Contre l’excentricité bête du rationalisme athéologique

Athéisme/Athéologie et Rationalisme contemporain.

La foi a sa propre rationalité, elle est un sensualisme spirituel que l’intuition métaphysique de l’esprit humain intériorise dans son sentiment d’infinitude malgré la finitude et l’absurde apparent de l’existence. C’est donc le domaine de l’épreuve intérieure de la vérité plutôt que de la preuve de l’objet ; elle s’enracine dans la monstration intérieure et la révélation et n’a que faire de la démonstration sinon que « celle de l’intangible » comme le soutient l’apôtre Paul. Elle fait basculer toutes les falsifications par l’objectivation rationnelle à la poubelle de la ratiocination et de l’excentricité. Elle est le champ de la certitude et de la conviction plutôt que de l’évidence ou de l’objectivité. Cela, pour l’avoir su, Kant, dans son criticisme, a aménagé à la foi, la Raison Pratique vu qu’elle ne correspond pas aux objets ayant un contenu réel dans le monde qu’étudie la Raison Pure ! Néanmoins, un certain intellectuel d’aujourd’hui, je cite Michel Onfray(1), bouleversé par les intégrismes, s’érige en une sorte de Feuerbach de l’époque contemporaine avec le prétexte d’une soi disant athéologie - (qui n’en est pas une, mais un athéisme bruyant et haïssable parce que irrespectueux, au sens où l’athéologie est refus d’évoquer Dieu et la religion dont Onfray est tellement obnubilé). La gloire de ce fier à bras est de partir, comme un moralisateur métaphysique hyperactif, en guerre aux spiritualités des trois grandes religions monothéistes. La cause de cette grogne ? Toutes ces religions aux yeux d’Onfray - grand hédoniste libérateur du genre humain qu’il veut sauver de ses frustrations séculaires, militant de l’éros et soldat de la raison - sont passablement coupables de haïr la vie et d’en interdire le charme et la jouissance ! Coupables de brimer le dionysiaque ! Ainsi donc, ce philosophe illuminé et ses pareils font de la religion, leur nouvelle source de célébrité et d’inspiration par le dénigrement et la diabolisation du divin à travers une logorrhée aisée quoique lacunaire vu la faiblesse de leur argument rationaliste. Leur métaphysique tronquée n’est qu’une lamentation eschatologique frisant la scatologie mentale sur la destinée humaine, ce que j’appelle de la balourdise philomorphe c’est-à-dire un pseudo discours qui ne fait philosophique que par la forme et non par une quelconque quête d’enrichir l’interrogation ontologique. Cela s’avère être très malsain et toxique, et constitue une flagrante entaille au sens, une évocation perverse de l’herméneutique dans l’irrespect total de la grande majorité humaine qui croit. Car lorsqu’un penseur du vingt et unième siècle évoque débilement la raison dont elle serait privée, pour appréhender toute religion comme néfaste, parce que décelant dans leur mythe fondateur de l’arriération mentale qu’Onfray traduit par l’expression d’ éblouissement par « l’arrière-monde » (terme nietzschéen) qu’il reprend pour fustiger les révélations de Moïse, Jésus ou Mahomet, cela relève de l’arrogante cécité discursive des rationalistes du passé. C’est en fait, une curieuse résurgence de cette légèreté de paille du discours de l’athéisme rationaliste et historique d’une frange idéologique de la pensée occidentale en lourde crise. Ce qui, d’ailleurs tend à déclencher l’hilarité par ses conclusions et apophtegmes rocambolesques, simplistes, les plus loufoques qui soient. On croirait vraiment à un retour des Lumières et leur extension athéiste au 19ème siècle dans l’écharde qui a fait leur ténèbre, cette faille, cette balafre béante de la Raison : le rationalisme ! Rationalisme, achoppement intellectualiste où la raison est phagocytée par la ténèbre de l’extrémisme avec toutes sortes de discours passionnels, positivistes, excentriques, exagérateurs qui démesurent l’empan des bienfaits de la raison chez l’homme, la société et l’histoire. Rationalisme qui, par essence, ternit l’éclat du rationnel et tue la raison. Car il s’agit de discours déracinés de la vérité pluridimensionnelle de l’homme. Discours réducteurs parce que négateurs de toute autre dimension humaine que le tangible et l’immédiat. Discours aussi hypocrites au regard de l’histoire et de la vérité des civilisations. C’est comme si les pires horreurs idéologiques et politiques n’étaient pas des rationalités monstrueuses qui, assez souvent, voient la raison utiliser la religion avec froideur et férocité contre les humains ! Opposée dans leur eidétique apparemment antagonique quoique toujours en fait cohabitante, il est difficile de dire que la religion, même dans ses pires versions et extrêmes, ait été plus néfaste, plus belliciste et plus meurtrière que la raison à travers les politiques exprimées et mises en cours dans l’histoire des sociétés. Et de fait, la religion malfaisante, quand elle survient, n’est-elle pas l’instrument de la manipulation des petits par les puissants usant rationnellement du hiératique et du prétexte (divin) en fait théologique pour établir sur le psychisme des faibles leur empire et leur hégémonie ? Un homme, en effet, à qui l’on fait croire que ce qu’on lui enjoint vient de Dieu, est nécessairement soumis même en absence du maître vu que Dieu est ubiquitaire et qu’en aucun cas une conscience ainsi manipulée n’osera se défaire de sa servitude par rapport à son manipulateur. Et c’est cela que fait l’occident depuis toujours, d’abord par l’église puis, aujourd’hui, par la voie de ces « religions laïques » constituées par les nouvelles ubiquités que sont les arguties désinformantes et pseudomorales de l’économie, de la consommation, de l’emploi, de la finance voire de la minceur. Ces liturgies cultuelles sont enrobées d’une science-expertise divulguée dans la grande presse grâce aux experts de l’économie, de la santé et du bien-être - appuyant les politiques et politiciens - vendus aux pires causes de la ploutocratie qui tient le monde en otage et altère jusqu’à l’existence de la société civile et démocratique dont on nous rebat les oreilles. Car tout le besoin féroce de domination : colonialisme, guerre ethnique, économisme, impérialisme sont des poisons rationnels, des ogres de rationalités qui déferlent dans la civilisation et l’empreignent des pires barbaries. À ce compte Hegel a dit vrai : la raison gouverne l’histoire. D’aucuns diront, comme Norman O. Brown dans Éros et Thanatos, comme ceux qui me l’ont déjà crié en face, que ce sont là des pulsions irrationnelles qui sévissent dans la « direction » de l’histoire. Mais alors, dire que les décisions qui sont devenues des politiques et ont échafaudées les faits de notre histoire collective sont tellement irrationnelles, c’est nier notre humanité et rejeter tous les principes qui s’y rattachent. C’est dire que l’homme n’est qu’un animal sans raison et que le motif de la raison doit être rayé de toute analyse voire de la sémantique humaine et de notre schème langagier espéciel ! Évitons donc d’être incohérents ! Nous n’allons pas ignorer les bases phylétiques de l’humanité au nom desquelles nous osons toujours prendre la parole ! Car partout c’est quand même la raison, même si elle est aveuglée par nos passions, nos pulsions selon l’être de paradoxe qu’est l’humain, qui prédomine et détermine les choix politiques de notre évolution sociohistorique ! Moi, je dis que les actes politiques qui font le malheur de l’humanité sont rationnels parce que correspondant aux décisions prises dans la froideur logique des bâtisseurs de pays et d’empires, des seigneurs d’entreprises, des chefs de cartels multinationaux et des trusts transnationaux au nom de qui l’humanité vit et fonctionne au jour le jour. Il faut éviter de juger la raison par le bien. La raison comme faculté est neutre et peut tout aussi sauver que détruire la planète ! Et dans le cas qui nous dénonçons, c’est de la raison laissant libre cours aux pulsions dans la réalisation de ses vœux ! Pour revenir à l’athéisme/athéologie, simplisme oblige, les Onfray et leurs émules semblent grossièrement confondre foi spirituelle et religion sociale qu’ils ne distinguent guère l’une de l’autre. Omission insidieuse, posture d’hypocrisie théorique ! Autant confondre l’idéal démocratique avec ses récupérations institutionnelles populistes et démagogiques par la ploutocratie planétaire actuelle. Et, parlant de ploutocrates, l’économisme, la pharmaceutique envahissante manipulatrice et la médicalisation extrême qui la soutient, les transnationales « toutes-puissantes » avec leurs financiers rationnels font mille fois plus de mal et de crime contre l’humanité au quotidien que les horreurs tape à l’œil du terrorisme fondamentaliste ou intégriste quoique celui-ci soit absolument bête, cruel et ignoble. Pour être clair, disons que la religion comporte sa part fondatrice de transcendantalité et sa part processive de rationalité. Ne pas le comprendre ou l’éluder n’est que preuve de mauvaise foi ou de déficience intellectuelle. La philosophie ne souffre pas d’être réduite à de faux questionnements servant de base aux baragouins conjoncturels d’individus ou aux lamentations d’un groupe de sociétés sur une époque qui leur fait peur. L’Occident par la civilisation qui est aussi d’ailleurs le Nord par l’économie, ayant allumé partout dans le Sud et l’Orient, le feu des haines, doit l’affronter aujourd’hui où il l’a propulsé et d’où sa flamme dévorante et maléfique lui est retournée par effet boom rang dans l’ignition d’idéologies politiques ou religieuses exacerbées des victimes et déformés de la plus sale, la plus abjecte des entreprises jamais réparées et ininterrompues de l’histoire occidentale : la colonisation, cette arme de réification des alterhumanités (humanités non occidentales et non blanches). Ce n’est donc pas la religion dans son essence mais la raison crapuleuse de l’économisme colonialiste, néocolonialiste et impérialiste qu’il faut corriger en renonçant à ses propensions interventionnistes, ses hégémonies ethniques où la suprématie de l’homme blanc se retrouve encore en filigrane dans toutes les agressions de peuples et d’états périphériques ; et réparer dans ses conséquences désastreuses, son héritage invivable aux peuples victimes de l’interventionnisme obvie ou dissimulé et du mésusage occidental du religieux, fut-il de l’islamisme lorsqu’il lui est favorable. Ce religieux aujourd’hui utilisé par celui d’en face comme idéologie contre l’occident n’est en fait que la récupération des monstruosités rationnelles-religieuses de l’occident lui-même envoyant des jésuites et toute l’église catholique puis protestante à la plus grande opération de conquête économique, culturelle, militaire, religieuse qui soit dans l’histoire ; et dans bien des cas, conquête aboutissant à l’esclavagisation des alterhumanités. Nul n’est dupe ni amnésique pour oublier les mésalliances, les combines et concubinages idéologiques des puissances occidentales avec des groupes islamistes extrémistes comme au temps récent des moudjahidin en Afghanistan. Cet écrasement (infériorisation/utilisation) des alterhumanités qui se poursuit aujourd’hui sous des formes sordides, combien subreptices et abâtardies de l’ingérence via l’aide au « développement », la prétendue et fallacieuse promotion des droits de l’homme dans les pays de la périphérie, ne peut être tu dans l’évocation des violences religieuses qui endeuillent le monde. Du vieux rêve nietzschéen vulgairement antichrétien - mais toutefois paramystique, vu la foi de Nietzsche à l’Éternel Retour - de faire de l’homme un enfant (j’évoque ici le surhomme de Nietzsche qui naît de l’enfance de l’esprit décrit dans la troisième métamorphose de celui-ci dans le Zarathoustra) aux allégations de Sartre dans l’Être et le Néant pour qui la liberté implique la situation et la possibilité de fonder ou tout au moins de choisir les situations où la volonté de l’homme s’exprime « il n’y a de liberté qu’en situation et de situation que par la liberté » - le drame des limites frappe la liberté à la source car il n’y a pas d’homme sans affect ni de conscience vide, vierge ou sans engramme. Le rêve de libérer l’homme voulant la transformation de l’esprit en enfant par la pureté virginale de la conscience choisissante consacrant la souveraineté surhumaine et la mise à mort des valeurs établies - est donc chimère car l’Homme-enfant n’est guère un pur esprit qui se choisit ou qui manifesterait la volonté de puissance du surhomme auquel cette liberté autochoisissante tend. Doit-on aussi dire ici que Nietzsche avec son écrit sur « la paix courte » qui doit servir à « préparer d’autres guerres », son affirmation de la « guerre comme faisant plus de bien à l’humanité que la foi et la charité », se prête aussi bien aux intellos qu’aux monstres nationalistes s’emparant de lui à leur guise, un peu comme les herméneutes des écrits religieux. Sauf que Nietzsche, avec ses dires bellicistes, est ignoblement violent puisqu’il part de la guerre intérieure axiologique anti-éthique à la guerre extérieure contre les ennemis de l’avènement du surhomme, qui peut prendre toutes les formes. Naturellement, cet aspect du nietzschéisme devenu dogme chez notre génie athéologien est passé sciemment sous silence ! Quant à cette liberté audacieuse du surhumain, elle reste un dilemme, une problématique ontologique plurielle, une pure aporie, un irréalisme fantasque. Comment peut-il être possible d’effacer les traces qui déterminent autant l’homme biologique que l’homme psychique pour être un surhomme, c’est à dire libre enfin de ce que je conviens d’appeler du point de vue nietzschéen les « humâneries » morales, axiologiques de la culture sociale et religieuse ? Du génétique à l’écologique, de l’historique au social, que peut l’homme - programmé phylogénétiquement et ontogénétiquement pour la socialité et donc la culture avec ses limitations surmoïques de l’individu - à l’égard de cette virginité souhaitée comme gage de libération et tremplin vers la surhumanité qui enrayerait l’humanité limitatrice tant décriée par l’auteur d’Humain trop humain(2) ? En plus, il nous faut rejeter l’intégrisme qui est à la spiritualité ce qu’est le fidéisme à la foi comme ce que sont respectivement le scientisme et le rationalisme à la science et à la raison : leur ombre simiesque. Là où Stirner(3) voulait garder le vide le trône de Dieu, sire Onfray intronise le rationalisme onfrayen inexorable et supérieur. Nous disons non à la lubie imaginaire d’un philosophe comme Nietzsche, lubie de l’éternel retour et du surhomme qui excite Onfray, lequel refuse comme « arrière monde », la révélation sacrée pourtant de toute façon, moins fantaisiste. Car il est un filon de fantaisistes intellos qui croient pieusement aux hypothèses indémontrables de l’évolutionnisme comme à des conclusions démontrées excluant tout agent extérieur à la matière et qui veulent à tout prix que ce soit une science sans que cela n’ait rien à voir avec la méthode scientifique. Rien que des hypothèses pour la plupart indémontrables et non falsifiables. Mille recherches ou conjectures paléontologiques ne peuvent être des démonstrations ou des preuves scientifiques rendant nulle toute thèse spirituelle et de foi ! Pas plus que la mystique de l’éternel retour des anciens égyptiens adoptée comme une sorte de lubie religieuse sans dieu par Nietzsche, qui, à en croire Camus dans l’homme révolté, se disait le nihiliste le plus accompli d’Europe et définissait le nihiliste comme celui qui ne croit pas à ce qui est. Nietzsche n’est nullement nihiliste au regard des fondements même de sa pensée car ni le volontarisme ni l’éternel retour, socles de sa philosophie ne sont originaux. C’est juste un intellectuel brillant, effronté, excentrique qui se paie la tête de rouspéteurs intellos, révoltés romantiques se prêtant à toutes énormités dénigreuses de la foi vu leur penchant puéril à l’anomie. Lui qui voulait être une sorte de « christ » à l’envers, et a singé le Christ par un christianisme inversé en adoptant le style judéo-biblique et la discursivité aphoristique de Jésus ! Sachant que la posture de révolté insulteur, sorte de bretteur cosmique qu’est l’irréligieux invectivant l’Être suprême, plaît aux enfants mal grandis que sont la plupart des matamores épris de conspuation métaphysique athéologique, de violation des règles établies et de tuerie symbolique de l’autorité par manière d’Œdipe spirituel et d’anarchiste ontologique, Nietzsche s’en est accaparé à cor et à cri. Donc les ascendances logiques des prémisses de certaines « athéologies » - terme impropre à l’idée d’expression et de logos vu que cela implique, nous le redisons, sémantiquement le refus de parler de Dieu et l’extranéation de tout discours théologique - sont d’une part, carrément des actes de foi à des hypothèses non démontrées et dont les conclusions abusives se permettent de vagues extrêmes scientistes ; d’autre part, de la révolte enfantine qui sied aux œdipiens métaphysiques osant aller au bout de leur effronterie débile, leur impudence de polisson chahuteur, « meurtrier » m’as-tu vu du Père Céleste. Foi bien plus grossière que celle des fondamentalistes qu’on incrimine, celle des extrémistes religieux contre qui l’on récrimine ! Un véritable fidéisme irréligieux et philosophiste (c’est-à-dire relevant du philosophisme, cette attitude théorique aux excès prolixes de logique tronquée faits au nom de la philosophie) ! Pure philodoxie manipulatrice. Nietzsche, quant à lui, ne fut en rien athéologien mais un théologien négatif et aguerri qui voulait remplacer Dieu par le surhomme et s’instituer un christ laïc pour ses disciples. L’histrionisme athéologien de ce passionné de Nietzsche qu’est Onfray, étonne lorsque celui-ci prétend croit que le boniment ratiocinateur antidivin peut être au vingt et unième siècle une manière de spéculer sur la religion qu’il nie dans sa vérité intérieure propre. Vérité ni objectale ni objective mais atypique et mystique. L’aberration onfrayenne de l’athéologie grivoise est se proclamer destructeur de la religion qu’il croit démonter par le meurtre de la révélation, cette chose qui dépasse les ratiocinations d’intellos débiles en mal de visibilité ! Non à la violence létale de l’ « athéologie » grossière d’où qu’elle vienne, oui à la violence vitale du partage humain dans le respect et l’amitié. Mettons au ban les imprécations mignardes, pleurnicheuses et agressives sur la fatalité mortelle de cette existence de tous les Michel Onfray de la terre, qui - pour intellectualiser leurs peurs et leurs démons, leur hantise par l’absurde apparent de notre temporalité, cette blessure spéculaire des obsédés par la « finitude », obsédés catatoniquement figés devant le miroir du sensible avec leur reflet trop évident du tragique - miment en opportunistes et mégalomanes intellectuels, l’athéologie. Eux qui fustigent à tout coup férir la spiritualité et ses révélations qu’ils confondent avec légèreté à la religion sociale salie par l’idéologie et la quête de pouvoir. L’athéologie comme la superstition est un stade primitif et corrupteur de la raison. Elle feint arrogamment de comprendre là où l’esprit aurait dû questionner ou accepter d’être réservé devant l’intuition immanente du sens qui est en nous. Ériger ce qui est conjecture de la raison humaine collée au sensible, pure supposition intimiste autant que la Foi, en science supérieure affirmant savoir que tout intangible de l’univers n’existe et n’est qu’éblouissement par l’arrière-monde, est bêtement fantaisiste. Refuser prétentieusement ces « arrière monde » que seraient les Révélations, est une offense à la raison qui est source de sagesse, c’est-à-dire reconnaissance des limites non franchies voire infranchissables du savoir où l’homme, tout en tentant de se dépasser, se reconnaît non sachant. Dans ce monde qu’admirablement, Claude Tresmontant(4) désigne comme « épigénétique, évolutif et à information constante », il est un déni du sens que de s’acharner sur la mystique et le mystère de l’être au nom de la raison qui ne résout point la plupart des difficultés posées par l’univers voire l’être en général. Ne pas croire est une réponse comme une autre au fait d’être mais qu’il est minable et abominable d’en faire une grille de jugement dédaigneux contre ceux qui croient et ne font que manifester leur intuition et sentiment face à l’insistance du mystère ontologique ! On a le droit d’interroger les révélations mais ce ne saurait être jamais avec des prémisses de haine et d’irrespect dues aux adeptes fous de certains courants religieux dénaturés ou à l’apparente prégnance du néant au terme de la vie. De toute façon, nul ne peut affirmer ou infirmer l’étendue et les limites de la véracité d’une Révélation sans que ce soit par solipsisme et selon une herméneutique de la subjectivité. Pure interprétation intime ! Subjectivisme discursif, vrai à la seule échelle solipsiste voire intimiste du penseur concerné ! L’humanité doit atteindre l’âge où la vraie foi spirituelle bannira à jamais autant théodicées excentriques que ratiocinations et tintamarres « athéologiques », renvoyant aux cloaques de l’abjection, les imbécillités fidéistes comme les âneries athéologiennes pires que les patrologies médiévales rétrogrades. Toutes, en effet, puent l’imposture philosophiste et l’intégrisme intellectuel. Il faut que le nouvel âge d’Homme les dépasse par la maturité de l’Esprit - cette image de la Déité en la théophanie consciente, le mystère qu’est l’Homme - s’éveillant à sa noblesse originaire imaginale et intuitive.

1-Michel Onfray, auteur d’un ouvrage intitulé Traité d’Athéologie

2-Ouvrage de Nietzsche

3-Max Stirner, auteur de l’Unique et sa propriété.

4-Claude Tresmontant évoque ces idées dans son livre : Comment se pose aujourd’hui le problème de l’athéisme ?


 
 
 
Forum lié à cet article

6 commentaires
  • > Athéisme/Athéologie et Rationalisme contemporain. 30 mars 2008 00:33, par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

    Corrections :
    Lisez que nous dénonçons et non qui nous dénonçons

    Lisez prétend, croit et non prétend croit

  • > Athéisme/Athéologie et Rationalisme contemporain. 31 mars 2008 00:58, par Cristobal

    — - De l’existence logique de Dieu ---

    1. Spinoza :

    Il suffirait que les esprits étroits et les sophistes que sont les petits êtres ratiocinateurs, parmi lesquels on compte le bien besogneux et très fade sieur Onfray, il suffirait donc que ces faibles d’esprit lisent les premières pages de l’Ethique de Spinoza, pour découvrir et contempler combien logique et inéluctable, essentielle et immédiatement palpable, est la présence de Dieu, que je préfère appeler pour ma part Source Première.

    2. ADN :

    Par ailleurs, et pour démontrer combien peu scientifiques sont ces mêmes esprits besogneux qui se piquent de philosopher et de faire profession de littérateurs, et leur adjoignant le groupe assez vaste des scientifiques de profession qui prêchent et croient en les vertus guérissantes et bienfaisantes du "matérialisme scientifique", il suffit là aussi d’émettre une hypothèse :

    ..... et si l’ADN n’était pas le fruit du "hasard et de la nécessité"...... ?

    Nous serions alors amenés à poser l’existence de "créateurs", d’intelligences, de consciences créant cet ADN.

    Cette exploration et cette réflexion amèneraient, assez rapidement et aisément, à aborder les concepts et les mots clés que sont :

    — la multidimensionnalité.
    — la question centrale de la nature et de l’existence première, fondatrice et créatrice de la Conscience.
    — la notion de hiérarchies, d’entrelacement de différents plans de conscience et d’existence.
    — la question du Sens.
    — et celle alors de l’Origine.
    — celle enfin, logique et inéluctable, rejoignant ainsi la démonstration quasiment mathématique de Spinoza, de l’existence première et dernière de la Source Première.

    3. Religions :

    Quant aux religions, point n’est besoin d’être philosophe, même médiocre, pour se rappeler qu’elles sont créations humaines, avec leurs dérives d’abus de pouvoir, faisant d’elles toutes, par moments et aussi, des instruments de torture, de déni et de destruction de l’Autre, au nom toujours d’un seul et même et unique Dieu d’Amour.

    4. Conclusion :

    Quelques mots, quelques lignes pour poser, en termes simples, le point aveugle, le point aveuglant d’une évidence : en vérité, en vérité :)), nous sommes des êtres de lumière qui nous sommes oubliés nous-mêmes, le temps d’une incarnation.

    • > Athéisme/Athéologie et Rationalisme contemporain. 31 janvier 2010 14:46, par Crab2

      MONDE (du) ; et de l’envers du monde...
      .
      Prologue :
      " Lorsque les hommes commencèrent d’être nombreux sur la face de la terre et que des filles leur furent nées, les fils de Dieu trouvèrent que les filles des hommes leur convenaient et ils prirent pour femme toutes celles qu’il leur plut " (Genèse, 1.6).
      .
      Origines [des humains] sans femmes :
      C’est le chœur du patriarcat une région du monde est peuplée d’hommes et pour toute explication [biblique] Gaïa voit débarquer les fils de dieu, [des hommes], une cohorte sans une seule femme parmi eux. [rire]
      .
      Ces fils de Dieu " descendus " sur la terre " êtres vivants " du char de feu, semblable à un vaisseau spatial décrit par Ezéchiel.
      .
      L’Être supérieur :
      Vous n’en avez pas douté une seule seconde, c’est l’homme [le mâle] ; selon les auteurs du livre d’éventuels extra-terrestre ne pouvait-être que des individus supérieurs, donc des hommes. Cela se vérifie encore de nos jours. [rire]
      .
      Ange ; nom masculin :
      Parmi ces ’’fils de dieu’’ émerge les figures masculine, le Gabriel de l’annonciation, le même Gabriel de la dictée de Mahomet, parmi tous ceux d’autres épisodes.
      .
      Laissons ces enfantillages...
      Entendu Martine AUBRY, ce jour 31 12 2010, dire que ’’le P S ne perdrait pas son âme’’. Rire l’âme n’a pas de réalité psycho-physiologique, c’est une invention religieuse.
      En outre le P S n’est pas une personne, serait donc une sorte d’entité divine...[au sens religieux...] ou comme disent les spécialistes des phrases creuses, les cléricaux pour évoquer la foi ; ’’que sa propre rationalité est un sensualisme spirituel’’.
      .
      Comment ne pas rire à gorge déployé de constater que des gens qui ont la prétention de gouverner soit autant inféodés à une sorte de ’’ culture des lieux communs’’ qu’ils ont tellement intériorisée au point qu’ils en sont arrivés à méconnaître le sens des mots, voire leur langue maternelle.
      La foi pour ces bigots nouveaux n’est elle pas le champ de la certitude et de la conviction plutôt que de faire la preuve, démontrer avant de parler comme s’il s’agissait d’une évidence ni faire la différence entre les hypothèses de travail et une recherche objective dans le but [si possible] d’établir des faits vérifiables ?
      .
      Crab

  • > Athéisme/Athéologie et Rationalisme contemporain. 31 mars 2008 18:40, par Alain Ollivier

    Les cinq premières lignes de cet article sont tout à fait remarquables. L’idée (le concept) d’un « sensualisme spirituel » pour définir la foi est même proprement géniale. À en faire la recherche dans Google, on n’en trouve en effet - outre celle de Camille Loty Malebranche - que trois occurrences, toutes trois au sens trivial,"sensuel", du terme (au sens déja "onfrayien"), alors qu’il est manifeste que Camille Loty Malebranche parle ici de "sensualisme spirituel" au sens où, par exemple, on parle d’un sensualisme de Diderot, au sens épistémologique, donc, c’est à savoir pour désigner le mode d’appréhension, par le croyant, de l’objet de sa foi.
    S’il y a longtemps que, quant à moi, je parle de la (ma) foi comme d’un phénomène relevant de ce qu’il en est de la perception (ainsi peut-on comparer les incroyants à des infirmes, sourds ou aveugles),je n’avais pourtant jamais pensé à cette belle formule de "sensualisme spirituel", qui me vient comme bague au doigt ! Merci beaucoup !
    Alain Ollivier

  • > Athéisme/Athéologie et Rationalisme contemporain. 1er avril 2008 07:11, par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

    Merci à vous, Alain Ollivier. Votre profonde et spirituelle intervention enrichit mon texte, rejoint pleinement le sens de mon intervention.

    Merci également à Christobal, pour son pertinent propos sur une éventuelle création intelligente de l’ADN.

  • > Athéisme/Athéologie et Rationalisme contemporain. 2 avril 2008 23:39, par Michel-Ange Momplaisir

    LETTRE OUVERTE DE MICHEL-ANGE MOMPLAISIR
    AU PHILOSOPHE CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

    Mon cher Camille Loty,

    Ton texte, Athéisme/Athéologie et rationalisme contemporain, en réponse à Michel Onfray, auteur du Traité d’Athéologie, est d’une grande richesse et d’une densité élevée de pensée. Un tel écrit mérite la plus grande diffusion.

    Je me souviens que naguère, au temps où j’étais un potache, on se targuait d’être athée pour mettre en relief son intelligence. On se mettait en tête qu’on pouvait répondre à toutes les interrogations de l’homme par la seule force de la raison, souveraine et illimitée. Et, comme on n’était pas capable de démontrer Dieu, more geometrico, on le laissait au compte des gens pauvres d’esprit, comme les bigots et les sacristains.

    Pourtant, l’un des plus remarquables penseurs de tous les temps, Aristote, s’est avisé de rechercher les premières causes et les premiers principes, peri ta prôta aitia kai tas archas. Dans le Livre Alpha de sa Métaphysique, sous la « dénomination de la sagesse », il conclut que « Dieu est une cause de toute chose et un principe premier. » Le philosophe analytique Alfred North Whitehead en fera « le principe de la concrétion, duquel toute concrétisation temporelle reçoit son but initial. »

    Dans le Livre Epsilon de sa Métaphysique Aristote déclare que « la theologikè sera la plus haute des sciences théorétiques. » Le mot théologie apparaît ainsi pour la première fois. « Si le divin est présent quelque part, il est présent dans cette nature immobile et séparée, et la science la plus haute (la theologikè) doit avoir pour objet le genre le plus élevé », précise le Stagirite, toujours dans Métaphysique Epsilon.

    Bien entendu, on a la liberté d’être athéologique, comme on l’a d’être antiscientifique.

    Certes, Martin Heidegger, dans Sein und Zeit (Être et Temps), refuse l’onto-théologie dans sa quête de l’« il y a », c’est-à-dire de l’être, cet être mis au rancart, selon lui, dans le discours philosophique. Mais de là, se dire athéologique, nullement.

    Voire, dans une conférence faite sur l’invitation de Cercle de Théologie de Tübingen, le 9 juillet 1927, Heidegger ne manque pas de souligner que « la Philosophie et la Théologie expriment la tension et le combat entre deux conceptions du monde. Ce rapport n’est pas décidé par une argumentation scientifique, mais par la manière, l’ampleur et la vigueur de la conviction et de l’annonce propre à la conception du monde. »

    Heidegger parle de la positivité de la Théologie, de sa scientificité, et du rapport possible qu’elle entretient avec la Philosophie. Quelle ouverture d’esprit chez le Maître de Friboug, qui n’est guère un théologien. Je le suis encore moins.

    Il me semble que Michel Onfray refuse catégoriquement de comprendre que la foi (en Dieu) est un agrément de l’intelligence ; fides quaerens intellectum (la foi en quête de l’intelligence), telle est la devise d’Anselme de Canterbury.

    Seul le rejet de Dieu signe pour Michel Onfray un esprit fort. Aussi, suis-je entièrement d’accord avec toi, cher CLM, quand tu écris que « ne pas croire est une réponse comme une autre au fait d’être. »

    Notre réplique, cher Loty, à l’« il y a » heideggérien est celle de la foi. Voilà notre Ereignis, mot qui signifie événement dans la langue de Heidegger. En ce qui nous concerne, c’est l’homme qui a besoin de l’Être pour être étant. Si l’Ereignis de Michel Onfray diffère du notre, tant mieux !

    Dans Espérer croire Gianni Vattimo, philosophe de la postmodernité déclare : « Il n’y a plus aujourd’hui de raisons philosophiques plausibles et fortes d’être athée. » J’ai choisi librement de croire.

    Quoiqu’il en soit, je respecte personnellement les athées et les antithéologiens. Mais, je tiens absolument à ce qu’ils me rendent la réciprocité, à toi aussi, cher CLM.

    Or, tel ne semble pas le cas de Michel Onfray. Sous le masque de Nietzsche, il parle d’éblouissement par l’arrière monde, en s’adressant à ceux qui croient en la Révélation. Si la raison pouvait à elle seule juger d’une Révélation, elle n’en serait plus une. Toute Révélation est une affaire de foi, bien entendu avec le concours du cœur et de l’intelligence.

    La Révélation appartient à l’ordre du mystère, un sine qua non de toute forme de religion. « Le nœud de notre condition prend ses replis et ses tours dans cet abîme ; de sorte que l’homme est plus inconcevable sans ce mystère que ce mystère n’est inconcevable à l’homme », dit Pascal.

    Quant à Nietzsche, référence de Michel Onfray, j’avoue que son style m’a toujours fasciné. En effet, la philosophie de l’auteur d’Ainsi parlait Zarathoustra en est une d’un artiste dont l’évangile proclame la Mort de Dieu. Seul un artiste peut mettre en scène un Insensé courant sur une place publique en criant : « Je cherche Dieu. Où est allé Dieu ? Je vais vous le dire. Nous l’avons tué ! » C’est ce qu’on lit au paragraphe 125 du Gai savoir que Nietzsche fit paraître en 1882. Artiste, il faut vraiment l’être pour aspirer à l’infini et à l’éternel retour sur les berges enchantées du lac de Silvaplana. Un artiste qui vole haut, comme l’alcyon sur un l’immense océan, mais qui s’y précipite soudain.

    Signant à la fin de sa vie Le Crucifié, le plus grand mérite de Nietzsche fut d’avoir réussi à se positionner comme un fou génial dans l’école de son Maître, le brave Arthur Schopenhauer. Un Maître, tenez-vous bien, qui n’arrivait pas à dormir sans un pistolet sous son oreiller !

    Je te renouvelle, cher Camille Loty, ma sincere amitié.

    Michel-Ange Momplaisir,
    Brossard (Québec), Canada,
    Le 30 mars 2008.

 
 
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