Une planète en danger

La crise ne doit pas nous étonner. Le capitalisme est intrinsèquement pervers, il porte en lui les germes de sa propre décomposition. Quand une minorité d’individus s’octroie des droits sur tous les autres, quand l’intérêt général est sacrifié au profit de celui d’une petite minorité, quand les ressources sont accaparées par une poignée de nantis, quand les travailleurs sont immolés au Capital, à la spéculation, quand le réel est supplanté par le virtuel, quand l’humain est sacrifié au Veau d’Or, quand l’opaque entoure toutes les opérations, quand la coopération fait place à la compétition, alors oui, quelque chose ne tourne pas rond et l’effondrement est inéluctable.

Nous allons tous droit dans le mur, parce que le monde est devenu un gigantesque casino sans règles, sans éthique, sans solidarités. Et au bout du compte, à la crise financière va succéder la crise économique et la crise sociale. Le pire est devant nous !

On sait que les USA ont fait rapatrier une partie de l’Armée, la fraction la plus dure, pour la préparer à des opérations de sécurité intérieure, et que 700.000 places ont été mises en place dans des wagons désaffectés pour les réfractaires au désordre établi - comprenez pour ceux qui auront perdu travail, logement, dignité, et qui ne se résigneront pas. Le modèle américain que Sarkozy voulait nous imposer a fait faillite. 40 millions d’Américains ne peuvent se soigner faute de S.S., l’Enseignement des enfants est hors de prix, les retraites par capitalisation ne seront pas versées comme elles le devraient, les prisons sont pleines et les centres culturels inexistants, le salaire minimum est de 2 dollars/l’heure, il n’y a pas de protection sociale, les victimes des crédits hypothécaires sont à la rue, la violence est la règle, les gangs font la loi, les gamins sont envoyés à la boucherie... Oui, dans le pays que Sarkozy érigeait en modèle, on a volontairement exploité la précarité des plus pauvres en leur proposant des crédits qu’ils étaient incapables de rembourser, en espérant pouvoir récupérer ensuite les maisons hypothéquées.

Les USA ont fait faillite ? Celle-ci n’est pas seulement financière, rongée par l’endettement général ou l’égoïsme national, elle est aussi militaire, tant au Caucase où l’armée georgienne formée par les Américains (et les Israéliens) a été mise en déroute par une Russie acculée à défendre ses ressortissants attaqués, qu’en Irak ou en Afghanistan, où elle s’enlise honteusement, victime de la résistance à l’impérialisme prédateur de l’Occident.

La débâcle est aussi morale. Partout, l’Occident anglo-saxon est discrédité. De plus en plus de voix autorisées s’élèvent pour dénoncer la gigantesque manipulation du 11 septembre prétexte aux guerres coloniales et au contrôle généralisé des populations depuis le plus jeune âge, les peuples ouvrent les yeux sur la vraie nature de la démocratie promise, un fascime militaro-financier qui dresse les individus les uns contre les autres, s’implante partout au moyen d’ONG ambigües, de bases militaires, d’agents chargés de destabiliser des régions entières, pour le seul profit des multinationales-vampires.

La méfiance s’étend. Des pays comme la Russie, la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Vénézuela, la Bolivie, le Brésil, l’Argentine, l’Equateur, et tant d’autres, prennent de plus en plus leur distance vis-à-vis d’un Occident dominateur, conquérant, arrogant. Et s’organisent au sein d’alliances stratégiques. Toute la géo-politique change. Les USA ne peuvent plus compter, en fait, que sur quelques pays, notamment européens, complètement asservis d’ailleurs.

La France du Général de Gaulle, attachée aux Droits de l’Homme, aux valeurs humanistes, à l’indépendance nationale, aux protections sociales, est trahie par un agent de l’Etranger, qui , de l’avis de tous, gouverne avec les néo-cons américains, le MEDEF et le CRIF. Des pans entiers de secteurs sociaux, du service public, du Droit du Travail, sont complètement démantelés, au profit des intérêts du Grand Capital apatride, mais surtout anglo-saxon. La précarité s’étend, les protections sociales reculent, le pouvoir d’achat fond, l’angoisse est partout. Et la France devient un immense désert, de plus en plus privée de ses agriculteurs, de ses hôpitaux, de ses institutions judiciaires, de ses casernes, de ses services publics, de ses gares, de son commerce et de ses équipements de proximité... Avec Sarkozy, on assiste à un transfert des ressources des classes moyennes et populaires vers les classes les plus favorisées. Et par exemple, c’est le bouclier fiscal qui est mis en place au lieu du bouclier salarial. Et les retraités, les allocataires de pensions, voient leur revenus fondre...

Les choix sont clairs. Il n’y a pas d’argent pour les affamés dans le monde, mais seulement pour les banquiers et les spéculateurs. Les caisses sont vides pour augmenter les revenus des Smicards, des allocataires ou des retraités. Et Sarkozy prépare avec les Barroso ou les Brown, le monde de demain, celui qui sera aux mains des grandes banques - et des multinationales de mort, militaires, du pétrole, pharmaceutiques, agro-alimentaires... Déjà, Attali, le porte-parole des tenants du Nouvel Ordre Mondial, nous prépare via les médias au gouvernement mondial financier, fasciste, totalitaire, policier, qui va bientôt s’emparer de nos vies pour les contrôler, les asservir, les broyer, ou les envoyer sur les champs de bataille pour des guerres impériales qui ne protègeront pas la patrie, mais qui accroîtront les profits des Bush, Cheney, Rockefeller, Rothschild, Dassault, Lagardère, Bill Gates and Co.

L’avenir est très sombre. L’Occident a fait main-basse sur les médias, pour qu’ils nous manipulent à longueur d’émissions en faveur de Sarkozy l’Américain, de l’Europe vassale de l’Empire, du libéralisme financier dévastateur pour la planète, des chocs de civilisation, de guerres soi-disant pour la patrie.... Et nous sommes conviés à rêver de Capital, de Dynasties, de Stars academies, de Racines et des Ailes, ou à nous abêtir via des séries américaines stupides, des jeux débiles, des Reality Shows grotesques. Et bien sûr, à longueur d’émissions on désigne nos futurs ennemis, les Iraniens, les Syriens, les Russes, les Chinois, etc , la liste n’est pas exhaustive. On nous a prévenus, la guerre, désormais, doit être préventive et permanente. Les miultinationales de l’armement ou de la reconstruction, et les médias friands d’épisodes guerriers, se frottent les mains.

On sait que les crises sont provoquées pour accroître le pouvoir et les revenus d’une caste de prédateurs ; et elles sont destinées à déboucher tôt ou tard sur des guerres. Michael Moore, le célèbre réalisateur américain, nous expose en particulier comment les bandits de l’Administration Bush ont organisé le plus gigantesque racket de l’histoire de l’humanité, pour, sans le moindre contrôle, s’en mettre plein les poches avant de laisser la place. Car les "bons" chrétiens américains, fervents supporters de la démocratie irréprochable (pour reprendre une expression chère à Sarkozy) qu’ils tentent... d’imposer au monde entier, ou grands amateurs de mondialisation ultra-libérale bienheureuse (pour la mafia de grands banquiers ou industriels) , les bons chrétiens américains, donc, n’ont de chrétien que le nom. En fait, ce sont de fieffés matérialistes, cupides, égoïstes, qui sont prêts à sacrifier la planète entière à leurs seuls intérêts. Et ils n’ont qu’un but : Mettre en place un gouvernement centralisé, financier, policier, liberticide, qui privera les politiques de leur pouvoir. Vous avez dit démocratie ? D’ailleurs, la première caractéristique d’une démocratie authentique, est qu’elle repose sur une indépendance de la presse absolue. Avec Sarkozy au sommet de l’Etat, il n’y a plus aucun contre-pouvoir....

Oui, le tableau est sombre. Pour sortir de cette situation, il faut une mobilisation populaire de grande ampleur.

Mais les Syndicats sont comme les médias, vendus au Pouvoir.

Les croyants sont persuadés que nous entrons dans une période de grandes turbulences, qui débouchera sur un conflit majeur, et sur des bouleversements gigantesques.

En attendant, la vie nous tend encore les bras, avec ses charmes, ses douceurs, et si chacun y mettait de la bonne volonté, la grande fraternité humaine.

Celle-là n’a pas de prix. Et le cas échéant, tous unis, elle permet de mieux faire face à tous les désordres imposés par quelques milliers de familles, indifférentes aux souffrances qu’elles provoquent.

Chantal Dupille, journaliste-écrivain


 
 
 
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2 commentaires
  • > Une planète en danger(NOS PEUPLES SONT DES ZOMBIS) 19 octobre 2008 15:23, par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

    Chère Chantal, mon seul drame, est de voir les peuples si sottement attachés aux conneries que leur proposent les grandes chaînes de télé et la grande presse en général. Quand au Cananda, on vote s. harper et que les usa se proposent à voter en novembre, je dis que nos peuples n’ont rien compris. Ne pas aller du tout aux élections serait un signe de début de désobéïssance civile, de commencement de la fin du statu quo, orchestré par les peuples enfin conscients et dignes, refusant l’esclavage...

  • > Une planète en danger 19 octobre 2008 18:25, par Rémy Rey

    Ce qui m’inquiète le plus, c’est que lorsque les choses auront atteint le point de non retour et que les peuples se soulèveront, les infrastructures carcérales et policières seront prêtes pour mater la rébellion populaire.
    Un anarchiste avertit sur le Net : "Révoltez-vous pendant que vous avez le ventre plein ! On ne peut faire la révolution le ventre vide."
    Pour conclure, cette réflexion que je me faisais aujourd’hui : le berceau de l’humanité se situe probablement dans la région comprise entre l’Iran, l’Irak et la Syrie, bref, entre Tigre et Euphrate.
    Pas en Amérique !
    Cordiales salutations.
    Rémy Rey