Changement de propriétaire : oui, la guerre civile continue !

Ce livre est jouissif ! (même si l’on rit jaune !) Cet inventaire à la Prévert des réalités politiques de notre nouvelle France est un bonheur pour l’esprit et une bouffée d’oxygène pour le moral. Il est aussi un implacable argumentaire contre le lavage des cerveaux et la désinformation rampante que nous subissons tous, tous les jours. Ce qui explique certainement le silence poli qui accompagna sa sorti. Une énième raison pour vous en parler.

Appelant un chat un chat, un renégat un renégat Eric Hazan ose. Quand il n’est pas en train d’éditer des livres écrit à l’acide pour le compte des éditions La Fabrique, Eric Hazan écrit dans son appartement du XXème arrondissement de Paris. A son tour, d’une plume alerte et incisive il trucide, il pourfend, il dénonce, il explique : il rassure aussi, car il démontre que tout n’est pas mort dans notre beau pays et que résister est possible. Son analyse des dérives sémantiques et des actions contradictoires menées depuis le 6 mai 2007 donne froid dans le dos. Entre anecdotes vécues et décryptages de la presse, s’insère des entretiens avec Jacques Rancière, Alain Badiou ou Daniel Bensaïd. Le ton est donné, l’angle axé sur la recherche de la vérité pour briser le consensus ambiant. Mais faudrait-il encore que notre bon peuple se dessille les yeux et veuille bien prendre conscience de ce qui se passe ... Nous ne sommes points dirigés par un gouvernement d’ouverture mais par une clique de dangereux opportunistes que rien n’arrêtera. Et ce ne sont pas les médias et nos intellectuels d’opérette qui vous diront le contraire. Bannissez TF1, Le Monde, Francetélévisions, Libération et tout ce qui, de près ou de loin, est impliqué, soit par le biais de son actionnariat, soit par les ralliements politiques de certains et qui vous servent une soupe insipide et volontairement outrageante. Rien n’est aussi simple que la manière dont ils veulent vous faire croire que le monde tourne : il n’y a pas l’homme blanc d’un côté face au reste du monde ; il n’y a pas de guerres de religions. Il y a une volonté ferme et définitive de casser les modèles sociaux pour que l’immense majorité serve servilement une ultra minorité qui s’enrichira d’autant. Cela va se faire en douceur, l’air de rien, d’autant plus que désormais la seule caisse de résonance est aux ordres : la presse est tenue par ceux-là même qui veulent nous asservir. Ne demeure donc plus que la blogosphère. Pour combien de temps encore ? Gageons que si rien n’est fait, ce type d’article sera passible de sanctions pour le journal qui le publie, comme aurait pu l’être la lutte contre le sionisme, comme le préconisait en 2004 le rapport Ruffin, triste sire jadis au service de l’humanitaire, aujourd’hui ambassadeur de France au Sénégal en guise de remerciement pour services rendus ; lequel renégat est aussi - toujours ! - administrateur de Francetélévisions (sic), ce qui permet à monsieur de Carolis d’user de sa voix (il en a le mandat) pour faire passer en force certaines décisions ...

Ainsi donc, l’affaire est dans le sac. Le nouveau proprio (Sarkozy) a prix les clés du domaine et impose sa loi. Les courtisans se battent à couteaux tirés pour avoir une part du gâteau, nous sommes à des années lumières des fastes de Mitterand, c’est dire si le bateau tangue, mais qui s’en soucie ? Tout va très bien madame la Marquise ...

Alors je dis non ! Je dis : lisez ce livre, imprégnez-vous en, récitez-le à votre pause café au lieu de débiter vos âneries habituelles sur le jour des soldes ou le score du PSG ou de l’OM ! Sortez-vous la tête de vos aisselles et regardez donc le monde tel qu’en lui-même, tel qu’il est en train de vous fondre entre les doigts. Lisez ce livre, et agissez avant qu’il ne soit trop tard ! Car la guerre civile continue. Partisans, aux armes !

Non, je n’ai pas perdu l’esprit. Vous ne me croyez pas ? Vous en avez le droit, voici donc quelques morceaux choisis pour donner le ton, pour vous donner envie, pour que vous lisiez ce fichu livre, sacré nom d’un chien ...
mars 2007 - BHL convainc Carolis d’organiser une semaine Darfour sur les chaînes de Francetélévisions : il faut mettre en place une force d’interposition [...] Peu importe que les dirigeants des organisations qui travaillent au Darfour expliquent qu’il y a sur place 80 ONG et 12 agences de l’ONU, que 13 000 travailleurs humanitaires font de leur mieux pour nourrir, approvisionner en eau potable et soigner 2 millions de personnes déplacées, [...] que les grands massacres sont du passé, que l’émiettement de la violence fera de toute action militaire un désastre. Peu importe : dans son bloc note du Point BHL insulte ceux qui se permettent d’avoir une opinion différente de la sienne.
8 mai : (à propos d’une réunion de Réseau éducation sans frontières) On peut penser que c’est plus sentimental-humanitaire que politique, mais on peut aussi y voir une bonne façon d’entraîner un quartier dans la voie de l’insoumission.
10 mai : Pauvre Finkielkraut, une fois de plus il n’a pas compris. (à propos de "l’équipée maltaise") [...] c’était voulu, c’était l’exposition délibérée d’un style managerial nouveau, "sans tabou ni complexe", comme ils disent.
21 mai : [...] Pour parler des nouveaux grands ministères, Sarkozy dit : "les holdings". Les chômeurs et les sans-abri font partie des frais généraux.
1er juin : [...] Et Alain Finkielkraut, et Eric Marty, et Jean-Claude Milner, et Robert Redeker, qui diable parlerait d’eux s’ils ne s’étaient faits les hommes-sandwiches du "nouvel antisémitisme" ? Quelle télévision, quelle radio, quel journal, quel éditeur voudrait d’eux ?
8 juin : L’apartheid à Paris. (après avoir dépeint les quartiers Gare du Nord et Gard de l’Est) Cette population n’a rien de commun avec les pauvres de la gare du Nord. Elle ne sait pas qu’ils existent ou, si elle le sait, elle s’en moque. C’est un apartheid qui n’a nul besoin de barbelés ni de pancartes, il est tout naturel.
9 juin : [...] Pour qu’un Algérien vivant en France passe du statut d’immigré, c’est-à-dire d’objet - d’attention policière ou de sollicitude - à celui de sujet parlant de son exil, il faut qu’il ait écrit des livres ou au moins composé des chansons. (sic)
10 juin : [...] Commentaire après avoir démontré, faits à l’appui et témoignages concordants, la réécriture de l’histoire d’une manifestation à Hambourg d’altermondialistes par Libération : Dans la guerre civile en cours, la fausse neutralité des journalistes ne parvient plus à masquer leur appartenance au parti du mensonge.
16 juin : [...] La communauté internationale n’est pas le seule à avoir une "responsabilité écrasante" dans la situation actuelle [la non reconnaissance du résultat des élections libres en Palestine en janvier 2006 qui a vu la victoire du Hamas] : les médias, en particulier français, contribuent à la laisser pourrir par leur lâcheté et leur hypocrisie.
19 juin : Portrait de Glucksmann en dernière page de Libération. "Sarkoy était le candidat le plus à gauche." Par quel étrange phénomène trouve-t-on chez les anciens maos autant de renégats, autant de vestes retournées ? Eric Hazan interroge ensuite Alain Badiou sur le sujet.
[...]quand Laurent Joffrin écrit dans Libération (20 juin) que "Nicolas Sarkozy a fait l’effort indiscutable de rapprocher gouvernants et gouvernés, de faire en sorte que la France du sommet reflète mieux la diversité du peuple", je suis tenté de penser que ces journalistes nous prennent pour des imbéciles, et aussi qu’ils révèlent la part qu’occupe le racisme dans leur inconscient.
22 juin : [...] BHL, celui qui voyait dans l’armée israélienne qui a envahi le Sud Liban à l’été 2006 l’image des brigades internationales luttant contre le fascisme en Espagne.
28 juin : France Inter est en grève pour protester contre la suppression de La Bande à Bonnaud et l’éviction de son producteur. [...] Le président de Radio France, Jean-Paul Cluzel, qui se proclame "gay, catholique et libéral", déteste le mélange de culture populaire et de mauvais esprit qui est la marque de France Inter. Il a nommé à la direction de la chaîne Frédéric Schlesinger, qui s’occupait de radios commerciales et musicales dans le groupe Lagardère. [...] Mais au-delà d’une affaire de personne, l’attaque porte sur le rôle de la radio dans la culture populaire, sur la promotion du livre contre le divertissement qui abrutit, sur la notion même de service public de la radio.
29 juin : La presse écrite doit rendre crédible l’idée que nous vivons dans une démocratie pacifiée qui sort renforcée des joutes électorales récentes - avec pour corollaire que ceux qui n’en croient pas un mot et agissent en conséquence ne méritent que la tolérance zéro. Pour y parvenir, elle utilise une série de procédés dont je tenterai de dresser une typologie ...

A suivre, donc, en lisant vous-même ce brûlot qui devrait prendre dans nos cœurs la suite du célèbre J’accuse ...

Que ce livre ait trouvé sa place au Seuil est de bon augure. Il est encore des éditeurs courageux. Fasse que demain il trouve des lecteurs entreprenants et des citoyens avisés ...


 
P.S.
 
 
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