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L’Europe fermera-t-elle ses portes aux exilés américains ?

Certains jours, les événements s’accumulent. Des americains parlent de demander l’asile en europe. Des européens élaborent secrétement des traités anti-terroristes. Et pour couronner le tout, voilà que des sondages à Washington expliquent que certains garanties constitutionnelles vont trop loin.

Il y a deux jours les allemands ont prévenu les américains, qu’ils ne fourniraient aucune information concernant Moussaoui si celles ci devaient servir à le condamner à mort (à la différence du gouvernement Jospin - ce n’est pas dit mais c’est un fait).

Le lendemain commencent à pleuvoir des fuites sur ce projet de traité antiterroriste americano-européen dont personne ne semblait connaître le contenu. L’une de ses conséquences est qu’il durcit les conditions dans lesquelles une personne dont les Etats unis demandent l’extradition peut plaider l’immunité politique.

Ajoutez y une chose, qui peut paraître incroyable mais qui n’en est pas moins un fait : les américains qui discutent de la possibilité de s’exiler en Europe si la situation des droits civiques continue d’empirer aux Etats unis sont de plus en plus nombreux. L’un d’entre eux a d’ailleurs déjà demandé depuis deux ans l’asile en Suède où il a été soutenu par des membres du parlement européen. Il s’appelle Ritt Golstein, c’est un ancien juge de paix dans le Connecticut et il publie régulièrement des articles dans le Sydney Morning Herald ou le SFgate

Pour le coup, le récent sondage décrit dans le Washington Post du jour ne les rassurera peut être pas(les sondages, bien sûr, valent ce qu’on leur demande de dire, quelque soit la marge d’erreur). Selon l’enquête, la moitié des américains dit que le premier amendement « va trop loin »(sic) en matière de garanties juridiques. Le premier amendement de la constitution américaine est précisément celui là qui assure à ces sondés (1000 personnes interrogées sur une population totale de 200 millions) le droit d’exprimer cette opinion en même temps qu’il leur garantit "le libre exercice d’une religion, la liberté de parole et celle de la presse, le droit de s’assembler paisiblement et celui d’adresser des pétitions au gouvernement pour la réparation des torts dont ils auraient à se plaindre".

C’est encore dans ce contexte, des sources bien informées le disent tout de même inquiétant, que Ashcroft, le secrétaire d’état à la justice américain a évoqué à maintes reprises la possibilité d’ouvrir des camps pour les citoyens américains et les étrangers qualifiés par l’exécutif d’ennemis combattants. Des photos présumées de ces camps pour l’instant encore vides sont d’ores et déjà disponibles sur Internet. Ils seraient au nombre de 600, gérés par la FEMA (Federal Emergency Management Agency)opérationnels et prêts à acceuillir leurs heureux prisonniers si la loi martiale est imposée aux Etats Unis.

On imagine que l’accumulation de ces pures conincidences a encore troublé un peu plus les candidats américains à l’exil .

Il n’y a qu’un cheveu entre le crime de terrorisme et le délit d’opinion. Il suffit en effet que l’Etat n’ait plus besoin de preuves pour arrêter des individus, que de toutes les manières il ne se donne même plus la peine de traduire devant une cour de justice.

A la lumière de ce traité secret, dont l’existence a été rendue publique grâce à Statewatch et au Guardian, la question prend maintenant une tournure désespérée : où les américains vont-ils pouvoir s’exiler si l’Europe renforce les conditions sous lesquelles les individus peuvent "plaider l’immunité politique" et adopte de surcroît "des procédures juridiques rapides" pour expédier leurs dossiers ?

Les américains auront-ils la chance qu’on eu les exilés fuyant les armées du Reich au début de la seconde guerre mondiale ?

On comprend que les perfides anglais aient du mal à céder à Mastricht la souveraineté sur leur île...


 
 
 
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