La souffrance supposée de Sarkozy.

Le New York Times critique durement le locataire de l’Élysée pour ses bouffonneries. C’est un prêté pour un rendu car il faut bien dire que la presse française ne s’est jamais gênée pour critiquer le bouffon de la Maison Blanche. Je me pose la question : Comment Sarkozy vit-il les réactions très négatives à son égard et comment les supporte t’il psychologiquement.

Après ce camouflet d’outre atlantique, Sarkozy l’américanophile aussi empressé que Blair à servir de larbin pour l’Amérique doit être mortifié d’être critiqué dans un journal américain et doit le ressentir comme une trahison et un manque de respect pour un allié autant dévoué que prêt à une certaine servilité. En France, c’est le système de vases communicants entre lui et son Premier ministre. Il perd les points que gagne Fillon dans les sondages. Dans le reste du monde, Sarkozy passe pour un farfelu peu sérieux et son discrédit est total. À moins d’être aveugle, il doit se rendre compte de l’image déplorable qu’il s’est forgée par sa propre bêtise.

Sarkozy est démesurément fier et égocentrique. Il jouit à tel point de faire la couverture des journaux qu’il étale sa vie privée de façon indécente. Il se mêle de tout, même de l’accessoire. Avec un tel profil psychologique, les nombreuses critiques qu’il reçoit et le fait d’être repoussé par les Français doivent prendre pour lui une ampleur extrême. Il doit souffrir de ce rejet massif et doit très mal le vivre. Il doit se rendre compte de la médiocrité de ses performances.

La souffrance que ressent Sarkozy ne saurait réjouir personne. Ceux qui ont contribué à son élection ne savaient pas qu’ils portaient au pouvoir un gamin capricieux et bouffi d’orgueil, un être fragile incapable de se contenir, un égocentrique velléitaire dont les émotions l’emportent sur la raison. Un homme qui a tant voulu « faire président » qu’il a su convaincre mais qui, une fois porté à la fonction suprême, ne sait quoi faire de son pouvoir et a oublié le sens sa mission. Un homme qui se comporte, c’est selon, comme un adolescent capricieux et insolent ou comme un loubard de banlieue. En tout cas un président qui n’est guère Président, dont le style choque, dont le comportement déconcerte, et dont les actes et les idées sugrenues inquiètent.

Peu nous chaut que monsieur Sarkozy se sente mal-aimé, avec les critiques et les claques qu’il reçoit sans arrêt. Il a été élu. Alors il fait ce qu’il doit faire ou il laisse les autres le faire. Les socialistes brûlent, apparement, de faire quelque chose. Malheureusement, ils ne semblent pas encore savoir quelles sont ces choses ni du moins avoir un plan et un programme dignes de ce nom, tout en étant certainement capables de faire mieux que ceux qui sont en place.

Il est d’ailleurs possible que Sarkozy ne ressente aucune gêne, aucune honte ni mortification pour ses échecs et le rejet dont il est l’objet. Ou alors qu’il s’en fiche allègrement. Ça collerait avec la légèreté du personnage. Et puis il doit être entouré d’une ribambelle de cireurs de pompes qui le rassurent. Si c’était le cas, ses chances de changer sont nulles.

Le mandat de Sarkozy n’est pas fini. Gageons que ses conseillers ont su le convaincre de se ressaIsir, de changer son image et son comportement, et d’agir dignement. Mais l’adage bien connu "Chassez le naturel et il revient au galop" aura raison de tous les conseils qu’on a pu prodiguer à cet entêté excentrique. C’est pourquoi Sarkozy a peu de chances de changer et fera encore, à n’en pas douter, les beaux jours de ceux qui riront de lui à gorge déployée. En attendant qu’il évacue le devant de la scène politique et rejoigne les rangs des déchus comme tous ceux qui ont déçu leurs électeurs, la France n’avance guère.

Ashoka.


 
P.S.

Illustration : Alafia

 
 
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2 commentaires
  • > La souffrance supposée de Sarkozy. 24 mars 2008 00:21, par Le Rouget de l’île

    Ah, si Sarkozy parlait le russe comme Angela, il aurait put la griller sur le poteau pour remporter des contrats et des prêts pour financer la prochaine crise financière !

    Oui mais voila, son "tailleur est riche", et Orange n’a pas de services SMS avec le deuxième producteur de gaz et pétrole au monde.

    Sarkozy ne fera que "huiler" le long déclin de ce pays en nous faisant croire que nous sommes les meilleurs.

  • > La souffrance supposée de Sarkozy. 24 mars 2008 15:38, par Eva la résistante

    Tout est juste dans cet article.

    Mais Sarkozy s’accrochera au pouvoir, coûte que coûte. Et quel que soit le prix pour la France. D’ailleurs, la relève familiale est assurée. La saga continuera, avec l’aide des médias complices.

    Le malheur, c’est que Sarkozy entraîne la France dans son discrédit. La politique est une chose sérieuse. La charge suprême doit être exercée avec dignité.

    A l’origine de cette grande imposture qu’est l’élection de Sarkozy : Les médias serviles. Grave !

    Et dans la conjoncture actuelle, avec
    les amitiés atlantistes qui sont les siennes, il mettra la France en péril. Et là, c’est autre chose que le discrédit...

    Eva http://r-sistons.over-blog.com

    Voir en ligne : Discrédit de la France et même péril pour elle

 
 
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