La micro-réforme adoptée par le FMI n’est que de la poudre aux yeux...

Communiqué de presse - 29 avril 2008 :

Pour le CADTM, la micro-réforme adoptée par le FMI n’est que de la poudre aux yeux et ce sont les fondements mêmes du FMI qu’il faut revoir

Les pays membres du FMI viennent d’adopter une réforme que son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, a voulu considérer comme « le début de la nouvelle légitimité du Fonds ». Or il n’en est rien. Que contient cette prétendue réforme ?

1. Une nouvelle répartition des droits de vote qui réduit la part des pays riches de 2,7% seulement, les pays du Nord conservant près de 58% des voix, ce qui leur permettra à l’avenir, comme c’était le cas par le passé, d’imposer sans difficulté leurs vues aux pays pauvres. Le droit de veto de fait des seuls Etats-Unis, qui possèdent une minorité de blocage puisque les décisions importantes nécessitent 85% des voix alors qu’ils en détiennent plus de 16% à eux seuls, demeure. Le FMI était une institution profondément antidémocratique et il va évidemment le rester.

Les pays qui profiteront de ces quelques miettes sont des pays émergents comme la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, le Brésil et le Mexique. Mais les pays les moins avancés n’obtiennent aucune réévaluation de leur poids au sein de cette institution mondialement connue pour avoir imposé de sinistres programmes d’ajustement structurel depuis les années 1980. Ces programmes se sont traduits, partout où ils ont été appliqués à la lettre, par une augmentation de la pauvreté et un accroissement des inégalités.

2. La vente de 400 tonnes d’or sur les 3 200 détenues par le FMI va permettre de renflouer les caisses. Cette vente est rendue nécessaire par le fait que nombre de pays en développement refusent le soutien du FMI et souvent cherchent à le rembourser par anticipation pour se débarrasser de sa tutelle très encombrante.

3. La suppression de 380 emplois était attendue pour faire face au déficit important connu par le FMI en 2007, et encore plus important prévu pour 2008.

Pour le CADTM, cette micro-réforme ne règle rien car elle ne s’attaque pas au problème fondamental que rencontre le FMI : celui de la logique même qu’il impose avec brutalité aux peuples du tiers-monde depuis des décennies. Tant que le FMI continuera à promouvoir un modèle économique structurellement générateur de pauvreté, de corruption et de dette, les dégâts qu’il provoquera dans le monde entier se poursuivront de plus belle. La crise de légitimité du FMI n’est donc absolument pas réglée, loin de là.

Pour sa part, le CADTM revendique l’annulation totale et immédiate de la dette extérieure publique des pays du Sud, l’abandon des politiques d’ajustement structurel, l’abolition du FMI et de la Banque mondiale et leur remplacement par des institutions réellement démocratiques, soucieuses de l’intérêt des populations du Sud et centrées sur la garantie des droits humains fondamentaux, aujourd’hui bafoués.

Contacts :
Damien Millet, porte-parole du CADTM France, france@cadtm.org , 00 33 6 60 54 27 13
Eric Toussaint, président du CADTM Belgique, international@cadtm.org , 00 32 486 74 47 52
Juan Tortosa, porte-parole du CADTM Suisse, suisse@cadtm.org , 00 41 22 733 40 83


 
 
 
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