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Happy birthday everybody !

Nous sommes le 11 septembre. Et déjà, les radios, les télés, les journaux d’ici et d’ailleurs ont sorti leurs costumes sombres pour un septembre qu’on aurait volontiers nommé noir : mais "septembre noir" nous ramènerait en d’autres lieux et en d’autres temps.

Comme pour préparer un mariage ou un enterrement, les médias, et leur inimagination coutumière, s’agitent au-dessus de l’actualité, frémissent, tourbillonnent comme le ferait une mouche au-dessus d’un étron.
11 septembre, anniversaire terrible au-dessus duquel chacun, des journalistes aux politiques, baisse bas le chapeau. Salvador doit s’en tourner d’aise dans sa tombe.

Parce que le 11 septembre 1973, le général Pinochet, dont, facétie du cours du monde, le nom a la même racine qu’une autre marionnette, procède à un coup d’état -réussi- au Chili avec la bénédiction, l’aide et pour tout dire l’injonction de la CIA et des Etats-Unis.
Pendant des années, des milliers et des milliers de Chiliens connaîtront la mort parce qu’ils avaient des idées, tout simplement. Des idées qui n’étaient pas celles du fasciste Pinochet. Les Etats-Unis, l’empire du Bien, et la quasi totalité de ses médias, n’ont pas cru bon d’endiguer le flot de sang dont s’abreuvait les généraux chiliens. Ils poussèrent même l’infamie jusqu’à leur essuyer le coin des lèvres pour favoriser une rasade plus abondante.
Au jeu d’une comptabilité morbide, les Américains ne jouent pas. Ni en Palestine, ni en Irak, ni au Japon ou en Afghanistan.

Et demain, le monde entier, dans une pusillanimité unanime, saluera le courage des pompiers new-yorkais (dont on connaîtra peut-être un jour les vrais assassins), dénoncera l’intégrisme, musulman s’entend, et rougira sans doute de ne pas soutenir autant qu’il le souhaiterait les velléités guerrières de Bush et de son rantanplan ridicule, Blair.
Un monde merdeux et lâche qui sait que l’agression de l’Irak n’a d’autre objectif que celui de mettre en place un gouvernement fantoche aux ordres des Américains et plus précisément des compagnies pétrolières texanes.
L’Arabie Saoudite, s’interrogeant (avec une extrême modération, il ne faut pas rêver) sur son alliance américaine, se souvenant qu’elle est gardienne de la religion musulmane, que la pression de la rue peut parfois être terrible (souvenons-nous du Shah d’Iran), se dit sans doute qu’une amitié, par définition, peut, au hasard des conjonctures, se mesurer selon des critères géométriques variables.

Et, les USA, en bon gardien du « monde du bien » se dit qu’il n’y aurait aucun mal à se déplacer légèrement du côté de l’Irak, quitte à sacrifier quelques centaines de milliers de civils.
Saddam Hussein ne pose pas en soi de problème particulier : l’Amérique a su, au cours de l’Histoire, fabriquer, accompagner, protéger et assassiner une foultitude de dictateurs dont la bonne ou la mauvaise fortune variait au gré de leur docilité. Le problème avec Saddam Hussein n’est pas tant qu’il se fout de la démocratie (encore que celle-ci reste à définir)comme d’une guigne mais c’est que tout simplement l’Irakien, comme jadis son homologue libyen, est rétif au "petit doigt sur la couture du pantalon" américain.
D’ailleurs, l’Amérique n’a pas d’amis, elle n’a en face d’elle que des vassaux ou des suppôts de Satan.
Et toute honte bue, de l’Europe à l’Asie, on valide, on cautionne ou on ferme les yeux sur une dictature mondiale.

Ce 11 septembre, on célébrera donc un attentat.
Commémoration unique dans l’Histoire où on s’arrêtera de respirer sur un événement particulier alors que depuis des lustres, le monde claudique, tant bien que mal, au gré des mines anti-personnel en Asie et ailleurs, des boucheries à la machette en Afrique, sous l’œil bienveillant et paternel de l’Oncle Sam.
C’est ainsi.

Demain, chacun aura l’occasion de se souvenir du 11 septembre. Celui de l’année dernière ou celui de 1973.

Djam


 
P.S.

Dessin : Dédé. Trouvé au hasard et archivé depuis longtemps... Si l’auteur se reconnaît...

 
 
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4 commentaires
  • > Happy birthday everybody ! 11 septembre 2002 14:17

    de l’europe à l’asie on ferme les yeux
    sur une dictature mondiale,tout est dit.S.V.P n’oubliez pas SABRA et CHATILA le 16 septembre !merci

    • > > Happy birthday everybody ! 12 septembre 2002 12:28, par Bobert

      Un monde morbide ?

      Et si on se mettait à commémorer tous les anniversaires de morts dès qu’ils dépassent un certain nombre ? A priori 2500 à l’air d’être un seuil mondialement reconnu. Or d’après une journaliste radio le Rwanda ayant vu mourrir pendant 3 mois 3 fois le total des WTC par jour, ça nous fait déjà un bon stock de recueillements macabres.

      Mais la comptabilité ne semble pas intervenir ici, elle est même indécente. Seule l’émotion bien calculée et entretenue est de mise. Et là tant que les Africains (ou d’autres) ne seront pas équipés de caméras digitales à tous les coins de rues, ils n’auront pas droit à la compassion mondiale et encore moins à la vengeance ...

  • > Happy birthday everybody ! 16 septembre 2002 10:20, par Paquita

    11 septembre...

    Encore une minute de silence pour les victimes de l’attentat !
    Et l’hommage aux civils Afghans, c’est pour quand ?

    Les civils du World trade center étaient-ils plus innocents que ceux qui recoivent des bombes tous les jours a travers le monde ?

    Evidemment c’est un attentat historique... Les bombardements on connait...
    et ca donne donne un coup de neuf aux journaus televises de Septembre : ca change des reportages sur le poids des cartables.

    Montrez aux gens ce qu’ils veulent voir, on en revient toujours la... le spectateur a pleure sur les victimes des boeings, pas sur celles des bombes... le message de Monsieur bush passe bien.

  • > Happy birthday everybody ! 11 mars 2003 21:31, par nicomick

    La famille Bush et le prix du sang versé par les nazis.

    Lire l’article sur confidentiel

 
 
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