Spéculation et crises : ça suffit !

Cher(e) ami(e)s
Comme regarder crouler la finance en restant les bras ballants n’était pas une formule très attrayante, nous nous y sommes mis à plusieurs pour faire ceci : www.stop-finance.org
C’est sorti aujourd’hui dans neuf titres européens — L’Huma, le Diplo, Politis, Là bas si j’y suis, Die Tageszeitung, Il Manifesto, Publico, Trybuna Robotnicza, Flamman.
La balle est maintenant dans le camp de ceux qui se sentent de signer. Et aussi — et surtout ! — de diffuser.
Les initiateurs de ce mouvement ne sont pas des grands experts en matière d’action politique. C’est donc peu dire que nous avons besoin de votre aide.

Amicalement

Frédéric Lordon

La finance déréglementée détruit les sociétés. Silencieusement, au quotidien, quand les actionnaires pressurent les entreprises, c’est-à-dire les salariés, pour en extraire davantage de rentabilité, au Nord comme au Sud. A grand spectacle et avec fracas dans les crises aiguës où se révèlent brutalement les invraisemblables excès de la cupidité spéculative et leur contrecoup sur l’activité et l’emploi. Chômage, précarisation, accroissement des inégalités : les salariés et les plus pauvres sont voués à faire les frais soit de la spéculation, soit des nuisances du krach qui s’ensuit.

Depuis deux décennies, le cours de la finance mondiale n’est qu’une longue suite de crises : 1987, krach boursier ; 1990, crise immobilière aux Etats-Unis, en Europe et au Japon ; 1994, krach obligataire américain ; 1997 et 1998, crise financière internationale ; 2000-2002, krach internet ; 2007-2008 enfin, crise immobilière et peut-être crise financière globale.

Pourquoi une telle répétition ? Parce que toutes les entraves à la circulation des capitaux et à l’« innovation » financière ont été abolies. Quant aux banques centrales qui ont laissé enfler la bulle, elles n’ont plus d’autre choix que de se précipiter au secours des banques et des fonds spéculatifs en mal de liquidités.

Nous n’attendrons pas la prochaine crise sans rien faire et ne supporterons pas plus longtemps les extravagantes inégalités que la finance de marché fait prospérer. Parce que l’instabilité est intrinsèque à la déréglementation financière, comment les dérisoires appels à la « transparence » et à la « moralisation » pourraient-ils y changer quoi que ce soit - et empêcher que les mêmes causes, de nouveau, produisent les mêmes effets ? Y mettre un terme suppose d’intervenir au cœur du « jeu », c’est-à-dire d’en transformer radicalement les structures. Or, au sein de l’Union européenne, toute transformation se heurte à l’invraisemblable protection que les traités ont cru bon d’accorder au capital financier.

C’est pourquoi nous, citoyens européens, demandons :
- l’abrogation de l’article 56 du Traité de Lisbonne, qui, interdisant toute restriction à ses mouvements, offre au capital financier les conditions de son emprise écrasante sur la société. Et nous demandons également
- la restriction de la « liberté d’établissement » (art. 48) qui laisse l’opportunité au capital de se rendre là où les conditions lui sont le plus favorables, et permettrait ici aux institutions financières de trouver asile à la City de Londres ou ailleurs.

Si par « liberté » il faut entendre celle des puissances dominantes, aujourd’hui incarnées dans la finance, d’asservir le reste de la société, disons immédiatement que nous n’en voulons pas. Nous préférons celle des peuples à vivre hors de la servitude de la rentabilité financière.

Signez la pétition.


 
 
 
Forum lié à cet article

1 commentaire
  • > Spéculation et crises : ça suffit ! 29 mars 2008 20:54, par Frédéric Lordon

    Le site stop-finance.org a été victime de son succès : le serveur n’a pas résisté à l’afflux de connexions... et tout s’est effondré. Le problème a été très sérieux au point que nous avons dû changer d’hébergeur. Depuis deux jours les personnes compétentes (c’est-à-dire pas moi) y travaillent frénétiquement.
    Normalement le site devrait recommencer d’être opérationnel ce soir (samedi 29). Pour plus de sûreté, le mieux est sans doute d’attendre lundi pour considérer que tout est rentré dans l’ordre.
    Est-il utile de vous dire à quel point nous avons été effondrés... en même temps que le serveur ?... Non, ça n’est pas utile.
    Merci de faire savoir tout ça autour de vous. En vous remerciant pour votre soutien.

    Frédéric Lordon

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes