Dictionnaire de la globalisation

Le Dictionnaire critique de la globalisation. Le pouvoir des mots, les mots du pouvoir de Jacques B. Gélinas est sorti cette semaine en librairie, publié par les Éditions Écosociété. Cet ouvrage dresse un portrait éloquent de l’architecture du système économique dans lequel nous vivons. Jacques B. Gélinas identifie des termes et événements clefs qui ont façonné un système où la sphère économique et marchande supplante la sphère politique, au moyen d’outils redoutables : déréglementation, spéculation, flexibilité du travail, modernisation de l’État, partenariat publicprivé, rationalisation, financiarisation, privatisation, gouvernance, militarisation... Tous ces mots font partie d’un discours banalisé et largement utilisé par les médias qui façonne nos esprits et brouille notre compréhension du monde si nous ne questionnons pas leur véritable sens.

Comment la globalisation, qui vise à englober dans un marché mondial déréglementé toutes les ressources de la planète, s’est peu à peu imposée à toutes les sphères de nos sociétés ? Quelles sont ses bases idéologiques ? Comment fonctionne-t-elle et quels sont les impacts de ce nouvel ordre économique mondial sur les politiques gouvernementales et sur notre vie quotidienne ?

Les entrées sur les accords et traités internationaux, qui vont peu à peu régir les politiques étatiques au tournant des années 1980, occupent une place de choix dans ce dictionnaire. Ils sont décortiqués avec précision par l’auteur qui nous montre comment les compagnies transnationales ont imposé leurs exigences à des politiciens complaisants. Accords de Bretton Woods, création de l’OMC et avec elle l’Accord sur l’agriculture, l’Accord général sur le commerce des services (AGCS), les Accords sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), Accords sur les mesures concernant les investissements et liées au commerce (MIC), tous ces traités ne visent finalement qu’à réduire toute entrave aux investissements des compagnies transnationales à l’échelle de la planète.

Les définitions de l’ALENA et du PSP (Partenariat sur la sécurité et la prospérité) nous éclairent sur le rôle de cobaye qu’a joué le Canada dans ce processus d’imposition du néolibéralisme par les États-Unis à l’échelle planétaire. Véritable moteur de la globalisation, le rôle de cette puissance impérialiste est épluché avec rigueur par l’auteur.

Avec des mots étonnants tels que greenwashing, enronisme, crétinisation de la démocratie, walmartisme, l’auteur apporte une dimension inédite et plus complète à la compréhension de la globalisation. D’une grande qualité pédagogique, ce dictionnaire de l’économie globalisée est à consulter et re-consulter pour saisir les grands enjeux contemporains.

Éditions Écosociété


 
 
 
Forum lié à cet article

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes