Les non-dits de la 2ème guerre mondiale et de celle qui se prépare aujourd’hui

Pourquoi trois mille navires devant les côtes normandes le 6 juin 1944 ? pourquoi cette énorme armada dont les chances de réussite, de l’aveu même de l’état major anglo-américain, étaient douteuses ? Pourquoi, puisque l’Italie était libérée, ne pas avoir marché sur l’Autriche - comme le voulait Churchill - et de là, avoir fait jonction avec les Russes, les avoir peut-être précédés à Vienne et avoir coupé les armées allemandes à l’ouest de l’Europe de leurs bases de commandement, les obligeant ainsi à se rendre ? Etait-ce militairement plus difficile de franchir cols et vallées alpines que la Manche ? Frapper à la tête était-ce moins intelligent que de frapper au corps ? Pourquoi fête-t-on le débarquement du 6 juin 1944 et pas Stalingrad, le 2 février 1943 qui fut le véritable tournant de la guerre ? Pourquoi - alors que les archives Russes sont ouvertes depuis plus de dix ans - aucun historien occidental, spécialiste de la période, n’a encore fait l’étude approfondie de l’offensive russe qui fixa les 4/5 de l’armée allemande, alors que les Alliés se heurtant au petit 1/5 restant auraient été battus dans les Ardennes en janvier 1945 si l’essence n’avait pas manqué aux chars Tiger notoirement supérieurs aux blindés américains ?

En voilà des questions gênantes pour nos belles âmes bobos libérales qui se sont faites une image de l’histoire de cette guerre qui les confortent dans l’idée de ce qu’elle ne fut pas : une victoire des démocraties, une victoire du monde occidental. C’est le monde oriental qui a abattu l’Allemagne, la Russie d’Europe et la Russie d’Asie, deux Russies sans lesquelles l’Europe serait allemande, cette Europe d’aujourd’hui qui, oublieuse et ingrate, est toujours anti-russe comme le montre l’actuelle affaire géorgienne où les agresseurs sont encensés !

Alors, les belles âmes en question, trotskystes nostalgiques, new philosophes et autres guenons médiatiques, tous ceux qui n’avaient pour la Russie et puis pour l’Union soviétique et puis encore pour la Russie que mépris (sans d’ailleurs trop bien savoir pourquoi), vous entonnent le couplet de la Liberté. Pour eux, le Monde Libre de l’ouest ne pouvait le redevenir que par une intervention spectaculaire venue de elle-même de l’ouest et non par celle de Barbares de l’est auxquels on aurait prêté main forte. Ignorant des stratégies subtiles de nos dirigeants, ils nous vantent le soldat Ryan, le jour le plus long et les quelques centaines de GI’s morts sur les plages, pour chasser le Boche certes, mais surtout laisser l’Ours se battre le plus coûteusement possible avec le Loup. - Monsieur, pérorent-ils, si l’Amérique n’avait pas débarqué, les Russes auraient occupé toute l’Allemagne, l’Autriche, le Liechtenstein, nous aurions été stalinisés, marxisés, encartés au PC ! Certes mais si les Alliés avaient prêté main forte aux Russes par le sud de l’Europe, la fin de la guerre aurait eu lieu avant mai 1945. La rengaine du péril rouge fut reprise par de Gaulle à la libération. Pour l’écarter, il n’hésita pas à embaucher un Papon qui ne valait pas mieux qu’un Pétain, qui était même pire, et qui le démontra plus tard en 1962 contre les Algériens de Paris. Staline aurait-il commis la bêtise de venir jusqu’au Rhin lui qui ne croyait aucunement à la révolution mondiale, lui qui savait combien de kilomètres séparent Vladivostok de Strasbourg ? - Mais monsieur, reprend mon bobo, il a bien occupé l’Europe de l’est ! - Bien sûr, qu’il l’a occupée puisqu’on lui a laissé les mains libres, qu’au lieu de passer les Alpes on est allé débarquer à l’autre bout du continent. A sa place, j’aurais fait pareil ! Après toutes les agressions subies par l’Urss de 1917 à 1942, le stratège le plus obtus se serait constitué le même glacis en prévision du pire à venir que Patton d’ailleurs voulut réaliser en 1945, proposant qu’on épargne l’armée allemande pour la retourner contre les Russes, le Roll Back avant la lettre en somme. Que ledit glacis ait été mal géré, que l’autoritarisme stalinien n’ait pas eu la finesse de favoriser la mise en place de régimes adaptés aux mœurs et à l’histoire de ces pays, ce fut bien sûr une erreur que les Russes ont payée cher. Mais quand on entend dire que Staline, Roosevelt et Churchill se sont "partagés le monde à Yalta" on ne sait si on doit rire de la crédulité feinte des journalistes ou pleurer sur leur ignorance. Le moindre stratège débutant qui étudie cette période sait que le partage de Yalta concrétise un rapport de force et non un cynisme de politiciens. Ce rapport était en faveur de l’Urss et c’étaient les Alliés qui, par leur politique antirusse, en étaient responsables. Le pari qu’ils avaient fait était simple : on laisse Hitler s’user en Russie et vaincre s’il le peut. S’il gagne, on négociera avec lui et on sera débarrassé du communisme. S’il perd, on gagnera sur tous les tableaux. L’Allemagne sera saignée et la Russie ne vaudra guère mieux. C’est ce qui s’est passé. D’où la lenteur calculée à ouvrir un second front mais le plus loin possible des Russes. Staline le demanda plusieurs fois ce second front, montrant par là qu’il donnait plus d’importance à l’écrasement du nazisme qu’à l’occupation de l’Europe. Mais à Washington, à Londres et au Vatican, on était d’abord anticommuniste avant d’être antinazi. Voilà la vérité qu’on veut cacher aux jeunes générations de 2008. Les Alliés, c’est-à-dire les bourgeoisies occidentales, espérèrent chaque jour que le fascisme anéantisse le bolchevisme, le noir le rouge. Hélas pour eux, ce fut l’inverse. L’héroïsme des Russes et la puissance de leur appareil industriel triomphèrent. Cela permit aux "démocraties" de jouer les sauveurs de la 25e heure. Depuis, les gouvernements de ces démocraties jouent chaque année à l’Anniversaire du 6 juin. Le tour de passe-passe est simple : avec quelques milliers de soldats tués, contre vingt cinq à trente millions de Soviétiques, les Usa osent se proclamer libérateurs de l’Europe comme ils voulurent l’être de la Corée et du Vietnam, comme ils osèrent récemment se proclamer libérateurs de l’Irak. Trompettes bobos sonnez ! Fifres et tambourins de l’Académie jouez ! Journal Libération mentez "il en restera toujours quelque chose". C’est le premier enseignement de la Propadandastaffel de tous les temps et de tous les régimes ? Plus le mensonge est gros plus il passe. L’agresseur est une pauvre victime qu’il faut aider. Voir encore la Géorgie.

Revenons au débarquement. Dans cette affaire il ne faut ni surestimer la politique américaine d’aide au monde libre, ni sous estimer l’intelligence stratégique de Hitler. On aime à le présenter comme fou parce qu’il ordonna "la solution finale". Il était loin de l’être et ce n’est pas déshonorer l’intelligence que de lui en attribuer, car l’intelligence éprouve un frisson plus grand à servir le mal que le bien. Quand il comprit que le rouleau compresseur russe ne s’arrêterait plus avant de l’avoir écrasé lui et son Reich, il vit d’un autre œil ce lointain débarquement. Il eût sans doute le trait de génie d’en faire un "Dunkerque de mai 1940 à l’envers" (1) mais il n’eut pas la naïveté de l’écrire dans son journal ou de le dire à ses généraux qui eux, en principe ne sont formatés que pour comprendre le terrain et la bataille. Avec les Russes il aurait droit à une balle dans la tête ou à un méchant goulag nordique, ça il le savait. Avec les occidentaux il imaginait, sans trop se tromper, de la compréhension pour services rendus. Du moins, il le crut et on peut se demander si, lui vivant, on aurait eu le procès de Nuremberg où l’on coupa quelques dizaines de têtes visibles pour mieux en sauver des milliers d’invisibles qu’on fit passer en Amérique du nord et du sud. D’où l’ordre donné aux divisions stationnées dans la région de Dunkerque et d’Arras de ne pas bouger dans les heures et les jours qui suivirent le 6 juin 44. Excuse présentée comme officielle : l’attaque en Normandie était un leurre, la vraie allait venir au plus étroit du Channel. Si elles eussent bougé comme le voulaient les généraux qui commandaient la région, le débarquement aurait bu la tasse et c’est peut-être ce que souhaitait, à l’insu de son plein gré, le bon Ike, ce brave et libéral général Eisenhower qui avait déjà rédigé son communiqué d’échec avant même le commencement de l’opération. Il n’avait pas encore appris à positiver comme l’apprendront plus tard les brillantes générations de marketing manager et autres bonzaïs émasculés de la civilisation occidentale. Mais son instinct de général lui disait qu’en l’état des forces allemandes existantes, pourtant infimes comparées à celles qui se battaient à l’Est contre le bolchevisme, le débarquement allait à l’échec. Et il aurait bel et bien été l’échec qu’il craignait, si les Allemands avaient vaincu les Russes à Stalingrad. Car alors, ce n’aurait pas été quelques dizaines de divisions qui auraient cueilli Yankees, Britons et Canadiens à Omaha et autour, mais des centaines. Le Reich de Mille ans aurait vraiment commencé ce 6 juin 1944. Vous n’auriez pas eu l’occasion de lire cet article ni moi de l’écrire. Le débarquement a réussi parce que l’Allemagne se battait sur deux fronts, et que sur le Front de l’Est elle fut mise à genoux.

Vers l’an 2300, on n’aura plus honte de dire que la bourgeoisie d’occident, le capitalisme qui, comme le disait Jaurès, "engendre la guerre comme la nuée l’orage", a aidé le nazisme tant qu’il a pu, que cette bourgeoisie s’est débarrassée avec soulagement de ses Juifs et que, en gestionnaire avisé et sans scrupule, elle en fait payer la note aux autres fils d’Abraham qui, pour cette raison, sont devenus - et deviennent chaque jour davantage -, nos implacables ennemis. Entre temps, il se sera passé une catastrophe vers laquelle, aveugles, nous courrons. Ainsi va le Mensonge. Il prépare les carnages de demain. Ils commenceront peut-être dans un Kosovo virtuel, une Géorgie américano-israélienne ou un Iran imaginaire. Cosette


(1) En mai 1940, après sa foudroyante victoire sur les troupes françaises, belges et anglaises qui stationnaient dans le nord de la France, bizarrement, la Wehrmacht suspendit son offensive et laissa la totalité des troupes anglaises et avec eux pas mal de Français s’embarquer sains et saufs pour l’Angleterre. Sans Churchill, les British auraient sans doute signé un traité avantageux avec Hitler. C’était bien sûr le but de la subtile manœuvre de l’auteur de Mein Kampf : faire la paix avec l’Angleterre pour écraser l’Urss, Urss que Churchill tenait aussi pour ennemie.


 
 
 
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5 commentaires
  • "si les ricains n’étaient pas là,on serait tous en germanie"
    Quels bandes de menteurs ces amerloks.Ils savent faire que ça : mentir sous couvert des exigences conspirationistes européen. Seulement aujourd’hui,l’Europe est sur le déclin et les states boivent la tasse !
    Sans blague,faut quand même rendre hommage aux russes qui se sont battus avec courage et arrêter de nous bassiner avec ce pseudo débarquement à la sauce hollywoodienne.
    Depuis la fin de la seconde guerre mondiale,n’ont pas cessé de faire la guerre dans le monde entier avec un nombre infini de tués pour assurer un train de vie élevé à ces chers européens.
    La "démocratie" ce slogan qui donne le droit de massacrer des peuples ,de piller des pays,de ruiner un continent:l’Afrique et de chasser un peuple de son territoire aux mépris de la dignité humaine pour installer le comptable de ces trésors si mal acquis.
    Z’ont cherché les russes et les z’ont trouvé : quelle raclée !!

  • J’ai apprécié ce texte.
    J’ai vécu l’offensive des Ardennes et
    constaté la déroute américaine. Je suis témoin qu’un "Tigre Royal" a du s’arrêter à 4 kms de chez moi (j’avais 16 ans) faute d’essence.
    On ne répétera jamais assez que l’Europe
    occidentale fut sauvée du nazisme par l’URSS.
    Mais il faudrait aussi rappeler que l’anéantissement de Dresde, de Nagasaki et d’Hiroshima étaient inutiles et
    que leurs commanditaires eux-aussi
    méritaient un jugement pour crimes de guerre.

  • oui, vous avez raison, malheureusement les vaincus ont toujours tort. Quant aux populations qui servent d’otages elles sont toujours massacrées au nom des grands principes. Merci pour votre contribution concernant l’offensive des Ardennes. Si vous me donniez votre mail nous pourrions peut=être échanger.
    Cosette

  • Entièrement d’accord pour correspondre par mail.
    Mais je préfère ne pas livrer mon
    adresse électronique dans ce forum.
    Le webmaster, qui connaît mon adresse,
    pourrait vous la donner et vous pourriez
    m’envoyer un message d’amorce.

    Souhaitons que ce soit faisable.

    CD

 
 
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