Sarkozy l’enfumeur bidon.

Sarkozy s’est démené comme un beau diable, mais son discours n’a guère fait illusion. La forme de sa prestation, volontariste et fluide, n’a pas dissimulé le fond des promesses non tenues depuis son arrivée au pouvoir, il y a huit mois.

Le pouvoir d’achat est au centre des préoccupations des Français et Sarkozy candidat en avait fait un de ses chevaux de bataille. Mardi, Sarkozy président a clairement reconnu son impuissance en la matière, ayant peu sinon rien à dire. Ah si ! Deux experts mondiaux vont diriger une équipe d’économistes qui vont plancher sur le calcul réel de la croissance. Quand Sarkozy l’annonce dans son discours, il explique que les Français auraient dû avoir une augmentation du pouvoir d’achat et comme ils n’en ont pas encore vu la couleur l’explication se trouve peut-être dans la croissance qui est probablement surévaluée, d’où l’étude sur son calcul. On ne voit pas bien à quoi cela va mener. Si l’étude démontre que le calcul qu’on utilise depuis des lustres dans le monde entier est faux, Sarkozy dira triomphalement « Vous voyez, c’est ça l’explication du manque de la perte de pouvoir d’achat des Français, c’est la croissance qui est inférieure à son évaluation ». Ça nous fera une belle jambe ! À moins que Sarkozy pense qu’en essayant de trouver la formule magique pour évaluer la croissance on trouvera des idées de gisement pour grappiller quelques points supplémentaires et donc augmenter le pouvoir d’achat. Il faut être naïf ou enfumeur-né pour avoir une idée pareille et s’en servir comme argument ou excuse. En attendant les Français n’ont qu’à patienter jusqu’à la révision du calcul de la croissance. Sarkozy pense t’il s’en tirer à bon compte avec de tels tours de passe-passe ?

La vérité du recul du pouvoir d’achat se trouve probablement et plus simplement dans l’incompatibilité de la politique de Sarkozy pour harmoniser deux objectifs opposés à 180 degrés : Augmenter le pouvoir d’achat et rassasier les appétits de profits des nantis et autres ténors du monde économique et financier.

La rhétorique de Sarkozy n’a même pas fait illusion cette première fois. Il lui faudra changer de tactique à l’avenir ou obtenir de vrais résultats pour tenir quelques promesses qui l’ont fait élire. À moins qu’il ne continue de s’épuiser inutilement à relancer le mouvement perpétuel dont il a la naïveté de croire que cela dissimule l’absence de résultats et la médiocrité de la méthode. Politique de civilisation et nouveau calcul de la croissance, autant de concepts bidons et de mots vides que Sarkozy président utilise pour créer un grand écran de fumée.

Une partie des Français a voté Sarkozy pour le changement, pour l’augmentation du pouvoir d’achat, pour des actes, pour des résultats, convaincus par les affirmations martelées par un magicien du verbe égocentrique et à l’ambition démesurée. Les mois passant, ces même Français abusés changeront ils d’avis sur leur champion ? Les récents sondages semblent déjà indiquer cette tendance. Malheureusement, la route est longue. On s’en est pris pour cinq ans et si Sarkozy devait continuer ce jeu-là, puéril et irresponsable autant que foncièrement malhonnête intellectuellement, ce sera long et pénible. On peut craindre, hélas, que ce sera le nouveau destin d’une France, abusée une fois de plus par un arriviste habile et sans scrupules.

De plus en plus de Français vont découvrir un président déconnecté des vraies réalités, touche à tout, voulant tout contrôler, et préoccupé par le pouvoir, certes, mais pas le pouvoir d’achat. C’est encore ces cons de Français qui auront mal compris le candidat pendant sa campagne qui, en attendant, a décroché la timbale et vit sa romance avec le pouvoir, dont il rêve depuis si longtemps.

Ashoka


 
 
 
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1 commentaire
  • > Sarkozy l’enfumeur bidon. 14 janvier 2008 09:15, par g

    Tout commentaire sur Sarkozy est superflu-ainsi que sur sa bande : Kouchner, Dati etc...Ses méthodes étaient connues avant son arrivee à la présidence. Sa gestion est celle d’un "marketeux" avec son "staff" à la botte. Le plus triste est que malgré tout il y a des gens capables dans le lot.
    Le problème est que les deux autres concurrents : Ségolène et le bon François ne sont pas dignes de confiance non plus ; pour nous c’est toujours un "pat" comme voter Chirac pour ne pas avoir Le Pen ; mais à quoi bon voter ? nous avons voté contre le TCE et hop il sera signé quand même après modif des paragraphes- sans parler du reste. La déprime, non. Nous avons encore de quoi vivre...longtemps ?

 
 
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