Sarkozy le brouille pistes.

Sacré Sarkozy. On l’attend sur les grandes questions qui préocuppent les Français et il s’évertue à nous présenter autre chose lors de ses apparitions. Bien sûr, il y a la religion, une de ses marotes sur laquelle il revient trop souvent, inconscient que c’est un terrain miné. Mais le bonhomme a, là-dessus, de la suite dans les idées. Et puis plus récemment, comme il veut intervenir sur tout et ne rien résoudre, il propose l’initiative de la mémoire d’un enfant de la Shoah.

Nous ne jugerons pas de la nécessité de faire revivre le souvenir de ce triste et honteux calvaire qu’ont subi des innocents, assassinés par les nazis après d’atroces soufrances. Mais on peut, en revanche discuter, du procédé. Les syndicats considèrent que cela pourrait provoquer des troubles psychologiques chez nos enfants. En d’autres termes les nazis feraient, grâce à Sarko, encore un peu plus de mal à des enfants, 70 ans plus tard et pour de longues décennies si cette initiative s’installe et perdure. Ce serait leur faire la part belle. Cette intrusion de la politique dans le pédagogique, ce mélange des genres, cette proposition d’un amateur qui ne connaît rien à l’enseignement, est à l’image d’un Sarkozy touche à tout, qui lance ici et là des initiatives pour lui permettre d’éviter les vrais problèmes et lui donner l’illusion que cela l’affranchit de rendre des comptes.

Il y a, en France, de nombreux experts en pédagogie, des psychologues et des pédopsychiatres, au nombre desquels chaque enseignant dévoué et compétent, instituteur et professeur de l’école laïque. Personne n’a été consulté avant que Sarkozy n’en parle. Il ne consulte pas ses ministres sur la politique, pourquoi voudriez vous qu’il consulte les professionnels sur un sujet dont il ne connaît même pas les rudiments les plus élémentaires. Sarkozy est plus intéressé par ses flamboyants effets d’annonce que par les dégâts que son idée lancée à la légère peut faire chez un enfant fragile, qui se sentirait peut-être responsable d’une injustice majeure sur son semblable auquel il pourrait s’identifier. À quand le premier suicide d’un enfant dont l’imagination pourrait l’entraîner à expier une faute auquel il était étranger avant la bizarre proposition d’un chef de l’état qui s’éparpille et joue à l’apprenti sorcier ?

On avait peur qu’une Ségolène Royal pas très fufutte gaffe à tout va. Et puis voilà que c’est son adversaire qui l’emporte et qui dépasse toutes les craintes qu’on aurait pu avoir avec l’élue socialiste. Cela devient lassant de le voir se mêler de choses, certes importantes, mais non essentielles à la conduite des affaires du pays. Passe encore s’il assurait convenablement la fonction. On lui pardonnerait peut-être de se mêler de tout. Mais comme c’est zéro pointé pour son boulot de président on est agacé de le voir s’éparpiller et nous imposer ses lubies et ses idées saugrenues et non préparées. La non consultation est la forme suprême du mépris incommensurable de Sarkozy. Prêt à tout pour escamoter de façon malhabile ses déboires d’élu et ses péripéties sentimentables, il n’hésite guère à faire diversion. Ce qui serait habile si la ficelle n’était aussi grosse. Nous prendrait il pour des billes ?

La route est longue d’ici la fin de son mandat. Quelles âneries Sarkozy nous servira t’il au cours de l’exercice de sa fonction ? Sa légèreté, son manque de réflexion avant l’action et son exhibitionisme irrépressible l’ont déjà disqualifié. Les Français en ont déjà assez vu, et savent qu’ils boiront la coupe jusque la lie. On s’attend à tout du candidat Sarkozy, qui se complait dans la futilité et le mini despotisme. Ses travers ne seraient pas bien méchants si ce monsieur occupait une fonction plus modeste. Hélas ce n’est guère le cas. Monsieur Sarkozy est assis dans un fauteuil, clairement trop grand pour lui, celui de président de notre pays.

Ashoka


 
 
 
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2 commentaires
  • > Sarkozy le brouille pistes. 16 février 2008 00:19

    Simone Veil a jugé la proposition de Sarkozy sur la Shoah en CM2 « inimaginable ».

    En effet, elle soumettrait nos jeunes enfants à une charge affective, l’identification à un enfant mort, qu’ils ne sont pas capables de maîtriser, et qui les culpabiliserait inutilement.

    Cette proposition de Nicolas Sarkozy n’est rien d’autre qu’une effroyable manipulation.

    La manipulation des foules, des masses, se fait d’abord dans le domaine de l’ÉMOTIF, de l’affectif, et ceci au détriment de la réflexion, et il faut avouer que notre DANUBE DE LA MANIPULATION a fait fort, et qu’il est un véritable maître dans la façon de jouer avec les émotions des citoyens….

    Le but de cette proposition semble être d’éviter une nouvelle Shoah, mais je me pose cette question : « Que pense notre président de la proposition de GORDON BROWN de SUPPRIMER toutes les ARMES NUCLÉAIRES sur la planète ? »

    Il se trouve que Nicolas Sarkozy ne s’est jamais opposé à la prolifération du nucléaire, mis à part pour l’Iran...

    En effet, il a été jusqu’à proposer à des régimes méditerranéens instables, ou avec un passé terroriste comme la Libye, la construction de centrales nucléaires !...

    Ainsi d’un coté, Nicolas Sarkozy semble vouloir éviter une NOUVELLE SHOAH, celle de l’humanité, et de l’autre il fait tout pour que les régimes les plus dangereux pour l’avenir de la planète possèdent des capacités nucléaires.

    DEUX DISCOURS ANTAGONISTES qui ne laissent rien présager de bon, car ouvrant la porte à tous les comportements les plus illogiques, les plus incohérents.

    Jean-Charles Duboc

    Voir en ligne : Euroclippers et la formation humaine des jeunes

  • > Sarkozy le brouille pistes. 17 février 2008 19:23, par Gélinotte

    Et voilà ! Tout est dit dans le texte de l’UJFP.

    Le devoir de mémoire entre morbidité et abjection.

    Communiqué

    Union Juive Française pour la Paix

    Dans son intervention au dîner du CRIF, Nicolas Sarkozy a « demandé au ministre de l’Education nationale de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah ».

    Ainsi Nicolas Sarkozy rejoue la manipulation de la mémoire qu’il avait inaugurée avec Guy Môquet et demande aux instituteurs de se soumettre à sa volonté.

    Mais ici l’effet mémoire, dont Nicolas Sarkozy semble friand, relève d’une triple manipulation : manipulation des instituteurs obligés de jouer le jeu morbide du devoir de mémoire, manipulation de jeunes élèves auxquels on demande un jumelage tout aussi morbide avec un enfant juif victime de la barbarie nazie, manipulation de la mémoire qui apparaît ici comme une insulte aux victimes du génocide.

    Discours démagogique prononcé lors de ce dîner du CRIF qui apparaît chaque année comme un des grands moments de la publicité sioniste, discours qui accompagne le traditionnel éloge d’Israël, ce petit Etat qui fête son soixantième anniversaire dans la douleur des massacres perpétrés par son armée contre les Palestiniens.

    Et c’est au nom de l’amitié de Nicolas Sarkosy envers Israël que le CRIF accepte cette monstruosité proférée par le Président de la République.

    Mais faut-il s’en étonner ? D’une part, des "responsables" de la communauté juive qui ne veulent voir dans les Juifs que des soutiens inconditionnels à la politique israélienne, d’autre part, un président de la République prêt à toutes les démagogies qui remet au goût du jour un soutien inconditionnel de la France à Israël. Quoi de mieux que de jouer le devoir de mémoire, même si ce jeu est abject, pour montrer son attachement à Israël da la part d’un qui déclare, lors de ce même dîner : « Je ne serrerai pas la main de gens qui refusent l’existence de l’Etat d’Israël ».

    En mettant en avant, au nom du devoir de mémoire, le seul massacre des Juifs par les nazis, on oublie le massacre des Tziganes par les nazis.

    On oublie aussi les crimes de la colonisation.

    On oublie enfin la xénophobie d’Etat et la pratique de la chasse aux métèques qui a marqué l’histoire récente et continuée aujourd’hui sous la houlette du président de la République.

    C’est cette politique qui conduit le chef de l’Etat à jouer les communautés les unes contres les autres et à laisser se développer la concurrence des victimes.

    L’appel à la célébration de la Shoah n’est plus qu’une forme abjecte de clientélisme.

    Les Français juifs devraient comprendre que cet appel, qui tend à les présenter comme des privilégiés, va à l’encontre de l’égalité des droits des citoyens français et ne peut que favoriser l’antisémitisme. Les Juifs y apparaissent comme les amis d’un Etat xénophobe, oubliant qu’ils ont été eux aussi les victimes de la xénophobie et de la chasse aux métèques. On voit ici se rejoindre judéophilie et judéophobie.
    On ne peut accepter qu’un Président de la République se livre à de telles pratiques, lesquelles ne peuvent que contribuer à renforcer les clivages communautaires. Mais on sait que ces clivages sont, pour Sarkozy, un moyen d’asseoir son pouvoir.

    ABJECT !!!

    Paris, le 15 février 2008

    http://www.protection-palestine.org...

 
 
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