Contre l’angélisme mystificateur des États-Unis et de leurs alliés.

Le Tibet entre rapace et vautour.

Le nationalisme de petits états, lorsque ce nationalisme est soutenu par des puissances impérialistes, a toutes les chances de déboucher sur la dénaturation de leurs luttes d’émancipation récupérée par des intérêts de grands états soi disant amis. Aujourd’hui, alors que les grandes orgues de défense des droits des peuples, entonnent en occident, leur refrain « démocratique » au nom du Tibet, il nous faut regarder de près les possibles de sorts qui puissent être réservés à l’entité tibétaine. Les deux bonnes questions qui se relayent aisément - puisqu’il s’agit ici avant tout de moralité et de non violence - sont : Quel est le destin d’une indépendance tibétaine sous l’influence des puissances occidentales menées par les Usa ? À partir de cette première question, l’autre qui suit : peut-il y avoir une issue « humaine », « souveraine » pour un Tibet soi-disant indépendant de cette manière ?

Le fait est que nous sommes dans une occurrence où une population vivant sur ses vastes terres incluses dans le territoire d’une puissance mondiale, revendique légitimement sa spécificité ethnique comme étendard de souveraineté étatico-nationale. Le Tibet qui, par la voix du Dalaï Lama, se plaint de génocide culturel, autrement dit, pour reprendre le concept cher à Pierre Clastres, d’ethnocide ( car le génocide tout court est autre chose), ne peut nullement compter - pour devenir vraiment souverain - sur des « amis » occidentaux opportunistes qui ont eux-mêmes bâti sur les ethnocides et les génocides les plus criminels, leur prépondérance mondiale de puissances économiques et politiques. Partout où la fringale tératogène de puissance et la prégnance du marché s’emparent de la politique d’états pris de la rage de dominer et de devenir empire, c’est le crime hégémonique de toutes sortes et le bellicisme qui surgissent dans la pureté de l’idéal d’équité interétatique et maculent l’humanité des rapports internationaux. Cela, les empires de tous les temps l’ont toujours manifesté comme une constante de l’histoire. Par ailleurs, la volonté de créer des états satellites au cœur des espaces géopolitiques échappant à leurs girons, est aussi une appétence naturelle extratemporelle - vu son ubiquité historique - des puissances économiques et politiques. Nous comprenons alors les menées occidentales au Kosovo, en Biélorussie, en Ukraine... Scissions encouragées précisément par de grands états rivaux de telle puissance constituant un autre pôle d’influence et création d’entités étatiques indépendantes mais immédiatement menacées d’être transformées en tête de pont au cœur des géopolitiques soumises à ces autres pôles politiques, idéologiques et économiques. Pour en profiter et éviter d’être le jouet de leurs dits « amis », il faut que les nouveaux états ainsi créés aient assez de latitude pour vraiment se faire forts vis-à-vis de l’entité étatique « ennemie, phagocytante » qui les dominait. Mais franchement, dans le cas du Tibet, à moins d’être totalement débile, nul ne peut croire que la Chine, puissante comme elle l’est aujourd’hui, puisse accepter une telle écharde occidentale en son sein. C’est donc un statut spécial onusien d’autonomie, proclamant explicitement la théocratie tibétaine civilisation unique et spécifique à respecter, qu’il faille établir. Statut que la Chine s’engagerait à ne jamais violer tout en gardant le contrôle du territoire tibétain et la politique extérieure du Tibet.

Maintenant au-delà du bavardage occidental sur les droits de l’homme en Chine, il s’agit oui ou non de savoir si dans la conscience d’un monde (l’occident) qui se dit humain, l’homme est vraiment plus important que l’économie. Marx nous a bien dit que dans leur accumulation primitive du capital, les pays font tout sans la moindre retenue pour devenir des puissances économiques. Les pays occidentaux par la culture qui sont aussi le nord économique aujourd’hui : l’Angleterre, la France, Les États-Unis et leurs alliés sont devant leur éternel mensonge par lequel ils se mythifient autant qu’ils mystifient l’opinion des sots savants et sots naïfs, celui de feindre l’humanisme alors qu’en fait, ils sont chiens avides, âpres à toutes les curées. Eux qui ont pillé et pillent encore le monde, tout en accusant et infériorisant leurs victimes, réduisant des peuples entiers à l’avanie de la misère, ils reconnaissent en la Chine, quoique leur rivale, les voies et méthodes nébuleuses et immondes qui leur ont servi à dominer le monde. Encore que la Chine, jamais ne commettra les crimes abominables - dont les conséquences sont bien présentes, que les européens ont infligés au reste de la planète - notamment en Afrique et en Amérique ! Pis encore, les occidentaux constatant que leurs compagnies multinationales font des affaires mirobolantes, gagnent la part du lion dans le plus immense espace commercial et de consommateurs de la planète qu’est l’empire chinois, ils craignent les sanctions économiques de la Chine qui pourrait refuser d’acheter chez Boeing ou Airbus, résilier les contrats du nucléaire avec la France, refuser que ses ressortissants boivent du coca-cola ou mangent du mac Donald. Comme d’habitude, par des voies de prostitution et de proxénétisme, les occidentaux braillent en évoquant les droits de l’homme qu’ils proclament mais ne servent en idolâtres infâmes que leur seul dieu qui soit : l’argent !

Comme au 18ème siècle, alors que la France parlait de droits de l’homme et organisait l’esclavagisme aux Antilles, aujourd’hui par cohérence avec leur intérêt économique, les pays du nord ne se gênent guère d’être incohérents dans leur politique des droits de l’homme ! Ne nous attendons pas à une amélioration des politiques car tant que ce sera la violence de l’économisme « financiariste » - c’est-à-dire le règne de la spéculation des bourses financières de l’économie virtuelle - qui mène ce monde ; tant que ce sera l’hégémonie idéologico-politique qui prime, il sera vain d’y chercher quelques lueurs humaines à l’échelle des choix des états. Et puis, l’occident si volubile, lui-même ne fait que masquer ses propres violations internes des droits de la personne en jouant à l’angélisme idéologique, quand je considère que les amérindiens des Etats-Unis comme du Canada, eux qui furent les ethnocidés les plus visibles de l’histoire, vivent dans des territoires comparables à des réserves ! Et que dire du sort des masses noires étasuniennes révélé par l’ouragan Katrina ? Que penser du statut des noirs dans une province canadienne comme le Québec, grand prôneur des droits de la personne, où un gnome idiot, frustré par ses infirmités, nommé doc Mailloux, véritable microbe anthropomorphe, avec des airs de rognure ambulante, brait et se défoule - ad nauseam sur les ondes de Radio-Canada, de canal D et d’autres médias lui prêtant volontiers audience - aux dépens des mélanodermes qu’il traite ouvertement d’inférieurs. Ses chienneries, ses vomissures émoustillent une bonne frange de la société québécoise raciste inavouée qui s’en délecte crapuleusement comme par coprophagie avec l’appui d’une horde de fretins balourds de la presse, bien payés pour assouvir le ressentiment des prétentieux grivois et des repus bouffis en acculant les non blancs mal intégrés dans la société !

Choix délicat entre hégémonies

Entre le rapace chinois qui tient, par contiguïté territoriale et logistique, le Tibet dans ses serres et le vautour étasunien dont le bellicisme néocolonialiste sans égal dans l’histoire par son interventionnisme (plus de 300 interventions dans des pays indépendants) en Amérique latine pendant tout le vingtième siècle, vautour étasunien si haineux du Cuba de Fidel Castro, le seul état indépendant des Amériques face aux Etats-Unis qui attendent de refondre sur lui, le Tibet doit trouver la meilleure formule pour ne pas se tromper d’alliés. Par souci de la neutralité tibétaine, je dis Oui à un Tibet libre de l’ethnocide chinois mais non à tout Tibet satellite géopolitique des Etats-Unis si violents en toute chose. Car ce serait une nique à la non violence du Dalaï Lama, un « génocide politique et éthique » de la théocratie tibétaine non violente. Nous devons ici rappeler que le pire système qui soit au monde parce que menaçant d’imploser ou d’exploser la planète, je cite le capitalisme extrême avec son mode de consommation et de besoins sans limites des individus, a été imposé par les Etats-Unis à travers leurs propagandes dénigreuses de tout ce qui prône d’autres valeurs aux humains et qui, ainsi, tentait de freiner leur carnassière avidité face aux ressources de la planète. Quand un pays se permet de monopoliser et de gaspiller à lui seul près de 40% des richesses planétaires au point que si tous les peuples se lançaient à son imitation, il faudrait au moins une dizaine d’autres planètes Terre pour répondre aux « besoins » de l’humanité, l’on comprend que c’est seulement par flagornerie affairiste sordide que ses alliés le soutiennent, au moment où ils parlent d’environnement et de développement durable... L’on mesure aussi l’indécence d’un tel pays qui menace constamment la planète d’écroulement, de s’ériger en moralisateur. À vrai dire, l’establishment étasunien qui contrôle l’industrie du cinéma hollywoodien le dit si franchement de lui-même, par un rare élan d’introspection, en reprenant dans le premier épisode du film la Matrice à son compte, ce que bien des moralistes ont dit avant lui : l’homme est le virus de la terre. Je corrigerai cet énoncé par : le consommateur compulsif et sans limites, est le sida de la terre ! Entendez ici ces êtres consommateurs du nord sans conscience humaine qui, bêtement, comme virus affamés phagédéniques, dévorent la planète sans état d’âme pour assouvir leurs plus bas instincts selon une idéologie de conquête de l’être par l’avoir et le paraître que confère la consommation telle que prônée par les Etats-Unis et leurs alliés.

Nous devons donc nous rappeler sans négliger de voir les horreurs du système chinois, l’abomination antihumaine du système étasunien et occidental qui a imposé ce mode infâme comme seule manière d’être « démocratique » dans la construction d’état et d’empire. Dans la chaîne de corruption, le corrupteur sera toujours le premier et le pire coupable à cibler, bien avant ses corrompus !

Que donc les Usa et leurs alliés, si vils, si suivistes, tant qu’ils n’auront enlevé leur poutre aux yeux nous foutent la paix avec leur angélisme accusateur et moralisateur ! Eux qui ne prêchent d’exemple que l’horreur de l’écrasement de l’homme par l’homme pour la consommation, le luxe et la luxure débridée de ceux qu’ils osent appeler leurs élites !

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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2 commentaires
  • Les Chinois ont bonne mémoire et n’ont pas oublié l’occupation et le comportement des Occidentaux il y a un siècle...

    Avant leur arrivée au Tibet, c’est l’esclavagisme le plus primitif qui y régnait. Même le Maoisme valait mieux.

    Le Dalaï-Lama, fonction d’un autre temps, rende sa médaille aux Ricains, reviennent sur ses éloges adressés au fils d’un certain Prescot et demandent à ses frères, qui gèrent son argent, de le rendre aux sociétés paravents de la CIA et autres organimes. Mieux, qui le donnent aux pauvres...

    Et pendant qu’il y est, qu’il dénonce le marchandage de son hébergement en Inde contre secrets nucléaires américains...

    Quant aux libéraux occidentaux, qu’ils cessent de s’enrichir comme jamais en faisant des profits comme jamais sur le dos des ouvriers chinois exploités et des petits salariés de l’Ouest...

    • > Le Tibet entre rapace et vautour. 10 novembre 2010 14:44, par TZ

      Non, ce n’est pas l’esclavage le plus primitif qui y régnait, mais le servage, et encore, uniquement dans certaines régions.

      Votre propos est totalement incohérent : est-ce que les tibétains ont demandé la libération de leur pays ? Non. Ont-ils sauté de joie à la "libération" ? Non. Sont-ils contents d’êtres intégrés (voir digérés) à la Chine ? Non. Alors, pour quelle raison défendre le régime barbare de Pékin ?

      2 possibilités de réponse : un anti-cléricalisme primaire, si à la mode parmi l’extrême gauche, qui semble avoir pourtant oublié les racines chrétiennes de ses valeurs. Ou alors, un ravissement béat devant le "miracle économique chinois". Voire un peu des deux.

      Sinon, pour connaître l’avis des tibétains, rien de mieux que d’aller sur place leur demander. Trahir leur histoire par des références bibliographiques orientées politiquement est un énième coup de poignard dans le dos de ce peuple si jovial, aimable et respectueux.

 
 
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