Attention : danger !

Quand un industriel de l’automobile a un doute sur la sécurité de ses voitures, il rappelle la série. Quand Perrier, dans les années 80, a découvert qu’un lot de ses bouteilles pouvait être dangereux, il les a toutes retirées du marché. Quand les vétérinaires ont appris qu’un vaccin contre la maladie de Carré avait tué un chiot, le vaccin a aussitôt été suspendu. Pour les humains, la prudence (pourtant hippocratique) paraît être un mot plus qu’une réalité. Il suffit de rappeler la série noire des scandales de santé publique qui se succèdent en France depuis une bonne trentaine d’années, sans doute liés au développement de mastodontes de la pharmacie, plus puissants que les Etats et dispensateurs de financements considérables là où il faudrait indépendance absolue à leur égard : AFSSAPS [1] (financée à hauteur de 83% par l’industrie pharmaceutique), EMEA (70%), FDA américaine, et OMS. Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont des structures indépendantes de surveillance des médicaments (ce qui sans doute a protégé les Britanniques des dérives que la France a connues avec la vaccination hépatite B puisque seuls 5% d’entre eux ont été vaccinés contre presque 50% de la population française). Rappelons quelques faits : le Distilbène, interdit aux Etats-Unis en 1971 mais prescrit en France jusqu’en 77 et responsable de graves malformations (160000 enfants concernés), l’hormone de croissance contaminée injectée jusqu’en 88 alors qu’on savait dès 77 qu’une hormone allait être disponible (75% des victimes mondiales sont françaises), amiante, sang contaminé, Vioxx (à lui seul 130 millions d’euros pour la sécurité sociale en 2003) arrêté par la firme elle-même et non par les autorités sanitaires (27785 décès et 160000 crises cardiaques).

Pour comprendre ce qui est arrivé en France avec le vaccin hépatite B, il était nécessaire d’éclairer le contexte. Le nouveau scandale, celui du vaccin hépatite B, n’est qu’un événement de plus dans une série de scandales de même nature, qui risquent encore de se reproduire à l’infini si rien n’est fait pour freiner les appétits d’une industrie pharmaceutique dont on a pourtant besoin, mais qui, insérée dans un système économique entièrement libéralisé n’obéit plus qu’aux lois du marché et se comporte comme si elle était une industrie ordinaire : marchés à conquérir, éventuellement sous couvert d’humanitaire (le GAVI) et actionnaires à satisfaire. Certes, certains vaccins ont été retirés : Hevac B et Hexavac de Pasteur. Mais le GenHevac et l’Engérix B sont toujours largement diffusés, alors qu’on a les plus grands doutes sur leur innocuité (aluminium, formaldéhyde entrent dans la fabrication de ces premiers vaccins transgéniques et aujourd’hui encore l’Engérix B garde des traces de mercure). Que faut-il penser aujourd’hui de ces nouveaux vaccins hexavalents destinés aux bébés où se retrouvent mêlés vaccins obligatoires et facultatifs dont celui de l’hépatite B qui a toute chance de passer ainsi inaperçu ? L’arrêt de la vaccination des adultes est un signequi ne trompe pas : il fallait arrêter l’hécatombe. Mais que faire de tant de lots dont on n’arriverait pas à écouler les stocks ? La trouvaille a été de dire que les enfants n’ayant pas de myéline, ils ne risquaient rien. Tiens donc ! C’est donc alors que ce vaccin peut détruire la myéline ? Le lien de causalité, on l’a ! Mais revenons aux bébés : pas de myéline achevée, certes, mais une myéline en formation qui peut être détruite très tôt comme l’a montré la maladie de Guillain-Barré chez un petit Marocain vacciné à 19 mois et devenu tétraplégique, risque auquel s’ajoute celui des maladies auto-immunes (24% des accidents recensés), car ces maladies mal connues et inguérissables frappent à tous les âges de la vie ceux qui ont une susceptibilité génétique à les développer. Et comment savoir si on l’a ? Les antécédents personnels peuvent l’indiquer, mais pas les antécédents familiaux. Preuve en est que nombre d’accidents se sont produits sur des individus qui ne connaissent aucun cas de fragilité neurologique dans leurs familles.

On nous a ensuite raconté que le problème n’était que franco-français. C’est à pouffer de rire, d’abord parce qu’il est normal que la France se soit fait une renommée particulière du fait qu’elle a beaucoup plus vacciné que les autres pays et donc causé forcément plus d’accidents vaccinaux, ensuite parce qu’on sait que les Etats-Unis ont recensé, rien qu’entre le 1er juillet 90 et le 31 octobre 98, 24775 effets secondaires, dont 9673 cas très graves et 439 décès, chiffres très inférieurs à la réalité si l’on croit ce que dénonce l’étude d’un CDC (centre de pharmacovigilance américain) qui déplore que seulement 1% des accidents médicaux lui soient rapportés (la France fait un peu mieux avec 5%). Enfin on sait qu’il y a des procès en Espagne, en Allemagne, en Russie, en Géorgie, en Corée, et même des condamnations en Italie et au Maroc où SKB s’est fait condamner en 2006 pour la tétraplégie de l’enfant cité plus haut. Un silence total a été fait sur cette condamnation, car elle infirme visiblement l’affirmation selon laquelle les tout-petits ne risquent rien. Si la dernière étude, en 2007 (que faut-il penser de ces études ? On a vu pour l’amiante) qui a porté sur 143 enfants de moins de seize ans s’est voulue rassurante, elle admet cependant un risque de 1 à 1,86 entre 0 et 6 ans par montée progressive, ce qui pourrait témoigner d’un effet à retardement dans l’apparition des symptômes. S’ils apparaissent trois ou quatre ans après, il est facile, évidemment, de nier le lien de causalité.

Il faut toujours apprécier le rapport bénéfice/risque. Or le risque était, et est toujours, quasi nul pour la population générale en France, et encore plus nul pour des bébés, sauf à se projeter dans un avenir incertain et à les considérer tous a priori comme de futurs individus à comportement à risque. Pour l’avenir, il faudra tirer la leçon de ce qui s’est passé : proscrire absolument les actions de masse. On ne donne pas le même médicament à tout le monde. Le faire pour les vaccins est tout aussi dangereux. La justice française a mis en examen les deux laboratoires pour homicide involontaire et tromperie aggravée. C’est un premier pas, car ils ont une lourde responsabilité : des dizaines de décès, des milliers de maladies invalidantes, mais ils ne sont pas les seuls. Affaire à suivre.


Notes

[1] AFSSAPS : notre -agence du médicament. EMEA : agence européenne dépendant de la Commission entreprise et non santé.


 
P.S.

Cet article a déjà été publié par la revue Golias

Lucienne Foucras, auteure du Dossier Noir du vaccin contre l’hépatite B, mensonge d’Etat ?
Editions du Rocher 2004. Retiré de la vente en 2007 mais non épuisé : chaque exemplaire invendu est soldé 5 € + frais de port par l’auteure au profit du REVAHB, l’association des victimes. Commander par e-mail : asso.revahb@orange.fr

 
 
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4 commentaires
  • > Attention : danger ! 2 septembre 2008 13:20

    Pourquoi le livre a-t-il été retiré de la vente ?

  • > Attention : danger ! 2 septembre 2008 17:10, par Lucienne Foucras

    Pourquoi le livre a été retiré ?

    Deux hypothèses : ou bien les éditions du Rocher ne le vendait plus bien au bout de 3 ans. On sait en effet qu’un livre doit se vendre dans les 6 mois après sa parution. Les libraires le renvoient alors à l’éditeur qui reste libre de le garder ou non. Il restait en octobre 2007 1800 invendus sur un tirage de 5000. Je les ai rachetés à la demande des malades et je les solde à leur profit.

    Ou bien : ce livre dérangeait. L’hypothèse n’est pas à exclure. D’autres livres traitant du même sujet (ils sont cités dans ma bibliographie) sont prétendus « épuisés ». Il faut comprendre qu’ils ont peut-être seulement été retirés de la vente. Dans ces cas-là, la réédition ailleurs s’avère très difficile : rachat des droits, recomposition de la page de titre, de la quatrième de couverture, pour faire disparaître le nom du premier éditeur selon les règles de la plupart des contrat d’édition etc… Cela revient cher.

    Qui était-il susceptible de déranger ? Je laisse à chacun le soin de juger. Je précise seulement que les éditions du Rocher ont été rachetées au printemps 2005 (mon livre avait paru en octobre 2004) par le laboratoire Pierre Fabre que j’ai mis en cause (il en existe des preuves) pour avoir contribué avec la SNIP (Syndicat National de l’Industrie Pharmaceutique devenu aujourd’hui le LEEM) au financement de la campagne législative de Philippe Douste-Blazy en 1993. Or c’est en 1994 que, devenu ministre de la santé, il a décidé la vaccination massive des collégiens et en 1996 celle de la population générale. Mais je ne suis ni mégalomane ni paranoïaque : la première hypothèse est tout à fait possible. Reste cependant que le rachat des éditions du Rocher était lié à une condition : la rupture de contrat déjà signé entre l’éditeur et Sylvie Simon, journaliste à « Votre santé », pour son manuscrit : « La nouvelle dictature médico-scientifique », éditée ensuite par Dangles. Elle avait été une des premières, avec Eric Giacometti, journaliste au Parisien, à dénoncer cette vaccination massive comme une opération strictement commerciale. Les expertises judiciaires leur ont donné raison : les deux fabricants ont été mis en examen, mais certains souhaitent évidemment étouffer l’affaire pour gagner du temps (c’est facile avec les lenteurs de la justice) pour continuer à vendre et gagner des marchés dans le monde entier.

    Quelle est la bonne hypothèse ???? J’ai écrit aux éditions du Rocher pour la connaître en leur faisant valoir que l’affaire était loin d’être jugée, que ce livre n’était donc pas tout à fait démodé et qu’on pourrait les suspecter de faire de la censure. « Vos arguments ne nous convainquent pas », telle a été la réponse. Autant dire que je n’ai pas su pourquoi….

    Lucienne FOUCRAS

  • > Attention : danger ! 4 septembre 2008 13:16, par Delcuse

    Il y a juste que cette article a d’abord paru dans la revue Golias. Du coup, il y a de quoi s’interroger sur la crédibilité de cet article, même si le fond, de toute façon, reste d’actualité, à savoir le problème des vaccinations et de la médecine en général.

    Voir en ligne : http://destroublesdecetemps.free.fr

  • > Attention : danger ! 4 septembre 2008 22:26, par Lucienne Foucras

    Autant dire que la crédibilité de Golias est mise en cause ! S’ils
    l’apprennent, ça leur fera plaisir.
    Quant à ce Mr Delcuse, s’il doute, qu’il aille sur le site du REVAHB :
    www.revahb.org

    Bonne journée
    Lucienne FOUCRAS

 
 
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