Le temps des municipales est revenu.

Ce dont ont besoin les gens, ce n’est pas d’opération qui visent à les tromper, mais c’est des Maires avec des élus au service de la population, sans réserves, ni calculs, pour rassembler contre l’ogre capitaliste, défendre les communes et les gérer dans les conditions d’aujourd’hui au plus près de l’intérêt de la population, pour le progrès social et la démocratie. Il s’agit donc de bien réfléchir avant de déléguer son pouvoir.

En même temps que les départements, les communes furent créées lors de la Révolution française, le 14 décembre 1789, afin d’uniformiser le territoire français, divisé jusque là en paroisses, villes ou villages. Actuellement 36 782 communes couvrent le territoire français (36 568 pour la métropole et 214 pour l’outre-mer).

La municipalité est le nom de l’organisation et de la gestion d’une commune. Elle favorise la démocratie de proximité qui peut déboucher sur des initiatives d’envergures nationale.

Le terme « municipalité » désigne plus précisément la partie exécutive du conseil municipal, c’est-à-dire le maire, les adjoints et les conseillers municipaux délégués. Par extension, le terme peut aussi désigner le territoire communal ainsi administré.

L’élection des municipales sert à désigner celles et ceux à qui ont confie la gestion ‘une commune.

L’élection des municipales est la plus populaire et le Maire est l’élu préféré des français.

Selon les sondages.

Près de 9 français sur 10 connaissent le nom de leur Maire. Ce chiffre est cependant à prendre avec des réserves car il est plus facile de connaître le Maire de l’une des 31 948 communes de moins de 2 000 habitants (chiffre INSEE) que celui d’une commune ayant 20 000 habitants ou plus.

Depuis 2001, près d’un français sur deux a eu l’occasion de discuter avec son Maire.

Le Maire est donc l’élu au plus près des gens. Ce qui pose la question de la fonction des autres élus formant le Conseil Municipal qui se trouvent réduits aux seconds rôles, qui sont, dans certaines villes, inconnus des administrés.

Vraisemblablement certains Maires se sont arrangés de cette situation qui met leurs adjoints dans l’ombre, se trouvant ainsi mis en exergue et pouvant de ce fait se servir de leur fonction comme d’un marchepied, pour atteindre d’autres fonctions représentatives plus valorisantes et moins prenantes. Au contraire, il existe des communes ou tous les adjoints, voire le secrétaire général de la mairie et quelques cadres de celle-ci sont connus du grand public. En fait, dans la première situation, la démocratie n’est pas un grand souci pour le premier élu, c’est plutôt l’inverse dans la seconde, puisqu’il est plus facile de recueillir l’avis et les besoins des gens à plusieurs que seul.

Il est un fait qu’on ne peut pas méconnaître, le Maire est celle (ou celui) à qui les gens pensent en premier lieu à s’adresser pour le logement, l’emploi, le commerce de proximité, les crèches pour les enfants, la circulation automobile, le stationnement, l’environnement, la sécurité . . .

Un autre fait se doit d’être souligné, c’est le Maire qui est montré du doigt lorsque des administrés considèrent que les choses vont mal. C’est là que l’exercice de Maire devient difficile et certains d’entre eux abandonnent en cours de mandat (1 652 Maires de communes de moins de 20 000 habitants depuis 1995 selon le ministère de l’intérieur). Un pot de fleur qui tombe sur la tête du passant un jour de tempête, c’est le Maire qui n’a pas pris l’arrêté municipal interdisant les pots de fleurs les jours venteux,

Plus grave cette tendance à la judiciarisation de la fonction du Maire. Le Maire en plus de surveiller sa commune se doit de surveiller chacun de ses faits et gestes, les plaideurs professionnels et le tribunal correctionnel guette. Le Maire peut être le bouc émissaire idéal.

Par exemple, il peut être dangereux pour un Maire d’être adhérent d’une association sportive et de faire voter en sa présence une subvention pour cette association. Le Maire peut être alors être soupçonné de prise illégale d’intérêts. C’est la mésaventure qu’est arrivé à un Maire des Hauts de Seine. Une solution pour éviter ce désagrément, c’est sous couvert d’urgence, rejoindre les toilettes au moment du vote des subventions. C’est l’assurance tous risques.

Autre exemple, la présence de terres et de boues lui ayant été signalé, un Maire d’une commune rurale de Moselle est jugé responsable pour défaut d’entretien d’un chemin sur lequel un accident de bicyclette est survenu, alors même qu’il avait chargé un agriculteur y faisant passer ses troupeaux, de son entretien.

Enfin, pour son budget, une commune dépend pour une grande part de la politique nationale et surtout européenne. En effet, la gestion des communes, sera conditionnée par la politique dont les axes principaux seront décidés à Bruxelles, grâce à la forfaiture de Versailles. Cependant des résistances peuvent se manifester dans une commune gérée par un Maire progressiste ayant un souci de la démocratie, voire tout simplement un souci républicain.

A l’inverse des autres élus à l’assemblée ou au Sénat, les Maires ayant une vision progressiste ou républicaine, parce que leur fonction les éloigne des consignes de parti, sont plus libres d’aider la population. D’autres élus, ont, surtout, une vision élitiste de leur fonction et tous les six ans viennent chercher les voix qu’ils n’écoutent jamais.

L’intercommunalité ?

Par la loi du 12 juillet 1999 dite loi Chevènement, les districts (créés en 1959 pour les villes et 1970 en milieu rural) et les communautés de villes, créées en 1992 par la loi la loi du 6 février 1992 relative à l’Administration Territoriale de la République (ATR) ont été transformés en communautés de communes, communautés d’agglomération ou communautés urbaines. L’acte II de la décentralisation (loi du 13 août 2004) ajoute la possibilité de fusionner les groupements de communes.

La DGF (Dotation Globale de Fonctionnement) joue un rôle pernicieux en matière de financiarisation des communes en favorisant les intercommunalités, notamment par l’intermédiaire des EPCI (Etablissements Publics de Communication Intercommunale).

Pour le citoyen, ces sigles, DGF, EPCI, sont le plus souvent ignorés. Ils représentent des règles de financement complètement opaques, empêchent les gens de se déterminer en connaissance de cause. En fait, ils font barrage à l’exercice de la démocratie. Ainsi le citoyen est obligé de faire confiance aux élus, les yeux fermés. D’où l’importance de bien choisir ceux-ci.

L’intercommunalité éloigne donc la population des prises de décision. Sa stratégie vise encore, en centralisant, à diminuer les services publics, notamment à la campagne. En ruralité encore, l’intercommunalité favorise la plus grande commune au dépend des plus petites.

Les situations étant diverses, il arrive que ce qu’on peut désigner par intercommunalités libres peut apporter de l’oxygène à certaines communes en matière de logement, améliorer des réseaux de circulation, diminuer les prix de certaines charges, d’élaborer des projets communs de développement. . .

Cependant l’intercommunalité libre ou forcée est dépendante du Préfet de région qui sous l’œil européen de Bruxelles y fut encouragé par un vote du parlement européen lors de sa séance plénière du 27 septembre 2006. Ce qui lie les mains de la plupart des Maires de France. A terme, on peut craindre de facto la disparition des communes au profit des intercommunalités.

Pour les gens, il est difficile d’y voir clair avec l’empilement des structures depuis la commune jusqu’à l’Europe du capital, en passant par l’intercommunalité, le département, la région et l’Etat National. Toutefois dans ces structures les électeurs-citoyens pourraient trouver leur compte avec une République toujours plus démocratique, laïque et sociale. Hélas, nous n’en prenons pas le chemin.

Avec l’intercommunalité plus ou moins obligatoire et surtout plus opaque, il est à craindre que les communes disparaissent. La commission Attali qui a rendu son rapport le 23 janvier dernier propose de renforcer les régions et les intercommunalités en faisant disparaître en dix ans l’échelon départemental. La commission Attali propose donc de mettre en œuvre l’Europe des régions exigée par Bruxelles et de casser les échelons administratifs de la république pour y substituer un nouveau triptyque corporatiste : Europe, région, intercommunalité. Pour les Maire cela aura pour effet soit de les faire disparaître, soit de se faire se battre pour présider une intercommunalité.

Dans cet ordre d’idée, le premier Groupement Européen de Coopération Territoriale (GECT) a été lancé à Toulouse le 3 décembre 2007, en présence de Georges Frêche et Danuta Hübner , commissaire européenne chargée de la politique régionale. Avec ce nouveau statut, adopté par la Commission européenne cet été, l’euro région regroupant le Midi-Pyrénées, le Languedoc-Roussillon, les Baléares et la Catalogne (soit un ensemble de 13,5 millions d’habitants) va désormais être dotée d’une structure commune et d’une personnalité juridique. Intérêt officiel du nouveau statut : pouvoir répondre à des appels d’offres européens, sans en référer à Paris ou à Madrid. Quelle sera demain la place des Maires de ces régions ? Devront-ils s’adresser directement à Bruxelles ?

Le concept de communauté d’agglomération doit être relatif et tenant peu cas du géographique car on peut constater des sortes d’intercommunalités bizarres avec des villes dont les Maires ont la même étiquette politique qui sont pourtant séparées par d’autres villes qui ont des Maires avec des étiquettes différentes. C’est vrai pour les Maires étiquetés de droite comme ceux de gauche. Question : que va-t-il se passer au soir du 16 mars si des villes changent l’étiquette de leur Maire, changeront-elles aussi d’intercommunalité ?

S’agissant des nouvelles agglomérations et les possibles disparitions communales, on pourrait aussi aborder la question du « Grand Paris », un projet qui revient régulièrement, repris aujourd’hui par le Chef de l’Etat, repris également sous le terme de « Paris Métropole » par Bertrand Delanoë. Cette nouvelle structure reste apparemment à imaginer et les Maires des communes de la proche banlieue parisiennes qui sont concernés n’évoquent guère la question.

Pourtant lorsqu’on regarde la campagne des municipales à la télévision, sur la presse ou dans la propagande des candidats, sur le terrain, ces questions n’apparaissent pas comme si on craignait à en parlant d’ouvrir le boîte de Pandore renfermant tous les maux.

La gestion de l’eau, une question à part ?

L’eau est un élément essentiel à la vie. L’eau n’est pas inépuisable et ne doit pas être gaspillée ni polluée. La gestion de l’eau devient une grande question d’aujourd’hui.

Tout le monde semble d’accord, l’eau, cette inestimable source de vie doit être gérée et protégée. Défense du bien commun, revalorisation du service public, développement soutenable des territoires et démocratie participative sont au cœur des mobilisations en faveur d’une gestion publique et démocratique de l’eau qui se multiplient en France depuis quelques années. Cependant, il reste beaucoup à faire car le cartel des eaux, Véolia, la Lyonnaise des eaux, la SAUR (Société d’Aménagement Urbain et Rural) est puissant.

Pourtant, les services publics locaux de l’eau et de l’assainissement sont de la compétence des maires et des collectivités intercommunales lorsque les communes leur en ont délégué la compétence. Cette question à donc toute sa place dans la campagne des municipales. Prenons l’exemple de l’ Ile de France où le Syndicat des eaux (SEDIF) délègue depuis 87 ans sans discontinuer à une seule et même société privée : Véolia (ex Vivendi, Générale des eaux) la distribution et la gestion de l’eau. Cette société accumule les profits et à conduit a des dérives souvent dénoncées, mais toujours niées, comme, gaspillages, non renouvellement des réseaux, prix trop chers, pots de vin (extraordinaire pour de l’eau). En Ile de France, il faut étudier sérieusement les alternatives et notamment proposer le retour en gestion publique comme le propose un député de gauche, et ancien Maire, de Seine Saint Denis.

D’après l’UFC-Que choisir, le prix de l’eau facturé au consommateur fait la culbute d’une agglomération à une autre : 1,98 euros TTC le m3 à Clermont-Ferrand, 2,23 euros à Grenoble, 2,69 euros à Paris, 3,38 euros à Bordeaux, 3,77 euros en proche banlieue parisienne. Aucune explication sérieuse ne vient expliquer ces disparités. Si on considère que l’eau n’est pas une marchandise, seule une gestion publique s’impose sous le contrôle des citoyens avec l’apport des Maires et leurs municipalités avec des mesures prises en amont pour éviter les pollutions des nappes phréatiques. l’Institut français de l’environnement (Ifen) vient de publier un rapport alarmant sur l’état de la contamination des eaux par les pesticides à partir de mesures effectuées au cours de l’année 2005 dans les cours d’eau et les nappes souterraines. En l’occurrence l’action des maires ruraux et urbains devraient se combiner pour que l’eau redevienne ce qu’elle aurait dû rester : une source de vie à un prix très abordable puisque seul le réseau de distribution et son entretient, le traitement des eaux sales, à un coût. La matière première, c’est-à-dire, l’eau elle-même, étant gratuite.

L’aspect politicien des municipales.

Depuis Pierre Dac on sait que « rien n’est plus semblable à l’identique que ce qui est pareil à la même chose ». Les municipales n’échappent pas à cette règle. Les municipales portent toujours leur lot de faux semblants comme toutes les élections.

L’aspect politicien de municipales porte quelquefois à la rigolade. Bipolarisation de la vie politique aidant, les « petits » partis cherchent à travers ces élections à se faire reconnaître dans le paysage politique français. C’est la seule tribune qui leur reste. Les « grands » partis cherchent à détourner l’objectif de recherche du meilleur Maire possible au profit d’une soi disante lutte gauche/droite, comme s’ils avaient une réelle différence quant à leur vision de la société, alors que le congrès de Versailles vient de démonter le contraire.

Les cas de figure sont pluriels. A la campagne, « Clochemerle », revient ici ou là, le temps des municipales. Ailleurs, des associations imprévues se font, comme la grande foire de l’ouverture avec des objectifs électoraux pour tout justifier, avec des partages entre les listes dites de « gauche » ou de « droite » comme à Montpellier, Grenoble et Roubaix. Des listes qui se présentent non pour être élues mais pour faire perdre une autre liste pendant que des listes n’ayant aucune chance devant les électeurs se présentent pour prétendre ratisser large comme on dit et combiner au second tour avec une autre liste mieux placée en espérant en recevoir des dividendes. Ces cas ne figure ne sont pas exhaustifs. . .

Dans ces conditions, il n’est pas rare de voir la gauche essayant de faire perdre la gauche et la droite essayant de régler ses comptes internes, comme à Neuilly sur Seine par exemple.

Heureusement, l’aspect politicien reste secondaires pour beaucoup de listes candidates et c’est tant mieux car ce dont ont besoin les gens, ce n’est pas d’opérations qui visent à les tromper, mais c’est de Maires dévoués avec des élus au service de la population, sans réserves, ni calculs, pour rassembler les personnes contre l’ogre capitaliste, défendre les communes et les gérer dans les conditions d’aujourd’hui au plus près de l’intérêt de la population, pour le progrès social et la démocratie.

Serge Portejoie


 
 
 
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