Répression : Paris plus sioniste que Tel-Aviv ?

REPRESSION :
Paris plus sioniste que Tel Aviv ? Le sous-préfet de Saintes limogé après avoir publié une tribune anti-israélienne sur un site Internet
L’Ordre pro-israëlien de Paris serait-il plus implacable encore que l’Ordre sioniste de Tel Aviv ? Les auteurs antisionistes peuvent encore s’exprimer et même enseigner ou dénoncer dans la presse israëlienne ou étrangère les crimes de leur état : ceci semble désormais interdit sur notre territoire. Par exemple un article de Meron Rappaport dans Haaretz « Ce que nous avons fait au Liban était fou et monstrueux » serait probablement interdit en France et son auteur sanctionné...De quelle solidarité va bénéficier le sous préfet Bruno Guigue ? Celle de son « corps » préfectoral ? Celle des partisans de la paix, seulement ? Ou celle plus large d’une opinion qui devrait commencer à comprendre que les voix que l’on veut faire taire sont celles qui voudraient que le pays ne soit pas entraîné dans la folie du choc des civilisations qui semble fasciner notre président ?

LE LIMOGEAGE.
COMMUNIQUE :
AP - Samedi 22 mars, 22h48
PARIS - Le sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime), Bruno Guigue, a été limogé après avoir publié sur le site Internet "oumma.com" une tribune "très violemment anti-israélienne", a-t-on appris samedi auprès du ministère de l’Intérieur.
La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie, mise au courant mercredi du contenu de cette tribune, a "pris immédiatement un décret mettant fin aux fonctions du sous-préfet" qui a tenu des "termes tout à fait inacceptables" et violé son "devoir de réserve", explique-t-on de même source.
Bruno Guigue a notamment déclaré dans sa tribune publiée le 13 mars qu’Israël est le "seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles". Il a également évoqué "les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat".
AP

L’ARTICLE.
Article de cet auteur : « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU » par Bruno Guigue
Nous reproduisons ci dessous cet article , qui était une réponse à une tribune du « Monde » du 27 février 2008 (suivi de la liste des articles du même auteur) ; Cette tribune était signée par Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel ..
Autres articles du même auteur en relation avec le sujet :
« Israel Palestine, la géopolitique du divin ».
« Stupéfiante indulgence pour un état voyou ».
Le texte original et le forum de discussion passionnant qui a suivi l’article du 13 mars sont accessibles sur Oumma.

« Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU »

Par Bruno Guigue
jeudi 13 mars 2008

Dans sa rubrique « Point de vue » du 27 février 2008, « Le Monde » a généreusement offert ses colonnes à un texte d’une hystérie verbale et d’une mauvaise foi insondables. Les accusations qu’il profère à l’égard du conseil des droits de l’homme de l’ONU sont si mensongères que même la liste des signataires ne tempère qu’à peine notre stupéfaction : Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, Claude Lanzmann, Elie Wiesel, Pierre-André Taguieff, Frédéric Encel .. On peut facilement compléter la liste tant l’omniprésence des intellectuels organiques du lobby pro-israélien nous est devenue familière.

Le titre sans nuances de cette prose haineuse est déjà tout un programme : « L’ONU contre les droits de l’homme ». Dès les premières lignes, on peut y lire cet appel angoissé : « L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée ». Inévitablement le lecteur non averti s’alarme : l’organisation internationale serait-elle brusquement devenue suicidaire ?

Mais par bonheur la suite nous éclaire aussitôt sur les préoccupations profondes de nos signataires : « A Durban, en Afrique du Sud, s’est tenue en 2001 la conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations-Unies. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique ! » et « mort à Israël ! » et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes ».

Quel rapport entre la géopolitique du Moyen-Orient, manifestement en cause dans les appels à combattre les Etats-Unis et Israël, et l’oppression des femmes que viendrait cautionner le « relativisme culturel » ? Probablement aucun. Mais amalgamer les deux sujets présente l’intérêt polémique de suggérer une pernicieuse concurrence entre les victimes : vous qui condamnez Israël et l’Amérique, vous ne dites rien de la souffrance des femmes opprimées dans les pays musulmans. C’est une antienne dont la rhétorique lobbyiste est coutumière : elle permet de détourner le lecteur occidental de la critique de la politique américaine ou israélienne en fixant son attention sur un problème interne des sociétés moyen-orientales.

Ce rapprochement polémique entre les deux sujets, pourtant, est particulièrement cocasse. L’Arabie saoudite, où le port du voile est obligatoire et les femmes interdites de conduite automobile, est l’alliée historique des Etats-Unis dans la région. Le régime obscurantiste des talibans, lui, a vu le jour sous les auspices d’une CIA qui a prêté ses camps d’entraînement sur le sol américain aux combattants du mollah Omar. En revanche, l’Irak et la Syrie baasistes, plus proches de la norme occidentale en matière de condition féminine, n’eurent pas droit aux mêmes égards. Le premier a été pulvérisé sous les bombes US, la seconde est rangée dans la catégorie des « Etats voyous ». Mais peu importe : les partisans de la politique américaine au Moyen-Orient se croient fondés à donner des leçons en matière d’émancipation féminine.

S’agissant de l’ONU, en outre, on ne s’étonnera guère d’un tel ressentiment de la part des porte-parole du néoconservatisme à la française. Car les résolutions du conseil des droits de l’homme, comme hier les déclarations de l’assemblée générale, ont osé mettre en cause la répression israélienne en Palestine occupée. Les 47 Etats élus par leurs pairs au CDH bénéficient de l’égalité de vote. La sensibilité qui s’y exprime reflète donc une opinion majoritaire qui n’a aucune raison de cautionner l’occupation militaire des territoires arabes. Que les thuriféraires d’Israël, cependant, se rassurent : ces résolutions demeurent symboliques à défaut d’être exécutoires. Mais ce n’est pas suffisant. Il leur faut aussi en stigmatiser le principe par un usage grossier de la calomnie.

C’est à quoi s’emploient rageusement les signataires. « Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s’y constituent, les discours qui s’y tiennent, les textes qui s’y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d’expression, légitiment l’oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales .. Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l’encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l’acte et les violences de demain ».

Symptôme d’une psychose paranoïaque ou monument de la démonologie occidentale : on hésite sur le diagnostic. La seule certitude, c’est que ce réquisitoire contre des forfaits inexistants témoigne d’une inventivité hors du commun. Le conseil des droits de l’homme de l’ONU voudrait « anéantir la liberté d’expression » ? On se demande bien pourquoi et comment. Mais nos interrogations demeurent sans réponse. Nos polémistes annoncent « la mise à mort de l’universalité des droits » par l’ONU elle-même, mais cette mort annoncée reste nimbée de mystère. Aucune citation des résolutions du CDH ne vient étayer cette accusation, et les détracteurs de l’ONU condamnent ses idées supposées avec une violence inversement proportionnelle aux preuves de ce qu’ils avancent. Visiblement, ils préfèrent parler à sa place en procédant directement au commentaire de ce qu’elle est censée avoir dit.

En guise de citations, on doit alors se contenter des propos résumés au style indirect, sans guillemets, qu’aurait tenus M. Doudou Diène, rapporteur spécial sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie auprès de l’ONU. L’intellectuel sénégalais aurait ainsi déclaré qu’« énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste, et que la loi française contre le port des signes religieux à l’école participe du racisme antimusulman ». Seul problème : ces citations sont introuvables. Si chacun de ces énoncés soulève évidemment des objections, encore faut-il qu’il ait été formulé. Une polémique grossière sur des citations qui n’en sont pas : le procédé condamne ses auteurs.

Au demeurant, les seules citations que les idéologues publiés par « Le Monde » auraient dû produire à l’appui de leur propre thèse sont celles du CDH lui-même. Mais ils se gardèrent bien de le faire. Livrant leur interprétation tendancieuse en lieu et place de la pensée d’autrui, ils pérorent gravement en prenant leur fantasme pour la réalité : « La confusion est à son comble, affirment-ils, quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion ». Mais d’où vient cette idée ? Qui l’a émise ? Nul ne le sait. N’importe qui, en revanche, peut vérifier ce qu’a énoncé le CDH sur la question religieuse. Il suffit de consulter les compte-rendus officiels des six sessions réunies depuis sa création en juin 2006.

Le 30 mars 2007, le CDH a ainsi adopté une résolution « sur la lutte contre la diffamation des religions ». Ce texte nuancé insiste sur « le droit de chacun à la liberté d’expression, qui devrait s’exercer de façon responsable et peut donc être soumis à de restrictions, prescrites par la loi et nécessaires pour le respect des droits ou de la réputation d’autrui, la protection de la sécurité nationale, de la santé ou de la morale publiques, et le respect des religions et des convictions ». Sur le plan des principes, ce texte ne diffère guère du droit positif en vigueur dans la plupart des pays, les Etats occidentaux ayant eux aussi entouré l’exercice de la liberté d’expression de certaines limites juridiques. En France, la reconnaissance de la liberté d’expression n’entraîne aucun droit à diffamer son voisin, toute forme d’injure manifestant une discrimination raciale ou religieuse est punie par la loi, et certaines dispositions législatives ont même eu pour effet d’énoncer une vérité officielle sur des faits historiques.

Naturellement, la teneur de cette résolution du CDH n’est pas indifférente au contexte politique lié à la « guerre contre le terrorisme » menée tambour battant par Washington. « Le Conseil se déclare préoccupé par les images stéréotypées négatives des religions et par les manifestations d’intolérance et de discrimination en matière de religion ou de conviction. Il se déclare en outre profondément préoccupé par les tentatives visant à associer l’islam avec le terrorisme, la violence et les violations des droits de l’homme. Il note avec une vive inquiétude l’intensification de la campagne de diffamation des religions, et la désignation des minorités musulmanes selon des caractéristiques ethniques et religieuses depuis les événements tragiques du 11 septembre 2001 ».

L’adoption de ce texte s’est heurtée à l’opposition des pays occidentaux, mis en minorité lors du vote final. Aucun d’entre eux n’y a vu, toutefois, le danger mortel pour la civilisation universelle que dénoncent les signataires de notre pamphlet antionusien. Au nom de l’Union européenne, la représentante de l’Allemagne « a fait remarquer que, comme l’a établi le rapport de M. Doudou Diène, la discrimination fondée sur la religion ne concerne pas uniquement l’islam, mais également le judaïsme, le christianisme et des religions et croyances venues d’Asie, ainsi que des personnes sans religion. Elle a également souligné qu’il est problématique de séparer la discrimination fondée sur la religion des autres formes de discrimination. Elle a aussi jugé l’utilisation du concept de diffamation contre-productive, préconisant plutôt un texte axé sur la liberté de religion ou de conviction ».

Que ce débat témoigne d’une différence de sensibilité sur les questions religieuses entre pays membres de l’organisation de la conférence islamique (OCI) et pays occidentaux est une évidence. Cela méritait une réflexion sur la sécularisation relative des sociétés concernées et la référence, explicite dans les pays musulmans, à des valeurs religieuses. Mais cette réflexion n’effleura même pas l’esprit de nos intrépides signataires qui, faute d’avoir lu les textes auxquels ils font vaguement allusion, en dénaturent volontairement la signification. Refusant de discuter rationnellement les arguments de l’autre, on préfère le stigmatiser en imaginant une dramaturgie grossière mettant en scène des personnages réels. Ce théâtre de marionnettes, du coup, tient lieu d’argumentaire.

C’est ainsi que nos signataires s’en prennent violemment à Mme Louise Arbour, haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU. « Elle a participé à une conférence à Téhéran consacrée aux droits de l’homme et à la diversité culturelle, dénoncent-ils. Portant le voile, comme la loi de la république islamique l’exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l’énoncé de principes à venir, ainsi résumés : offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste. Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C’est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d’Israël ».

Encore une fois, l’art de l’amalgame intellectuel atteint des sommets. Mêlant tout et son contraire, le texte publié par « Le Monde » mise sur la confuse indignation du lecteur en anesthésiant au passage son jugement critique. Louise Arbour portait le voile à Téhéran, soit. Mais aurait-elle pu, en Israël, organiser une réunion pendant le shabbat ? Les régimes religieux ont des exigences que n’ont pas les autres. On peut le déplorer, mais ils sont chez eux. L’offense à la religion, dans certains pays, est considérée comme une forme de racisme. Faut-il que nous allions les convaincre du contraire, et de quelle manière ? La peine de mort, enfin, est cruellement appliquée en Iran. Mais les aspects odieux du régime de Téhéran ne le résument pas pour autant, et le régime saoudien n’a rien à lui envier. Surtout pas l’amitié des Etats-Unis, où un président texan a été élu sur sa réputation d’exécuteur intraitable des criminels supposés. Sans parler d’Israël, seul Etat au monde dont les snipers abattent des fillettes à la sortie des écoles.

Les diatribes iraniennes contre l’Etat hébreu relèvent, elles, d’un affrontement géopolitique dont l’un des principaux paramètres est l’attitude d’Israël lui-même. S’il avait appliqué la peine de mort aux civils palestiniens avec davantage de discernement depuis soixante ans, il n’aurait pas suscité un tel rejet de la part de ses voisins proches ou éloignés. Sous occupation militaire, amputés d’une partie de leur territoire, ou régulièrement bombardés par son aviation, ces derniers ont d’excellentes raisons de le détester. Mais peu importe. Décidés à instruire à charge contre Mme Arbour pour son séjour à Téhéran, nos polémistes incriminent « son silence et sa passivité », qu’elle aurait justifiés par « le respect de la loi iranienne et le souci de ne pas offenser ses hôtes ».

« Charbonnier est maître chez soi, commentent-ils. C’est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d’opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d’une institution internationale impuissante ». On croit rêver. Car, analogie pour analogie, frappante est la ressemblance entre le Reich qui s’assied sur la SDN en 1933 et l’Etat hébreu qui bafoue le droit international depuis 1967. Comme son lointain prédécesseur, Israël, lui aussi, se « soustrait à toute critique d’une institution internationale impuissante ». Et s’il le fait, c’est pour mieux conquérir « son espace vital, de la mer au Jourdain », selon la belle formule employée par Effi Eitam, ministre d’Ariel Sharon, en 2002.

« Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l’acte », philosophent nos signataires. Ils n’ont pas tort : le 29 février, le vice-ministre israélien de la Défense Matan Vilnaï a brandi la menace d’une « shoah » contre les Palestiniens avant de lancer à Gaza la sanglante opération qui fit 110 victimes palestiniennes en une semaine. Quitte à enfreindre un tabou religieux, l’Etat hébreu, manifestement, a franchi un cap sémantique avant de déchaîner sa puissance militaire : il est passé « de la parole à l’acte ».

Mais le meilleur a été gardé pour la fin. « Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues d’avenir radieux ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c’est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis ». Lier dans une même trame le 11 septembre 2001 et les résolutions du CDH, il fallait oser. Il est vrai que nous avons affaire à des spécialistes.

« Retour de Dieu en politique », disent-ils. Nos intellectuels savent de quoi ils parlent : Israël n’est-il pas l’Etat confessionnel par excellence ? « Si la revendication d’un coin de terre est légitime, affirmait Theodor Herzl, alors tous les peuples qui croient en la Bible se doivent de reconnaître le droit des juifs ». Bibliquement établie, la légitimité d’un Etat juif en Palestine va de soi : le texte sacré tient lieu de titre de propriété. Pour les sionistes religieux, le retour des juifs en Eretz Israël est inscrit dans le récit de l’Alliance lui-même. Prendre possession de la terre que Dieu a donnée aux juifs fait partie du plan divin, et ce serait le contrarier que de renoncer à cette offrande.

Du coup, aucun compromis n’est possible avec les Arabes. En 1947, le grand rabbin de Palestine martelait le statut théologique du futur Etat juif : « C’est notre forte conviction que personne, ni individu, ni pouvoir institué, n’a le droit d’altérer le statut de la Palestine qui a été établi par droit divin ». Chef du parti national-religieux, le général Effi Eitam expliquait à son tour en 2002 : « Nous sommes seuls au monde à entretenir un dialogue avec Dieu en tant que peuple. Un Etat réellement juif aura pour fondement le territoire, de la mer au Jourdain, qui constitue l’espace vital du peuple juif ». Au moins, c’est limpide.

Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que le lobby pro-israélien exècre l’ONU : son appétence pour le droit international est inversement proportionnelle à son engouement pour le droit divin. Il est vrai que l’un est infiniment plus favorable au Grand Israël que l’autre. Percuter les résolutions de l’ONU avec la Thora relève de l’exploit intellectuel et du prodige politique : Israël l’a fait. Pour nos signataires, « c’est au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l’histoire fut commis ». Ce n’est pas tout à fait faux, à condition d’inclure dans l’analyse l’Etat hébreu, cet artefact colonial bâti au forceps sur les ruines de la Palestine au nom de la Bible et de la Shoah.

A propos de terrorisme, l’Etat d’Israël, qui plus est, peut se targuer d’un palmarès hors compétition. Les odieux attentats du 11 septembre 2001 ont fait dix fois moins de victimes que le siège de Beyrouh par Tsahal en 1982. Ses admirateurs occidentaux doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. L’Etat hébreu mérite bien ce concert de louanges que les intellectuels organiques lui décernent à longueur de colonnes. Et quelle outrecuidance, de la part de l’ONU, de vouloir fourrer son nez sale dans les affaires intérieures israéliennes !

A l’instar des pires calomnies, les accusations publiées dans « Le Monde » du 27 février se sont répandues sur la toile. Elles suscitent sur certains blogs des commentaires haineux que l’on ose à peine citer. M. Doudou Diène y est qualifié de « défenseur de la secte du pédophile fou et des adorateurs du caillou ». On y lit que « depuis les invasions musulmanes le croissant fertile est devenu le croissant stérile, et la civilisation a émigré en Occident ». Sur l’ONU, un internaute déchaîné résume à sa façon l’article publié par « Le Monde » : « l’ONU, c’est un ramassis de la racaille islamiste et tiers-mondiste ». Qu’attend-on pour supprimer l’ONU ? Ce sera encore plus simple. Islamophobie déclarée, haine du monde arabe, stupéfiante arrogance occidentale, tout y est. Opération réussie, mesdames et messieurs les intellectuels organiques.

Bruno Guigue

L’AUTEUR : BRUNO GUIGUE :
Diplômé de l’Ecole normale supérieure et de l’ENA Auteur de "Proche-Orient : la guerre des mots", L’Harmattan, 2003
Du même auteur, à lire en ligne sur Oumma.com :
* Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU
* Israël-Palestine : la géopolitique du divin
* Irréductible Syrie
* Stupéfiante indulgence pour un Etat voyou
* « Omerta » sur la bombe israélienne
* La lettre persane de Mahmoud Ahmadinejad
* La conférence de Téhéran et les Faurisson pro-israéliens
* Le Darfour et ses faux amis
* Mourir pour Israël, ou les impasses de la résolution 1701 * George Bush, en lévitation au-dessus d’un champ de ruines
* Nucléaire iranien : un pavé dans la mare belliciste
* Et maintenant, le Hamas
* L’héritage empoisonné d’Ariel Sharon
* Moyen-Orient : les deux sources de l’aveuglement occidental
* « La faute à l’Iran », une fable géopolitique
* Irak : american Chaos
* L’écran de fumée d’Annapolis
* Crise iranienne : une expertise « géopolitiquement correcte »

LE CONTEXTE POLITIQUE :
Nous sommes dans le contexte d’une “guerre” en préparation et dans laquelle la position de notre président est de plus en plus clairement annoncée, jusque dans l’assurance donnée aux armées que l’arme nucléaire tactique peut être utilisée dans un contexte de “guerre préventive” pour intimider l’adversaire !
Dans cette optique il est plus simple et moins dangereux politiquement de “virer” un membre du corps préfectoral non aligné sur la position de l’état que d’avoir à gérer une démission fracassante dans le contexte d’une initiative désastreuse à venir.

LE ROLE DES MEDIAS :
Nous devrons donc être aussi vigilants à la manière dont cet événement sera traité par les médias, attendons-nous à des controverses manipulatrices que le libellé du message sur le forum du nouvel obs. ce matin démontre déjà ; le qualificatif ‘antisémite’ a été mis en ligne avant d’être modifié ! A l’évidence les informateurs du nouvel obs. étaient les mêmes ou étaient proches de ceux de la ministre de l’intérieur qui a du recevoir la « plainte »...Peut-être dans les mêmes termes.
Ce jour 23 mars au journal de F3 l’info a été donnée à 13h30 ; au 13 heures, sur TF1 affaire du préfet évoquée très brièvement ; sur F2 beaucoup plus longuement, le sous préfet “nommé depuis six mois” va “réintégrer son activité antérieure d’administrateur civil” et surtout c’est bien “sur plainte de la communauté juive” que le ministère de l’intérieur à prononcé la sanction, “évoquant le devoir de réserve non respecté...”

LE ROLE DES « REPRESENTANTS » DE LA COMMUNAUTE JUIVE ?
- Sur le site du CRIF, auquel appartiennent de nombreux signataires de la tribune du Monde ayant motivé l’article de BRUNO GUIGUE, aucun communiqué à ce jour, mais sans doute du champagne dans les bureaux...
- Sur le sujet l’institution « représentative » a eu l’occasion lors du salon du livre et de la venue de PERES de réaffirmer son soutien inconditionnel à la politique de l’état israélien.
- Le texte en ligne le plus récent, issu du département d’état américain, réaffirme clairement que toute critique d’Israël cache un antisémitisme dont l’existence même n’est pas « négociable » pour ceux là, comme pour les signataires de la tribune du Monde probablement, la « pensée Finkielkrault » a au moins un mérite, c’est sa constance dans la capacité aux amalgames et affirmations absurdes, exactement le contenu de l’article du sous préfet sanctionné : Article sur le site du CRIF : « Le nouvel antisémitisme déguisé en haine d’Israël » 18/03/08- - Thème : Antisémitisme
« Les Juifs à travers le monde font l’objet d’une nouvelle forme d’antisémitisme qui se présente de manière déguisée en haine envers Israël, a avertit un rapport du département d’Etat américain pour l’année 2007 : « Ce nouvel antisémitisme est courante dans l’ensemble du Moyen-Orient et dans les communautés musulmanes en Europe, mais il ne se limite pas à ces populations.”
Le document cite notamment le fait que les différentes organisations des Nations unies font souvent l’objet de demandes d’enquêtes sur “des atrocités et autres violations des droits de l’Homme supposées commises par Israël et présentées d’une façon dramatisée”.
L’effet de ces “critiques sans répit envers Israël” alimente l’idée qu’Israël est une source majeure d’”abus contre les droits des autres”, poursuit le rapport, qui souligne que dans le même temps, les différentes organisations des Nations unies ne prêtent “pas assez attention à des régimes qui sont manifestement coupables de graves violations”.
Le fait de “comparer la politique actuelle d’Israël à celle des nazis est de plus en plus répandu”, selon ce rapport, publié conformément à une loi adoptée en 2004 aux Etats-Unis dans le but de recenser et combattre les actes antisémites dans le monde.
Le rapport souligne que la haine envers Israël se manifeste parfois par des violences commises contre des individus juifs, et relève une soudaine augmentation des incidents antisémites au moment de la guerre entre Israël et le mouvement radical chiite libanais Hezbollah en 2006.
Il accuse plusieurs dirigeants d’attiser la haine antisémite, notamment le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, ainsi que le président vénézuélien Hugo Chavez, le gouvernement syrien ou encore les médias saoudiens et égyptiens.
Le rapport souligne que l’antisémitisme sous sa forme traditionnelle demeure un problème en Russie et que la violence antisémite “reste une préoccupation importante” dans des pays comme la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Il note aussi une augmentation des incidents antisémites en Argentine, en Australie, au Canada, et en Afrique du Sud notamment.
 »
Le rapport a été mené par le nouveau Bureau de la surveillance et de lutte contre l’antisémitisme, dirigée par Gregg Rickman US report : New anti-Semitism disguised by hatred of Israel (EJP)

UNE GUERRE DE PROPAGANDE EST DECLAREE, EN PREPARATION ET POUR CONDITIONNEMENT AVANT UN CONFLIT REEL PREVISIBLE ET ANNONCE, elle n’est pas nouvelle mais semble prendre une ampleur telle qu’elle puisse demain devenir attentatoire aux libertés d’expression et d’analyse. C’est bien cela qui fait l’importance de l’événement que représente la radiation d’un préfet.

UN SOUTIEN S’ORGANISE :
Dans sa région , il semble qu’un soutien s’organise : « Bruno Guigue a été sous-préfet à la ville à La Réunion avant d’être chargédel’économiesolidaireauconseilrégional. C’étaitaussiunconférenciertrès apprécié. Le collectif Pas En Notre Nom-974 et l’Association Initiatives dionysiennes lui apportent leur soutien. Jean-Marc Tagliaferri webmestre et le texte du communiqué du collectif « Pas en notre nom » :
Communiqué du Collectif Pas-En-Notre-Nom-974
COMMUNIQUE : « Bruno GUIGUE a été notre compagnon de route à la Réunion depuis la fondation du collectif en Novembre 2002. Nous avons assisté à ses conférences contre les guerres, d’Irak, d’Afghanistan, et du Liban. La qualité de son analyse et des textes qu’il publie est reconnue. Il s’avère qu’il dérange, car il démonte brillamment les mensonges et les incohérences de la politique occidentale, France comprise, vis à vis du monde arabo-musuman, sans cesse diabolisé, affublé du sobriquet évocateur d’”axe du mal” par une administration américaine qui gouverne maintenant sur la base de fantasmes et de croyances d’un autre âge, et qui prête donc “au camp d’en face” (quel qu’il soit d’ailleurs) les seuls raisonnements et comportements dont elle veuille convenir et qui sont uniquement à l’image des siens propres. Il faut comprendre que l’administration Bush ne fait pas la guerre au terrorisme, elle se fait en réalité la guerre à elle-même sans vraiment le savoir, tous les “terrorismes” incriminés n’étant que des constructions intellectuelles naissant d’actes, volontaires ou non, de cette administration. Elle l’a reconnu en partie (quand elle dit qu’il n’y avait pas d’armes de destructions massives en Irak, objet officiel de la guerre, mais qu’il fallait quand même faire cette guerre !) mais cela ne l’empêche pas de continuer à dérouler ses plans mortifères, qui enrôlent l’Etat d’Israël, à la fois comme supplétif, mais aussi comme prétexte bien commode. Il faut se souvenir comment fonctionne le pouvoir aux USA. Le Congrès a une énorme importance formelle (même si l’exécutif invente des procédures pour le contouner si besoin est) et l’appui des lobbys, dont l’un des principaux est le lobby juif, officiellement déclaré comme tel, est parfois vital pour le Président quand il veut faire passer certains textes. Ce qui explique certains “renvois d’ascenseur” parfois surprenants !
Mais il y a plus grave : quand dans l’entourage d’un président gravitent des gens qui sont prêts à “déclencher l’Armaggedon pour hâter la 2eme venue du Christ”, au moyen d’un conflit nucléaire israélo-iranien, on peut commencer à se poser des questions sur la santé mentale de ces “dirigeants” pour qui nous ne sommes que des insectes (il ne doit y avoir que 144.000 sauvés de toute manière..... les près de 7 millions de juifs israéliens, les dizaines de millions d’électeurs de Bush ou de téléspectateurs de ses copains téléévangélistes apprécieront :-).
La diplomatie française est depuis 2007 entrée dans une ère d’alignement strict sur la diplomatie des USA. Il n’est donc pas tolérable de laisser s’exprimer des propos qui descendent en flammes le discours officiel français qui est devenu insensiblement, depuis Lionel Jospin et sa visite controversée en Israël jusqu’aux prises de position de Nicolas Sarkozy , un soutien sans faille à l’Etat hébreu, au mépris de siècles de politique moyen-orientale de la France, et certainement pas le meilleur moyen pour ramener la paix dans cette région. Michèle Alliot-Marie, la ministre de l’Intérieur, qui a dû se faire remonter les bretelles par l’Elysée sans doute alerté par les réseaux pro-israéliens ( voir un exemple) n’a pas forcément pris la meilleure décision. Elle aura bien du mal à démontrer que Bruno Guigue a avancé des choses inexactes.elles sont peut-être dures à lire mais elles sont le reflet d’une réalité que le gouvernement dont ellefait partie ne cesse de conforter sans être gêné par les conséquences, qu’il connait, de ses actes et prises de positions.
Quant au “devoir de réserve”, il me semble tout à fait inapproprié d’y faire référence car Bruno Guigue n’a absolument pas interféré avec ses fonctions dans cette publication. La ministre de l’intérieur veut-elle avoir des subordonnés lobotomisés qui ne lui diront que ce qu’elle a envie d’entendre ? (c’est à dire plus exactement ce que le chef de l’Elysée lui-même a envie d’entendre ?). ca nous prépare de sacrés beaux ratages dans tous les domaines si tout le monde doit attendre l’imprimatur et ne diffuser que la “bonne parole” ..... Qu’est-ce que c’est que cette république bananière que la France est devenue ?
 »

RADIO J AUX « AVANT POSTE » DE LA VIGILANCE SIONISTE.

D’où provient l’émoi politique autour de l’article de BRUNO GUIGUE ? Nul doute que la communauté juive ait pu jouer un rôle pour obtenir une décision aussi grave qu’une radiation d’un sous-préfet, dont les écrits antérieurs étaient connus de tous, antérieurement à sa prise de fonction il y a environ six mois. Une piste très plausible est représentée par la chronique de « radio J » dont l’obédience sioniste est connue de tous ; l’écoute de ce billet du 28 mars, de quelques minutes, semble lever le doute : SUR LE SITE DE RADIO J : Billet de Luc Rosenzweig
Par Luc Rosenzweig Emission du 18 mars 2008 - de 08H20 à 08H25
Mardi 18 mars, dans le journal de la matinée, Luc Rosenzweig fait part du scandale provoqué par une tribune diffusée sur le site internet ouma.com, en réaction à un “point de vue” de plusieurs intellectuels qui s’inquiètent du prochain sommet contre le racisme, dit “Durban 2,” prévu en 2009.

EXTRAITS DE L’ ECOUTE :
« Ouma.com est un site islamiste radical qui diffuse notamment la pensée de Tariq Ramadan...(ce texte est) un torchon antisémite.....(qui ne provient pas d’un ) plumitif djihadiste ...caché en Afghanistan....(Mais) le texte. en question est signé par Bruno Guigue....(Cette chronique) Est-elle compatible avec le devoir de réserve, évidemment non...(Si la ministre de l’intérieur est au courant) Un silence de sa part vaudrait approbation »

REMARQUE : Tous ceux qui usent de la source d’information citée savent que la qualification « islamiste radical » est totalement inappropriée, des textes de Tarik Ramadan y sont relayés comme ceux de nombreux intellectuels consacrant leurs écrits aux thèmes en relation avec le monde arabe, en France ou ailleurs, et le moyen orient en particulier ; y compris des écrits « laïques » sur ces questions. L’appel final après accusation abusive d’antisémitisme est un appel au lynchage , suivi d’une pression sur le ministre de l’intérieur, Madame Alliot Marie, en forme de chantage. Opération réussie !

A SUIVRE...


 
 
 
Forum lié à cet article

19 commentaires
  • S’il avait critiqué l’islam, il aurait eu une protection rapprochée, conservé son poste et peut être même une belle promotion ...

  • COMPLEMENT D INFORMATION SUR UN PREFET LIMOGE 24 mars 2008 00:18, par Jacques RICHAUD

    COMPLEMENT D’INFORMATION AUTOUR D UN PREFET LIMOGE

    - 1 - L’origine de la tribune du « Monde » à laquelle répondait Bruno Guigue, est un pamphlet – pétition repris sur le site de la LICRA : http://www.licra.org/

    L’ONU CONTRE LES DROITS DE L’HOMME - SIGNEZ LA TRIBUNE
    17/03/2008 Télécharger l’intégralité de la tribune
    The_United_Nations_versus_human_rights (English_version).pdf
    ONU_contro_i_diritti_dell uomo.pdf

    L’année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme par l’ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d’années, par ses dérives, l’ONU s’est caricaturée.

    A Durban, en Afrique du sud, s’est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l’initiative des Nations Unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d’avocat. C’est au nom des droits des peuples que furent scandés des « mort à l’Amérique » et « mort à Israël » ; et c’est au nom du relativisme culturel qu’on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.

    Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa « Commission des droits de l’Homme », l’ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau « Conseil des Droits de l’Homme » (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd’hui, le constat est plus qu’amer : c’est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l’élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d’une nouvelle et très particulière Déclaration des droits de l’homme, la mise à mort de l’universalité des droits.

    OBSERVATION :

    - Il est notable que cette tribune traîne dans la boue le rapporteur de l’ONU Doudou Diène, et que l’article de Bruno Guigue prend sa défense.

    - Il est notable aussi que le député UMP Patrick Gaubert est président de la Licra, il soutenait les test ADN du député de droite Mariani, inspirés par la volonté du président lui-même.

    - Doudou Diène est critique de la politique de Nicolas Sarkozy. Cette raison serait suffisante pour sanctionner un de ses défenseurs, Bruno Guigue.

    - 2 - Le communiqué du site « oumma.com » sur lequel était publié l’article incriminé : http://www.oumma.com/Silence-dans-l...
    Silence dans les rangs ! dimanche 23 mars 2008

    Notre ami Bruno Guigue, haut fonctionnaire de la République, énarque et normalien, signataire de nombreux articles dans notre site, vient d’être limogé de son poste de sous-préfet par sa ministre de tutelle, Madame Michèle Alliot-Marie.
    Il lui est reproché d’avoir publié sur oumma.com, le 13 mars 2008, une analyse intitulée « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU » (dépêche AFP du 22 mars 2008).

    Ce billet réagissait à une tribune d’intellectuels inconditionnels d’Israël visant à déconsidérer l’ONU, et à condamner des résolutions du Conseil des droits de l’Homme

    Dans ce texte, notre ami, qui jouit d’une réputation d’expert par ses nombreux écrits sur les questions du Proche et du Moyen Orient, rappelait les actions d’un Etat attaché à discréditer l’ONU et blâmait la politique d’occupation qui le conduit à violer nombre de règles du droit international et du droit des gens.
    La sanction qui le frappe nous montre à l’envi que l’usage d’une saine critique ne peut s’exercer équitablement en France. En effet, si chacun a le loisir aujourd’hui dans notre pays, fonctionnaire ou pas, de critiquer, condamner, dénoncer à peu près n’importe quel Etat, n’importe quelle religion, n’importe quelle personnalité, il existe une exception à cette règle et notre ami Bruno Guigue, que nous assurons de notre total soutien est puni pour avoir cru à l’existence d’une véritable et totale liberté d’expression au pays des Droits de l’Homme.

    - 3 - Les propos de Doudo Diène, rapporteur spécial de l’ONU incriminé dans la tribune du « Monde » à laquelle répondait Bruno Guigue : Sur afrik ;com (http://www.afrik.com/article12907.html )

    Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU, passe le président français au crible : Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur les discriminations raciales, accuse dans son rapport annuel le président français de s’être inscrit dans « une dynamique de légitimation du racisme » avec son discours de Dakar et l’adoption des tests ADN. Dans un entretien accordé à Afrik.com, il revient sur son étude sur les formes contemporaines de discriminations et la place du racisme en France. mardi 13 novembre 2007, par Stéphanie Plasse

    Doudou Diène, dans son rapport présenté à Washington le 9 novembre lors de l’assemblée générale des Nations unies, a pointé du doigt le discours tenu par Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet. Le Sénégalais accuse le président français d’avoir légitimé intellectuellement le racisme. Hasard ou coïncidence ? le chef de l’Etat français était à la Maison Blanche cette même semaine pour un voyage express de 24 heures.

    Pour Afrik.com, le rapporteur spécial de l’ONU fait le point sur l’attitude de Nicolas Sarkozy et la situation du racisme en France.

    Afrik : Quel est précisément votre rôle au sein de l’ONU ?
    Doudou Diène : Je suis rapporteur spécial de l’ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l’intolérance. Mon travail consiste à produire chaque année une étude sur le racisme dans le monde.

    Afrik : Lors de l’assemblée générale des Nations unies, vous avez accusé le président français, Nicolas Sarkozy, d’être dans une « dynamique de légitimation du racisme ». Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ?
    Doudou Diène : En effet, il s’agit d’instrumentaliser et de légitimer intellectuellement le racisme. Je n’ai pas seulement accusé Nicolas Sarkozy. J’ai critiqué aussi les récentes déclarations du prix Nobel de médecine James Watson, qui a voulu démontrer que les Africains étaient inférieurs intellectuellement. Concernant le président français, je fais référence à son discours à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar au Sénégal, le 26 juillet. Dans ces deux cas, il est question de légitimer scientifiquement des stéréotypes historiques de construction du racisme. A noter aussi, le projet de loi français sur les tests ADN dans la procédure du regroupement familial des étrangers qui stigmatisent un peu plus l’immigré qui n’existe qu’au travers d’une politique sécuritaire.

    Afrik : Comment a réagi le représentant de la France qui a assisté à cette assemblée ?
    Doudou Diène : Il a jugé que mes accusations étaient infondées et irresponsables. Concernant le projet de loi sur les tests ADN, il a expliqué qu’ils n’étaient pas obligatoires pour les immigrés mais proposés sur une base volontaire. Il a ensuite affirmé la volonté de Nicolas Sarkozy de lutter contre le racisme. Je n’ai pas pensé que le président français était raciste, pour preuve il a dans son gouvernement Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l’Homme. Je crois juste que le discours de Dakar a blessé. Dire devant l’élite intellectuelle africaine qu’elle n’est pas entrée dans l’histoire s’inspire des écrits racistes du XVII, XVIII et XIXème siècles.

    Afrik : Le discours de Dakar reflète-t-il l’image d’une France qui a du mal à assumer son passé ?
    Doudou Diène : Oui, la France a un véritable problème avec son passé. Ce pays n’a pas assumé la guerre d’Algérie, tout se passe comme si la décolonisation ne s’était pas produite. De plus, il y a un refus de repentance et une absence de travail de mémoire. La France a peur de la pluralité, elle est en pleine crise identitaire. Sa seule réponse à la diversité est la dépréciation.

    Afrik : Que pensez-vous des propos tenus mardi dernier, à Washington, lors du Business Council par Nicolas Sarkozy envers Condoleezza Rice la considérant comme « une Américaine venue d’ailleurs » ?
    Doudou Diène : Selon moi, tous les Américains viennent d’ailleurs, y compris le président des Etats-Unis George W. Bush. Il n’est pas inutile de le rappeler. L’Amérique est en avance du point de vue de la diversité culturelle. En Occident, on assiste à l’émergence d’un courant idéologique qui s’enferme sur son identité nationale rejetant toutes formes de diversités.

  • DEVOIR DE RESERVE ? 24 mars 2008 00:39, par Jacques RICHAUD

    VOUS DISIEZ « DEVOIR DE RESERVE » ?

    Oded Ben Hur, ambassadeur du gouvernement d’Israel auprès du Saint-Siège à Rome a prononcé le 22 mars 2008 une conférence à l’Université américaine de Rome : "Les immigrants musulmans commencent à représenter une sérieuse menace pour la démocratie et la paix en Europe", a-t-il dit. Il a aussi critiqué une attitude qualifiée de "docile" des italiens à l’égard des Musulmans résidents en Italie. Selon lui, depuis l’expulsion des Musulmans de l’Europe au XV° siècle, à la fin de la "reconquista" espagnole, on assiste à une claire décadence de la culture islamique. "Ils [les Musulmans] assistent à ce qu’ils appellent la mort de leur culture, en sorte qu’ils ont introduit la culture de la mort" affirma-t-il...

    Version espagnole : http://www.aporrea.org/internaciona...
    iplomático israelí emite declaraciones racistas y xenófobas
    Por : Agencia Bolivariana de Noticias (ABN)
    Fecha de publicación : 23/03/08
    Roma, 22 Mar. ABN.- En una conferencia pronunciada el jueves pasado, en la Universidad Americana de Roma, el embajador israelí en la Santa Sede, Oded Ben-Hur, asombró a los asistentes con unas declaraciones racistas y xenófobas contra los inmigrantes islámicos. “Los inmigrantes musulmanes empiezan a representar una seria amenaza para la democracia y la paz en Europa”, afirmó el diplomático. De igual manera, criticó lo que calificó de actitud dócil de los italianos con los musulmanes residenciados en el país, por no unirse a su discurso xenófobo que promueve la expulsión de los musulmanes, informó el portal web de Rebelión. Ben-Hur embistió contra el Islam, aseguró que después de la expulsión de los musulmanes de los territorios europeos en el siglo XV, al término de la reconquista española se ha manifestado una clara decadencia de la cultura islámica. “Ellos (los musulmanes) están asistiendo a la que denominan la muerte de su cultura, de modo que han introducido la cultura de la muerte", manifestó.

    Version anglaise : http://www.freerepublic.com/focus/f...

  • > Répression : Paris plus sioniste que Tel-Aviv ? 24 mars 2008 00:49, par Rachid ZANI

    Permettez moi tout d’abord M.RICHAUD que je tire mon chapeau pour votre courage avéré par ces moments troublants ou il ne fait pas bon parler des sionistes.
    Les dés sont jetés et il faut s’attendre à un lynchage médiatique en règle à l’endroit de M.GUIGUE.
    Comment ne pas le soutenir alors qu’il représente l’honnêteté et l’intégrité qui ont fait de ce pays : UNE GRANDE NATION "PATRIE DES DROITS DE L’HOMME"
    Plus que jamais il faut dénoncer ces agissements et rester vigilant .
    Il est temps de comprendre que les seuls antisémites qui existent sont les sionistes eux-mêmes et qu’ils auront à répondre devant un tribunal responsable de toutes les souffrances qu’ils ont fait subir depuis 1948 aux peuple palestinien ,de toute la corruption qu’ils ont répandu , de toutes les guerres et les morts dont ils sont à l’origine et sans oublier des manipulations d’opinions et pour finir les meurtres d’enfants.
    Honte à ceux dont le scrupule éxiste et qui nie malgré tout..
    Honte à ceux qui ne dénoncent pas ces agissements abjects.
    Honte à ceux qui se reconnaissent comme tel.

  • > Répression : Paris plus sioniste que Tel-Aviv ? 24 mars 2008 10:08, par hélène

    le site capjpo-euro palestine donne l’adresse mail du ministère de l’intérieur, pour réactions.

    depuis bien trop longtemps les citoyens se sont tus devant les crimes israéliens et le silence épais des médias, qui sont autant d’encouragement actifs au génocide en cours.

    il me parait insipensable de ne pas laisser ce "limogeage" du à l’emprise grandissante d’un lobby au service d’un Etat étranger et criminel, sans réaction massive.

    nous ne devons pas nous laisser mettre sous occupation étrangères (et criminelle) sans réagir.

    il faut FAIRE SAVOIR QUE NOUS EXISTONS ET QUE NOUS SOMMES NOMBREUX.
    ils ne sont forts que parceque nous leur DONNONS LE POUVOIR.

    le nombre de nos mail doit être significatif pour démontrer notre existence et notre nombre

    celà comptera.

  • RADIO J AUX " AVANT POSTE " DE LA VIGILANCE SIONISTE.

    D’où provient l’émoi politique autour de l’article de BRUNO GUIGUE ? Nul doute que la communauté juive ait pu jouer un rôle pour obtenir une décision aussi grave qu’une radiation d’un sous-préfet, dont les écrits antérieurs étaient connus de tous, antérieurement à sa prise de fonction il y a environ six mois.

    Une piste très plausible est représentée par la chronique de " radio J " dont l’obédience sioniste est connue de tous ; l’écoute de ce billet du 28 mars, de quelques minutes, semble lever le doute :

    SUR LE SITE DE RADIO J :

    Billet de Luc Rosenzweig

    par Luc Rosenzweig

    Emission du 18 mars 2008 - de 08H20 à 08H25

    http://www.radiorcj .info/reecouter_ detail.tpl ? sku_arch= 3245136638510523 5

    Mardi 18 mars, dans le journal de la matinée, Luc Rosenzweig fait part du scandale provoqué par une tribune diffusée sur le site internet ouma.com, en réaction à un "point de vue" de plusieurs intellectuels qui s’inquiètent du prochain sommet contre le racisme, dit "Durban 2," prévu en 2009.

    EXTRAITS DE L’ ECOUTE :

    " Ouma.com est un site islamiste radical qui diffuse notamment la pensée de Tariq Ramadan…(ce texte est) un torchon antisémite…..(qui ne provient pas d’un ) plumitif djihadiste …caché en Afghanistan….(Mais) le texte. en question est signé par Bruno Guigue….(Cette chronique) Est-elle compatible avec le devoir de réserve, évidemment non…(Si la ministre de l’intérieur est au courant) Un silence de sa part vaudrait approbation "

    NB : Tous ceux qui usent de la source d’information citée savent que la qualification " islamiste radical " est totalement inappropriée, des textes de Tarik Ramadan y sont relayés comme ceux de nombreux intellectuels consacrant leurs écrits aux thèmes en relation avec le monde arabe, en France ou ailleurs, et le moyen orient en particulier ; y compris des écrits " laïques " sur ces questions. L’appel final après accusation abusive d’antisémitisme est un appel au lynchage , suivi d’une pression sur le ministre de l’intérieur, Madame Alliot Marie, en forme de chantage.

    Opération réussie !

    un internaute

  • le précédent lien vers vers radio j ne fonctionne pas, voici le bon :

    http://www.radiorcj.info/reecouter_detail.tpl?sku_arch=32451366385105235

  • La sarkozélote a encore frappé en sarkoland.

    Encore un effort et on brûlera VOLTAIRE.

  • REPRESSION ET SOLIDARITE : NE NOUS TROMPONS PAS DE COMBAT 24 mars 2008 12:10, par JACQUES RICHAUD (l’auteur)

    REPRESSION / SOLIDARITE ; NE NOUS TROMPONS PAS DE COMBAT

    Le limogeage de Bruno Guigue de sa fonction préfectorale est une affaire politique de premier plan dans un double contexte ; Le premier est celui des libertés individuelles ; le second est celui de la soumission de l’état français aux exigences d’un groupe de pression, national, mais représentant clairement les intérêts d’un autre état, présumé « ami », mais aussi responsable de crimes considérables au nom de ‘sa’ raison d’état, de ‘son’ idéologie sioniste et au mépris des lois internationales et des résolutions onusiennes le concernant.

    Ces faits étaient L’OBJET MEME de la tribune des intellectuels français dans « le Monde » qui visait à disqualifier l’institution onusienne. La réponse en forme d’analyse et de décryptage, en forme de ‘déconstruction’ d’un discours manichéen sioniste, publiée par Bruno Guigue, ne comporte pas le moindre soupçon d’antisémitisme mais se rattache aux faits et propos ; c’est sans doute la qualité et non l’outrance de cette analyse qui a suscité la colère d’un chroniqueur de ‘Radio J’. Luc Rosenzweig qui fut antérieurement journaliste à ‘Libération’ avant d’être un temps rédacteur en chef du ‘Monde’, savait que sa très écoutée chronique matinale conspuant un « torchon antisémite » devait précéder et inciter une intervention de représentants de sa communauté (confirmée sur F2 au journal de 13h le 23 mars 2008 ) auprès des plus hautes autorités de l’état, avec pour objectif d’obtenir, ce qui fut fait, le limogeage d’un membre du corps préfectoral, auteur avant sa nomination d’ouvrages et d’articles connus des services de recrutement de l’état et dont aucun ne correspond au profil ‘diabolisé’ communiqué à notre gouvernement.

    C’est de l’analyse de CET événement qu’il est ici question ; dans sa nature, ses implications et ses conséquences.

    Mais certains forums se déchaînent et les commentaires affluent qui donnent la voix aux réactions communautaristes ou judéophobes hostiles les plus extrêmes. Ces commentaires n’ont pas leur place ICI et sur tout lieu de compréhension et d’échanges qui s’interdit de ‘jeter de l’huile sur le feu’ au prétexte que nos pyromanes médiatiques veulent dissoudre l’ONU qui serait un obstacle aux intérêts du sionisme ! C’est le non-discernement de tels commentaires, qui éludent la dimension politique pour privilégier une approche ethnique ou religieuse de la question moyen-orientale, qui ‘accrédite ‘ les thèses les plus insupportables qui sont le dernier rempart et la dernière tactique du sionisme selon lesquelles « antisionisme=antisémitisme ». Cette thèse, absurde et condamnée aussi par de nombreux juifs, reste malheureusement la position dominante au sein du CRIF (Voir communiqué sur le site du CRIF cité dans l’article).

    Disons le sans nuance aucune, l’antisémitisme est, a été et restera une abomination. Rajoutons qu’il ne trouve peut-être pas ses meilleurs adversaires au sein de la LICRA défendant jusqu’au déraisonnable une ‘spécificité’ de la ‘cause’ s’inscrivant clairement, elle aussi dans le projet sioniste. On ne combat pas le racisme en niant les injustices et les crimes commis au nom du communautarisme.

    L’antisionisme, qui est celui de nombreux intellectuels juifs ou non-juifs (1-2-3-4) et qui est partagé par Bruno Guigue, n’a pas besoin du soutien du camp de la haine, il a besoin du soutien du camp de la justice. C’est effectivement par dizaines que des enfants palestiniens ont été tués à Gaza par balle ‘dans la tête’, ce qui, tous les militaires le savent ne peut résulter que d’un tir précis au travers d’une lunette de visée, celle d’un ‘sniper’…Le hasard des blessures de guerre n’affecte le crâne que dans moins de 5% des cas, il faudra un jour que tsahal rende des comptes et ce n’était pas outrancier de le dire ; la torture est légale dans l’état d’Israël et ce n’était pas outrancier de le rappeler non plus ; les deux seuls griefs faits à Bruno Guigue sont irrecevables et ne visent qu’a masquer la très large justesse de son analyse qui était aussi une mise en garde devant la prise d’influence dans notre « quotidien de référence » d’une expression ‘anti-onusienne’ qui est tout sauf innocente, transformée depuis en pétition sur le site de la LICRA (mentionné dans l’article) qui semble ici largement déborder les attributions que le public pense être les siennes.

    Ce que révèle cette affaire de façon magistrale se sont les collusions entre des groupes de pression influents et un état ; les collusions entre la politique de cet état et des intérêts géostratégiques déterminés ailleurs que sur son territoire ; la collusion aussi entre une part de l’espace médiatique et ces mêmes intérêts. Nous sommes ici dans la guerre intellectuelle qui prépare ou tente d’éviter un choc de civilisation aux conséquences prévisibles terrifiantes pour des générations. Nous sommes très loin des attentes de paix des hommes et des femmes qui vivent de chaque côté du mur sur la terre d’Israël et de Palestine.

    JACQUES RICHAUD 24 MARS 2008

    (1) http://socio13.wordpress.com/2008/0...
    (2) http://www.legrandsoir.info/spip.ph...
    (3) http://www.oulala.net/Portail/artic...
    (4) http://www.oulala.net/Portail/artic...

  • Pour envoyer un message de félicitations et de solidarité à Bruno Guigue.

    Sous-préfecture - Saintes

    Place du Synode BP 325,

    17108 Saintes Cedex

    Téléphone +33 5 46 92 37 00

    Télécopie +33 5 46 93 22 32

  • Pour envoyer un message de félicitations et de solidarité à Bruno Guigue.

    Sous-préfecture - Saintes

    Place du Synode BP 325,

    17108 Saintes Cedex

    Téléphone +33 5 46 92 37 00

    Télécopie +33 5 46 93 22 32

    Voici le lien pour écrire à Mme Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur

    http://www.interieur.gouv.fr/sections/contact/ministre/ministre

  • Voici une tribune de soutien à Redeker publiée dans le figaro

    extrait :

    "Un professeur a un devoir de réserve dans sa classe, mais nullement lorsqu’il s’exprime dans ses écrits publics. Il faut rappeler ici la distinction kantienne entre l’usage public et l’usage privé de la raison. Robert Redeker s’est exprimé dans le cadre d’un article de presse, en exerçant son « usage public » de la raison, comme tout citoyen français peut le faire, et non pas dans son cours, par « un usage privé » de la raison."

    http://www.lefigaro.fr/debats/20061115.FIG000000072_la_philo_de_redeker_pen­see_ou_provocation.html

    Redeker, professeur de philosophie , auteur d’un pamphlet islamophobe (qu’il avait signé avec son titre de fonctionnaire contrairement à Bruno Guigue) , ne lui était pas reprocher de ne pas respecter le "droit de réserve", il ne fut pas limogé, au contraire, il eu une promotion et sur proposition du ministre, Robert Redeker est recruté au CNRS.

  • > Répression : Paris plus sioniste que Tel-Aviv ? 25 mars 2008 01:19, par Jacques RICHAUD (L’auteur )

    UN SOUTIEN SANS AMBIGUITE DE L’UJFP ( Union Juive Française pour la Paix )avec appel à la levée de la sanction et confirmation de la véracité du contenu de l’article de Bruno Guigue.
    Jacques Richaud

    COMMUNIQUE :lundi 24 mars 2008
    Parole Interdite, Parole Imposée

    Bruno Guigue, sous-préfet de Saintes en Charente-Maritime, vient d’être démis de ses fonctions par Madame Alliot-Marie, ministre de l’intérieur. Son crime ? Un texte publié sur Oumma.com où Bruno Guigue s’en prend au lobby pro-israélien en France. Les phrases reprises en boucle qu’on lui reproche sont celles-ci :

    « À propos de terrorisme, l’Etat d’Israël, qui plus est, peut se targuer d’un palmarès hors compétition.(…) Ses admirateurs occidentaux doivent certainement s’extasier sur les prouesses d’une armée capable de tuer aussi aisément des enfants avec des missiles. Ils doivent aussi se confondre d’admiration devant les geôles israéliennes, où grâce à la loi religieuse, on s’interrompt de torturer durant le shabbat. »

    Hélas ce que la ministre Alliot Marie qualifie de « violemment anti-israélien est la vérité nue : l’Etat d’Israël a commis et commet encore tous les jours des crimes de guerre.

    Depuis le début de la deuxième Intifada, 7000 Palestinien-ne-s, pour la quasi-totalité des civils désarmés ont été tués par les forces d’occupation. Depuis 1967, 650000 Palestinien-ne-s ont connu la prison et souvent la torture. Les assassinats politiques soi-disant ciblés, le blocus d’un million et demi de personnes dans Gaza affamée et privée de médicaments, la destruction du Sud-Liban, les confiscations incessantes de terre, bafouent tous les jours les Droits de l’Homme et le Droit International. S’il n’est sans doute pas le seul, comme le propose à tort B. Guigue dont les snippers tirent sur des petites filles à la sortie des écoles, Israël est par contre le seul Etat qu’ il est aujourd’hui interdit de critiquer en France.

    Passant aux actes, le gouvernement ne se contente plus d’imposer une parole dictée sur Israël, il l’impose par la force ; et celui qui dit la vérité en tant que citoyen, et non dans l’exercice de sa fonction de sous préfet, monsieur Bruno Guigue se voit limogé. Voilà ce qui s’appelle aujourd’hui une démocratie éclairée. Mais quelques questions se posent alors :

    Le Président de la République ne devrait-il pas être limogé pour la vision raciste et coloniale de l’Afrique qu’il a présenté au nom du peuple français à l’université de Dakar le 26 juillet 2007 ? …

    « Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain [.] dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès. Dans cet univers où la nature commande tout, [ il ] reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. »

    Monsieur Goasguen député UMP à l’assemblée nationale ne doit–il pas répondre de son ignoble assimilation de tout un peuple résistant à l’occupation à « un peuple sauvage de terroristes épouvantables » (discours prononcé au nom du groupe Amitié France-Israël place de la République à Paris le 11 mars dernier.) Aucun des membres de ce groupe ni de l’UMP n’a émis la moindre critique de ces paroles.

    Redeker, fonctionnaire de l’Education Nationale, professeur de philosophie au lycée Pierre-Paul-Riquet à Saint-Orens de Gammeville, devait-il être promu chercheur au CNRS pour avoir copieusement insulté tous les musulmans et leur religion dans le Figaro du 19 septembre 2006 ? …

    « Il n’est pas déplacé de penser que cette interdiction ( le string à Paris –Plage ! ndlr) traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l’islam. Ou, à tout le moins, qu’elle résulte de l’insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s’élevaient contre l’inauguration d’un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s’opposent pas à la construction de mosquées. L’islam tente d’obliger l’Europe à se plier à sa vision de l’homme. »… « Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l’islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. »…

    Son devoir de réserve de fonctionnaire pour cet article haineux n’a à aucun moment été mis en cause par le gouvernement.

    Il y a aujourd’hui des paroles racistes autorisées en France, et des paroles de critique légitime interdites. Si l’on transposait les paroles des trois personnages précités sur le monde juif, le judaïsme ou Israël, il y aurait limogeages, scandales et procès.

    C’est une véritable guerre civile que cherche à provoquer ce gouvernement en soutenant de façon scandaleusement arbitraire la discrimination sur des bases ethnico religieuses, et en interdisant une critique politique qui pour violente qu’elle soit répond à une réalité encore plus violente, celle de l’oppression quotidienne de millions de civils des territoires occupés palestiniens.

    La sortie du conflit israélo –palestinien que l’on veut présenter comme très compliquée repose en réalité sur des bases très simples. Respecter le Droit, appliquer toutes les résolutions que les gouvernements israéliens violent impunément depuis des décennies, assurer l’égalité des droits entre les peuples de la région.

    Le principal obstacle à la paix en Israël-Palestine, c’est l’impunité scandaleuse accordée à Israël. Le principal obstacle à la paix civile en France c’est l’inégalité et la discrimination érigées en nouvelle morale. En voulant bâillonner toute critique, en s’engageant clairement aux côtés du gouvernement israélien, le gouvernement français commet un acte très grave.

    Sur le plan intérieur, il veut criminaliser toute critique de la part de ses citoyens et montre l’exemple en frappant au plus haut niveau : Les préfets sont sommés de se taire et de remplir leurs quotas de sans papiers expulsés.

    Sur le plan international, en s’engageant dans un soutien inconditionnel à l’occupant, le gouvernement français tourne le dos à la « paix juste et durable ».

    L’Union Juive Française pour la Paix exige la levée des sanctions contre Bruno Guigue.

  • > Répression : Paris plus sioniste que Tel-Aviv ? 25 mars 2008 11:19, par hélène

    la réaction des français doit être à la mesure de leur baillonnement : considérable.

    comment ?

    par des milliers de mails de protestation adressés à mme alliot-marie.

    le nombre de ces mails lui indiquera que les français sont nombreux à refuser l’occupation israélienne de notre patrie. _ !
    mieux qu’un sondage...c’est un test à na pas manquer. ne le manquez pas.

    c’est parti.

  • > Répression : Paris plus sioniste que Tel-Aviv ? 25 mars 2008 20:20, par Dabeldi

    Dans l’esprit de l’article de Jacques RICHAUD et de la plupart des post du forum, ci-joint la lettre courriel que je viens d’adresser à M. ALLIOT-MARIE en soutien à Bruno GUIGUE.

    Madame le Ministre,
    Chère Madame ALLIOT-MARIE,

    Que se passe-t-il au juste en France ?

    Alors qu’aux Etats Unis même, et dans une certaine mesure en Grande Bretagne et en Allemagne, et après l’exemple de l’Italie et de l’Espagne, les néoconservateurs US et leurs alliés sionistes sont en train de commencer à payer en retour pour leur doctrine-politique du chaos et de la barbarie servie depuis 2001 par une imposture et une manipulation grotesque et omniprésente, et alors que l’ensemble unanime des opinions mondiales n’est plus dupe de ces sinistres et dramatiques manipulations, voilà que la France commence - et à contre courant ! - à emboîter le pas d’une (im)posture ridicule et -malheureusement - dramatique pour ses victimes.

    Permettez moi de vous dire ici l’estime que je nourrissais à votre égard jusqu’à peu. Je vous pensais fidèle gaulliste (faut-il vous rappeler ici la déclaration et la position ferme et claire du Général suite à l’agression israélienne de 1967 contre ses voisins ?) et associée à Jacques Chirac et Dominique de Villepin.

    N’ayez aucun doute à ce sujet : seuls restent désormais dupes - à travers le monde - de l’imposture du projet néoconservateursUS-Israël-atlantistes, les gens faibles et/ou corrompus (les véritables "militants" de cette doctrine étant très limités en nombre compte tenu des intérêts très particuliers poursuivis à terme).

    Les jugements hâtifs et les erreurs - voire même les fautes - ont leurs contre-parties : la juste réparation toujours possible.

    Aussi, j’ai l’honneur de vous demander ici, au nom de cette France qui vit debout, celle qui fait aujourd’hui et qui assurera nos lendemains, celle des français et des françaises qui ont la ferme intention et les possibilités de rester lucides jusqu’au bout et qui ne se résigneront jamais à ce que leur pays se compromette dans cette "doctrine-aventure" d’imposture dont la seule issue serait de placer la France à la lie des nations véritablement libres et émergeantes et qui formeront l’avenir vivant de notre monde, j’ai l’honneur de vous demander ici, de réviser votre position à l’encontre de M. Bruno Guigue.

    Dans cette attente, je vous prie de recevoir, Madame le Ministre, Chère Madame ALLIOT-MARIE, l’expression de mes salutations les meilleures et les plus respectueuses,

    Djamel DJEZIRI

  • > Répression : Paris plus sioniste que Tel-Aviv ? 25 mars 2008 23:36, par Rachid ZANI

    Ci-joint le mail que j’ai transmis à Madame la ministre :
    "Bonjour Madame la Ministre,
    Je suis triste de savoir que mon pays ne rayonne plus avec la même verve qu’autrefois et que sa lumière peu à peu disparaît derrière les seules ambitions de chacun.
    Sachez qu’en limogeant un haut fonctionnaire que je nomme en la personne de M.GUIGUE, vous participez sans le savoir à une exécution en règle du fondement de l’esprit Français sous le regard médusé d’un peuple qui souffre à l’image d’une société s’empêtrant sans répit dans un marasme des plus sombres.
    La France souffre et il faut la regarder dans les yeux avec..compassion .
    Je vous revois,Madame, invectivant M.SARKOSY,lors d’un meeting ,alors qu’il était ministre de l’intérieur, lui reprochant ses allants d’avocats,tout juste avant les élections présidentielles de mai 07 et vous sembliez emplie de majesté avec cette stature qui font la renommée des hommes d’état.
    Malheureusement, c’est un tout autre spectacle que vous nous montrer aujourd’hui .
    Ayez la décence et l’honnêteté pour le moins de vous exprimer à ce sujet sans craindre que l’on vous "supprimât" vos"privilèges".
    C’est comme cela une démocratie.
    Sauf à votre respect, je vous souhaite non sans vous paraitre moralisateur, quelques scrupules qui rendront à la noblesse de votre fonction au service de cette grande nation qu’est la FRANCE,toute sa force et la place qu’elle mérite.
    Bien à vous Madame la Ministre.
    Rachid ZANI

  • SNIPER ? 26 mars 2008 01:16, par Jacques RICHAUD

    Pour ceux qui restent incrédules au sujet de certaines pratiques, voir aussi un communiqué récent de la représentation des Chiites de Françe :
    http://www.labanlieuesexprime.org/a...

  • à madame alliot-marie, ministère de l’intérieur :

    madame la ministre,

    comme des millions de citoyens français, j’ai admiré votre panache votre droiture face au criminel de guerre rumsfeld venu insulter notre pays pour sa non paticipation à la destruction de l’irak.

    nous étions fiers de notre pays, de son indépendance, de sa liberté et de son attitude alors hautement morale et juste.

    c’était jadis.

    les temps ont horriblement changés semble-t-il.

    aujourd’hui, ma Patrie reçoit avec honneur le criminel de guerre shimon Peres, honore l’Etat d’israel et ses crimes au salon du livre,et vous limogez un auteur spécialiste du moyen-orient pour son article si juste paru sur un site internet où il s’exprimait à titre personnel.

    la vérité sur le martyr palestinien, ses bourreaux, comme sur la justice internationale sont à present sanctionnés dans notre pays.

    tous ces faits consacrent l’occupation de la France par des forces étrangères criminelles, génocidaires, dont les "ténors", fonctionnaires pour la plupart disposent eux de toutes les tribunes médiatique officielles pour assassiner la vérité, r&pandre la haine, manipuler les faits, apeller à la guerre et à la destruction.

    le CRIF impose sa politique israélienne à la France et le choix des minitres français.

    ainsi, tout citoyen français qui s’indigne à juste titre du sort affreux fait au peuple palestinien, assasiné, spolié, mourant sous blocus bombes et missiles, est baillonné, trainé devant les trinunaux par les "forces" israéliennes qui occupent la france, souvent menacé de mort, agressé violement par les milices fascistes israélienne, en france (ldj, betar)

    ceci s’apelle une occupation étrangère ; tout ce qui satisfait aux manipulationset pressions indignes de ces groupes au service de l’Etat d’israel constitue de fait une collaboration avec un état étranger criminel, de multiple fois condamné pour ses crimes contre l’humanité, et maintenant renforcé dans sa malfaisance par le silence médiatique sur ses crimes, l’impunité internationale et la satisfaction de ses exigences iniques dans notre patrie.

    etc. ;..........

    veuillez croire madame la ministre en l’expression de mes sentiments bouleversés et cependant respectueux.

  • DEUX NOUVELLES REACTIONS / AFP MUSELEE ? 27 mars 2008 03:17, par Jacques RICHAUD

    PRESSE ET MEDIAS SOUS INFLUENCE ?
    Nombreuses manifestations de soutien en faveur de Bruno Guigue, mais l’AFP fait de la rétention.
    Deux nouvelles réactions :

    - 1 -Communiqué du MRAP

    - 2 -Communiqué CAPJO Euro Palestine

    1 / Depuis mardi à 14 H, le MRAP essaie en vain de faire passer sur les fils de l’AFP (Agence france presse) un communiqué de soutien à Bruno Guigue, qui "demande sa réintégration immédiate dans ses fonctions de sous-préfet". L’AFP qui avait été bien preste à reprendre les propos stigmatisants de Mme Alliot-Marie, semble beaucoup moins pressée de faire état des nombreuses manifestations de soutien en faveur de Bruno Guigue, s’étonne Mouloud Aounit, secrétaire général du MRAP. Ci-dessous le communiqué du MRAP.

    Communiqué du 25 mars 2008

    "Bruno Guigue : le devoir de dénoncer sanctionné.

    Bruno Guigue, haut fonctionnaire de la République, spécialiste du Moyen Orient, vient d’être limogé de son poste de sous-préfet par sa ministre de tutelle, Madame Michèle Alliot-Marie.

    Il lui est reproché d’avoir publié le 13 mars 2008, une analyse intitulée « Quand le lobby pro-israélien se déchaîne contre l’ONU », en réaction à une tribune d’intellectuels inconditionnels d’Israël visant à déconsidérer l’ONU et à condamner des résolutions du Conseil des Droits de l’Homme, alors même que la « communauté internationale » réunie au sein des Nations Unies assume une responsabilité majeure pour sauver le processus de paix au Proche-Orient.

    Le MRAP qui jouit, depuis 1974, du statut consultatif auprès du Conseil Economique et Social de l’ONU et participe, à ce titre, aux structures de consultation des ONG, condamne le limogeage de M. Guigue qui suscite sa totale incompréhension. En effet, Bruno Guigue a déjà publié plus d’une quinzaine de tribunes sans qu’une quelconque sanction ne vienne le frapper.

    Si nombre d’opposants à la politique menée par les gouvernements israéliens successifs ont eu à souffrir de campagnes de dénigrement systématique - dont l’odieux le plus extrême va jusqu’à les accuser d’antisémitisme pour mieux les disqualifier - aujourd’hui avec le limogeage de monsieur Guigue, sous-préfet de la République, mais qui en l’occurrence s’est exprimé en tant que citoyen, c’est la République elle-même qui connaît une dérive regrettable et dangereuse.

    En mettant en oeuvre, à l’encontre d’un de ses représentants, accusé de ne pas avoir respecté le devoir de réserve, une véritable manoeuvre d’intimidation, le pouvoir en place démontre une nouvelle fois que la critique de la politique d’Israël relève d’un tabou qu’il est toujours dangereux de transgresser. Et c’est bien là également la preuve d’un changement profond et inquiétant de la politique française au Moyen-Orient.

    Si chacun a encore le loisir démocratique dans notre pays de critiquer n’importe quel Etat dans ses politiques, y compris la France, il existerait une exception inadmissible à cette règle concernant le droit de critiquer la politique israélienne.

    Le MRAP condamne le limogeage de Monsieur Guigue et demande sa réintégration immédiate sans ses fonctions de sous-préfet. Il en va de l’honneur d’un homme de courage et de conviction qui ose dire des vérités qui dérangent. Mais il en va aussi de celui de la République. "

    MRAP Paris le 25 mars 2008

    2 / CAPJPO-EuroPalestine

    Le lobby israélien ne peut pas baillonner la terre entière

    Publié le 25-03-2008

    Ainsi, Bruno Guigue est démis de sa fonction de sous-préfet de Saintes pour avoir tenu des propos "violemment anti-israéliens" concernant les méthodes de l’armée israélienne et la pratique de la torture envers les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.

    Nous rapportons ci-dessous les propos "violemment anti-israéliens" sur les mêmes sujets de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, d’Amnesty International, et de bon nombre d’israéliens. Nous attendons ce que le CRIF (Conseil Représentatif des Insitutions Juives de France)— puisque c’est lui qui dicte sa conduite à nos dirigeants— compte prendre comme mesures de rétorsion à l’encontre de tous ces témoins des crimes israéliens.

    Est-il possible de faire taire chacun d’entre eux, de baillônner la terre entière, face à une réalité qui crève les yeux et qui représente un tel danger pour la paix dans le monde ?

    Malgré le terrorisme intellectuel et moral, les mesures de rétorsion économique, les procès, le lobby israélien ne parvient pas à maquer la réalité.

    Israël, seul pays au monde à avoir légalisé la torture :

    La torture a été officiellement bannie par la Cour suprême israélienne le 6 septembre 1999. Mais dans un arrêt du même jour, la même Cour Suprême énonce que les services de sécurité peuvent invoquer la « nécessité » pour justifier le « recours à des pressions physiques et psychologiques » contre les personnes accusées d’ « activités terroristes hostiles ». Il est écrit que les interrogatoires doivent être « vigoureux et exhaustifs », « à l’aide de stratagèmes, y compris de tromperies », mais que lorsque ces moyens n’atteignent pas leur but, des « pressions physiques modérées » peuvent être utilisées.

    Israël devient ainsi le premier Etat au monde à légaliser la torture. En dépit de la ratification par Israël de la Convention de 1984 sur la torture, qui instaure le principe d’inspections internationales dans les prisons des pays signataires, pour vérifier que la torture n’y est pas pratiquée, le gouvernement israélien n’a jamais autorisé de telles procédures.

    Hannah Friedman, directrice du Comité israélien contre la torture , rapporte que 58 % des détenus palestiniens sont soumis à des actes de violence, battus, maintenus dans des positions douloureuses, empêchés d’aller aux toilettes et de dormir, menacés de viol, de voir leurs maisons détruites et leurs proches attaqués. Les détenus ne peuvent voir un avocat que 18 jours après leur arrestation !

    Au Sud-Liban, dans la prison de Khiam sous contrôle israélien, « la quasi-totalité des prisonniers libanais comme palestiniens sont torturés, coupés de leurs familles depuis des années, en violation des Conventions de Genève » a témoigné Amnesty International.

    A propos de la prison secrète, appelée « Etablissement 1391 », une forteresse plantée sur une colline dominant un kibboutz, dans le centre d’Israël, cachée par des murs élevés et des sapins, l’ avocate israélienne Lea Tsemel, déclarait après les arrestations massives d’avril 2002 et la détention de Marwan Barghouti dans cette prison : « Quiconque entre dans cette prison est littéralement susceptible de disparaître, potentiellement pour toujours. Elle n’a rien à envier aux geôles des dictateurs d’Amérique du Sud ».

    Signalons que l’ association israélienne Hamoked a déclaré soupçonner Israël de posséder plusieurs prisons secrètes et de les ouvrir ou les fermer en fonction de ses besoins. Dalia Kerstein, directrice de l’association pense également que l’Etat hébreu sous-traite ses services pour d’autres pays. « Israël possède des décennies d’expérience en matière de torture et d’interrogatoire de prisonniers arabes,­ exactement le savoir-faire dont les Américains ont besoin dans l’après-coup des invasions de l’Afghanistan et de l’Irak. ».

    Portons également à la connaissance de Madame Alliot-Marie le Rapport de la Fédération Internationale des droits de l’Homme (FIDH), intitulé "Les prisonniers palestiniens en Israël : Conditions inhumaines des détenus politiques" :

    Le rapport indique notamment : Israël ne reconnaît pas aux prisonniers palestiniens, le statut de prisonniers de guerre. Dans la pratique, des ordres militaires israéliens régissent les conditions de détention et notamment le régime de la détention administrative qui permet de détenir une personne jusqu’à 6 mois renouvelables sans obligation de jugement. En outre, les conditions de défense des prisonniers sont très préoccupantes : une personne peut rester 32 jours sans voir un avocat, seuls les avocats israéliens peuvent plaider devant les juridictions militaires, leur accès aux camps est limité, le nombre d’avocats disponibles à cette fin très faible, d’autre part les entretiens avec leurs clients ne sont pas confidentiels. Dans les cas de détention administrative, les conditions d’un procès équitables sont loin d’être garanties, l’avocat n’ayant même pas accès aux éléments de preuve.

    Ce même rapport décrit des conditions de détention inhumaines et "exprime sa préoccupation quant à la détention de mineurs – à partir de 12 ans - (325 mineurs prisonniers en avril 2003), qui sont souvent détenus sans séparation avec les adultes."

    " La mission a également recueilli des témoignages de mauvais traitements, de tortures et de pressions psychologiques, qui subsistent malgré la décision de la Cour suprême du 6 février 1999 proscrivant le recours à certaines de ces méthodes, sauf sous certaines conditions. La FIDH s’inquiète également de la quasi-impunité des forces armées israéliennes.

    En ce qui concerne les tortures pratiquées par les agents du Shin Bet (services secrets), l’avocat israélien Shmuel Zelberman raconte comment l’un de ses clients plaestiniens est mort des suites des tortures subies. lL’avocate israélienne Felicia Langer a rapporté que son client a été enfermé pendant 3 jours dans une cage de 60 cm, sur 1,60 m, avec une cagoule sur la tête, avant de signer qu’il était membre du FPLP.

    Pour se tenir un peu au courant, Mme Alliot-Marie pourra également prendre connaissance de l’article intitulé " La torture en Israël - peur et tremblements", écrit par Joseph Algazy dans le quotidien israélien Haaretz du lundi 13 janvier 2003, où sont rapportés de nombreux témoignages de torture.

    "Coloniser, exterminer"

    A propos de l’armée "la plus morale du monde", nous rappelons les déclarations du philosophe Yeshashu Leibovitz qui écrivait en 1988 :

    « Cette même armée glorieuse produit en son sein des soldats qui enterrent vivants des adolescents arabes. Tout comme les autorités judiciaires israéliennes distinguent entre les tortures proprement dites, et des tortures « modérées » ou acceptables », les autorités militaires font la distinction entre un véritable ensevelissement de personnes vivantes et un ensevelissement de personnes vivantes dont le visage n’a pas été recouvert de terre. Devons-nous comprendre que nous aurons à faire la différence entre les vrais nazis et les nazis modérés ? ».

    Quant à Monsieur Sarkozy, qui se contente— pour le moment— de faire enlever des enfants à la sortie des écoles maternelles— il saura que ses amis israéliens, auxquels il ne cessent de dérouler le tapis rouge ne prennent pas toujours la peine de les mettre dans des avions. Souvent il les tuent sur place, ou à la sortie et même à l’intérieur des écoles.

    Et pas un seul soldat israélien n’a jamais été puni pour cela. Les dommages collatéraux sont inévitables dans le cas de figure de l’occupation et de l’annexion de terres, n’est-ce pas ?

    Quelques citations d’Israéliens honnêtes à l’usage de Mme Alliot-Marie et M. Sarkozy

    « Le génocide est associé dans nos esprits à des charniers ou des convois de population déportée. La mort lente infligée au peuple palestinien n’a peut être pas encore de nom, mais comment est-il possible que la société israélienne se ferme hermétiquement le cœur et les yeux à ce spectacle ? » Tanya Reinhart, israélienne, professeur de linguistique

    «  Dans ce qui se publie d’habitude, un attentat palestinien est décrit comme le tonnerre par une journée claire et pas comme un maillon dans une chaîne d’événements sanglants où la main d’Israël a toujours le dessus. Mais lorsque nos enfants, les soldats, tuent sans motif, à l’arme lourde, des enfants palestiniens et des parents palestiniens, jamais on ne rappelle qu’il s’agit d’êtres humains » Nurit Peled-Elhanan, israélienne dont la fille de 16 ans a été tuée lors d’un attentat palestinien

    « La poursuite de l’occupation a un prix, qui se paye. En pratique, il faut que le plus grand nombre possible de juifs israéliens comprennent que leur pays est devenu un paria, et le restera tant que l’occupation continuera » Ilan Pappé, historien israélien

    « Il faut exercer une pression économique et culturelle sur l’Etat juif afin qu’il mette un terme à l’occupation militaire la plus odieuse de la deuxième moitié du XXème siècle » Ilan Pappé, historien israélien.

    " Jamais auparavant en Israël autant de généraux en uniforme, d’anciens généraux, d’anciens membres des services de sécurité, parfois déguisés en "universitaires", n’ont pris part au lavage de cerveau de l’opinion publique." Baruch Kimmerling, l’un des plus grands sociologues israéliens
    « Mon fils Arik n’a pas été tué parce qu’il était juif, mais parce qu’il faisait partie de cette nation qui occupe le territoire d’une autre. Quiconque refuse de tenir compte de cette terrible vérité nous conduira en fin de compte à la destruction ». Yitzhak Frankenthal, Israélien dont le fils de 19 ans a été tué par le Hamas

    « Beaucoup de braves gens qui ne ressentent aucune haine envers les juifs, mais qui détestent la persécution des Palestiniens, sont désormais appelés antisémites » Uri Avnery, Israélien, dirigeant du mouvement pacifiste Gush Shalom
    « Pour le moment, le monde ne réagit pas car les Juifs sont influents et les gens ont peur d’être taxés d’antisémitisme. Mais c’est nous, Juifs, qui sommes aujourd’hui responsables de l’antisémitisme » Jeremy Milgrom, rabbin israélien de l’association « Rabbins pour les Droits de l’Homme »

    CAPJPO-EuroPalestine

    Mercredi 26 Mars 2008

    http://www.europalestine.com

 
 
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