Du destin subverti des Suds et des Périphériques !

Mugabe, double sans masque de la tyrannie travestie de l’Occident...

Voici ci-dessous en première partie, ce que j’ai écrit au sujet d’une charge contre Mugabe intitulé « Mugabe vers la porte de sortie » découvert sur le web du courrier continental du 16 septembre 2008. Suit en deuxième partie ma réponse à une blogueuse qui a répliqué.

1ère partie)

À nos pontifes des droits de l’homme...

Toute la récente philippique contre Mugabe a du vrai, il est indéfendable sur certains points. Néanmoins, la haine des blancs à son encontre vient de ce qu’il a saisi les terres des colons britanniques et autres blancs propriétaires au Zimbabwe ! Donc pleurez où vous avez mal, messieurs les occidentaux ! Vous vous foutez pas mal de l’homme ou de ses droits !

Où étiez-vous, presse bénie, pontifes des droits de l’homme, lorsque la minorité immonde des racistes (blancs) occidentaux écrasaient les noirs de Rhodésie et y imposaient l’apartheid ? En vérité, trop sales et trop criminels contre l’humanité, les establishments blancs - (je ne dis pas les vrais hommes blancs ou non blancs de l’occident, car il y en a) dans l’histoire du Zimbabwe comme de tous les pays ex victimes de l’inqualifiable fléau du colonialo-esclavagisme et torturés de l’actuel néocolonialisme impérialiste de l’Occident barbare - devraient, par décence, fermer leur abominable gueule qui sentira toujours l’odeur méphitique du racisme et du crime contre l’humanité non réparé et dont ils profitent en dignes successeurs, bien entendu avec de nouvelles méthodes, des colons du passé.

Arrêtez d’accuser, vous, partie prenante des problèmes que vous prétendez cibler avec mépris chez autrui.

2ème partie)

Fracture Nord/Sud-Centre/Périphérie

« À cette étudiante qui m’écrit pour me dire en substance que « c’est plus compliqué que “çà” car des gens meurent de faim au Zimbabwe et ne pensent pas au colonialisme » !

Chère étudiante,

J’e cherche en vain la subtilité que tu voudrais me faire voir mais elle est absente. Constate donc que la faim ne peut être une réplique à ce que j’ai dit, il eut fallu pour cela, que le Zimbabwe fût une exception, or la famine est aujourd’hui la calamité de près de 900.000.000 d’êtres humains sur tous les continents, surtout en Asie et en Afrique. Le FMI et les compagnies de biocarburants y aident si fort et si bien ! J’ai bien dit que Mugabe est indéfendable sur bien des points, je nuance toutefois que les occidentaux qui braillent contre lui, font partie du problème car les Uribe et Mugabe respectivement en Colombie et au Zimbabwe, sont les doubles analogique ou dialectique de la déconfiture due à la dénaturation du Sud en proie aux politiques du Nord contrôlant leur transmission de pouvoir politique et leur système économique. C’est la face hagarde de la désignification du destin national des peuples, c’est-à-dire l’expropriation de ce domaine du sens qu’est la politique pour les nations par un petit groupe de ploutocrates ayant en mains les puissants états du Nord. Ils ont poussé les pays du Sud soit à des dictatures rétrogrades soit à des "démocraties" platement serviles du capitalisme ploutocratique mondial. Ils n’ont jamais laissé les pays de la périphérie se choisir. Et quand enfin un homme et un peuple se trouvent une voie propre à leur destin national, ils les poussent à la claustration pour crier à la tyrannie du leader forcé de les combattre eux et leurs suppôts ! J’en veux pour preuve le Cuba de Castro et la Bolivie de Morales. La presse des estabishments du Nord n’a pas le droit de parler de liberté et de démocratie quand le monde est un fief néoféodal mené par des ploutocrates corrupteurs du destin collectif, maîtres du sort quotidien combien miséreux des rudes travailleurs plongés dans la dèche par la spéculation financière, la concurrence déloyale des multinationales, le travail forcé des manufactures. C’est donc toi, chère intervenante, qui voit les choses dans leur phénomène et qui refuse de saisir leur eidétique maligne, les causes causantes du mal pour enfin comprendre la seule étiologie lucide de la réalité valétudinaire du monde et la médication à y appliquer c’est à dire l’Éducation humano-citoyenne des nations pour leur droit à une Souveraineté éclairée loin de la constante servitude des despotes de la finance et de l’économie politique. Quand on sait que ni les États-Unis, ni la France n’ont un peuple éduqué dans leur choix politique et que les peuples du centre sont eux-mêmes pris sous la férule d’une ploutocratie qui présélectionne les hommes en lice aux élections via les partis, (il suffit de voir Bush, Sarkozy élus par les étasuniens et les français) ; et surtout, sachant que le passé qu’on veut masquer est père du présent à bien des égards, je le redis : qu’on foute la paix aux africains et latino-américains ! D’ailleurs, ce passé est aussi encore bien présent dans les mécanismes de réification des hommes et des peuples, sauf qu’il est entretenu sous d’autres formes. Qu’on restitue ce qu’on a volé de ressources vu que l’on ne saurait réparer le traumatisme et la mise à mort des générations sacrifiées par la barbarie prédatrice de l’occident, la dénaturation du mental des "élites" des pays du Sud formées à l’occidental contre leurs propres peuples. Car en cela, les Suds ne peuvent que dépasser le passé pour arriver à créer des élites politiques et autres de façon endogène selon le nouveau faciès social libéré que nous souhaitons tous.

Par ailleurs, il nous faut rappeler ici que la fracture du monde entre Nord/Sud et Centre/Périphérie, est la preuve éloquente que les voyous qui pillent sont aussi les enseignants qui déforment les esprits, les juges et législateurs qui se taillent sur mesure des lois et institutions - comme cette simagrée internationale du CPI - et ainsi rendent pérennes leurs acquis criminels !

Signe authentique et sémiurgie idéologique

J’affirme que tout tyran est un travailleur de signes, non un sémiologue mais un sémiurge dont la sémiurgie, leur production de signes artificiels, dénature le sens même du signe dans la réalité où celui-ci (le signe authentique) est émanation de la nature de l’être qu’il fait apparaître. Les signes artificiels, quant à eux, sont projetés sur la réalité pour la masquer et lui faire épouser la forme choisie par leurs créateurs. Là où le signe authentique fait advenir l’étant réel à la factualité par sa révélation qui est l’indication de sa présence, le signe travaillé des sémiurges du social est appliqué aux faits pour les faire mentir au gré de l’idéologie dominante. Ce qui est paradoxal dans tout ça, c’est que les signes du social ont des traits de symboles car normalement, seul le symbole est fabriqué et projeté sur tel étant ou entité afin de signifier artificiellement. Nous sommes donc dans un univers de signes subvertis et subversifs parce que déroutants et falsificateurs pour l’herméneute qui interroge le domaine du sens qu’est le corps social.

C’est pourquoi je redis ici aux ploutocrates maîtres des États occidentaux, "cessez cette sorte de mystification hiératique d’une idéologie si sale de l’économie inhumaine par vos politiques paternalistes néocolonialistes où l’on exploite les richesses de l’Afrique comme de l’Amérique latine et favorise les pires instincts pour continuer à diviser pour régner !" Oui, quand je vois la masse des pauvres en Nouvelle Orléans, je hèle : démantelez votre ploutocratie financiariste mondiale et foutez la paix aux peuples victimes de vos politiques.

Quant à toi, chère contradictrice, si tu peux me donner des preuves que l’occident est innocent et qu’il a cessé d’imposer ses politiques monstrueuses contre les peuples par institutions et crapules interposées fabriquées par lui chez ces peuples, je serai alors prêt à t’entendre. Et puis, si la justice ouvre les dossiers des accusés pour vérifier leur antécédent judiciaire, pourquoi faut-il biffer le passé d’ailleurs continu et maintenu présent sous des formes modernes, des relations d’écrasement entre États et sociétés du Nord et du Sud.

Conclusion

J’ose croire, chère intervenante, que tu n’as pas la foi carthaginoise et que tu sauras être ouverte et objective pour comprendre que la dictature d’un Mugabe et la démocratie d’un Uribe ne sont que le double revers d’une même médaille sans avers, celle du colonialisme et de l’impérialisme avec leur effet direct ou indirect toujours pervers et désastreux pour les majorités constituant les peuples qui les subissent.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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1 commentaire
  • > Mugabe, double sans masque de la tyrannie travestie de l’Occident... 20 octobre 2008 19:17, par Georges Torcheveau

    Mugabe était, certes, vers la porte de sortie, mais sa bonne disposition d’esprit, au lieu d’être encouragée a été gâchée par la maladresse dont a fait montre Morgan Tsvagiray. Organiser des élections en Afrique et les perdre, relève d’une probité certaine qui méritait d’être louée. Mugabe l’a démontré.
    Visiblement poussé par des mains obscures, Tsvagiray qui semble prendre ses conseils de l’ancien colonisateur, est si suspect que le vieil homme s’est ravisé pour reprendre son combat anticolonial.
    Votre analyse est très juste. Malheureusement, peut-être par manque de repères historiques, cette étudiante ne voit au Zimbabwe que la famine dont ce pays n’a pas, seul, l’apanage.
    Mugabe est indéfendable sur bien des points. Les occidentaux qui braillent contre lui, font partie du problème parce qu’ils tiennent coûte que coûte à contrôler la transmission du pouvoir tant politique qu’économique. Cet état de choses pousse, et vous avez bien fait de le noter, les pays du Sud soit à des dictatures rétrogrades soit à des "démocraties" platement serviles. Ils n’ont jamais laissé les pays de la périphérie se choisir. Et quand enfin un homme et un peuple se trouvent une voie propre à leur destin national, ils les poussent à la faute pour ensuite les dénigrer. C’est la situation que traverse la Côte d’Ivoire qu’il m’a été donné de décrier sur oulala.net, dans une lettre ouverte, en son temps, à Kofi Annan dans sa gestion hasardeuse de la crise que connaît ce pays.

 
 
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