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La guerre dans le Caucase

Un piège pour la Russie : les néolibéraux étasuniens et les fascistes ukrainiens derrière l’opération « Table rase »

Le noyau dur de ce bulletin COMAGUER est constitué par la traduction d’un article paru dans la revue russe en ligne LEFT.RU.
Il s’agit de la transcription d’un entretien téléphonique entre un journaliste russe présent en Azerbaïdjan, tout prés de la Géorgie, où, mais ce n’est pas dit, il se trouvait probablement avant cet entretien et sa collègue basée à Moscou. L’entretien a lieu le 13 AOUT 2008, c’est-à-dire que la très brève « guerre de Géorgie » vient de s’achever et que l’onde de choc géopolitique qu’elle a créée n’en est qu’à ses débuts.

L’intérêt principal de cet entretien réside dans le fait qu’il donne d’emblée la portée mondiale de l’évènement. La « guerre de Géorgie » qui, dans sa matérialité, a duré 4 jours , s’est déroulée sur un territoire minuscule ( l’Ossétie du Sud couvre 3900 km2 , elle compte 70 000 habitants et l’Abkhazie a été à peine touchée) constitue un renversement de tendance dans la politique impérialiste unipolaire de domination à spectre total instituée par les États-Unis après la disparition de l’Union Soviétique, politique dans la Guerre du Golfe avait sonné la première charge dévastatrice.
A ce titre, l’apport le plus décisif de l’analyse de VADIM STOLZ est de faire comprendre que l’initiative de la guerre de Géorgie ne revient pas au seul SAAKASHVILI, mais ceci a fini par être largement admis après les premières tentatives médiatiques d’inversion des rôles , mais surtout de révéler, ce qui est essentiel, que l’objectif de l’agression géorgienne était de fixer au sol l’armée russe à l’extérieur de la Russie , de la placer en position d’envahisseur, de rejouer en plus petit la guerre d’Afghanistan (1979-1989) et d’étendre l’abcès ainsi créé à la totalité du Caucase Nord et Sud , zone qui reste, du fait de l’extrême diversité de ses populations, une des zones du monde les plus difficiles à gouverner.

Or, la Russie, qui n’ignorait pas les préparatifs de l’agression, a déjoué le piège en ce sens qu’elle a porté son attaque sur le territoire géorgien en détruisant très vite une bonne partie du dispositif conçu pour un encerclement prolongé de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie. En d’autres termes, la Russie est sortie préventivement et victorieusement de la position d’assiégé qui lui avait été assignée par ses adversaires. C’est ce que l’Occident a dû, bon gré mal gré, assez vite reconnaître en qualifiant l’action militaire russe de « disproportionnée ». Elle n’était pas disproportionnée, elle était imprévue et désarçonnante.

Le 13 Aout VADIM STOLZ ne peut pas encore prévoir les suites politiques de la « guerre de Géorgie » :
condamnation lointaine par les Etats-Unis de l’action russe qui veulent d’abord faire croire qu’ils ne sont pas directement impliqués mais qui, n’y parvenant pas, vont lancer navires militaires à l’appui, une lourde opération humanitaro-militaire en Géorgie destinée en fait à remplacer le matériel détruit par l’armée russe et vont dépêcher DICK CHENEY sur le terrain pour redonner courage à des amis décontenancés. Cette mission n’a d’ailleurs pas été un succès.
Négociations au sommet Union Européenne-Russie qui impliquent directement l’UE dans le maintien de la paix et non dans la poursuite de l’agression antirusse
Reconnaissance par la Russie des deux républiques nouvelles débouchant sur un accord de défense militaire qui garantit la présence permanente de troupes russes en Ossétie du Sud et en Abkhazie (il est question de 3500 à 4000 hommes)
L’approfondissement de la crise politique ukrainienne, le premier ministre GYULIA TIMOSHENKO s’étant abstenue de toute critique de l’action russe alors que le Président YUSCHENKO était un des principaux soutiens, politiques et militaires de l’agression géorgienne
Toute une série d’initiatives diplomatiques de la Russie dont le cadre général est clarifié par MEDVEDEV qui déclare que la période ouverte par les attentats du 11 septembre 2001 qui a vu la Russie apporter son soutien à la »guerre contre le terrorisme » est close et que la Russie, sans vouloir rouvrir une nouvelle guerre froide dont a disparu le contenu idéologique ( opposition capitalisme-socialisme), refuse l’unilatéralisme et la résolution des problèmes comme ceux de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud par la force

Cette réflexion générale faite, il a paru utile de faire suivre différentes séquences de l’entretien de précisions sur les personnes, organismes ou événements cités qui, pour le lecteur non spécialement averti des arcanes de la politique russe ou étasunienne, sont nécessaires à la bonne compréhension du texte.
Le style journalistique et oral donne à l’entretien un petit caractère de roman d’espionnage mais l’importance qu’il donne à certains personnages ne contredit pas les mouvements politiques profonds qui sont en cause et dont ces personnages ne sont aucunement les démiurges mais bien au contraire de simples agents.
Les précisions de COMAGUER s’intercalent donc au fil de l’entretien (à na pas confondre avec les notes de l’Editeur établies par la
rédaction de LEFT.RU et qui figurent dans l’original).


Un piège pour la Russie : les néolibéraux étasuniens et les fascistes ukrainiens derrière l’opération « Table rase »

Par VADIM STOLZ (Burtsev)

Ceci est la transcription d’une interview de Vadim Stolz (VS) président du Comité Editorial International de burtsev.ru - groupe de journalistes d’investigation affilié à l’hebdomadaire internet LEFT RUSSIA (www.left.ru)
Interview réalisée le 13 Aout 2008 par Natasha Barch (NB) membre du groupe de Moscou de burtsev.ru. VS parlait au téléphone depuis l’Azerbaïdjan.

Natasha
Barch
- Vadim, que pouvez-vous nous dire sur ceux qui
ont conçu et préparé l’attaque génocidaire
contre le peuple ossète par l’armée géorgienne ?

Vadim
Stolz
- Nous pensons que cette conspiration s’est
formée au printemps 2008 dans le triangle formé par
l’équipe de campagne de Mac Cain, d’anciens membres du
« groupe super secret » de BOB GATES de
1989-1991 et les représentants du centre clandestin
BANDEROVITE (NDT : Banderovites : fascistes ukrainiens,
voir plus loin) dans le service central du renseignement militaire
du Ministère Ukrainien de la Défense.

NB
- Pourriez-vous être plus précis et nous donner des noms
et des détails ?

VS
- OK. D’abord, je mentionnerais le bureau du Vice-président
DICK CHENEY comme le lien entre la campagne MAC CAIN et le pouvoir
exécutif. Chez MAC CAIN nous avons identifié deux
personnages clés : RANDY SCHEUNEMANN et ROBERT KAGAN.
SCHEUNEMANN est le conseiller de MAC CAIN pour les affaires
internationales. Il est également patron d’une firme de
lobbying engagée par SAAKASHVILI pour favoriser l’entrée
de la Géorgie dans l’OTAN. En 2002, SCHEUNEMANN a fondé
le COMITE POUR LA LIBERATION DE L’IRAK et est devenu le principal
propagandiste de la guerre US contre ce pays. Il a pris part à
la falsification du renseignement US sur les armes de destruction
massive de l’Irak et à la mise sur pied du gouvernement
irakien fantoche. Il était proche du fameux AHMED CHALABI du
Conseil National Irakien. CHALABI a été la principale
source de désinformation de la CIA et du Pentagone et leur a
fourni les alibis quand le trucage est devenu évident. Il est
probable que SCHEUNEMANN ait travaillé avec l’ex-officier de
haut niveau de la CIA FRITZ ERMARTH dans cette opération de
désinformation. A cette époque ERMARTH était
employé de la SAIC un des plus gros fournisseurs du
Pentagone, de la CIA et du FBI qui comptait ROBERT GATES parmi ses
administrateurs et était très impliquée dans
l’invasion de l’Irak. Un des contrats de la SAIC était de
former les membres du gouvernement irakien fantoche mis en place
hâtivement par Washington.

[Note
de l’éditeur FRITZ ERMARTH sert de lien entre un groupe
d’anciens agents du renseignement soviétique opérant
sous la bannière de la compagnie FARWEST LLC et les groupes
de droite du complexe militaro-industriel et la classe politique.]

Quant
à ROBERT KAGAN, il est le conseiller informel de MAC CAIN
émanant des élites de l’extrême-droite
atlantiste et leur idéologue à la mode qui milite pour
un retour à l’impérialisme occidental d’avant la
Première Guerre Mondiale. Sa femme est le représentant
US à l’OTAN. Ils vivent à Bruxelles. Avec WILLIAM
CHRISTOL, KAGAN a cofondé le PNAC (Projet pour un nouveau
siècle américain) qui a été le
porte-drapeau du projet militaro-politique proto-fasciste qui inclut
les néoconservateurs, l’extrême droite des
Républicains, des éléments racistes et les
Likudniks, tous à la recherche de la domination mondiale.

Les
personnes du « groupe secret » qui ont
participé au dernier coup du Caucase sont ROBERT GATES, CONDI
RICE, ERMARTH et ERIC EDELMAN qui travaille pour GATES en qualité
de sous-secrétaire à la Défense. C’est un
groupe idéologiquement cohérent de vétérans
de la guerre secrète contre l’URSS et la Russie.

Nous
pensons que le rôle principal dans le « coup »
a été joué par les services de renseignement
ukrainiens, représentés par leurs chefs informels :
les généraux VLADIMIR FILIN (né Vladimir
Vladimirovitch Litouchenko) et ALEXI LIKHVINTSEV (né Alexei
Alexevitch Kolosovskii)

[Note
de l’éditeur : Le général FILIN a
plusieurs visages. Outre ses fonctions au service central du
renseignement militaire ukrainien, il est le Vice-président de
FARWEST LLC (précédemment FARWEST LTD) dont le siège
est à Dubaï. Cette société commerciale sert
de paravent à une alliance antirusse des services de
renseignement US, britanniques, Saoudiens, Ukrainiens et quelques
autres. FILIN intervient également comme « politologue »
dans deux publications qui appartiennent à FARWEST LLC :
Forum.msk.ru et Pravda.info. Jusqu’à récemment, lui
et ses partenaires de FARWEST écrivaient également dans
la revue Zavtra, principal hebdomadaire « nationaliste »
qu’il soutenait financièrement. Un autre ami de FILIN est
l’homme d’affaires brésilien FT CARVALLO qui possède
plusieurs usines d’éthanol et s’est récemment
associé aux entreprises d’éthanol de GEORGE SOROS au
Brésil
]

Selon
nos sources en Ukraine, FILIN et LIKHVINTSEV représentent le
centre BANDEROVITE au ministère de la Défense
ukrainien. Leurs partenaires sont le colonel en retraite du service
de renseignement militaire russe ANTON SURIKOV, le général
RUSLAN SALDOV, conseiller de RUSLAN MIRZAEV, ministre de la Défense
de l’Ouzbékistan et le chef du service illégal de
renseignement extérieur de la République Tchétchène.
Je dois aussi citer le prince saoudien RASHEED, Président de
FARWEST LLC et un parent du prince TURKI AL FAISAL. Ce troisième
groupe d’agents de renseignement n’a pas de poids politique
significatif. Ce sont des collaborateurs des atlantistes, saoudiens,
panturkistes et nationalistes ukrainiens.

<<<
Comaguer : note
N°1

Banderovite :
mouvement fasciste ukrainien héritier de STEFAN BANDERA,
nationaliste ukrainien anti-soviétique qui à la tête
de ses milices combattit l’Armée Rouge aux côtés
des Nazis. Réfugié en Occident après la guerre,
il fut assassiné par les services secrets soviétiques
en 1959.

La
division de la société ukrainienne entre « pro
russes » et « anti russes » même
si elle ne conduit pas à des formes de guerre civile reste
cependant une donnée actuelle de la vie politique ukrainienne
et explique l’instabilité permanente de ce pays depuis la
révolution orange, aucun des deux camps ne parvenant à
s’imposer et la division entre un Ouest plus pro-occidental et où
l’antisémitisme reste vivace et un Est plus pro-russe n’a
pas disparu.




Depuis son accession à la Présidence, Yuschenko
n’a pas manqué une occasion de rendre hommage aux
« nationalistes » ukrainiens pronazis et
antisémites et il a certainement œuvré pour placer ses
amis « banderovites » aux bons endroits.

Entre
la chute du mur de Berlin (1989) et la dissolution de l’URSS,
ROBERT GATES,

aujourd’hui
Ministre de la Défense de BUSH, va mettre en place un groupe
chargé de suivre au jour le jour les évènements
importants qui se déroulent à Moscou et
éventuellement de faire quelques interventions pour peser sur
leur cours en veillant en particulier à s’assurer certaines
amitiés dans les nouvelles équipes dirigeantes. Après
avoir trempé dans tous les complots reaganiens (Contras
Nicaraguayens et Irangate) dans le cadre de ses fonctions à la
CIA il prend la tête de celle-ci en 1991.

Le
pan turkisme est une doctrine dont s’inspirent les mouvements
d’extrême droite en Turquie et qui ferait des populations
turcophones (en Turquie mais aussi chez les turcophones du Caucase et
en Asie Centrale) un peuple racialement supérieur. Le Pan
Turkisme aussi appelé Pan Touranisme évoque le nazisme
et la « supériorité raciale aryenne. »

Que
d’anciens « agents » soviétiques
soient passés à l’Ouest n’a rien d’étonnant.
Les Etats-Unis ont déjà recyclé de la même
manière une bonne partie des services secrets nazis après
1945 et pour poursuivre leur œuvre de démembrement de la
Russie ils avaient besoin d’hommes des terrain, russophones et
prêts à tout , dollars aidant. >>>

<<<
Comaguer : note
N°2

Avant
d’être candidat Républicain à la Présidence,
MAC CAIN a été très impliqué dans les
ingérences étasuniennes partout dans le monde en
qualité de patron de l’« INTERNATONAL REPUBLICAN
INSTITUTE » (IRI) la structure qui reçoit des
fonds d’Etat via la NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRACY et les
utilise pour créer des structures pro-US (ONG diverses,
agences de communication, imprimeries, station de radios et de
télévisons oppositionnelles ou pirates selon les
cas...dans les pays pas assez soumis à WASHINGTON. Dans le
cadre de ces fonctions il est beaucoup intervenu dans les préparatifs
des révolutions de couleur en Géorgie et en Kirghizie.
MAC CAIN est toujours membre du Conseil d’Administration de l’IRI.

Randy
Scheunemann a fondé l’entreprise ORION qui a été
recrutée comme conseiller de SAAKASHVILI.

L’IRI
a un pendant démocrate animé par MADELEINE ALBRIGHT qui
se livre au même type d’activités.

FRITZ
ERMATH ancien de la CIA travaille aujourd’hui au NIXON CENTER
présidé par HENRY KISSINGER. Il est à noter que,
avant son accession à l’Elysée, NICOLAS SARKOZY DE
NAGY BOCSA a détaillé sa future politique
internationale dans une publication du NIXON CENTER. >>>

NB
- Que pouvez-vous dire de l’histoire du « coup » ?

VS
- Du point de vue politique, l’attaque géorgienne sur
l’Ossétie du Sud est une nouvelle phase de ce que nous
appelons BARBAROSSA n° 3, le projet de démembrer la Russie
sur le modèle du démembrement de l’URSS et de prendre
le contrôle de ses ressources naturelles et de son arsenal
nucléaire. Avant le printemps 2008 le principal objectif de
FARWEST était de salir la direction russe, en particulier le
groupe de SILOVIKI autour d’IGOR SECHIN. Les services de
renseignement ukrainiens ont même créé un groupe
spécial « R » [R pour Russie]
occupé par d’anciens espions soviétiques pour
rassembler des informations « sales » sur le
groupe SECHIN et sur d’autres groupes de la haute administration
et du business russes. L’idée était de susciter des
conflits entre eux et peut-être de provoquer un coup d’Etat à
Moscou et de détruire la Russie de l’intérieur.
POUTINE devait soit être assassiné, soit être
pris en otage par le groupe SECHIN. Finalement POUTINE a été
capable de conjurer le plan en utilisant la vieille méthode du
bon flic et du mauvais flic (MEDVEDEV ET SERGUEI IVANOV). Le
transfert de pouvoir à MEDVEDEV s’est fait en douceur. La
description détaillée de cette bataille est écrite
dans le livre « TROISIEME BARBAROSSA » d’ANTON
BAUMGARTEN.

Sa
principale victime, le lieutenant-général ALEXANDER
BULBOV, chef du service opérationnel de l’Agence Fédérale
de contrôle du trafic de drogue et ses adjoints qui ont pris
« des mesures préventives » contre
FARWEST. Ils ont été arrêtés fin 2007 et,
malgré les protestations du bureau du Procureur Général,
restent en prison sous de fausses charges fournies contre eux par
l’allié de SECHIN, ALEXANDER BASTRYKIN, chef du Comité
des enquêtes du bureau du Procureur général.

Une
nouvelle phase de la guerre secrète contre la Russie a
commencé quand l’échec de la tentative de profiter du
transfert du pouvoir présidentiel au Kremlin en créant
du désordre est devenu patent et lorsque les Républicains
ont vu se profiler la menace d’une défaite aux
Présidentielles. Dans cette nouvelle phase, la place centrale
est revenue aux régimes « oranges » de
SAAKASHVILI et YUSCHENKO. Leur rôle a été de
provoquer une crise militaire avec la Russie qui pourrait servir à
convaincre la « vieille Europe » qu’une
nouvelle guerre froide avec la Russie était inévitable,
à la faire s’aligner sur les Etats-Unis et à lever
toutes les objections à la rapide intégration de la
Géorgie et de l’Ukraine dans l’OTAN. Non moins important
était l’objectif de dynamiser la campagne poussive de MAC
CAIN. A cet égard, il faut noter que pour de nombreux
observateurs ROBERT GATES a été impliqué dans
l’ « OCTOBER SURPRISE » de 1980 qui a
porté REAGAN et BUSH à la Maison Blanche. Nombre de
commentateurs occidentaux ont relevé cette ressemblance avec
l’attaque géorgienne.

Il
y avait d’autres considérations plus générales.
Conformément à la proposition de KAGAN pour un nouvel
impérialisme, l’ONU doit être dissoute et remplacée
par une « LIGUE DES DEMOCRATIES » pour défendre
la « civilisation » contre une « LIGUE
DES AUTOCRATIES ». Il va sans dire que la Russie (et la
Chine) appartiennent à ce second groupe. Il s’ensuit que les
ATLANTISTES ont besoin d’une nouvelle guerre froide en vue de
cimenter l’alliance ULTRA IMPERIALISTE, dénommée
« L’OUEST ». Dans la vision de KAGAN, le
système des relations internationales sera mis sur la touche,
laissant une table rase pour l’affrontement final entre les forces
de la Lumière occidentale et celles des ténèbres
orientales. KAGAN rêve d’u retour à l’époque
d’avant la Première Guerre Mondiale, quand les impérialistes
occidentaux, ignorant superbement la correction politique décident
de rosser les sauvages et les barbares .......

Cette
fois, les barbares seront appelés « La ligue des
autocrates » qui menacent les libertés de
« l’humanité civilisée ». KAGAN
appelle cela le « retour à l’Histoire et la fin
des rêves ». Si l’on en juge par l’abondante
publicité dont bénéficient ces conneries
fascistes à l’Ouest, KAGAN peut être considéré
comme le leader idéologique des élites Atlantistes et
des Post-Nazis. L’opération « table rase »
était idéologiquement enracinée dans la doctrine
KAGAN et dans les discours de SAAKASHVILI, la Géorgie est
présentée comme « le bastion de la
civilisation » contre « l’esclavage
asiatique ». Le discours géorgien officiel est
plein de telles stupidités racistes.

<<<
Comaguer
 : note N°3

SILOVIKI
est la dénomination russe de tous les personnages du monde du
renseignement et de l’espionnage. Il ne s’agit pas pour autant
d’un groupe organisé et homogène car « les
guerres des services » comme la corruption existent en
Russie comme d’ailleurs en atteste l’épisode « Bulbov »
dont parle VADIM STOLZ.

IGOR
SECHIN
est un des personnages-clés du régime.
Secrétaire particulier de Poutine à la Présidence
il vient récemment de le rejoindre dans la même fonction
chez le Premier Ministre. Quand il parle de « prise
d’otage de Poutine par le groupe SECHIN » l’article
semble lui prêter des ambitions personnelles mais il est
difficile de corroborer cette affirmation.

La
manœuvre de POUTINE à laquelle VADIM STOLZ fait allusion est
la méthode du « bon flic » et du
« mauvais flic ». Elle fait référence
aux préparatifs de la succession de POUTINE à la
Présidence. On se souvient qu’à l’approche du terme
de second mandat consécutif, l’Occident a déclenché
une grande campagne pour faire croire que Poutine allait se
représenter et violer ainsi la Constitution qui interdit trois
mandats consécutifs (mais pas trois mandats !). S’il
était tombé dans ce panneau il aurait endossé
lui-même le costume de dictateur qui lui avait déjà
été taillé. Mais il lui fallait en même
temps déjouer les manœuvres locales qui l’auraient empêché
de choisir le successeur qui avait ses préférences.
D’où le lancement de la candidature de SERGEI IVANOV qui se
trouva soudain promu du Poste de Ministre de la Défense à
celui de Premier Ministre et présenté aussitôt
comme présidentiable. SERGEI IVANOV considéré
comme un « dur » en Occident va donc jouer le
rôle du mauvais flic, celui qui fait peur et permettre à
DIMITRI MEDVEDEV de rester dans l’ombre le plus longtemps possible
et d’apparaître comme un doux ou un faible au point qu’il a
été rapporté que sitôt après la
vigoureuse riposte russe à l’attaque Géorgienne de
l’Ossétie du Sud, BUSH a téléphoné à
MEDVEDEV et lui a manifesté sa surprise en lui disant :
« je croyais que vous étiez un libéral ! »
La subtilité politique de BUSH n’est évidemment pas
très développée mais il ne faisait que répéter
ce que son entourage lui avait dit : « on a échappé
au méchant (IVANOV) on a eu le gentil (MEDVEDEV) ».
L’occasion de faire remarquer que le pouvoir politique à
Moscou fait l’objet d’une surveillance minutieuse des services
officiels du gouvernement des Etats-Unis et de toutes les fondations
et ONG pro US installées à Moscou et que cette
surveillance n’a guère diminué depuis l’ère
soviétique. Mais la preuve est faite aussi que Poutine et les
SILOVIKI connaissent toujours la musique !

Le
Livre d’ANTON BAUMGARTEN ne semble exister que dans sa version
originale russe. Un bref résumé en anglais est
disponible sur le site de LEFT.RU.

Le
thème de la « LIGUE DES DEMOCRATIES » a
été repris récemment par MAC CAIN dans sa
campagne. Sans surprise ! Il est un nouveau symptôme de
la volonté des néoconservateurs et de la droite
étasunienne de détruire tout l’édifice du
droit international construit après 1945 autour de l’ONU. De
la même façon le discours sur les « barbares
orientaux » rappelle tristement le discours nazi et en
particulier la haine des slaves qu’il n’était pas moindre
que celle des juifs.

Sur
les armes nucléaires ukrainiennes :

La
dissolution rapide de l’URSS a posé la question de
l’armement nucléaire stratégique encadré en
particulier par les accords REAGAN-GORBATCHEV connus sous le nom de
SALT 1. Les armes nucléaires soviétiques étaient
réparties dans 4 républiques de l’Union :
Russie, Belarus, Kazakhstan, et Ukraine. Les discussions de ces 4
Etats entre eux d’une part et avec les Etats-Unis d’autre part
aboutirent à un nouvel accord au terme duquel la Russie
remplaçait l’URSS et devenait le seul partenaire des
Etats-Unis dans les accords SALT et les 3 autres républiques
étaient dénucléarisées. Le Belarus, le
moins pourvu (quelques dizaines de bombes), ne fit aucune difficulté
pour renvoyer ces armes en Russie, le Kazakhstan obtint en plus un
financement des Etats-Unis pour le démantèlement de ses
bases nucléaires, financement obtenu d’autant plus
facilement qu’en échange les Etats-Unis obtenaient des
permis de recherche pétrolière au Kazakhstan. Par
contre l’Ukraine fit beaucoup de difficultés pour se
« dénucléariser » (il fallut
prés de 5 ans de négociations) et cela peut donner
corps à l’hypothèse que, dans la vaste pétaudière
qu’a été l’Ukraine nouvellement indépendante
et qu’elle demeure assez largement aujourd’hui, quelques bombes
auraient été dissimulées et non déménagées
en Russie. >>>

 

NB
- Les néo-conservateurs US et les origines idéologiques
du génocide géorgien contre le peuple ossète
sont un sujet très important et nous en traiterons. . Mais que
pouvez-vous nous dire sur la préhistoire de l’opération
« Table rase » ?

VS
- Il y a quelque temps nous avons publié l’information,
basée sur nos sources au ministère de la Défense
ukrainien, que le général FILIN a, fin 2007, été
affecté au département spécial « R »
pour coordonner l’activité des services de renseignement
ukrainien et géorgien. En pratique, cela veut dire que FILIN
contrôlait la circulation des renseignements ukrainiens sur
l’armée russe à la Géorgie.

Les
services de renseignement géorgiens n’avaient pas les moyens
de faire ce travail et devaient s’appuyer sur les ukrainiens. FILIN
disposait de cadres expérimentés, beaucoup ayant
travaillé pour les services soviétiques, et d’un
puissant réseau d’information de terrain en Russie du Sud et
à Moscou. FILIN avait aussi des informateurs au Ministère
russe de la Défense, au FSB et dans d’autres services
officiels. FILIN et ses partenaires de FARWEST LLC ont développé
ces sources via des « contrats commerciaux »
ou avec des partenaires dans le crime, le trafic de drogue et le
trafic d’armes. On peut dire que , pour la partie renseignement
humain, l’opération « Table rase »
était soutenue par le renseignement militaire ukrainien et
pour la partie renseignement technique qu’elle était assurée
par les services US installés autour de la ville de GORI et
ailleurs.

Selon
nos sources allemandes, mi-mars 2008, ROBERT KAGAN a tenu une
première réunion avec la direction de FARWEST LLC,
FILIN, RUSLAN SAIDOV et ANTON SURIKOV. Ils ont été
présentés à KAGAN à Bruxelles par FRITZ
ERMARTH, aujourd’hui membre de la fondation NIXON. Cette réunion
permit d’établir les liaisons entre FARWEST LLC et les
responsables pour la politique étrangère et le
renseignement de la campagne MAC CAIN. Ensuite en Mai, FILIN commença
son chantage nucléaire contre la Russie, laissant entendre que
l’armée ukrainienne avait conservé quelques armes
nucléaires en violation de l’accord de Budapest de 1995. Il
continua aussi à diaboliser les Sociaux-démocrates
allemands en comparant le Chancelier SCHRÖDER et le Ministre des
Affaires étrangères STEINMEIER à des nazis et le
pipeline NORTH STREAM au pacte MOLOTOV-RIBBENTROP.

NB
- FILIN pouvait-il soulever la question de la renucléarisation
de L’Ukraine sans l’accord de Washington.

VS
- Ceci est hors de question. Les affirmations de FILIN furent
évidemment approuvées par l’entourage de DICK CHENEY
et suggérées par des personnes de la campagne de MAC
CAIN très probablement KAGAN et SCHEUNEMANN .C’est évident
quand on considère la suite. En Mai, BUSH va à Berlin
et dit à MERKEL que les Ukrainiens sont décidés
à avoir la bombe si les allemands n’approuvent pas leur
entrée dans l’OTAN. Après sa rencontre avec BUSH,
MERKEL va à Kiev où le renseignement militaire a
préparé pour YUSCHENKO et le Conseil National de
Sécurité un projet de déclaration sur la sortie
de l’Ukraine du traité de Budapest et sa décision de
ne pas demeurer un Etat sans armement nucléaire. A Kiev,
MERKEL temporise sur la question de l’OTAN mais convainc YUSCHENKO
d’attendre avant de faire sa déclaration. Pendant ce temps,
la presse ukrainienne répond à la publication de
lefr.ru en ouvrant une discussion
publique sur le statut nucléaire de l’Ukraine. Très
vite, le député communiste LEONID GRACH demande
officiellement une enquête sur une supposée violation
par l’Ukraine du traité de Budapest. Il écrit à
YUSCHENKO et aussi à l’ambassadeur US WILLIAM TAYLOR.
Pendant que la presse russe continue à faire croire qu’il
ne se passe rien, le maire de Moscou LUZKHOV réitère
ses propos provocants sur la Crimée et de non moins
provocantes publications anti-ukrainiennes sortent de l’écurie
des « politologues » de SURKOV et BELKOVSKII.
Les passions se mirent à monter des deux côtés.
C’est précisément ce que souhaitent les organisateurs
de l’opération « Table rase ».

Finalement,
quelques jours avant l’attaque géorgienne, le prince RASHEED
[note de l’éditeur : Président de
FARWEST LLC
] SAIDOV, FILIN et SURIKOV vinrent aux USA,
apparemment pour faire les dernières mises au pont avec les
soutiens politiques de l’opération et les hommes de GATES à
la DIA [DIA renseignement militaire US qui dépend
directement du Pentagone, ne pas
confondre avec la CIA]
FILIN vole directement des USA vers la Géorgie. Selon nos
sources, son rôle à Gori était d’éviter
la fermeture du tunnel stratégique de ROKI par les
Géorgiens. Après que les premiers bataillons de la 58°
armée eurent atteint Tskhinvali, FILIN se déplaça
vers les gorges de Kodori en Abkhazie. Nous pensons que son rôle
était double. Dans la mesure où la défaite
géorgienne était imminente, il devait assurer une
évacuation sans danger des spécialistes militaires
ukrainiens et s’assurer que les Abkhazes prenaient le contrôle
de la totalité des gorges. Cette ultime et importante tâche
avait une portée stratégique pour les plans de FARWEST
et ses sponsors Atlantistes et Panturkistes. Les gorges de Kodori
sont un lien entre les Abkhazes et leurs cousins Tcherkesses du Nord
Caucase. L’organisation des indépendantistes Tcherkesses
anti-russes : « le congrès Tcherkesse »
et les LOUPS GRIS turcs envisagent la création d’une
« grande Tcherkessie » comme partie d’un
empire pan-turk : « le grand Touran ».
ANTON SURIKOV est considéré comme chargé des
services de sécurité du « Congrès
Tcherkesse » et de leur liaison avec les LOUPS GRIS en
Turquie.

NB
- Si votre récit est correct, FILIN a réellement aidé
l’armée russe. Pourquoi voulaient-ils garder le tunnel
ouvert ?

VS
- C’est parce qu’amener les russes en Géorgie était
le principal objectif de l’opération « Table
rase » au moins pour ses sponsors US et Ukrainiens sinon
pour SAAKASHVILLI .Ils ne pouvaient pas imaginer que l’armée
géorgienne se désintégrerait si vite. Leur
objectif stratégique était d’attirer la Russie dans
une guerre prolongée aussi sanglante et épuisante que
possible, avec de grandes pertes dans la population civile et la
propagation du chaos dans tout le Caucase et au-delà à
l’intérieur de la Russie. N’oubliez pas que la même
attaque génocidaire était planifiée aussi contre
l’Abkhazie. Les plans militaires géorgiens sur lesquels
l’armée russe a mis la main, montrent l’encerclement des
forces abkhazes et de la majorité de la population. Il est
probable que la plus forte concentration de spécialistes
militaires ukrainiens se trouvait dans les gorges de Kodori plus
qu’autour de Tskhinvali. Mais l’armée russe ne s’est pas
attardée à Tskhinvali et sa progression comme l’éclair
stupéfia les militaires US. Même l’utilisation des
spécialistes ukrainiens n’aida pas l’armée
géorgienne. Selon nos sources, ce sont des missiles ukrainiens
SAM, dirigés par des équipages ukrainiens qui ont
abattu les 4 avions perdus par les russes. Mais cela eut peu
d’incidence sur l’issue de la guerre. Peut-être la perte
des deux bombardiers stratégiques TU 22 a-t-elle ralenti le
mouvement des troupes russes. Mais, aussitôt les Géorgiens
délogés de leurs positions sur les hauteurs autour de
Tskhinvali, nous avons commencé à avancer rapidement
vers Gori. Face au « blitzkrieg » russe, FILIN
a évacué les ukrainiens des gorges de Kodori. Je pense
que c’était une toute petite partie de leur plan dans tous
les cas. Personne ne pouvait sérieusement escompter une
victoire finale de la Géorgie. Ils ont utilisé la
Géorgie comme un pays sacrifiable comme un appât et un
hameçon pour la Russie. Le projet ukrainien était tout
autre. Le lobbying de FILIN pour la dénucléarisation
de l’Ukraine avait commencé en prélude à la
guerre russo-géorgienne qu’il a contribué à
provoquer.

<<<
Comaguer : note
N°4

Quelques
éclaircissements sur les opérations militaires du 7 au
12 Aout :

Pour
parvenir en Ossétie du Sud les troupes russes ne pouvaient
pas emprunter la « route stratégique »
qui relie VLADIKAVKAZ en Ossétie du Nord (donc en Russie) à
TBILISSI puisqu’elles auraient ainsi directement envahi le
territoire géorgien, elles n’avaient donc qu’un seul
itinéraire possible : la route qui franchit le Caucase
sous le tunnel de ROKI et qui est le seul et unique lien direct entre
l’Ossétie du Nord et l’Ossétie du Sud. Si le tunnel
de ROKI avait été détruit, l’intervention au
lieu d’être massive (régiments entiers arrivant par la
route) devenait une opération de commandos héliportés
inévitablement moins percutante. Mais comme l’objectif était
de piéger l’armée russe en Ossétie du Sud il
fallait au contraire qu’elle puisse arriver en force et en nombre.

Ce
qui a déjoué le plan géorgien c’est la
décision russe de ne pas rester en Ossétie du Sud et de
pénétrer aussitôt en Géorgie pour y
anéantir les forces et les équipements militaires qui
étaient destinées à détruire les siennes
et , cette mission accomplie, de s’installer en Géorgie
dans la zone tampon périphérique créée
autour l’Ossétie du sud jusqu’à l’arrivée,
ces derniers jours, des « casques bleus » de
l’Union Européenne.

Dans
le cas de l’Abkhazie le projet était le même :
laisser libre le passage par les gorges de KODORI, entre
l’Abkhazie et sa voisine du Nord la république Tcherkesse de
Karatchevo-Tcherkessie pour que le maximum de troupes russes puissent
pénétrer sur le territoire abkhaze et s’y trouver
ensuite enfermées. De plus une force présence militaire
russe en Abkhazie aurait permis d’allumer un nouveau feu
« indépendantiste » islamiste et
antirusse dans cette république.

Dernier
point important : de l’avis des experts militaires, les
troupes russes qui ont été engagées dans la
« guerre de Géorgie » sont les
meilleures troupes russes actuelles et n’ont plus grand-chose à
voir avec « l’armée en déroute »
des années 90 mal payée, ravagée par l’alcool
et corrompue au point de vendre ses armes aux groupes
indépendantistes qu’elle était supposée
combattre. C’était évidemment ces troupes là
qu’il fallait immobiliser dans le siège programmé de
l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. >>>

NB
- Aurions-nous pu éviter de mordre à l’hameçon ?

VS
- Aucune chance. Ils savaient que la Russie ne pouvait pas attendre
et assister à un génocide en Ossétie du Sud.
Aussi ont-ils poussé SAAKASHVILI à cette aventure
stupide et criminelle. Leur but n’était pas d’occuper
l’Ossétie du Sud. Les américains s’en fichent.
Autrement la première chose qu’ils auraient eu à
faire aurait été de détruire le tunnel de Roki.
Au lieu de quoi ils ont commencé par tuer les casques bleus
et la population civile comme pour inviter la Russie à les
secourir. Leur calcul était juste. La Russie avait le choix
entre le très mauvais et le pire, entre la guerre et l’abandon
des Sud-Ossètes à l’extermination. Nous devions
choisir la guerre et contribuer à détériorer
encore plus nos relations avec l’Ouest, ce qui allait sérieusement
contrarier nos alliés comme STEINMEIER et les autres.

 
<<< Comaguer
 : Note N°5



STEINMEIER vient d’être choisi par le SPD allemand comme leur
tête de file pour les élections parlementaires
allemandes et ses chances de remplacer ANGELA MERKEL ne sont pas
minces. >>>

 

NB
- Mais pourquoi n’avons-nous pas lancé une frappe
préventive ? Bien sur je pense que c’est une question
stupide, ils nous auraient présentés comme les
agresseurs.

VS
- C’est certain ; Dans ce cas, la Russie aurait payé
beaucoup plus pour sauver deux mille vies. L’Ukraine aurait eu le
feu vert pour rentrer dans l’OTAN et nous aurions du agir
rapidement et avec une grande force au risque de conséquences
dangereuses.

NB
- En d’autres termes, notre victoire en Ossétie du sud n’a,
somme toute, pas été une victoire.

VS
- Niunevictoire, ni une défaite. Après tout en russe
le mot a deux sens opposés.Nous avons échouéà
protéger la vie de deux mille personnes et à empêcher
les destructions. Nous avons du mordre à l’hameçon,
parce qu’ils avaient l’initiative stratégique et que rien
ne les arrêterait. Mais nous avons gagné moralement.
C’est la chose la plus importante.

Ils
ne peuvent plus prévoir quoi que ce soit, notre activité
diplomatique commence à produire des résultats qu’ils
n’attendaient pas.

NB
- Le régime de SAAKASHVILI a été armé
jusqu’aux dents par l’Ukraine, Israel, et les USA. Quel était
le rôle de FARWEST dans l’armement de la Géorgie ?

VS
- Leur rôle était exceptionnel. FILIN et LIKHVINTSEV
représentent les services secrets ukrainiens dans
l’organisation de la coopération militaire avec les pays
étrangers. Ils étaient également des partenaires
en affaires du Ministre de la défense OKRUASHVILI, vendant des
armes à la Géorgie avec leur maison-mère FARWEST
LTD et ensuite à travers BIVIS-RU. Au passage, c’est la
raison pour laquelle la publication dans PROFIL au sujet de
transports d’armes d’Ukraine en Géorgie, en Azerbaïdjan
et aux Etats-Unis a provoqué une réaction hystérique
de FILIN. Cet article accusait ouvertement l’Ukraine de pousser à
la guerre et de déclencher une course à l’armement
dabs le Caucase. Comme je le rappelle c’est à ce moment-là
que FILIN a pour la première fois présenté la
Russie et l’Ukraine comme adversaires militaires potentiels et a
menacé de rendre publique l’information sur les
rétro-commissions dans les ventes d’armes de la Russie au
venezuela. FARWEST a vendu à la Géorgie non seulement
des armes provenant des arsenaux du Ministère de la Défense
ukrainien mais aussi des armes produites dans des usines clandestines
en Pologne, en Bulgarie et en Jordanie.

NB
- Qu’est ce qui va se passer ?

VS
- Ils vont débarquer SAAKASHVILI. Pour les USA il est devenu
remplaçable depuis longtemps. Au printemps il avait été
décidé de mettre BURDJANADZE [présidente du
parlement géorgien après la « révolution
des roses
 »] à sa place. Depuis lors, elle
avait pris ses distances avec SAAKASHVILI. YUSCHENKO est dans le même
bateau que SAAKASHVILI. Les américains et les BANDEROVITES
vont le remplacer par TIMOSHENKO. Ils pensent qu’ils peuvent la
contrôler. Pendant un certain temps elle a défendu son
indépendance mais finalement FILIN, GALAKA, LIKHVINTSEV et les
BANDEROVITES l’ont brisée psychologiquement. [Note de
l’éditeur : GALAKA est le chef des services de
renseignement ukrainiens]

Maintenant,
TIMOSHENKO pense qu’ils la tueraient si elle désobéissait.
La Russie va devoir faire face à de nouvelles provocations à
Sébastopol puisqu’ils vont tenter de nous entrainer dans une
guerre avec l’Ukraine. S’ils réussissent, il sera
impossible d’éviter une nouvelle guerre froide et l’ouest
poussera les BANDEROVITES à devenir une puissance nucléaire.
Le noyau des ultras nationalistes en Ukraine est très capable
de lancer la bombe sur Moscou. KADYROV [Ndt : Président
de la République Tchétchène
] et ses 25000
combattants de régime DOUDAEV-MASHKADOV (ne pas confondre
avec le bataillon héroïque pro-Moscou des forces
spéciales tchéchènes « Est et
Ouest ») se tiennent tranquilles pour l’instant. Ils ne
constituent pas une menace. Mieux vaut les laisser tranquilles. Nous
avons mieux à faire pour le moment. En Turquie les LOUPS GRIS
ont utilisé la Cour Suprême pour intimider ERDOGAN. Il a
peur et recherche la compréhension et le soutien de la Russie.
Israël, où tous les politiciens sont obsédés
par l’Iran et se font concurrence pour être le plus dur au
risque de se trouver dans la position de SAAKASHVILI au cas où
Israel attaquerait l’Iran. Les USA et les arabes du Golfe veulent
qu’Israël y aille parce qu’ils ont peur de l’Iran et
souhaitent l’affaiblir par personne interposée. Les USA ont
des négociations en coulisses avec la Chine. A ce que nous
savons, les chinois veulent avoir leur propre secteur de
responsabilité en Afghanistan. Ceci fera immédiatement
de l’Asie Centrale et du Kazakhstan leur sphère d’influence.
En échange ils peuvent utiliser l’Iran comme une monnaie
d’échange avec les USA. Malheureusement nous ne pouvons pas
vérifier cette information.

Autant
que nous puissions voir, les relations entre Pékin et Moscou
demeurent bonnes, mais il ya des efforts constants à
l’intérieur comme à l’extérieur pour
enfoncer un coin entre les deux. La presse occidentale et la presse
russe contrôlée par FARWEST dépeint délibérément
POUTINE comme un fasciste. L’exclusion de la Russie du G8 est
presque inévitable. Dans la CEI personne n’a soutenu
ouvertement la Russie. MEDVEDEV et POUTINE ont demandé
personnellement à LUKASHENKO, NAZARBAEV et KARIMOV leur
soutien mais ils ont refusé.

C’est
tout ce que j’ai à dire pour le moment.


<<<
Comaguer : note N°
6

Ces
commentaires faits le 13 Aout ne prennent évidemment pas en
compte les développements diplomatiques de la situation après
cette date, développement qui les font apparaître assez
pessimistes puisqu’ils ignorent :

  • la
    reconnaissance par la Russie des deux nouvelles républiques
    et les accords de défense qui vont bientôt les lier
    à la Russie

  • l’approbation
    rétrospective de l’action russe par les membres de
    l’Organisation de coopération de Shanghai

  • le
    resserrement des liens entre les membres de l’Organisation du
    Traité de Sécurité Collective (Russie,
    Belarus, Arménie, Kazakhstan, Ouzbékistan,
    Tadjikistan, République Kirghize

  • l’incapacité
    de l’Union Européenne à sanctionner la Russie comme
    le souhaitait Washington et l’obligation dans laquelle elle s’est
    au contraire trouvée de prendre en charge le dispositif de
    sécurité destiné à prévenir une
    nouvelle attaque géorgienne sur l’Ossétie du sud

  • le
    blocage des plans d’Israel d’attaque de l’Iran depuis des
    bases géorgiennes

  • l’abandon
    par le gouvernement de L’Azerbaïdjan de son discours guerrier
    sur la récupération du Haut Karabach par la force

  • le
    fait que l’exclusion de la Russie du G 8 n’ait même pas
    été à l’ordre du jour

En
concerne la CEI, même s’il s’agit d’une organisation très
faible et peu active, l’appartenance de la Géorgie et de
l’Ukraine à cette entité semble la condamner soit à
l’inaction soit à la disparition complète à
moins d’un très improbable changement d’équipe au
pouvoir dans ces deux pays.

Pour
autant, dans cette guerre du Caucase, l’Occident ne lâche pas
prise. Il est simplement redescendu à un niveau d’intensité
inférieur en revenant aux actions « terroristes »,
les plus récentes ayant eu lieu en Ossétie du Sud et
en Ingouchie (embuscade meurtrière contre les troupes russes). >>>


 
 
 
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