Mugabe, le Zimbabwe, et l’espoir.

Ce joli pays s’appelait la Rhodésie du Sud (prononcez maintenant Zimbabwe). Avec 100000 % d’inflation, 80% de la population sans emploi, 5 millions d’habitants soit 46% de la population qui meurt littéralement de faim et un ex-libérateur devenu dictateur, ce pays aspire à un avenir nouveau. Ce sera peut-être bientôt possible si, à l’âge de 84 ans, le tyran qui gouverne depuis 28 ans cède la place.

Robert Mugabe, professeur formé à Londres et en Afrique du Sud entrait en politique dans le milieu des années soixante. Arrêté par le gouvernement minoritaire blanc, il passa 10 ans derrière les barreaux et, libéré, forma depuis le Mozambique un parti militant et mènera une guérilla qui lui permit de devenir en 1980 le Premier Ministre du Zimbabwe. Son aura de libérateur anticolonialiste lui conféra alors une notoriété en Afrique. Deux ans plus tard, son armée massacrait 20000 civils de l’ethnie Ndebele dans le Matabeleland. En 1987 il abolit le poste de Premier Ministre et s’auto proclama Président. Il sera réélu à trois reprises, dont la dernière fois en 2002, grâce à l’intimidation systématique et des fraudes électorales massives.

Tortures à grande échelle et viols ont marqué le règne autoritaire de Mugabe. La communauté internationale verrait d’un bon œil son éviction et le pays pourrait enfin envisager un avenir plus radieux. Les récentes élections ont vu la défaite du parti de Mugabe avec 93 sièges au parlement, face aux 105 sièges du parti d’opposition, le Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC), dirigé par un jeune de 56 ans, Morgan Tsvangirai. La commission électorale nommée par le perdant n’a pas encore approuvé le résultat des élections et appelle à un second vote possible. Mugabe s’accroche encore au fauteuil. Aux dernières nouvelles sa police arrête les journalistes étrangers...

Mugabe n’aime pas qu’on le compare à un autre libérateur Africain, Nelson Mandela qui, lui, n’est pas devenu dictateur et a développé l’Afrique du Sud pendant que son voisin Mugabe détruisait le Zimbabwe. Au cours des dernières années, Mugabe a évité les sanctions occidentales en obtenant le support de la Chine. Il serait temps de le forcer à admettre sa défaite et de proposer à Son Excellence Robert Mugabe de errer, déchu, comme d’autres dictateurs avant lui et même d’être jugé par un tribunal international.

Souhaitons au Zimbabwe de sortir du merdier dans lequel Mugabe l’a mis depuis 28 ans et souhaitons à Mugabe de se faire botter le cul comme il l’a mérité au moins 20000 fois.

Ashoka


 
 
 
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1 commentaire
  • > Mugabe, le Zimbabwe, et l’espoir. 6 avril 2008 23:20, par Le Rouget

    Ah, la Rhodésie, Ian Smith dont j’entendais des bribes d’informations à la radio, sans rien comprendre quand j’étais gamin. Les vilains Anglais, les richesses minières, la fertilité de la Terre...Autant d’échos "d’Out of Africa".

    Mais que serait devenu ce pays sans l’intervention de Cecil Rodhes ? Combien de km de routes, de voies de chemin de fer, de mairies, de postes "office"...Ou de ports, de barrages auraient été construits... Comme en Afrique du Nord.
    Et qui les auraient financés, certes en contre partie de matières premières bien bon marchées ! .Ou de trafics comme avec les Piastres indochinoises.

    Fallait-il faire comme De Gaulle avec Sékou Touré à Konakri ? Allez voir ce qu’est devenu le pays. Ils envient les pauvres Algériens ! Mais se saoulent à la bière locale le vendredi parce que ce n’est pas de l’alcool que le Coran interdit !

    Ou le Zaire, propriété personnelle du roi de Belgique, complètement abandonné par les Belges, du jour au lendemain, qui avaient prit soin de ne former aucun cadres autochtones. Abandonnant le pays dans le chaos, sans administration et laissant disparaître Patrice Lubumba près des mines d’or et de diamants du Katanga.

    Les responsabilités occidentales de ces situations sont patentes ! Nous en avons tous profité !

    Mais quel est le pays Africain qui s’est développé tout seul sans l’aide du FMI ou Banque Mondiale ou d’un état tiers ? Le Kénya ? Le Nigéria ?

    Je suis pessimiste quant au devenir de l’Afrique, autant que les émigrés qui risquent tous les jours leur vie pour relier les Canaries ou Lampéduza.

    Quand elle aura atteint un certain bas niveau de population déchirée entre guerres, famines organisées, pandémies... Elle retombera dans les mains des occidentaux les plus forts... Si ce n’est pas déjà commencé.

    Pour devenir l’Avenir du monde !

    Le Rouget de l’île.

 
 
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