Rencontres mondiales de la démocratie participative

Ségolène Royal nous avait bassinés avec ces débats participatifs jusqu’à en user les mots, les redondances et les contradictions se perdant comme tant d’autres dans la répétition des slogans vides de sens, premier grand mal de notre nouveau siècle. Ailleurs, certains auraient eu vite fait d’accoler l’étiquette bien pratique du populisme à toute démarche participative, il n’y a qu’à voir les efforts de propagande médiatique dont bénéficie plus qu’à son tour - par exemple - le Venezuela.

Pourtant c’est à un véritable et profond mouvement politique que j’ai assisté lors de ces premières rencontres mondiales de la démocratie participative qui se sont déroulées à Lyon et en Rhône-Alpes du 10 au 12 décembre 2007.

Politique au sens premier, grec, plus proche de la vie de la cité et du citoyen que des effets d’annonce, des discours idéologiques et des luttes de pouvoir que nous associons hélas plus facilement à ce mot. Une volonté politique par et pour le peuple qui a du sens et qui cherche sa voie au milieu de la richesse incroyable des expériences croisées de près de 1 000 participants originaires de 60 pays différents.

Il n’est pas possible ici de tout relater tant le programme était diversifié. Il n’était d’ailleurs pas possible d’assister à tous les ateliers, agoras et forums organisés. Quelques lignes de force peuvent tout de même être tracées.

Pour ceux qui vivent au Sud, la démocratie participative signifie s’unir pour ne pas mourir de faim (Mali, Niger), s’opposer aux fusils pour faire valoir ses droits (Guinée), ou trouver la force de continuer le combat lorsque les syndicalistes se font assassiner (Colombie).

Pour ceux du Nord, les projets moins nombreux (environ 200 pour 2 200 au total dans le monde) s’attellent à répondre à d’autres questions fondamentales : comment articuler démocratie participative et démocratie représentative, comment donner du pouvoir aux citoyens entre deux votes, comment exercer un contrôle réel sur l’utilisation des budgets votés ?

Les travaux débutant, les questions restent entières et pourtant pleines d’espoir. Les enjeux de demain pour voir cette exigence légitime des peuples à être reconnus et respectés s’ancrer et se développer durablement sont immenses.

Ces expériences au contexte et à l’histoire si différentes ne méritent pas d’être vulgarisées ni banalisées par un modèle réducteur. Pourtant, si l’on veut diminuer le taux d’abandon des projets qui bourgeonnent depuis une vingtaine de printemps, il faudra bien retenir les leçons des échecs et les faire partager pour ne pas tout reconstruire de zéro à chaque fois.

Le partage de l’information, la construction d’une mémoire de la démocratie participative, comme l’a justement dit Yves Cabannes, la formation des représentants élus et des citoyens sont avec l’ouverture et l’échange les bases d’un travail de structuration immense et plein de promesses. Et de voir se parler, apprendre à travailler ensemble syndicats et ONG au-delà des frontières idéologiques et géographiques ne donne-t-il pas déjà le sens de l’Histoire ?


 
 
 
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