Crimes de guerre israéliens

Gaza : Chaque Palestinien est une cible pour l’armée israélienne.

Le nombre de Palestiniens victimes d’arrestations et d’exécutions, à Gaza mais aussi en Cisjordanie, ne cesse d’augmenter. Israël peut lancer sa guerre totale contre le Hamas en toute tranquillité, interdire aux camions de l’ONU qui transportent des produits de première nécessité d’entrer à Gaza en manque de médicaments, d’eau, au bord de la famine. Israël a pour cela le fervent appui des Autorités corrompues de Ramallah et des grandes puissances.

Depuis novembre 2007, le sort des habitants de Gaza et de Cisjordanie, est devenu encore plus terrible. Les choses se sont dramatiquement aggravées depuis que la collusion entre les services secrets israéliens et les services de sécurité de M. Mahmoud Abbas s’est intensifiée. Ces derniers espionnent ces patriotes palestiniens qui ne renoncent pas à résister contre l’occupant et ils indiquent aux services militaires israéliens où aller les chercher.

Les grandes puissances sont complices et apportent leur appui politique et financier à ces officiels palestiniens basés à Ramallah qui oppriment leur peuple. Et on se demande pourquoi les diplomates qui sont censés représenter les Palestiniens à l’extérieur [1], ne dénoncent pas avec clarté le fait que Messieurs Abbas et Salam Fayyad, ne protègent pas leur peuple mais, tout au contraire, aident les forces occupantes à le pourchasser et à le liquider.

Il n’y a pas de doute : la guerre lancée par Israël, qui frappe depuis plusieurs semaines toute la population de Gaza, a été programmée dans le cadre d’une collaboration entre les services secrets israéliens et le gouvernement illégitime de MM. Abbas et Fayyad.

Sur les quelques 2000 cadres de la résistance et de simples sympathisants arrêtés depuis mi juin 2007, plus de 800 auraient été enlevés par les policiers du Fatah. (*)

Les services du Fatah, munis d’armes fournies par la CIA avec l’accord d’Israël, se livreraient à des interrogatoires sous la torture pour extorquer des informations qui incriminent des membres de la résistance, en coordination avec l’armée israélienne.

Environ 200 Palestiniens auraient dû être hospitalisés, ces derniers mois, suite aux tortures subies de la part des services de sécurité de M. Abbas, tandis que d’autres détenus auraient été livrés aux soldats israéliens, après leur libération.

Pour satisfaire aux demandes de MM. Bush et Olmert, M. Fayyad avait déjà intensifié les rafles de membres du Hamas et procédé à la fermeture de toutes les associations caritatives du Hamas en Cisjordanie dès novembre 2007.

L’intensification de la collaboration, de MM. Fayyad et Abbas, avec l’occupant israélien, est le résultat de la conférence d’Annapolis, et des dons reçus peu après, en contrepartie de leur soumission.

« Les pays donateurs qui ont participé à la conférence de Paris (...) ont promis d’apporter à l’Autorité Palestinienne des aides financières qui s’élèvent à sept milliards et demi de dollars. Soit deux milliards de plus que celle réclamée. Cet élan de générosité suscite beaucoup de doutes et bien des interrogations quant au prix qu’aura à payer le peuple palestinien en échange » écrivait Abdel Bari Atwan dans un article intitulé : « Des milliards pour liquider la résistance » [2]

Les images d’enfants déchiquetés nous parviennent, jour après jour, par les sites d’information Internet. Mais, dans les principaux médias - largement asservis à la propagande israélienne - ces massacres sont, soit passés sous silence, soit présentés comme des actions visant de dangereux « terroristes » contre lesquels Israël a le « droit de se défendre ». Ce qui a pour effet d’innocenter Israël et les soldats de l’armée israélienne qui les commettent.

Or, qui sont les terroristes dangereux ? Les centaines de cadavres et de blessés affreusement mutilés qui gisent à la morgue ou sur des lits d’hôpital, femmes et enfants confondus ? Ou les pilotes israéliens qui larguent les missiles sur une population à découvert ?

Voilà ce que nous confiait, début janvier le témoin d’un massacre à Khan Younes. [3]

C’était affreux. Les victimes étaient des civils. Il y avait parmi les tués cinq membres de la famille de Karima Fayyad (sans lien de parenté avec le Ministre du même nom). Il n’y avait aucune raison de bombarder des gens qui étaient dans leur maison. C’était un massacre gratuit. Les avions et les chars s’attaquent à des civils sans discontinuer. Ils arrivent, attaquent indistinctement. Un jour c’est Rafah, puis Beit Hanoun, Magazi, Betlayia : ils envahissent un quartier après l’autre.

Depuis plusieurs mois leur tactique est de rentrer quelques km à l’intérieur de Gaza avec des unités de chars et bulldozers, de s’approcher des habitations pour contraindre les forces de police du Hamas à sortir, à aller vers eux, en défense. Il est ensuite facile aux drones et aux hélicoptères, qui les appuient, de massacrer tous les combattants.

Silvia Cattori : Après ces massacres dans quel état nerveux les gens peuvent-il être ?

Les gens n’ont plus de nerfs. La seule chose qui leur reste est d’attendre leur tour. Chaque Palestinien de Gaza est une cible.

Silvia Cattori : Les avions survolent-ils souvent votre ciel ?

C’est quotidien ; les gens vivent dans la peur de ce qui peut leur tomber sur la tête. On ne sait jamais où les drones et les hélicoptères vont attaquer. Les gens sont terrorisés ; ils prient Dieu de ne pas être la prochaine cible.

Silvia Cattori : Il y a également des résistants qui sont tués. Y a-t-il des espions qui indiquent aux pilotes où ils se trouvent ?

Oui, bien sûr.

Silvia Cattori : Les chefs de la résistance ont demandé récemment à leurs militants, de ne pas avoir de portable sur eux, d’enlever les piles, sinon ils se trahissent eux-mêmes. Fermer le portable n’est-il donc pas suffisant ?

Ici tout le monde sait que les pilotes et leurs services d’interception peuvent contrôler les mouvements des gens par les téléphones portables même quand ils sont fermés. Avec les portables ou pas, pour bien viser et attaquer avec précision leur cible, les pilotes ont besoin de s’appuyer sur les espions qui vivent parmi nous ici à Gaza.

Silvia Cattori : Les gens de Gaza savent-ils identifier ces Palestiniens qui espionnent ?

Ils ne le savent pas forcément avec certitude, mais il y a nombre de Palestiniens suspectés de collaboration avec l’ennemi. Soupçonner n’est pas une preuve suffisante.

Silvia Cattori : Quel sens cela a-t-il de répondre aux tirs israéliens ? De lancer des roquettes artisanales, qui ne pèsent d’aucun poids militairement, contre des missiles ? Israël peut tous vous massacrer, sans perte. N’est-il pas absurde de se battre à ce niveau d’inégalité ?

Je désapprouve le lancement de ces roquettes. On parle de 3’500 roquettes lancées sur Sderot, qui ont blessé quelques personnes et tué une femme qui est morte de peur. Ces roquettes ne servent qu’à faire peur. Mais pour chaque lancement de roquette le prix à payer pour les gens de Gaza est catastrophique.

L’armée israélienne en a profité pour raser toutes nos cultures, nos citronniers, nos derniers oliviers et pour démolir encore plus de maisons, tuer. Bien sûr que l’armée israélienne en profite pour justifier ses massacres et dire que nous sommes des terroristes, que nous sommes une menace. Et ensuite nous avons le monde contre nous.

Silvia Cattori : C’est ce que pensent les gens à Gaza au sujet de ces tirs de roquettes ?

Ce sont des sentiments mêlés. Parfois, après tant de massacres et de vexations, atteints dans leur dignité, les gens ressentent le besoin de quelque chose ; et ils attendent des réactions de la part de la résistance ; une simple revanche pour racheter leur peine, leurs morts.

Et que peut faire la résistance pour montrer qu’elle ne laisse pas massacrer son peuple à l’infini sans réagir ? Elle répond par des tirs de roquettes. Ceux qui tirent savent qu’ils ne font pas le poids, que tout cela ne sert à rien. Mais leur seule manière de riposter, est de lancer des roquettes ou d’aller aux devant des chars pour les empêcher d’avancer.

Silvia Cattori : Depuis quelques semaines, Israël affirme que les militants ont une plus grande capacité défensive, qu’ils ont une grande quantité d’explosifs et d’armes. Vrai ou faux ?

Les gens ici n’ont rien. Leur force n’est pas dans les armes. Elle est dans la volonté qui anime les militants pour libérer nos territoires, pour reconquérir nos droits. C’est quelque chose que les soldats israéliens n’ont pas, malgré leur supériorité militaire écrasante : la volonté de libérer leur peuple c’est cela qui donne aux résistants leur force. Leurs armes, c’est zéro.

Silvia Cattori : Alors votre force, est dans ce nombre de gens qui se sont rassemblés récemment pour exprimer leur fidélité aux Hamas ? C’est donc tout le peuple enfermé dans ce ghetto qui incarne la résistance !?

Exactement. Notre peuple, en sa majorité, résiste par son attitude d’insoumission face à l’oppression qui s’intensifie. C’est ce que les autorités israéliennes ne comprennent pas. Jamais les Palestiniens ne se mettront à genoux ; quitte à devoir mourir. L’occupant ne pourra pas nous empêcher de nous battre pour notre survie, ils peuvent toujours nous couper l’eau, la contaminer, ne nous laisser que de l’eau salée, priver nos enfants de nourriture, nous n’allons pas flancher.

En tant qu’êtres humains nous n’avons pas d’autre choix que de nous battre pour notre survie. Nous n’allons pas nous rendre et permettre à nos agresseurs d’atteindre leurs buts inacceptables.

Depuis deux ans, Gaza a montré que la résistance, c’est toute la population, les collaborateurs mis à part. Toute la population est prête à mourir pour ses droits légitimes.

Silvia Cattori : Quand, en décembre 2007, vous avez vu une foule énorme aller célébrer les vingt ans d’existence du Hamas malgré le fait que celui-ci n’a rien à offrir, étiez-vous surpris [4] ?

Déjà, lors de la conférence d’Annapolis, j’étais surpris par la foule immense qui s’était réunie pour la condamner et soutenir la position du Hamas. Mais quand, j’ai vu plus de 400’000 manifestants aller fêter les vingt ans de ce mouvement je me suis dit que, malgré les difficultés, le Hamas et son gouvernement n’avaient rien perdu de leur popularité.

[1] Mme Leila Shahid, Déléguée de la Palestine auprès de l’Union européenne et Mme Hind Khoury, Déléguée générale de la Palestine en France.


 
P.S.

* Ces chiffres sont approximatifs. Il y a des ONG en Israël et en Palestine financées pour dresser des listes jour après jour.

 
 
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