plutôt qu’à la défense juridique et la rectification de mensonges grossiers.

Nous restons demandeurs d’un débat public et sur le fond quant aux « réformes » signées par la CFDT tant contre les annexes relatives aux intermittents que contre l’assurance chômage ou encore les retraites...

Merci à ceux qui ont signé cette pétition et la diffusent de faire de même avec ces informations complémentaires. Nous vous espérons nombreux, y compris au sein de la CFDT à le faire et que nous serons entendus par la Direction Nationale.
Nous restons à la disposition de ceux qui aimeraient avoir de plus amples informations.

Compagnie Jolie Môme - HNS-info

Pour signer la pétition : http://www.cie-joliemome.org/petition
Pour lire le précédent communiqué : c’est ici.


 
P.S.

www.cie-joliemome.org La Belle Etoile 14 rue Saint-Just - La Plaine, Saint-Denis

La compagnie jolie Môme est accueillie à la Belle Etoile par la ville de Saint Denis

 
Portfolio

Réponse de la CFDT 17/10/07
 
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