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On achève bien les syndicalistes

Bové José, Hebert Alain, Meguini Ahmed sont la partie visible d’un Iceberg qui ne fait que grossir depuis que le droite est revenue aux commandes. Quand défendre le droit le plus élémentaire de l’homme, à savoir sa dignité et parfois sa survie, face à des criminels en cols blancs qui, en toute impunité, jouent en bourse la vie de centaines, voire de milliers de salariés, devient un délit qui conduit dans les geôles du pouvoir ; alors, il y a lieu non plus de s’interroger mais de réagir avec toute la force qu’il convient. Les syndicats auront-ils cette force là ?

Etre complice est pire que de faire soi-même

Il est des crimes qui ne seront jamais jugés et qui pourtant ont conduit à la mort, plus ou moins lente, des milliers de gens. Des crimes de pollution, des crimes de contamination, des crimes de malnutrition, des crimes d’empoisonnement lent et méthodique, des crimes de manipulation génétique, des crimes de privation ne nourriture, des crimes d’enfermement arbitraire, des crimes de pillage de matière première, des crimes de dissimulation de découvertes médicales ou médicinales, des crimes d’incitation au surendettement, des crimes de refus de logement, des crimes de travail clandestin, des crimes de mise en danger de la vie des travailleurs, des crimes de complicité d’expulsion, des crimes de refus d’asile politique, des crimes d’extradition, des crimes d’inégalité des chances, des crimes de mise au chômage, des crimes de SIDA…
Il est des crimes en cols blancs, organisés, réfléchis, méthodiques au seul service de l’argent et du pouvoir. Des crimes sans états d’âmes ni remords. Des crimes impunis à tout jamais.
Comme on égrène les noms des victimes de certaines rafles lors de manifestations commémoratives, il serait bon d’égrener le nom de celles anonymes consécutives aux crimes dont un début de liste figure ci-dessus et auxquels la France apporte allègrement, depuis longtemps, sa participation.
Les hommes politiques et les fonctionnaires qui ont participé de manière active où passive à ces exactions là ne seront pas jugés. Nous n’aurons pas droit aux procès médiatisés que connurent les derniers collabos, même si les victimes innocentes sont plus nombreuses, même si l’acte est aussi odieux, même si, au bout du compte c’est de crime contre l’humanité qu’il s’agit.

Mater la rébellion dans l’oeuf

Mais, Bové, Hébert, Meguini, eux, sont passés ou passeront pas la case " prison " et d’autres sont en route au seul motif de ne pas avoir accepté une logique décidée d’en haut, au service des multinationales et du fric.
Le pouvoir est toujours du côté du plus fort (et pour cause, il a été mis en place par lui et pour lui). Et quand le pouvoir est de droite, il n’a même pas la pudeur, le souci ou la contrainte d’y mettre les formes. Il fonce et il exécute le sale boulot, en début de mandat de préférence, pour avoir les coudées plus franches par la suite.
Le sale boulot, en l’occurrence, consiste, pour lui et pour le moment à mater la rébellion dans l’œuf. Il convient de faire peur, de démontrer qu’il est en mesure de condamner et d’emprisonner, même si les preuves ne sont pas probantes et si la culpabilité n’est pas toujours démontrée. Peu importe, il lui faut, il a décidé de démontrer que l’action militante peut conduire à la cellule, au cachot, à l’isolement et à la destruction psychologique pour les plus faibles.
Et si nécessaire, il brandira la menace de l’armée. Le Canard Enchaîné du 20 août 2002 nous en informe : « Technique de "contrôle des foules", exercices de répression de "sécurité publique" en agglomération, certains chefs militaires envisagent, si besoin est, de démontrer leur savoir-faire en banlieue. » Tout est dit. L’annonce se veut claire et sans aucune ambiguïté : l’armée s’entraîne déjà.

Trouver à tout prix des coupables et traiter les problèmes sociaux ou revendicatifs à travers la poursuite est un comportement qui nous rappelle les sombres heures de Vichy. De la part d’un gouvernement qui doit sa mise en place à un grand mouvement populaire contre les idées totalitaires incarnées par le FN voilà qui vire carrément au surréalisme, (Chirac, lui même, n’est-il pas un pur produit du surréalisme ?). La reconnaissance du ventre ne concerne pas l’UMP. Pas plus que la parole donnée du reste.

C’est pas moi qui l’ai promis

Et l’on en arrive avec une certaine logique à l’extradition de Paolo Persichetti considérée comme « un geste de solidarité européen ». par le Garde des Sceaux. Faut-il comprendre qu’il s’agit d’un acte de solidarité de la France d’en haut en direction de l’Europe d’en haut et cette Europe là, seulement ? Que ne ferait pas Perben pour être agréable à Berlusconi. Un Berlusconi qui prend sa revanche après avoir été battu froid par le gouvernement précédent.
Et qu’on se le dise, la situation des anciens activistes italiens fera l’objet « d’un examen au cas par cas ». Il ne reste plus à ces activistes repentis à demander à Shuller et autres anciens RPR, compagnons de route du Ministre de la justice, des tuyaux sur la filière qui permet de s’extrader dans quelques Républiques bannières… et de ne pas y être dérangé !
La fameuse formule que l’on attribue à Chirac prend ici toute sa valeur avec quelques modifications mineures : « les engagements de la France ne concernent que ceux qui y croient… encore »

La somme des différences est désormais égale à deux

Peuple d’en bas, n’ayez aucune crainte, l’élite réfléchit. Les universités d’été se suivent et… se ressemblent dans la pauvreté intellectuelle d’un discours politicien éculé. Les éléphanteaux ou bébé dinosaures, suivant que l’on soit à droite ou à gauche de ce néant qui tient lieu, pourtant, de repère reproduisent par mimétisme, plus que par conviction ou idéal politique, les gestes, les mimiques et, plus grave encore, (mais est-ce une surprise ?) les erreurs de leurs aînés.
La relève se prépare et puisque le bipartisme est à nos portes les choix que vous aurez à faire demain se réduisent : deux grands partis… et des courants. Le linge sale se lavera en famille. Les courants pourront s’étriper. Le débat aura eu lieu, viril à défaut d’être idéologique. Voilà venu le temps de l’auberge espagnole attrape-couillons : tout le monde aura sa place dans l’une ou l’autre de ces deux formations. Chacun pourra s’exprimer dans sa minorité savamment entretenue. On aura même le droit de voter à l’intérieur du parti. A l’américaine papa, à l’américaine !
Mais le soir du grand jour, tout le monde se retrouvera autour du chef.
Plus de divergence, plus de contestation. Il faut gagner. C’est nous les plus forts. Le programme ? Qui a parlé de programme ? Vous rigolez ! C’était avant ça ! Maintenant on ne se bat pas pour des idées, on se bat contre un adversaire ! Nuance.

Fais moi peur

« La droite n’aura pas les mains libres », nous lance Marie-Georges Buffet du haut de son micro-parti. Pas de quoi faire trembler le baron Sellière qui s’impatiente, bien campé sur son Medef et regrette que le gouvernement soit « prudent, hésitant, précautionneux ».
Le rapport de forces n’est plus tout à fait ce qu’il était ma grande et c’est bien cela qui nous interroge pour la suite !


 
 
 
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