(DÉCHÉANCE DE L’ÉTAT, MORT DE L’HOMME POLITIQUE ET DE LA PRÉSIDENCE)

Les derniers chefs

Aujourd’hui, les establishments choisissent les pires bouffons pour "diriger" les pays, ou plutôt pour faire de la figuration dirigeante à la tête des états. Mimésis terrible, déroutante pour les peuples, dénaturante de la politique qui était jusque là champ d’action du politique pensant au pouvoir qui projette et réalise les tendances et vœux sociaux représentés ! De Bush le cow boy texan, à Sarkozy, « président bling bling » en passant par Harper le gros amorphe du Canada, nous vivons, en occident à tout le moins, ce que Nietzsche appelait « les temps des derniers des hommes ». Pourquoi alors des chefs d’État payés et honorés s’ils sont tellement veules, inconsistants et félons des espoirs des votants ? Nous répondons que c’est pour faire l’histrion au nom des establishments ploutocrates et jouer le rôle d’éponge en face de la société. La fonction présidentielle, en effet, a perdu de son prestige et surtout de son sens et de sa vraisemblance, et avec lui, la dignité et la moralité étatique sont savamment éclipsées puisque l’État est accaparé par la mafia officielle autorisée des establishments financiers et des multinationales qui, les uns et les autres, lui imposent leur férule et font tout pour réduire ledit État au strict stade répressif de gardien de leur ordre économique au dédain du social. Dans cette perspective, où l’État décideur est valétudinaire voire moribond parce que manipulé pour l’effacement et prostitué à l’économie triomphante, où le monde s’oriente vers un statut de marché gouverné par les aléas boursiers, où les états sont de plus en plus des sortes de succursales des multinationales ; la démocratie n’est plus l’expression des libertés populaires mais la légitimation des choix économiques de l’oligarchie ploutocratique mondiale qui justifie l’ère de l’économisme planétaire derrière les leaders votés par les masses espérant le changement à leur misère. Masses désarmées devant leur sort, cherchant désespérément par le bulletin de vote, à exprimer une souveraineté que les establishments - protégés et dissimulés par la kunée du système politico-économique de l’État prisonnier de leurs caprices, servis par le zèle infect de la plupart des chefs d’État et de gouvernement - ont longtemps déjà ôté du ressort des peuples.

Nous vivons l’ère de la mort du politique (disparition de l’homme politique encore orienteur de conscience), les Carter, Trudeau sont d’un tout autre temps ! Aujourd’hui la peopolisation a supplanté la pensée et le spécialiste ou technicien a remplacé le penseur. La logorrhée d’économisme, le financiarisme soi disant rationnel pourtant tellement aléatoire des bourses, a éteint tout discours social. Le politique est mort, ne règne que le politicien crapuleux sans autre perception de la politique que la prostitution de l’État aux establishments immondes contre la société.

Mais ma question est : que font les peuples contre ceux qui leur reprennent peu à peu tout ce que leurs parents des siècles derniers ont acquis par le militantisme discursif, par le fusil, par le syndicalisme ! L’écologisme, cette singerie de la vraie politique écologique à mener et qui sévit dans toutes les propagandes people, a supplanté tous les autres débats dans les talk show, les documentaires et les bulletins d’information.

Où sont les peuples, que diable ! J’en arrive des fois à désespérer de l’Homme !

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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1 commentaire
  • > Les derniers chefs 25 février 2008 00:49, par el mondo

    Il n’y a plus d’hommes d’Etat.A present le president est là pour endormir le peuple ; le pouvoir vrai est dans les institutions financieres et chez les industriels ,economistes et patrons de tous genre.
    C’est vraiment clownesque ! A en mourir de rire .Comme l’occident a changé lui qui donnait des leçons de bonne gouvernance aux pays du tires monde,il leur ressemble maintenant. Des republiques bananieres partout en Europe et dans le monde dit "libre" !
    Un president s’en va ,avec des promesses non tenues,un autre arrive fraichement élu promettant monts et merveilles pour la masse populaire,il faut bien promettre pour etre choisi !
    Les gourous de la finance tapis en coulisse attendant la fin de la fete (le suffrage )pour sortir diriger d’une main de maître le pays et faire la fête aux électeurs !. Fini la rigolade ,la democratie , ce slogan attrape-nigaud ,ce leurre, on va le ranger et on passe aux choses serieuses : le vrai pouvoir se met en place ! Vive le nouvel homme d’etat : cac 40 et compagnie ! Bienvenue dans la société marchéiste !

 
 
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