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Turquie : il y a un "ISTE" dans le AK

A l’exception notable du journal espagnol "la Vangaurdia" qui se déclare "enthousiaste" après la victoire du "parti islamiste" - nous y reviendrons" - AK en Turquie, et de « La libre Belgique » qui interroge : « beaucoup voient dans la candidature européenne de la Turquie une menace. Ne faudrait-il pas plutôt se demander quel enrichissement nous pourrions en tirer ? », la grande majorité des journaux occidentaux ont exprimé leurs plus vives réserves après le résultat d’élections dont on peut rappeler, cela semble plus que nécessaire, le caractère incontestablement démocratique. Lorsque "La Vangarduia" appelle l’Union Européenne à "être généreuse et à débloquer avec conviction le processus d’intégration turque et enterrer la tentation de transformer l’Europe communautaire en un club chrétien", le journal le "Monde" conseille et spécule : "l’AK aura la responsabilité d’afficher la compatibilité de l’Islam avec la démocratie" avant d’ajouter que « si cette dualité fonctionne, elle pourrait valoir pour tout le monde arabe ».
Le Financial Times Deutschland considère quant à lui que "l’Europe a du mal à croire conciliable démocratie et Islam". Son pendant de "gauche" juge que "si les racines du parti AK plongent dans l’Islam politique, on va bientôt voir s’il s’est seulement montré doux pendant les élections pour tromper les Turcs et arriver au pouvoir ou si l’on peut vraiment les (sic) prendre au mot". Le "Corriere della Sera", premier journal d’un pays dirigé par la démocratie incarnée, réclame rien de moins que « des preuves, des preuves et encore des preuves ».
Ces mêmes journaux accueillent avec une relative nonchalance la montée de l’extrême-droite en Europe, ses dérives sécuritaires, les atteintes de plus en plus fréquentes et de plus en plus musclées aux libertés individuelles, une presse qui ne bronche pas lorsque les Etats-Unis, quand ils ne trépignent pas d’impatience, pressés qu’ils sont d’écraser le peuple irakien, mettent au ban de leur société les ressortissants de tel ou tel état, bref, qui accepte avec une bonhomie proche de la complicité, parfois active, souvent inspirée de la plus méprisable des lâchetés, le massacre au quotidien, de civils, cette presse là donc se pique d’éthique.
Ce ne sont pas « les croisades, le retour » mais il se dégage de ces articles une vague odeur où les a priori se nourrissent goulûment de mauvaise foi.
Nous l’avons déjà écrit ici même : l’Islam remplace, avantageusement, le bolchevik d’antan. Quiconque est Musulman est suspect, a priori. Suspect d’être un islamiste.
Ainsi donc, appréciez la subtilité, l’AK n’est pas un parti dont les fondements reposent sur les principes coraniques, c’est un parti islamiste. Avec forcément tout le danger terroriste que ce concept induit.
Et le leader de ce parti politique turc s’évertue à se justifier vis-à-vis de l’OTAN , des USA, de l’Europe, de l’Occident chrétien et consorts, donnant toutes les garanties possibles et imaginables sur sa haute conception et son respect de la laïcité. Il s’est même exprimé, en se défaussant, sur « la bataille des foulards ».
En s’intéressant à de vagues histoires de chiffon, la presse occidentale n’en oublie pas tant, ponctuellement, de baisser son pantalon. Trivial certes mais néanmoins authentique.

Djam


 
 
 
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