Claude Allègre et la guerre économique

Dans une longue tribune publiée par l’hebdomadaire Le Point, Claude Allègre " plaide pour "une opposition qui comprenne enfin que la France doit bouger très vite pour s’adapter au monde nouveau. Bref, qui reconnaisse que, dans sa démarche hyper-volontariste, Nicolas Sarkozy a fondamentalement raison".

Et Claude Allègre aligne les poncifs, l’affaiblissement de l’enseignement public par la suppression de quelques dizaines de milliers de postes classé plaisanterie, la pertinence de l’instauration de la garde des enfants en temps de grève, tout en se félicitant de l’extinction de la grève générale ! Il n’oublie pas enfin de préciser que Nicolas Sarkozy n’est pas responsable de tout, et que "si le pouvoir d’achat stagne ou même diminue, ce n’est pas la faute de la politique menée par le gouvernement,"

Il se félicite enfin de la dynamique de réformes tous azimuts engagées par Nicolas Sarkozy. Ces réformes sont nécessaires selon Claude Allègre car "au cas où vous ne le sauriez pas, nous sommes en guerre ! Une guerre économique sans merci, qui a pour nom mondialisation et élimine sans pitié les plus faibles. Aujourd’hui, le développement de la France, donc le bien-être des Français, ne se fera que s’il suit le rythme soutenu imposé par la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie et les Etats-Unis", et c’est ce point qui justifie l’ensemble des positions soutenues dans cette tribune.

La réalité et les conséquences de la mondialisation sont connues, et Claude allègre ne nous apprend rien en évoquant l’élimination sans pitié des plus faibles. Par contre le raisonnement de Claude Allègre perd très vite sa pertinence dans un raccourci un peu trop rapide liant le bien-être des Français au développement de la France. Il faudrait d’abord se demander à qui profite le développement de la France dont nous parle Claude Allègre, aux actionnaires du CAC 40 ou de toutes celles et tous ceux qui voient leur pouvoir d’achat diminuer, qui ont de plus en plus de difficultés pour se loger, qui cherchent en vain en emploi stable, qui galèrent tous les jours... ?

Qu’il y ait une guerre économique sans aucun doute, c’est la nature même du capitalisme. Mais est-ce une guerre entre capitalistes ou une guerre entre les peuples ? L’actualité nous en apporte la réponse tous les jours, les entreprises licencient ceux qui la veille encore devaient se battre pour elles, les gouvernements indemnisent de plus en plus mal les chômeurs, et les précaires sont accusés d’être seuls responsables de leur sort. Alors Monsieur Allègre, s’il y a une guerre mondiale, que les actionnaires du CAC 40 montent eux-mêmes au front, et montrez leur donc le chemin. Pour ma part je suis solidaire des mutins de 1917 et je refuse de monter sur le plateau de Craonne.

Le 13 août 2008

Jean-Michel Arberet Conseiller municipal d’Arcueil Partenaire du groupe communiste http://jm-arberet.over-blog.com/


 
 
 
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1 commentaire
  • Je suis de mauvais poil ce soir, d’accord. Si j’avais été de bon poil, je n’aurais pas posté ceci, mais je l’aurais tout de même pensé : tu t’adresses à des gens susceptibles d’accorder un quelconque crédit à Allègre ; c’est non seulement ridicule, mais insultant. S’il existe des gens (comme toi) capables de perdre du temps à réfuter Allègre, ils sont nécessairement de l’autre bord. Je me demande ce que fait sur un site de gauche la réfutation d’un histrion charasso-freschien par un stal. Suffirait-il qu’un curé n’aime pas Le Pen pour que son papier soit de gauche ?

 
 
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