Gandhi et sa quête du spirituel.

De Gandhi, on retient qu’il était un chef politique d’envergure internationale et un apôtre de la non violence, qui a conduit l’Inde vers l’indépendance. Peu connaissent la quête spirituelle qui l’a animé toute sa vie et qui, disait-il, lui donnait la force de mener son combat politique. On découvre la richesse de ce personnage hors du commun, dont l’envergure ne se compare en rien aux hommes politiques actuels, dont la quête n’a rien de spirituelle.

En préface de sa biographie, Gandhi écrit : « Mes expériences en matière politique sont maintenant bien connues. Mais j’aimerais raconter mes expériences spirituelles, connues de moi seul, et dont je tire le pouvoir d’œuvrer en politique ». Ses efforts pour travailler sur lui-même consistaient en la recherche de la vérité, qu’il appelait Satya. Sa conception de la vérité avaient peu à voir avec l’acception traditionnelle. Pour lui, la vérité était de se parfaire en tant qu’individu. Il méditait avec le Baghavad-Gita, et observait ses grands principes de non attachement (Vairagya) et de recherche de l’absolu. Gandhi fisait des expériences sur lui-même et, à la fin de sa vie, il confia que son plus grand combat dans la vie fut de vaincre ses propres démons, ses peurs et ses appréhensions. Il avait compris, comme certains d’entre nous, que notre plus grand ennemi est nous-mêmes.

C’est en travaillant sur le Baghavad-Gita et en pratiquant l’introspection qu’il découvrit le sens de la non-violence (Ahimsa), qui fit son succès pour le succès de l’indépendance de l’Inde. Il aimait dire que pour lui la vérité (Satya) et la non-violence (Ahimsa) étaient comme les deux côtés d’une pièce de monnaie. Pour atteindre ces deux objectifs, le sens de l’action et de la perception est essentiel.

C’est le poète Rabindranath Tagore qui donna à Gandhi son surnom de Mahatma (grande âme). Et Albert Einstein a écrit de Gandhi « Pour de nombreuses générations à venir, on s’émerveillera de plus en plus sur le fait qu’un homme comme lui, de chair et de sang, ait pu un jour venir sur terre ».

Dans un climat de crise d’identité et de recherche de vraies valeurs, le monde actuel s’enfonce de plus en plus dans un matérialisme destructeur. L’homme a atteint un rare niveau d’égoïsme et de mépris pour ses semblables, individus, sociétés et nations. Il est grand temps de trouver un accord harmonieux entre le matérialisme et le spiritualisme. Un homme comme Gandhi a su le faire. Mais nos hommes politiques n’ont ni la carrure ni de la profondeur du Mahatma.

Les hommes politiques contemporains, qui ont pourtant à faire face à des crises graves et décisives pour l’avenir de l’humanité, n’ont en commun qu’un seul culte : Celui du pouvoir, guidé par un matérialisme sauvage effrenné. Toute spiritualité est absente de leur démarche. C’est parce qu’il manque cette dimension essentielle pour guider les pas de l’humanité que l’avenir est compromis. Et par « spiritualité », il ne faut pas comprendre le médiocre succédané offert par les religions, tant compromises au fil des siècles avec les puissants.

Le commun des mortels, l’électeur, monsieur tout le monde, comprennent le matérialisme. Par contre, pour ce vulgum pecus, le spiritualisme est une vague notion ésotérique, tout juste bonne à illustrer la philosophie dont chacun sait qu’elle ne remplit pas nos assiettes ni nous fait boucler notre budget. Si bien que cette dimension est reléguée au second plan, à des années-lumière des « valeurs » matérialistes. Tout, dans nos sociétés, est organisé pour faire la promotion du matérialisme et occulter le spiritualisme : L’appétit de consommation et l’absolue nécessité du taux de croissance de l’économie, sans lequel la récession survient, qui engendre le chômage et plus de pauvreté. Quelqu’un qui réussit c’est quelqu’un qui gagne beaucoup d’argent et peut étaler au grand jour son succès. On n’a jamais considéré que quelqu’un qui vivait selon les lois de la nature, en harmonie avec lui-même, son environnement et les autres avait « réussi ».

Il est regrettable, compte-tenu de ce contexte de valeurs pernicieuses qui prévaut, que les candidats matérialistes ne manquent pas et qu’aucun candidat spiritualiste ne postule pour mener une action politique. Cette déficience pèsera sur notre avenir, hélas ! Elle nous a conduit à l’impasse de la situation actuelle, inextricable, qui rend tant de monde malheureux.

Ashoka


 
 
 
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1 commentaire
  • > Gandhi et sa quête du spirituel. 1er septembre 2008 22:59, par Cristobal

    — - Être Souverain ---

    Il est possible que les temps ne soient plus de ceux où il fallait un guide et un sauveur pour mener l’humanité à bon port, ou du moins, dans un éveil progressif de la conscience.

    Il appartient à chacun, je crois, de se découvrir lui-même en sa qualité d’être créateur et souverain.

    Pour cela, nul besoin de guide ni de maître à penser.

    Lorsqu’il le décide, l’être humain peut cheminer toujours plus avant dans la connaissance de soi.

    Et c’est cette addition et multiplication des résolutions individuelles, pour plus de coopération et de fraternité, qui changera le monde, radicalement.

    Bien cordialement. :)

 
 
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