Des maladies bien fructueuses

Nous publions ce cri du cœur qui au départ n’était pas destiné à devenir un article. mais au vu de sa pertinence et après accord avec son auteur nous vous le livrons tel quel.

Bonjour , je suis Martine Marchand, médecin généraliste J’aime bien votre site, et votre article m’a ravie, tant, à l’époque de mon non-conventionnement, époque ou je décidai que si je voulais continuer à exercer, il fallait que je me "débarrasse" des emprises de la Sécurité Sociale et de toutes les entreprises parasites qui gravitent autour. Un médecin conventionné doit obéir sous peine de sanctions.

Ce genre d’article me rassure ; on n’en lit pas beaucoup, mais non, je ne suis pas parano, ou si je le suis, apparemment, je ne suis plus seule.

Alors oui, on invente, soutenu par le discours sécu, des maladies bien fructueuses car on invente alors des traitements bien rentables, à défaut d’être efficaces, quand ils ne sont pas dangereux. pour ma part, par exemple, je n’ai jamais vu d’Alzheimer amélioré par la pharmacopée actuellement quasiment imposée et prescrit larga manu par les hospitaliers. la seule thérapeutique actuelle, à mon sens, c’est l’attention et l’affection, encore faut-il que les familles aient les moyens de cette attention. J’ai connu l’époque où ne pas se traiter contre la ménopause, qui n’a pourtant rien d’une maladie, était quasiment suspect d’une citoyenneté défaillante ; et être un médecin peu convaincu par le bien fondé de la prescription du TSH (traitement substitutif hormonal de la ménopause) vous classait quasiment dans les "inconsciets de la médecine"

Dans le même ordre de réflexions, que faut-il penser du vaccin contre le cancer du col
- alors même que nous n’avons pas accès à des études fiables ( comment se fier aux laboratoires quand on sait qu’ils mentent - exemple du vioxx, exemple tout récent des héparines utilisées dans le traitement des phlébites ?)
- alors même que l’état nous refait le coup du vaccin contre l’hépatite B, à savoir "nous ne le recommandons pas officiellement dans les écoles, mais vous "devez" le prescrire" ! Pas fou l’état : les bénéfices pour les copains, les risques pour tous les autres !
- et quand vous vous apercevez que toutes vos jeunes patintes sortent des consultations spécialisées, sortent de l’hopital avec leur prescription du vaccin "en bonne et due forme" !

La liste serait longue.

Tiens, ce qui est marrant, c’est qu’en écoutant tous leurs beaux discours sur la bonne santé, et comment la garder, on peut à présent avoir une bonne idée de ce qui marche dans notre belle économie : je ne miserai pas un kopeck sur le marché du sel, rien qu’à écouter combien il est devenu dangereux de saler ses pâtes ; par contre, le téléphone portable est porteur, on se garde bien de nous en vanter les dangers !

Je vais vous confier un secret bien précieux qui, vu l’état de la bourse frise le délit d’initié : si vous avez de l’argent à placer (je n’en ai pas, hors convention, compte tenu que la sécu refuse de rembourser mes actes et que je ne travaille ni à Nice, ni à Cannes, ni à la Baule, ni dans le XVIé) je vais vous donner un tuyau : l’or, c’est ringuard, essayez le travoprost. je ne sais pas s’il est côté en bourse, mais il est bien côté par la sécu ; le travoprost est le principe actif du travatan, collyre commercialisé par le laboratoire Alcon, spécialisé dans les traitements de ceux qu’i n’ont pas le nez creux, mais la vue courte. Je m’explique : compte-tenu que le flacon fait 2,5 ml, rempli d’huile de ricin contenant 100 ug de travoprost, 200 000 euro le gramme  ? je ne suis pas très bonne en calcul, mais même si j’ai faiy une erreur d’un ou deux zéro, pas possible, ils le fabriquent sur la lune et nous font payer le prix du fuel ! Vous pouvez aussi calculer le prix du collyre en litre (8000 euro ?), mais là, ce sera encombrant et pas pur (huile de ricin hydrogénée polyoxyéthylénée 40 (HCO-40), trométamol, édétate disodique, acide borique (E 284), mannitol (E 421), hydroxyde de sodium et/ou acide chlorhydrique, eau purifiée. Conservateur : chlorure de benzalkonium) vous risquez des problèmes à la douane !

En tout cas, vous lire est réconfortant ; encore une fois, il y a 5 ans, quand j’ai décidé mon non-conventionnement, je me demandais si je n’étais pas parano, vous me rassurez. Et bienvenus à tous les fous d’indépendance et de liberté intellectuelle .

Merci à vous, je ne passe pas ce message sur le site, je ne sais s’il est "acceptable" pour vous

Dr Martine Marchand
généraliste non conventionné en Loire-Atlantique


 
 
 
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1 commentaire
  • > Des maladies bien fructueuses 22 mai 2008 00:05, par Rachid ZANI

    et c’est rien de le dire ,docteur.
    Ca a du bon parfois d’être "parano",on finit par vous écouter.
    la santé est un fond de commerce qui trouve sa place dans une économie de marché dans laquelle gravitent des spéculateurs qui tueraient"père et mère" si l’"éthique" venait à les priver de cette manne.
    Pensez donc,docteur,hier :
    on se soignait pour guérir, aujourd’hui on se soigne pour tester et qui sait demain
    on se soignera pour....mourir.

 
 
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