Sarkozy. Vous avez dit bling-bling ?

Ce n’est pas pour rien que la presse du monde entier appelle Sarkozy le président bling-bling, traduction de pacotille et d’ostentatoire, ces deux adjectifs lui allant à merveille. Sa réputation est aussi pulvérisée en dehors de nos frontières que dans l’hexagone. Il faut dire qu’il le mérite et qu’on pourrait croire qu’il s’est à dessein évertué à se torpiller lui même.

Contrastant furieusement avec les défis que la France doit relever, Sarkozy n’a pas tardé au lendemain de son élection à nous dévoiler avec impudeur sa futilité et son exhibitionnisme. De candidat madré à élu pipolisé autant par besoin de se faire admirer que par désir de profiter d’un statut de parvenu, Sarkozy a oublié qu’il était là pour nous.

Quid des retraites et du chômage, de la croissance et de la durée du travail, de la représentativité de la France à l’étranger, de la dignité de la fonction présidentielle, des promesses non tenues. Étalant au grand jour son goût immodéré pour le luxe et la jet set, celui qui devrait œuvrer pour un meilleur avenir des Français et plus de justice se complait dans une vie mondaine. Au formalisme politique et à la diginité succède sous Sarko 1er la théâtralisation, alors que les intérêts privés s’imposent par le haut, via le nouveau président interposé. Dans son propre camp, il trahit ses amis et alliés, règne en maître absolu sur ses ministres, irritable et agacé d’un rien, avec un despotisme insuportable. C’est l’omniprésent touche à tout, qui met son grain de sel à tous les niveaux, qui veut concentrer tous les pouvoirs et prendre toutes les décisions. L’équipe, il ne connaît pas. Son illustre prédecesseur par la taille et l’ambition, Napoléon Bonaparte, finira à Saint Hélène trahi par ses amis, fatigués de voir le petit tondu n’en faire qu’à sa tête. Sarko réitère le comportement sans toutefois avoir une once de l’envergure de l’empereur.

Si bien qu’aujourd’hui et après huit mois de présence, Sarkozy est méprisé par la France, lui qui a enfumé les Français. Son arrogance dans le pouvoir qu’il exerce, l’installation d’une floppée de courtisans de tout bords, aussi futiles qu’inutiles et sans aucun pouvoir, le mépris des engagements donnés et le reniement de la parole, tout cela présage d’un monumental désastre pour la France. Les Français éberlués assistent en direct à la chute du beau parleur, dont les prestations n’arrivent plus à cacher la médiocrité. La forme n’arrive plus à cacher le fond, l’illusion a fait long feu, les paillettes du noceur et son insouciance arrogante écoeurent la majorité des Français. Cela devient embarrassant, quoique le pauvre coq n’ait pas l’air de se rendre compte de la triste impression qu’il donne, étourdi par son pouvoir mal employé, gavé d’honneurs qu’il s’octroie, et inconscient de l’incongruité du décalage entre ce qu’il devrait faire et la nullité de ses prestations.

N’ayons pas peur des mots, ce président nous dégoûte, même si cela nous peine de le dire du premier d’entre nous. Il ne semble pas possible d’être aussi maladroit. Il faut que sa suprême arrogance, son dédain du vulgum pecus et son indifférence du peuple soient les travers qui font qu’il se contrefout du reste de son quinquennat autant qu’il est indifférent de notre sort et de celui de la France. Cet homme connaît son heure de gloire, il a tellement aspiré à atteindre ce but qu’il a déjà accompli son rêve, et vit sans retenue, sans pudeur ni dignité sa romance avec le pouvoir et tout ce qui le représente, argent, honneur, fait du prince et mépris condescendant. Les Français sont sages et ont suffisamment de lucidité pour juger celui qui leur a tant promis et qui n’a rien tenu. On peut autant évoquer l’incompétence que les travers psychologiques engendrés par un ego boursouflé de partout.

Autant décrédibilisé, sarkozy saura t’il remonter la pente ? On peut craindre qu’il n’ait ni l’humilité, ni la lucidité, et ni les ressources pour y parvenir. Son déclin est annoncé, à l’image de celui d’une France qu’il aura contribué à enfoncer plus profond.

Bling-bling Sarkozy ? Oui, malheureusement. Et probablement pan pan cucul aux municipales et des revers à répétition, avec une disgrâce cinglante à l’horizon très proche.

Ashoka.


 
 
 
Forum lié à cet article

4 commentaires
  • > Sarkozy. Vous avez dit bling-bling ? 16 février 2008 13:05, par papa tango

    Le terme bling-bling a été ’inventé’ par Domenach de Marianne il ya un an..

    Ceci reprend une image trés hip-hop rap,( bijoux brillants-bruyants, je crois que les latins appellent ca ’brontos’, pas sur)..

    Désormais, il exhibe une femme blong-blong, chanteuse guitariste perfectible, qui fait de la pub en chantonnant bang-bang..

    Votre analyse porte, on peut encore la simplifier en notant l’ infantilisation de ces images du pouvoir, la vieille image carotte/baton se radicalisant comme vous le suggérez justement en zizi-panpan, point forts qui émergent du profil élyséen.

    Hélas, ces joujoux conceptuels sont futiles face aux dégats en cours.

    YZ.

  • > Sarkozy. Vous avez dit bling-bling ? 17 février 2008 01:06, par JACQUES RICHAUD

    DE ‘ BULLE’ EN ‘ BULLE’….UN HOMME TOMBE PEUT-ETRE...
    Le marché financier nous a depuis toujours habitué a ces convulsions intermittentes lorsque éclate une « bulle » qui fait s‘effondrer les cours pendant quelques jours ou quelques semaines ; la dernière crise qui vit l’éclatement de la « bulle » du marché immobilier US a été suivie d’un effondrement autre que le cours boursier de quelques multinationales, ce sont plusieurs millions de citoyens étasuniens qui se retrouvent à la rue « dépossédés » par la machine spéculative infernale capitaliste, ceci n’est pas notre sujet.
    Il est aussi des personnalités politiques qui enflent avant d’éclater, notre pays semble posséder un modèle d’exception de ces baudruches inquiétantes.

    LA « BULLE BLEUE »

    L’enflure du sarkozysme ne s’est pas avancée masquée, comme une intrigue boursière ou subversive cachée au peuple. La casse sociale sur tous les fronts de la retraite, de la protection sociale et du code du travail ; la remise en cause des valeurs républicaines de solidarité, hospitalité et droit du sol ; les menaces sur les libertés privées ou publiques ; l’effondrement de la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ; tout cela était annoncé dans le programme et fut mis en œuvre rapidement, à la hussarde, avec longtemps une « côte » maintenue dans les sondages. Un peu comme si le peuple entier consentait vraiment à cette relation sado-maso. Avec moi « tout devient possible » disait-il ; la fascination de l’outrance a entretenu la mystification et la « bulle sarkozyenne » a pu enfler encore pendant neuf mois. Ce temps écoulé, égal à celui d’une gestation, précédait un désamour brutal, aussi irrationnel que le fut la pseudo empathie de la première période.

    En quelques jours devait éclater la bulle présidentielle, sans qu’aucun élément « objectif » et grave de nature véritablement « politique » ne soit intervenu. Cet éclatement peut nous interroger : C’est au lendemain de son mariage en catimini que le bling-bling faisait pschiiittt avec une chute de popularité de treize points, l’effondrement semble se poursuivre dépassant désormais vingt points, comme si le peuple se réveillait d’un mauvais rêve…

    L’ENVOUTEMENT.

    Il faut revenir un peu en arrière pour comprendre l’envoûtement sarkozien des neuf premiers mois, succédant à la magistrale gestion de sa montée politique avec une indiscutable victoire « idéologique » sur sa pitoyable adversaire. On peut avancer l’hypothèse d’un effet prolongé de la « domination symbolique » chère à Pierre Bourdieu. Dans ce processus même les victimes désignées de la politique menée, objectivement flouées, se reconnaissaient en partie dans le fantasme incarné ; cette image vivante de la consommation et de la jouissance qui leur serait durablement inaccessible, mais stimulait tellement leurs désirs que la vente des magazines pipole consacrés au personnage explosait… « Travailler plus pour gagner plus » et demain peut-être vous aussi…Regardez, je suis inculte et brutal et je suis au sommet…Le rêve américain qui est aussi le sien serait à la portée de tous… ?
    La mystification ne pouvait durer toujours. Elle était passée par plusieurs phases : Le sarkoraptor du « karcher » avait fait peur ; le sarkostensible de yacht de Bolloré et du Fouquet avait fait « envie » à certains qui voyaient paraître dans le premier cercle des invités un champion cycliste déchu pour dopage et un délinquant fiscal notoire du showbiz, qui avaient conquis leur invitation au seul prix de leur allégeance à la nouvelle autorité…Cela ouvrait des perspectives pour beaucoup…Tous les frustrés perdaient leurs complexes et les rêves redevenaient accessibles.

    L’EFFET MICKEY ?

    Mais le sakodisney a fait rire…C’est peut-être dans un parc d’attraction, auprès de Minnie que Mickey a perdu sa superbe. On l’avait cru un peu Rambo auprès de Bush, il n’était plus qu’un Donjuan ridicule au bras d’une belle dans un décor de pacotille. C’est peut-être ici que les deux facettes d’une même imposture sont devenues visibles à tous et que la « bulle » a éclaté par cette collision d’images si contradictoires.
    Cela en était trop, le peuple modeste mais digne ne pouvait plus se reconnaître dans le bouffon grotesque. Jusque là l’objectivité du personnage et de sa politique paraissaient inattaquables par la critique « rationnelle » ; c’est notre « subjectivité » heurtée qui a crevé la bulle…

    ET DEMAIN ?

    Ce sursaut de lucidité est-il durable ? Rien n’est moins sur. La France se tromperait encore si elle se contentait de réclamer un « vrai président ». Aucun régime hyper présidentiel ne peut se réclamer du peuple, lorsqu’il gouverne contre le peuple. Mais la servitude volontaire a des pesanteurs et une logique propre ; « Rendez les précaires et vous les rendrez dociles » disait Bourdieu…L’intoxication de l’espace médiatique aidant avec une saturation de faits politique mineurs dissimulant l’essentiel peut faire craindre le pire. Le feuilleton de Neuilly a complètement effacé le viol de la démocratie au congrès de Versailles par l’adoption du traité constitutionnel européen….

    UNE « BULLE ROSE » ?

    L’opposition socialiste se trompe si elle croit tirer un avantage véritable de l’explosion de la bulle sarkozyenne. Cette opposition s’est totalement déconsidérée dans la mascarade socialiste à Versailles par laquelle elle a même largement contribué à remettre Mickey en selle pour une seconde chance.

    La lecture de cet événement majeur mérite être éclairée par la tribune rédigée par « Les Gracques », ce groupe « oui-iste » prétendument de gauche (tendance Rocard-le-capitalisme-a-gagné). Le texte affirme après un titre racoleur « Tu veux ou tu veux pas » (in Libération 4 février 2008 page 36) sa détermination à « voter sans état d’âme pour le traité simplifié ». Mais en même temps il ouvre sa chronique par ce singulier rappel : « Quel est le point commun entre la royauté et la gauche en France ? Versailles ne leur réussit pas. On sait comment Louis XVI a mal fini pour avoir méconnu depuis la Cour le sort de ses sujets mécontents. Le PS pourrait connaître après le 4 février la même malédiction » (!)

    Remercions « les Gracques » d’avoir si clairement démontré que leur adhésion au processus de Versailles voulu par le président Sarkozy était une rupture avec le peuple. A la veille des municipales, une part du PS s’imagine peut-être que le « vote sanction » qui s’annonce pourrait faire gonfler la « bulle socialiste »…Mais cette bulle rose ne peut enfler longtemps après de tels reniements.

    QUELLES PERSPECTIVES ?

    Certains nient encore qu’il y ait « deux gauches » dans notre pays et voudraient nous faire souffler dans la bulle rose qui enfle. A chacun de nous de s’identifier ou pas à la bulle des Versaillais. D’une bulle à l’autre, d’une mystification à une imposture, la cause populaire est trahie.
    Dans le pire des cas nous serons nombreux à éliminer les uns pour « choisir notre adversaire » demain, mais avec la détermination forte de continuer le combat contre les faiseurs de bulle de toutes tendances.

    Jacques Richaud 11 février 2008
    Publié in :
    http://socio13.wordpress.com/2008/0...

  • 42,684 % des Français inscrits 17 février 2008 19:15, par Odile

    Existe-t-il en France une procédure d’"empechment" comme aux USA ?

    On parie combien que Sarko ne finira pas son mandat parce qu’il aura fait une gaffe monumental ?

    Quoiqu’il en soit rappelons sans cesse qu’il n’a pas été élu par une majorité de Français, mais par seulement 42,684 % des Français inscrits

    Sarko c’est "Monsieur 42,684 %"
    Si nous étions nombreux à l’appeler ainsi, ça (le) ferait peut-être un peu réfléchir.

    Surtout qu’il a fait des déçus depuis et qu’une partie de ses électeurs a voté avant tout contre la Royal plus que pour lui

    De plus en plus en France, s’abstenir de voter, c’est une façon de voter

  • > Sarkozy. Vous avez dit bling-bling ? 21 février 2008 22:38, par jacques

    S’abstenir de voter n’est certainement pas une façon de voter. La preuve, il est élu avec 42 % des suffrages exprimés. Ni la droite, ni la gauche, ni les écolos vendus ne nous apportent de satisfactions, cependant, on peut avec notre bulletin faire vivre et développer des partis dit d’extrême gauche par exemple

 
 
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