Le mythe bancaire.

Les temps sont à l’effondrement des mythes. Sur un tout autre sujet il y a le mythe Sarkozy, un très petit mythe il est vrai,mais ce n’est pas l’objet de cet article même si ce mythe-là est aussi effondré que le sont les tours du 11 Septembre et que la reconstruction est peu probable. Il s’agit ici d’un mythe solidement enraciné dans la conscience collective, celui du mythe du sérieux et de la solidité des banques.

La perception des banques, pour beaucoup d’entre nous, est leur pragmatisme, leur culture conservatrice à l’extrême, leur discipline de s’entourer de précautions inouïes lorsqu’elles prêtent,et leur suspiscion ressentie lorsqu’un employé vous regarde, le jour où vous sollicitez un découvert. Gare aux petites entreprises qui ont eu le malheur de financer un besoin à long terme avec du court terme. Beaucoup ont déposé le bilan en laissant des travailleurs sans emploi, parce qu’un banquier a coupé le robinet du découvert après avoir pris peur, qu’elle soit motivée ou non. Les banques, c’est du sérieux, c’est du moins ce qu’on croyait, ce qu’on voulait nous faire croire. Les coffres-forts blindés de dimensions respectables resistent à toute tentative de les forcer. On se demande de quelle taille serait un coffre-fort qui pourrait contenir 5 milliards d’Euros, mais celui-là s’est apparemment ouvert avec quelques codes informatiques, à l’insu des responsables peu vigilants.

Mais voilà qu’aujourd’hui on découvre, stupéfaits, que les économies mondiales vacillent à cause de la crise des subprimes. Des banques ont prété 300 à 400 milliards de dollars à des personnes insolvables. Tout le monde le savait, des agences de notation de crédit aux banques elles-mêmes, jusqu’aux banques centrales et leurs dirigeants, sans oublier les politiques. Et puis, avec la Société Générale, on croit halluciner. Un courtier vicieux et probablement malintentionné, nous dit-on, serait à l’origine d’une perte de près de 5 milliards d’Euros en une seule journée, ayant même contribué à l’effondrement des cours lors de la journée boursière noire de mardi dernier à Wall Street.

Que le jeune homme en question soit seul à l’origine de cette farce, ou que les responsabilités et culpabilités soient à chercher ailleurs, peu importe. On saura peut-être le fin mot de l’histoire, si le lampiste n’est toutefois pas retrouvé « suicidé ». Il y a trop de fric dans le coup pour ne pas envisager cette hypothèse. Pour le moment tout le monde se défausse, et se veut rassurant comme Sarkozy qui nous annonce qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Cinq milliards d’euros c’est rien, ni pour les clients de la banque, ni pour les petits actionnaires , ni pour les contribuables à qui ont demandera peut-être de financer la perte.

Ce qu’on croyait sérieux et solide n’est qu’une façade. Ce qui est arrivé aux banques avec les subprimes et la mésaventure de la Société Générale est d’une telle ampleur que leur crédibilité est sérieusement mise en cause. À qui se fier ?

Les gens n’ont pas le moral. Tout part de travers. Les banques censées incarner la sécurité et le sérieux qui dérapent, les politiques dont on découvre huit mois plus tard qu’on aurait dû comprendre que promesses électorales et actions du gouvernement ne sont aucunement corrélées. Cette gabegie n’existe que parce qu’on la tolère, et parce qu’on manque de lucidité lors des élections. Pensez-y aux municipales.

Ashoka


 
 
 
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4 commentaires
  • > Le mythe bancaire. 28 janvier 2008 10:12, par Le Gloahec

    Il y a longtemps que l’ on aurait du dénoncer les bourses financières, qui ne sont qu’ un jeu de Monopoly mâtiné de Poker menteur, en plus les règles évoluent selon le besoin.

    au secours Marx reviens

    Yves Le Gloahec 73330 Le Pont de Beauvoisin

  • > Le mythe bancaire. 29 janvier 2008 02:59, par eva journaliste-resistante

    Et si le gouvernement s’apprêtait à brader les banques françaises au profit de l’ami américain ? De toutes façons, on nous ment....

    ce n’est pas la première fois, ni la dernière, avec Sarkozy !

    Encore une ressemblance de plus avec Bush.... deux compères, d’ailleurs, qui instrumentalisent la religion à des fins politiques.

    Argent et éthique ne font décidément pas bon ménage.

    eva http://r-sistons.over-blog.com

    Voir en ligne : argent et éthique

  • > Le mythe bancaire. 31 janvier 2008 13:15, par André Chenet

    A propos de ce système bancaire pourri jusqu’à la moëlle, il faudrait en revenir à l’affaire Clearstram, révélateur essentiel de la maffia légalisée qui continue à pomper, avec l’appui des banques et des multinationales, l’argent
    des contribuables. Après cela "on" qui nous prend pour des cons, nous dit : "les caisses sont vides". Denis Robert, celui par qui le scandale vit le jour, pour être étouffé aussitôt sous une avalanche de désinformation boueuse, continue de se débattre entre procès iniques et menaces virulentes... Les banques ? des repères de vampires au service de ceux qui se prétendent, selon l’expression de Chomsky, "les maîtres de l’univers", des forteresses féodales à abattre.

    Voir en ligne : Banques

  • > Le mythe bancaire. 31 janvier 2008 17:02, par vladimir

    bonjour,
    au dela des elections,il y a surtout l’abscence d’une alternative credible.

    le premier pas est de voir la realité et demystifier cet
    ogre au pied d’argile qu’est le systeme bancaire.

    Les differentes ? interpretations ennonçées me semblent
    tourner autour des nouvelles formes de domination du capital sur la societé monde, qu’on peut brievement resumer comme “achevées”.

    Le capital realisait la plus value lors de la production, aujourd’hui il a etendu son extraction a la production comme a la consommation, une nouvelle totalité qui lui
    permet paradoxalement de s’extraire des contraintes du marché, de la vente et de la crise de surproduction : sa
    nouvelle logique dominante ; gaspillage maximum.

    Une illustration parmi d’autres : la domination bancaire
    a commençée lors de la mise en place de l’obligation faite a chaque salarié d’avoir un compte en banque sur lequel deposer son salaire obligatoirement payé par cheque ou virement.

    A partir de la, un salaire de 1000€ ouvrait un credit a la banque de 12 000€ (effet de levier,ratio Cock 8%),la banque creait ainsi un capital de 12000 € ,gratuitement grace au travail du proletaire, en prets,en credits,qui ouvraient de nouveaux credits,etc.

    La creation monetaire, propriété des banques privées n’est que la consequence de leur domination sur le salariat.

    Ce mecanisme est a la racine de la financiarisation et de la crise actuelle.

    Son extension effrenée n’est que sa logique reelle exprimée par “ils sont devenus fous”.

    Le capital peut se permettre le luxe inoui pour nous, de perdre du capital ,il s’en fout un peu, puisque immediatement le proces de reproduction lui offre gratuitement un nouveau capital,chaque mois grace aux salaires et echanges captifs ;il remplit la caisse !!!

    Les “seuls” a y voir un inconvenient sont les actionnaires
    y compris les salariés actionnaires de leur banque ;qui voient fondre leurs dividendes,et l’Etat ses impots, jusqu’au jour ou il sera obligé de fermer la caisse
    vidée par la panique des proletaires venus retirer leurs especes derisoires devaluées par l’ampleur de l’inflation.

    Une piste :

    Secrets d’argent, intérêts et inflation

    Par Rudo de Ruijter,
    Chercheur indépendant
    Pays-Bas

    http://www.courtfool.info/fr_Secret...

 
 
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