Notre conditionnement fait-il vivre nos espoirs ? Le marché de la santé est-il vraiment tout rose ?

The Lancet a publié une information sur l’échec récent d’un traitement expérimental pour les AVC (accident vasculaire cérébral), dénommé NXY-059 qui s’était montré efficace chez le rat, le singe ouistiti (à l’université de Cambridge). Il s’est révélé inefficace lors d’un essai clinique sur des patients humains. Ce serait le 114e médicament de ce type ayant réussi les tests sur les animaux mais échoué lors des essais sur l’homme ! Le journal poursuit, « la communauté scientifique doit s’interroger sur les AVC et la question de savoir si ces modèles animaux sont viables financièrement et éthiquement ».

De même une étude de 76 tests animaux publiées dans 7 journaux scientifiques de premier plan a montré que seuls 37% s’étaient traduits en essai humains réussis, ainsi donc 63% tests sur l’animal sont en échec sur l’homme. (1)

1,5 millions d’hospitalisations suite aux effets secondaires de médicaments pourtant longuement testés sur les animaux. 50000 décès par an.

En France, un animal meurt toutes les 13 secondes dans les laboratoires. Les chiffres longtemps à la baisse sous l’action des associations, remontent. Les statistiques de la Commission européenne sont tombées ! Les animaux sacrifiés en laboratoire ont augmenté de 3% en Europe de 2002 à 2005, dépassant les 12 millions (26 animaux pour 1000 habitants par an), en contradiction totale avec la directive 86-609 réclamant la diminution de l’expérimentation animale et la France est hélas en tête de liste : France (2,3 millions, +19%), Royaume Uni (1,9 millions, +15,5%), Allemagne (1,8 millions, +15%), Italie (0,9 millions, -7,4%), Pays-Bas (0,5 millions, -4,5%).....

Ces chiffres doivent nous faire réfléchir et agir. La plupart des tests sur animaux datent de plus de 80 ans ! Il est temps de changer de méthodes. Les pouvoirs publics, les laboratoires pharmaceutiques et les multinationales chimiques vont-ils se préoccuper enfin de ces dysfonctionnements ?

Il faut promouvoir une politique de recherche axée sur les progrès fulgurants des sciences et de la biologie, et pour cela encourager, financer et faire valider les techniques expérimentales n’utilisant pas l’animal comme modèle biologique humain. C’est notamment le cas de la méthode d’analyse de la toxicité réalisée par Pro Anima dans le cadre de notre démonstration intitulée In Vitro Veritas et baptisée Toxscan par le professeur Jean-François Narbonne, très intéressé par l’approche innovante de la technique. (2)

La réponse positive du Président de la République interrogé lors des dernières élections nous fait mesurer les étapes et les progrès faits pas à pas. Nicolas Sarkozy a affirmé son soutien aux méthodes substitutives : « Il faut appliquer à la lettre la Directive européenne. Elle implique à mon sens la nécessité de pratiquer une politique de recherche systématique de toutes les méthodes permettant de développer des techniques alternatives aux expérimentations animales. C’est je crois le moyen le plus efficace pour faire reculer l’expérimentation animale. Je propose que les entreprises dont les recherches permettent de développer ces techniques alternatives, bénéficient d’un crédit d’impôt. »

Chiche ! C’est le moment de prendre au mot le Président ! En souhaitant que ce merveilleux cadeau pour nous tous, humains et animaux arrive à temps pour Noël prochain !

Car Il est temps d’agir !

En effet, les grands labos se croient tout permis .... et ils ont bien raison ! (3)

Outre les nombreux retraits de médicaments qui ont lieu chaque année dans le plus complet silence des médias, il arrive, de temps à autre, une affaire trop importante pour l’occulter et les médias sont bien obligés de la divulguer largement. C’est ce qui est arrivé pour le dernier grand scandale du Vioxx et son fabricant vient d’être condamné par la justice américaine à payer la plus forte amende jamais donnée à un laboratoire.

David Graham, qui a été le premier à sonner l’alarme pour le Vioxx, vient de témoigner devant le congrès américain que rien n’avait changé à la FDA, ni évidemment à la tête du laboratoire.

Or, non seulement ces dirigeants ne sont pas en prison, mais on s’entête à les croire lorsqu’ils affirment que le vaccin Gardasil, va sauver la vie de milliers de jeunes femmes. Pourquoi penser que nous pouvons désormais faire confiance à Merck sous le prétexte qu’il doit avoir tiré sa leçon du Vioxx ? Mais nos instances gouvernementales de santé semblent leur faire encore confiance et jouent ainsi à la roulette russe avec la vie de milliers de jeunes filles.

D’autant que ce vaccin, dont on ne connaîtra les effets protecteurs, s’il y en a, que dans 20 ou 30 ans, est déjà responsable, officiellement, de 3600 accidents - dont des paralysés, des syndromes de Guillain Barré, des crises d’épilepsie, des attaques cardiaques, des fausses couches -, et 9 décès aux Etats-Unis, alors que sont bien plus nombreux en réalité à cause d’une très importante sous notification. Et parmi les 77 femmes qui ont reçu le vaccin alors qu’elles étaient enceintes, 33 ont subi des dommages qui vont du simple avortement à de graves anomalies du fœtus. Ces découvertes ont alarmés certains experts du Royaume-Uni, et au moi de mai 2007, le Guardian publiait : « Nous sommes des cobayes avec ces campagnes de vaccination à grande échelle ».

Sanofi-Pasteur-MSD, qui commercialise le vaccin en France, n’a pas l’intention de montrer les résultats des essais. Mais ils ont été publiés grâce aux lois sur la liberté d’information. Tom Fitton, Président de l’agence gouvernementale américaine Judicial Watch, a déclaré que ces études se lisent comme « un catalogue d’horreurs ». Il a porté plainte contre la FDA et a demandé l’accès à la correspondance entre Merk et la FDA au sujet du Gardasil, ainsi qu’aux échanges entre la FDA et Glaxo-SmithKline, qui travaille actuellement sur un vaccin similaire, le Cervarix.

Combien faudra-t-il de morts avant qu’on ne retire ce vaccin de la circulation ? Des milliers sans doute, étant donné qu’il a rapporté 723 millions de dollards ( 600 millions d’euros) au cour des six premiers mois de l’année 2007, mais que cette somme, si énorme soit-elle, n’a pas encore compensée payées par le laboratoire pour les accidents dus au Vioxx.

Toutefois, étant donné les campagnes menées dans tous les pays pour diffuser le Gardasil, son fabricant devrait rapidement réparer les pertes dues au Vioxx, au grand dam de notre sécurité sociale qui prétend désirer « réduire son trou », mais va devoir rembourser 65% des dépenses entraînées par ce vaccin, soit 450 euros pour les trois injections plus trois visites médicales.

(1) Physical Commitee for Responsible Medicine

(2) Pour nous, notre santé et notre environnement, pour les animaux et la planète, il est très important que Toxscan soit validé car il sera intégré à une batterie de tests susceptibles de remplacer les tests sur les animaux dans le cadre du programme européen REACH.

(3) Par Sylvie Simon dans Science Enjeux Santé N°47 décembre 2007

Comité scientifique Pro Anima 84, rue Blanche 75009 Paris

Tel +33 01 45 63 10 89


 
 
 
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