Lettre des FARC à Daniel ORTEGA

Les Forces armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) ont déclaré au président du Nicaragua, Daniel Ortega, leur désir de se réunir personnellement avec lui, ou avec un de ses représentants pour parler « de la guerre et de la paix en Colombie ».

Par une missive datée du 26 juin de 2008, la guerrilla des FARC remercie le président du Nicaragua « dans des moments si difficiles pour nous en tant qu¹organisation comme les assassinats de Raoul et Ivan Rios, et la mort de notre Commandant en chef, Manuel Marulanda Vélez ».

Voici le texte intégral de la lettre, publié 16 juillet 2008 Amérique latine. Traduction de Danielle Bleitrach pour socio13.wordpresse.com

le 26 juin 2008

Comandante
DANIEL ORTEGA
Presidente de Nicaragua
Managua

« Je suis le fils de Bolivar »
Augusto Cesar Sandino

Depuis ces montagnes où nous luttons pour la Nouvelle Colombie, la Grande Patrie et le socialisme, notre salut fraternel et l¹embrassade de milliers de guerrilleros des FARC, à l¹image de l¹enlacement éternel de Bolivar et Sandino. Nous portons avec force ce sentiment au militantisme révolutionnaire du Front sandiniste de Libération National et au peuple héroïque du Commandant Carlos Fonseca Amador.

Merci pour votre solidarité inébranlable.

Dans ces temps dans lesquels il se prétend releguer sur un plan de peu d¹importance ce principe distinctif des révolutionnaires nous avons senti avec force votre proximité et la voix de votre appui. Merci Commandant Daniel pour votre camaraderie dans ces moments si difficiles pour notre organisation où il y a eu les assassinats de Raúl et de Iván Ríos, et la mort de notre Commandant en chef Manuel Marulanda Vélez, devant lequel nous avons juré de vaincre et nous vaincrons.

« Très courageuse décision que celle qui a été la votre d¹accorder l¹asile politique aux guerilleras Susana y Diana, survivantes de l¹attaque perfide menée de Bogotá et de Washington sur le campement momentané de Raúl, quand l¹hypocrite politique antiterroriste de l¹empire tente de faire chanter la dignité des gouvernements indépendants et de sataniser la lutte des peuples. »

Notre action armée est soutenue par le droit universel et pleinement justifiée comme réponse légitime à la violence de l¹Etat Le Libertador Simón Bolívar nous a appris que « l¹insurrection se proclame avec l¹esprit de paix, elle est résistance au despotisme parce que celui-ci détruit la paix, et elle n¹a pris les armes que pour obliger ses ennemis à la paix ». et aussi il nous a dit que même même si les conséquences de la résistance au pouvoir sont graves, il n¹est pas moins certain qu¹un droit inaliénable existe dans la nature de l¹homme social, celui qui légitime l¹insurrection ³.

*

Ils le savent bien nos frères sandinistes qui ont affronté la barbarie de Somoza, que nous les révolutionnaires nous ne choisissons pas les formes de lutte que celle-ci est imposée par l¹ennemi. L¹Etat colombien est le fils Santander, le faux héros nationale qui s¹est entendu avec le Secrétariat des Etats-Unis, a tué Bolivar et détruit son projet de créeation dans cet hémispère d¹une grande nation de Républiques. De Santander descend l¹actuel régime des oligarchies qui a massacré plus de 1500 travailleurs des plantations de bananes en 1928 en défense des intérêts économiques de la United Fruit Company. Cette oligarchie libérale conservatrice a déclenché dans la décade des années 50 la violence partidista a dévasté les champs et les villes en produisant la mort de 300.000 Colombiens, anéanti toute une génération de révolutionnaires rayant de la carte l¹Union Patriotique, mouvement politique alternatif duquel furent assassinés autour de 5000 de ses dirigeants et militants dans les années 80, a attaqué systématiquement les dirigeants syndicaux et populaires, et a adopté le paramilitarisme comme stratégie contre-révolutionnaire de l¹Etat executant d¹effrayants massacres de citadins et provocant au moyen de la terreu le déplacement forcé de plus de 4 millions de Colombiens.

Les FARC sont nés de l¹attaque militaire à Marquetalia en 1964 ils sont une réponse populaire légitime à toutes les violences de l¹Etat. Tandis que se perpétuent les causes politiques, économiques et sociales qui l¹ont générée, la lutte armée sera de rigueur. Nous prendrons les armes pour la paix avec la justice sociale, et nous triompherons. Il y aura un nouveau pouvoir, une Nouvelle Colombie, Une Patrie Grande et le socialisme

Toujours nous comprenons la concrétisation de l¹accord d¹échange humanitaire comme un pas vers la création d¹une ambiance propice pour parler de paix, mais il a été démontré jusqu¹à la satiété que Uribe n¹a été programmé par les Gringos ni pour l¹échange, ni pour la paix. Seul un nouveau gouvernement véritablement démocratique, né d¹un Grand Pacte National, pourra retrouver le chemin de la recherche d¹une solution politique au conflit social et armé que vit la Colombie.

Sur ces questions de la guerre et de la paix nous désirerions parler personnellement avec vous, ou avec votre représentant.

Avec nos sentiments de considération et d¹appréciation, compatriotes.

Le Secrétariat de L¹Etat Major Central des des FARC-EP


 
 
 
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