CONTRE LA DICTATURE SCIENTISTE ET LES MYSTIFICATIONS IDÉOLOGIQUES DE L’OPINION PUBLIQUE PAR DES EXPERTS OFFICIELS.

Quelques mots sur le scientisme et ses implications sociales

Par Camille Loty Malebranche

Il existe un scientisme méthodologique et un scientisme idéologique.

Le premier se réfère à l’inconnaissabilité du monde en dehors des voies et moyens de la science et ainsi, rejette tout autre mode de connaissance sans nécessairement proclamer l’inexistence de tout ce qui n’est pas pris en compte par la science. Il s’agit dans ce cas, de nier l’accès à toutes dimensions de l’univers non tangibles en dehors de la science et de sa méthode rationnelle, sans nier pour autant la possibilité de ces dimensions. C’est donc une posture intellectuelle dubitative face aux autres moyens de connaître ou de constituer un savoir et non une négation catégorique de l’objet de ces savoirs. C’est précisément la mise à la question de l’objectivation même de ces dimensions vu leur intangibilité, leur non objectivité. C’est un scientisme gnoséologique.

Le second, quant à lui, est l’espace du dogme et de l’acte de foi en une soi disant science mais en fait, en l’expertise de scientifiques déifiés par l’institution sociale, censés représenter la science elle-même. Ce scientisme se distingue du premier par son attitude absolutiste et radicale qui rejette pour inexistant tout ce à quoi la « méthode scientifique » propre à ces experts soutenant cette vision, ne désigne ou ne « prouve » comme vrai. C’est un scientisme doublement idéologique non seulement par ses prétentions ontologiques réductrices mais aussi par ses affiliations à des courants sociaux économiques et politiques, usant de ces experts, ces initiés consacrés et sacrés, pour mystifier les « profanes » et manipuler les consciences, un peu comme une sorte d’avatar du fidéisme religieux. Dans cet ordre d’idées, il suffit qu’un quelconque individu consacré expert, donc scientifique « sachant tout » de l’Afghanistan, vienne pontifier devant les canadiens que l’intervention canadienne en ce pays, est un modèle pour qu’une partie de ladite presse comme une cohue dégonflée, acquiesce son mot sacré entraînant dans l’idolâtrie désinformante, tout un secteur de l’opinion sans plus oser questionner par peur d’être amateurs, les dessous d’inféodation aux États-Unis de l’intervention afghane du Canada ! Il en de même aujourd’hui des dieux experts de la commission Attali ! De même en Haïti, il suffit que des « experts » viennent avec des mots laudatifs sur la privatisation des entreprises d’État pour que soit désarçonné tout un pan de la société civile préalablement opposée à ce néolibéralisme économique par peur de paraître profane et non initiée aux arcanes des sciences économiques ! Un bel exemple du « racisme de l’intelligence » dont parlait Bourdieu 1 !

Alors que le scientisme méthodologique reste un exclusivisme strictement gnoséologique prôné par une catégorie de la communauté scientifique, le scientisme idéologique, ontologique dans ses démarches, exclut du schème de l’Être tout ce qui ne se peut poser en objet par la science tel que l’entendent ses tenants. Néanmoins, nous devons signaler que pour libérer la connaissance humaine - si restreinte vu notre ignorance de la plupart des vérités et dimensions de l’univers et du monde, cette petite part de l’univers où vit et agit l’homme - il faudrait vraiment que sans se confondre, sans s’enchevêtrer, la science et l’intuition, la foi et le mythe, chacun dans son champ, puissent se déployer dans un véritable holisme cognitif sans basculer dans les déblatérations sacrales ou messes savantes, généralement pseudo scientifiques d’une certaine caste voulant davantage le pouvoir que le partage des connaissances, à l’instar de certains experts pontifes parfois endoctrinés et stipendiés, et qui, même dans les faits humains et sociaux et politiques, assez couramment atypiques, osent au nom de la science, parler ex cathedra, induisant souvent en erreur par leur refus fanfaron de leur propre limite qui n’est en fait qu’une part des limites humaines, lesquelles faisaient si sagement dire à Popper 2 que l’une des caractéristiques de la véritable connaissance scientifique, c’est son éventuelle falsifiabilité par le questionnement.

Les tenants du pouvoir de la société ayant toujours inventé la sociodicée 3, c’est à dire une théodicée du social posant le type de société en vogue comme dieu au-dessus de tout selon un code de justification de leurs pires méfaits, c’est aux majorités de se donner les moyens de s’informer valablement. Car être désinformé, ou uniquement informé par des journaux constituant la grande presse de l’institution sociale qui fait tout pour maintenir la société injuste dont elle profite, c’est se faire réduire au stade de jouet des tyrans souriants de la ploutocratie qui se dit démocratique sans souci des majorités.

Dans un monde passant de la barbarie primitive de l’homme sylvestre, telle l’anthropophagie à la barbarie de civilisation que sont les méfaits de l’économisme et de l’impérialisme ; dans un monde où l’État de droit - loin s’en faut, n’ayant guère éliminé l’écrasement des faibles et l’exploitation plurale des majorités par la justice sociale - favorise, à côté de l’égalité juridico-légale formelle des individus non effectivement citoyens par l’exclusion sociale et le règne d’une société de privilèges ; la construction d’une opinion juste des faits concernant tous, ne doit point être abandonnée aux seuls experts orchestrant l’exclusion des vrais débats qui rendraient accessibles sans manipulation toutes les données et tous les enjeux à nous tous de la société globale.

1) Bourdieu, texte écrit en 1983 avec pour sous-titre : Classe contre classe, le texte est reproduit dans Le monde Diplomatique, édition d’Avril 2004, p 24.

2) K. Popper in La logique de la connaissance scientifique.

3) Terme cher à P.A. Taguieff qui l’a utilisé dans son livre La couleur et le sang, avec pour sous-titre, racisme à la française.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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6 commentaires
  • — - ADN ---

    Je rappelle que pour faire s’écrouler la théorie de Darwin, il "suffit" de considérer avec grande attention la question, évidemment centrale, de l’ADN.

    Dès lors que vous émettez l’hypothèse que l’ADN ne saurait être le fruit du hasard (je rappelle que Crick affirmait et démontrait que le hasard ne peut pas générer une molécule en double spirale telle que l’ADN...., c’est donc que quelqu’un s’est chargé de synthétiser la "chose"...... ), vous disposez d’un outil capable de s’engouffrer dans la fissure, la brèche de plus en plus béante de l’absence du chaînon manquant (par exemple).

    Avec cet outil ("l’ADN n’est pas le fruit du hasard"), vous devenez capables de faire s’écrouler l’édifice entier de la théorie contestée de l’évolution de Darwin, et partant de là, toutes choses étant liées, vous êtes contraints et forcés d’aborder des notions comme :

    — autres formes de vie plus évoluées et capables de créer cet ADN, d’ensemencer des mondes, des planètes, des systèmes solaires.
    — réflexion sur la multi-dimensionnalité de l’univers et du réel.
    — relecture de l’histoire de la planète Terre : existences d’autres civilisations, etc, etc.....
    — autre mesure du temps.
    — refondation, après écroulement, de la physique et de l’astrophysique, ne serait-ce qu’en remettant en cause le caractère absolu et indépassable de la vitesse de la lumière. Vraisemblable variations des lois physiques, comme par exemple la gravité, en fonction des systèmes solaires, des galaxies, des portions d’univers considérées. (en d’autres termes, il est possible qu’il n’y ait pas de "constantes physiques universelles")
    — etc, etc, etc.........

    Mais ce serait ouvrir la boîte de Pandore, et la poignée de "scientifiques" qui arpentent laboratoires et universités, ne sauraient briser leurs carrières, leurs salaires et leurs croyances, même s’il s’agit de conquérir la vérité, une autre vérité.

    Ainsi, accepter de suivre cette hypothèse d’un ADN qui ne serait pas le fruit du hasard mènerait, inéluctablement, à plus ou moins brève échéance, à un changement radical dans la représentation du monde. Mieux encore, cette prémisse d’un ADN synthétisé par une intelligence, et à dessein (et évacuant au passage, avec la disparition du Darwinisme, cette idéologie de "la loi du plus fort" comme paradigme fondateur et indépassable, affirmation qui n’a rien de scientifique au demeurant, et relève surtout de la croyance....), entraînerait l’écroulement du monde que nous foulons et la naissance d’un autre environnement, d’une autre humanité, d’un autre mode d’être pour une autre planète.

    En effet, en changeant notre regard, en ouvrant les yeux sur une autre réalité, peuplée de myriades d’entités intelligentes, en considérant l’omniprésence de la vie et de la conscience dans un univers devenu multivers, nous changeons notre façon de penser et donc notre comportement, puisque percevoir autrement c’est agir autrement.

  • > Quelques mots sur le scientisme et ses implications sociales 5 février 2008 11:56, par Paul Dupont

    Tou à fait vrai. On nous manipule par des experts vendus, de connivence parfois criminelle avec l’ordre politico-économique en cours.

  • origine extra-terrestre ? 6 février 2008 09:41, par François Xavier

    Oui Cristobal, tu as raison !

    Je ne me souviens plus, là dans l’instant de son nom, mais une jeune femme du CNRS a publié un livre qui a bien failli, en effet, lui coûter sa carrière ... Car elle démontra scientifiquement que l’ADN, justement, chez l’homme, au stade de trois/quatre semaines, subissait une évolution, une transformation, une mutation plutôt car celle-ci ... n’est pas naturelle, non humaine : elle a donc avancé l’hypothèse que cette intervention extérieure pouvait être un début de preuve que l’homme a été modifié par une intelligence non terrestre ...

    Je fais des recherches à la maison pour vous trouver son nom et son livre ... C’est édifiant de voir que dès que l’on avance une idée qui n’est pas dans le contexte général on est "abattu" ; c’est comme l’osthéopathie il y a 30 ans en France, la Faculté disait que c’était des escrocs qui la pratiquait et désormais elle est enseignée à Bobigny, et remboursée par certaines mutuelles car on a fini par admettre qu’il fallait mieux être manipulé qu’infiltré par des médicaments ...

    L’origine de l’homme n’est pas le fruit du hasard ni d’un Dieu X o Y ... Mais avant que les hommes l’admettent ...

  • "Je ne me souviens plus, là dans l’instant de son nom, mais une jeune femme du CNRS a publié un livre qui a bien failli, en effet, lui coûter sa carrière ... Car elle démontra scientifiquement que l’ADN, justement, chez l’homme, au stade de trois/quatre semaines, subissait une évolution, une transformation, une mutation plutôt car celle-ci ... n’est pas naturelle, non humaine : elle a donc avancé l’hypothèse que cette intervention extérieure pouvait être un début de preuve que l’homme a été modifié par une intelligence non terrestre ..."

    Très, très intéressant.

    Si tu trouves les références du livre en question après la fermeture du forum :)))), n’hésite pas à me contacter par mail.

    Bien cordialement.

  • pour en finir avec Darwin 7 février 2008 18:00, par FX

    hé voilà : chose promise ...

    Anne Dambricourt :

    http://www.nouvellescles.com/Entret...

    Son livre est :
    La légende maudite du vingtième siècle - pour en finir avec le néo-darwinisme

    Broché : 205 pages

    Editeur : Dernières Nouvelles d’Alsace (31 décembre 2000)

    Collection : Objectif demain

    Ici sur Amazon :
    http://www.amazon.fr/L%C3%A9gende-m...

  • Quant à l’origine de l’homme voire de l’univers avec ses amas galactiques, elle vient nécessairement d’une conscience supérieure que vous l’appeliez Dieu ou différemment. L’ordre du monde ne laisse aucune place Hasard ou au Chaos. La contingence de l’Être n’est qu’une cosmologie fantaisiste, une ontologie au rabais. Le Mystère est la loi ici ! Moi, Chrétien sans nul rapport aux églises, j’accepte le principe de la Création, le mystère de la kénose d’un dieu Créateur quoique sans m’attacher à la lettre du texte biblique plein de failles et de mythes mais à l’esprit du texte qui me dit que Dieu existe, qu’il est Créateur, Rédempteur de l’homme dont la déchéance est si visible dans le monde et Père de qui l’accepte Lui qui nous appelle à son éternité.
    En regardant ce que les soi disant sciences proposent comme origine du monde, il faut plus de foi aveugle à la "science" pour y croire que ce que peut être la foi en un Dieu !

 
 
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