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Tony Blair, marionnette américaine ou chercheur de moulins à vents.

Avec une constance qui l’honore « Prise-au-vent », alias Tony Blair, a toujours une longueur d’avance quand il s’agit de trouver des preuves. Et quelles preuves ! On se souvient de celles concernant la culpabilité de Ben Laden dans les attentats du 11 novembre 2001, rassemblées en un temps record par un Tony dont le blaire n’est pourtant pas l’organe le plus développé.

En fait de preuves, chacun a pu remarquer que, mis à part le fait que le document enfonçait des portes ouvertes, égrenait des généralités d’une consternante platitude, il n’apportait pas le quart du tiers de la moitié d’une livre de preuve. Rien si ce n’est du volume. Une œuvre de « gratte papier » ni plus ni moins.
Le document que chacun peut consulter sur le site du 101 Downing Street, relu avec 12 mois de recul mérite vraiment le détour. Après avoir asséné quelques affirmations péremptoires ou le vide sidéral tient lieu d’argumentaire, la culpabilité du ci-devant Bin Laden est établie. La vérité britanique ne se discute pas, elle est. Puis les services de SM & Tony réunis dressent l’historique d’Al Qaida et des talibans en omettant, bien sur, l’aide et les connivences américaines. En toute objectivité, sont passés sous silence les liens économico-financiers avec la famille de celui qui tient lieu de Président aux Etats-Unis.

Gageons que, pour ce qui concerne l’Irak et Saddam Hussein, les preuves que nous promet « Prise-au-vent » seront plus percutantes à défaut d’être plus étayées.
Mais le toutou de Georges doublevé qui se rend à Camp David ce samedi 7 août 2002 saura faire le plein d’arguments dûment estampillés « made in USA ».
Vas y mon Rantamplan, rapporte le nonos !

Alors que le cow boy de Washington s’époumone à exhorter Paris, Mouscou et Pékin afin de les entraîner dans sa folle équipée, Blair, ravigoté ou affaibli, on ne sait, par son séjour dans le sud de la France n’a même pas attendu que son maître le siffle pour accourir. Très inspiré il a notamment déclaré : « qu’il était prêt à envoyer des troupes britanniques
au combat contre Saddam Hussein en reconnaissant que la Grande Bretagne
avait à payer le "prix du sang" pour renforcer sa relation spéciale avec les
Etats Unis. »

Monsieur Blair est extrêmement généreux avec la vie des sujets de Sa Majesté au point de l’offrir sur un plateau à un Bush qui n’en demandait peut être pas tant. Encore que, même si c’est l’armée US qui va être missionnée pour organiser le sale boulot, il va bien falloir quelques volontaires désignés d’office pour aller au contact de l’adversaire irakien ou disperser tout un tas de saloperies un peu partout. Ceux qui ont participé à la célèbre « Tempête du désert » peuvent témoigner car ils en ont gardé un souvenir impérissable.

Quand Blair veut jouer à la guerre, il ne recule devant aucun sacrifice et aucune manipulation. D’où sa maxime désormais célèbre : « La fin justifie les moyens ! » qu’il n’a jamais pu traduire en Anglais, faute de preuves.
Le caniche Blair, en oublie même le temps où l’Angleterre vendait des armes à Saddam Hussen pour mettre sur la poire aux Iraniens. Autres temps, autres convictions !

Quant au fils de son père, chacun appréciera la finesse poétique de ses déclarations quand il assène sans rire que : « Saddam Hussein constitue une menace et qu’il y a nécessité d’œuvrer de concert pour rendre le monde plus pacifique ».
Ce sont donc les Etats Unis et accessoirement la Grande Bretagne qui vont s’atteler à cette tâche. Vu l’expérience américaine dans le domaine de la pacification, on est loin d’être rassurés.
Les deux excités de la gâchette, nous donnent, du reste, un avant goût de ce que peut être leur combat pacifique et humanitaire en envoyant une centaine d’avions de combat, dûment estampilles US & GB, bombarder des installations irakiennes à l’ouest de Bagdad dans la journée du 5 septembre 2002.

Saddam, que l’on accuse de tous les maux – placé d’office dans le rôle du méchant - attend serein et s’en remet à Dieu. Le peuple Irakien, lui qui ne demande rien à personne - si ce n’est qu’il serait ravi de pouvoir manger à sa faim et de pouvoir se soigner - qui ne sait même pas, ou très peu, qu’une guerre se prépare contre lui, subit un blocus qui le décime lentement. Et c’est lui seul qui va faire les frais de cette nouvelle campagne de "pacification" dont le seul but est, il faut le rappeler même si tout le monde le sait maintenant, la mise au pas de tous les pays producteurs de pétrole et leur asservissement aux USA. On appelle ça le néocolonialisme et la France est championne d’Afrique dans le domaine, à défaut d’être championne du Monde. On est donc autorisés à en débattre en toute connaissance de cause.

Tout le monde le sait donc, mais rien ne bouge et surtout pas la presse plus que jamais inféodée, plus que jamais tenue en laisse par le pouvoir économique et financier, plus que jamais acquise à l’idée dominante et à la défense de « l’axe du bien », à l’image du journal « Le Monde » qui titrait dans son édition du 24 août  : « Pourquoi l’Arabie Saoudite inquiète les Etats-Unis ? », plutôt que de poser la véritable question, très objective celle là : « Pourquoi les Etats-Unis inquiètent l’Arabie Saoudite ? ». Plus de 10 ans après la Guerre du Golfe, il serait peut être temps qu’un grand journal quotidien comme « Le Monde » fasse preuve d’un peu plus d’esprit d’analyse au lieu de faire semblant de ne plus se souvenir du pourquoi de cette première offensive et de ne pas comprendre le pourquoi de celle qui se prépare.
Quant à « Libération » qui est l’archétype de l’embourgeoisement méthodique de feu la presse d’opinion post soixante-huitarde, il est instructif de lire quelques œuvres éditoriales de l’après 11 septembre qui vont rester dans les anales de ce que nos amis de « AUTONOMIE.org » appellent « La collaboration par l’exemple ». Extraits.

Et comme le peuple est friand d’anniversaires et de spectacles télévisés, il y a fort à parier qu’il va être servi, sous peu.
Les marchands de pétrole nous préparent un méga feu d’artifice et CNN et TFN n’auront même pas a acheter les droits de diffusion. C’est tout bénef dirait mon auvergnat de voisin qui a su garder le bon sens issu de la terre qui a nourri ses générations d’ancêtres et quelques autres des villes alentour.
Bon sens qui a tendance à se tarir dès lors que les études et les affaires prennent le pas sur la culture.

Il se peut que demain ne soit pas un autre jour, à force de faire.


 
P.S.

Illustration : détournement d’un dessin de René Goscinny

 
 
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