La guerre dans le Caucase

Un piège pour la Russie : les néolibéraux étasuniens et les fascistes ukrainiens derrière l’opération « Table rase »

Le noyau dur de ce bulletin COMAGUER est constitué par la traduction d’un article paru dans la revue russe en ligne LEFT.RU.
Il s’agit de la transcription d’un entretien téléphonique entre un journaliste russe présent en Azerbaïdjan, tout prés de la Géorgie, où, mais ce n’est pas dit, il se trouvait probablement avant cet entretien et sa collègue basée à Moscou. L’entretien a lieu le 13 AOUT 2008, c’est-à-dire que la très brève « guerre de Géorgie » vient de s’achever et que l’onde de choc géopolitique qu’elle a créée n’en est qu’à ses débuts.

L’intérêt principal de cet entretien réside dans le fait qu’il donne d’emblée la portée mondiale de l’évènement. La « guerre de Géorgie » qui, dans sa matérialité, a duré 4 jours , s’est déroulée sur un territoire minuscule ( l’Ossétie du Sud couvre 3900 km2 , elle compte 70 000 habitants et l’Abkhazie a été à peine touchée) constitue un renversement de tendance dans la politique impérialiste unipolaire de domination à spectre total instituée par les États-Unis après la disparition de l’Union Soviétique, politique dans la Guerre du Golfe avait sonné la première charge dévastatrice.
A ce titre, l’apport le plus décisif de l’analyse de VADIM STOLZ est de faire comprendre que l’initiative de la guerre de Géorgie ne revient pas au seul SAAKASHVILI, mais ceci a fini par être largement admis après les premières tentatives médiatiques d’inversion des rôles , mais surtout de révéler, ce qui est essentiel, que l’objectif de l’agression géorgienne était de fixer au sol l’armée russe à l’extérieur de la Russie , de la placer en position d’envahisseur, de rejouer en plus petit la guerre d’Afghanistan (1979-1989) et d’étendre l’abcès ainsi créé à la totalité du Caucase Nord et Sud , zone qui reste, du fait de l’extrême diversité de ses populations, une des zones du monde les plus difficiles à gouverner.

Or, la Russie, qui n’ignorait pas les préparatifs de l’agression, a déjoué le piège en ce sens qu’elle a porté son attaque sur le territoire géorgien en détruisant très vite une bonne partie du dispositif conçu pour un encerclement prolongé de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie. En d’autres termes, la Russie est sortie préventivement et victorieusement de la position d’assiégé qui lui avait été assignée par ses adversaires. C’est ce que l’Occident a dû, bon gré mal gré, assez vite reconnaître en qualifiant l’action militaire russe de « disproportionnée ». Elle n’était pas disproportionnée, elle était imprévue et désarçonnante.

Le 13 Aout VADIM STOLZ ne peut pas encore prévoir les suites politiques de la « guerre de Géorgie » : condamnation lointaine par les Etats-Unis de l’action russe qui veulent d’abord faire croire qu’ils ne sont pas directement impliqués mais qui, n’y parvenant pas, vont lancer navires militaires à l’appui, une lourde opération humanitaro-militaire en Géorgie destinée en fait à remplacer le matériel détruit par l’armée russe et vont dépêcher DICK CHENEY sur le terrain pour redonner courage à des amis décontenancés. Cette mission n’a d’ailleurs pas été un succès.
Négociations au sommet Union Européenne-Russie qui impliquent directement l’UE dans le maintien de la paix et non dans la poursuite de l’agression antirusse Reconnaissance par la Russie des deux républiques nouvelles débouchant sur un accord de défense militaire qui garantit la présence permanente de troupes russes en Ossétie du Sud et en Abkhazie (il est question de 3500 à 4000 hommes)
L’approfondissement de la crise politique ukrainienne, le premier ministre GYULIA TIMOSHENKO s’étant abstenue de toute critique de l’action russe alors que le Président YUSCHENKO était un des principaux soutiens, politiques et militaires de l’agression géorgienne Toute une série d’initiatives diplomatiques de la Russie dont le cadre général est clarifié par MEDVEDEV qui déclare que la période ouverte par les attentats du 11 septembre 2001 qui a vu la Russie apporter son soutien à la »guerre contre le terrorisme » est close et que la Russie, sans vouloir rouvrir une nouvelle guerre froide dont a disparu le contenu idéologique ( opposition capitalisme-socialisme), refuse l’unilatéralisme et la résolution des problèmes comme ceux de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud par la force

Cette réflexion générale faite, il a paru utile de faire suivre différentes séquences de l’entretien de précisions sur les personnes, organismes ou événements cités qui, pour le lecteur non spécialement averti des arcanes de la politique russe ou étasunienne, sont nécessaires à la bonne compréhension du texte.
Le style journalistique et oral donne à l’entretien un petit caractère de roman d’espionnage mais l’importance qu’il donne à certains personnages ne contredit pas les mouvements politiques profonds qui sont en cause et dont ces personnages ne sont aucunement les démiurges mais bien au contraire de simples agents.
Les précisions de COMAGUER s’intercalent donc au fil de l’entretien (à na pas confondre avec les notes de l’Editeur établies par la rédaction de LEFT.RU et qui figurent dans l’original).


Un piège pour la Russie : les néolibéraux étasuniens et les fascistes ukrainiens derrière l’opération « Table rase »

Par VADIM STOLZ (Burtsev)

Ceci est la transcription d’une interview de Vadim Stolz (VS) président du Comité Editorial International de burtsev.ru - groupe de journalistes d’investigation affilié à l’hebdomadaire internet LEFT RUSSIA (www.left.ru)
Interview réalisée le 13 Aout 2008 par Natasha Barch (NB) membre du groupe de Moscou de burtsev.ru. VS parlait au téléphone depuis l’Azerbaïdjan.

Natasha Barch - Vadim, que pouvez-vous nous dire sur ceux qui ont conçu et préparé l’attaque génocidaire contre le peuple ossète par l’armée géorgienne ?

Vadim Stolz - Nous pensons que cette conspiration s’est formée au printemps 2008 dans le triangle formé par l’équipe de campagne de Mac Cain, d’anciens membres du « groupe super secret » de BOB GATES de 1989-1991 et les représentants du centre clandestin BANDEROVITE (NDT : Banderovites : fascistes ukrainiens, voir plus loin) dans le service central du renseignement militaire du Ministère Ukrainien de la Défense.

NB
- Pourriez-vous être plus précis et nous donner des noms et des détails ?

VS
- OK. D’abord, je mentionnerais le bureau du Vice-président DICK CHENEY comme le lien entre la campagne MAC CAIN et le pouvoir exécutif. Chez MAC CAIN nous avons identifié deux personnages clés : RANDY SCHEUNEMANN et ROBERT KAGAN. SCHEUNEMANN est le conseiller de MAC CAIN pour les affaires internationales. Il est également patron d’une firme de lobbying engagée par SAAKASHVILI pour favoriser l’entrée de la Géorgie dans l’OTAN. En 2002, SCHEUNEMANN a fondé le COMITE POUR LA LIBERATION DE L’IRAK et est devenu le principal propagandiste de la guerre US contre ce pays. Il a pris part à la falsification du renseignement US sur les armes de destruction massive de l’Irak et à la mise sur pied du gouvernement irakien fantoche. Il était proche du fameux AHMED CHALABI du Conseil National Irakien. CHALABI a été la principale source de désinformation de la CIA et du Pentagone et leur a fourni les alibis quand le trucage est devenu évident. Il est probable que SCHEUNEMANN ait travaillé avec l’ex-officier de haut niveau de la CIA FRITZ ERMARTH dans cette opération de désinformation. A cette époque ERMARTH était employé de la SAIC un des plus gros fournisseurs du Pentagone, de la CIA et du FBI qui comptait ROBERT GATES parmi ses administrateurs et était très impliquée dans l’invasion de l’Irak. Un des contrats de la SAIC était de former les membres du gouvernement irakien fantoche mis en place hâtivement par Washington.

[Note de l’éditeur FRITZ ERMARTH sert de lien entre un groupe d’anciens agents du renseignement soviétique opérant sous la bannière de la compagnie FARWEST LLC et les groupes de droite du complexe militaro-industriel et la classe politique.]

Quant à ROBERT KAGAN, il est le conseiller informel de MAC CAIN émanant des élites de l’extrême-droite atlantiste et leur idéologue à la mode qui milite pour un retour à l’impérialisme occidental d’avant la Première Guerre Mondiale. Sa femme est le représentant US à l’OTAN. Ils vivent à Bruxelles. Avec WILLIAM CHRISTOL, KAGAN a cofondé le PNAC (Projet pour un nouveau siècle américain) qui a été le porte-drapeau du projet militaro-politique proto-fasciste qui inclut les néoconservateurs, l’extrême droite des Républicains, des éléments racistes et les Likudniks, tous à la recherche de la domination mondiale.

Les personnes du « groupe secret » qui ont participé au dernier coup du Caucase sont ROBERT GATES, CONDI RICE, ERMARTH et ERIC EDELMAN qui travaille pour GATES en qualité de sous-secrétaire à la Défense. C’est un groupe idéologiquement cohérent de vétérans de la guerre secrète contre l’URSS et la Russie.

Nous pensons que le rôle principal dans le « coup » a été joué par les services de renseignement ukrainiens, représentés par leurs chefs informels : les généraux VLADIMIR FILIN (né Vladimir Vladimirovitch Litouchenko) et ALEXI LIKHVINTSEV (né Alexei Alexevitch Kolosovskii)

[Note de l’éditeur : Le général FILIN a plusieurs visages. Outre ses fonctions au service central du renseignement militaire ukrainien, il est le Vice-président de FARWEST LLC (précédemment FARWEST LTD) dont le siège est à Dubaï. Cette société commerciale sert de paravent à une alliance antirusse des services de renseignement US, britanniques, Saoudiens, Ukrainiens et quelques autres. FILIN intervient également comme « politologue » dans deux publications qui appartiennent à FARWEST LLC : Forum.msk.ru et Pravda.info. Jusqu’à récemment, lui et ses partenaires de FARWEST écrivaient également dans la revue Zavtra, principal hebdomadaire « nationaliste » qu’il soutenait financièrement. Un autre ami de FILIN est l’homme d’affaires brésilien FT CARVALLO qui possède plusieurs usines d’éthanol et s’est récemment associé aux entreprises d’éthanol de GEORGE SOROS au Brésil]

Selon nos sources en Ukraine, FILIN et LIKHVINTSEV représentent le centre BANDEROVITE au ministère de la Défense ukrainien. Leurs partenaires sont le colonel en retraite du service de renseignement militaire russe ANTON SURIKOV, le général RUSLAN SALDOV, conseiller de RUSLAN MIRZAEV, ministre de la Défense de l’Ouzbékistan et le chef du service illégal de renseignement extérieur de la République Tchétchène. Je dois aussi citer le prince saoudien RASHEED, Président de FARWEST LLC et un parent du prince TURKI AL FAISAL. Ce troisième groupe d’agents de renseignement n’a pas de poids politique significatif. Ce sont des collaborateurs des atlantistes, saoudiens, panturkistes et nationalistes ukrainiens.

<<< Comaguer : note N°1

Banderovite : mouvement fasciste ukrainien héritier de STEFAN BANDERA, nationaliste ukrainien anti-soviétique qui à la tête de ses milices combattit l’Armée Rouge aux côtés des Nazis. Réfugié en Occident après la guerre, il fut assassiné par les services secrets soviétiques en 1959.

La division de la société ukrainienne entre « pro russes » et « anti russes » même si elle ne conduit pas à des formes de guerre civile reste cependant une donnée actuelle de la vie politique ukrainienne et explique l’instabilité permanente de ce pays depuis la révolution orange, aucun des deux camps ne parvenant à s’imposer et la division entre un Ouest plus pro-occidental et où l’antisémitisme reste vivace et un Est plus pro-russe n’a pas disparu.


Depuis son accession à la Présidence, Yuschenko n’a pas manqué une occasion de rendre hommage aux « nationalistes » ukrainiens pronazis et antisémites et il a certainement œuvré pour placer ses amis « banderovites » aux bons endroits.

Entre la chute du mur de Berlin (1989) et la dissolution de l’URSS, ROBERT GATES,

aujourd’hui Ministre de la Défense de BUSH, va mettre en place un groupe chargé de suivre au jour le jour les évènements importants qui se déroulent à Moscou et éventuellement de faire quelques interventions pour peser sur leur cours en veillant en particulier à s’assurer certaines amitiés dans les nouvelles équipes dirigeantes. Après avoir trempé dans tous les complots reaganiens (Contras Nicaraguayens et Irangate) dans le cadre de ses fonctions à la CIA il prend la tête de celle-ci en 1991.

Le pan turkisme est une doctrine dont s’inspirent les mouvements d’extrême droite en Turquie et qui ferait des populations turcophones (en Turquie mais aussi chez les turcophones du Caucase et en Asie Centrale) un peuple racialement supérieur. Le Pan Turkisme aussi appelé Pan Touranisme évoque le nazisme et la « supériorité raciale aryenne. »

Que d’anciens « agents » soviétiques soient passés à l’Ouest n’a rien d’étonnant. Les Etats-Unis ont déjà recyclé de la même manière une bonne partie des services secrets nazis après 1945 et pour poursuivre leur œuvre de démembrement de la Russie ils avaient besoin d’hommes des terrain, russophones et prêts à tout , dollars aidant. >>>

<<< Comaguer : note N°2

Avant d’être candidat Républicain à la Présidence, MAC CAIN a été très impliqué dans les ingérences étasuniennes partout dans le monde en qualité de patron de l’« INTERNATONAL REPUBLICAN INSTITUTE » (IRI) la structure qui reçoit des fonds d’Etat via la NATIONAL ENDOWMENT FOR DEMOCRACY et les utilise pour créer des structures pro-US (ONG diverses, agences de communication, imprimeries, station de radios et de télévisons oppositionnelles ou pirates selon les cas...dans les pays pas assez soumis à WASHINGTON. Dans le cadre de ces fonctions il est beaucoup intervenu dans les préparatifs des révolutions de couleur en Géorgie et en Kirghizie. MAC CAIN est toujours membre du Conseil d’Administration de l’IRI.

Randy Scheunemann a fondé l’entreprise ORION qui a été recrutée comme conseiller de SAAKASHVILI.

L’IRI a un pendant démocrate animé par MADELEINE ALBRIGHT qui se livre au même type d’activités.

FRITZ ERMATH ancien de la CIA travaille aujourd’hui au NIXON CENTER présidé par HENRY KISSINGER. Il est à noter que, avant son accession à l’Elysée, NICOLAS SARKOZY DE NAGY BOCSA a détaillé sa future politique internationale dans une publication du NIXON CENTER. >>>

NB
- Que pouvez-vous dire de l’histoire du « coup » ?

VS
- Du point de vue politique, l’attaque géorgienne sur l’Ossétie du Sud est une nouvelle phase de ce que nous appelons BARBAROSSA n° 3, le projet de démembrer la Russie sur le modèle du démembrement de l’URSS et de prendre le contrôle de ses ressources naturelles et de son arsenal nucléaire. Avant le printemps 2008 le principal objectif de FARWEST était de salir la direction russe, en particulier le groupe de SILOVIKI autour d’IGOR SECHIN. Les services de renseignement ukrainiens ont même créé un groupe spécial « R » [R pour Russie] occupé par d’anciens espions soviétiques pour rassembler des informations « sales » sur le groupe SECHIN et sur d’autres groupes de la haute administration et du business russes. L’idée était de susciter des conflits entre eux et peut-être de provoquer un coup d’Etat à Moscou et de détruire la Russie de l’intérieur. POUTINE devait soit être assassiné, soit être pris en otage par le groupe SECHIN. Finalement POUTINE a été capable de conjurer le plan en utilisant la vieille méthode du bon flic et du mauvais flic (MEDVEDEV ET SERGUEI IVANOV). Le transfert de pouvoir à MEDVEDEV s’est fait en douceur. La description détaillée de cette bataille est écrite dans le livre « TROISIEME BARBAROSSA » d’ANTON BAUMGARTEN.

Sa principale victime, le lieutenant-général ALEXANDER BULBOV, chef du service opérationnel de l’Agence Fédérale de contrôle du trafic de drogue et ses adjoints qui ont pris « des mesures préventives » contre FARWEST. Ils ont été arrêtés fin 2007 et, malgré les protestations du bureau du Procureur Général, restent en prison sous de fausses charges fournies contre eux par l’allié de SECHIN, ALEXANDER BASTRYKIN, chef du Comité des enquêtes du bureau du Procureur général.

Une nouvelle phase de la guerre secrète contre la Russie a commencé quand l’échec de la tentative de profiter du transfert du pouvoir présidentiel au Kremlin en créant du désordre est devenu patent et lorsque les Républicains ont vu se profiler la menace d’une défaite aux Présidentielles. Dans cette nouvelle phase, la place centrale est revenue aux régimes « oranges » de SAAKASHVILI et YUSCHENKO. Leur rôle a été de provoquer une crise militaire avec la Russie qui pourrait servir à convaincre la « vieille Europe » qu’une nouvelle guerre froide avec la Russie était inévitable, à la faire s’aligner sur les Etats-Unis et à lever toutes les objections à la rapide intégration de la Géorgie et de l’Ukraine dans l’OTAN. Non moins important était l’objectif de dynamiser la campagne poussive de MAC CAIN. A cet égard, il faut noter que pour de nombreux observateurs ROBERT GATES a été impliqué dans l’ « OCTOBER SURPRISE » de 1980 qui a porté REAGAN et BUSH à la Maison Blanche. Nombre de commentateurs occidentaux ont relevé cette ressemblance avec l’attaque géorgienne.

Il y avait d’autres considérations plus générales. Conformément à la proposition de KAGAN pour un nouvel impérialisme, l’ONU doit être dissoute et remplacée par une « LIGUE DES DEMOCRATIES » pour défendre la « civilisation » contre une « LIGUE DES AUTOCRATIES ». Il va sans dire que la Russie (et la Chine) appartiennent à ce second groupe. Il s’ensuit que les ATLANTISTES ont besoin d’une nouvelle guerre froide en vue de cimenter l’alliance ULTRA IMPERIALISTE, dénommée « L’OUEST ». Dans la vision de KAGAN, le système des relations internationales sera mis sur la touche, laissant une table rase pour l’affrontement final entre les forces de la Lumière occidentale et celles des ténèbres orientales. KAGAN rêve d’u retour à l’époque d’avant la Première Guerre Mondiale, quand les impérialistes occidentaux, ignorant superbement la correction politique décident de rosser les sauvages et les barbares .......

Cette fois, les barbares seront appelés « La ligue des autocrates » qui menacent les libertés de « l’humanité civilisée ». KAGAN appelle cela le « retour à l’Histoire et la fin des rêves ». Si l’on en juge par l’abondante publicité dont bénéficient ces conneries fascistes à l’Ouest, KAGAN peut être considéré comme le leader idéologique des élites Atlantistes et des Post-Nazis. L’opération « table rase » était idéologiquement enracinée dans la doctrine KAGAN et dans les discours de SAAKASHVILI, la Géorgie est présentée comme « le bastion de la civilisation » contre « l’esclavage asiatique ». Le discours géorgien officiel est plein de telles stupidités racistes.

<<< Comaguer  : note N°3

SILOVIKI est la dénomination russe de tous les personnages du monde du renseignement et de l’espionnage. Il ne s’agit pas pour autant d’un groupe organisé et homogène car « les guerres des services » comme la corruption existent en Russie comme d’ailleurs en atteste l’épisode « Bulbov » dont parle VADIM STOLZ.

IGOR SECHIN est un des personnages-clés du régime. Secrétaire particulier de Poutine à la Présidence il vient récemment de le rejoindre dans la même fonction chez le Premier Ministre. Quand il parle de « prise d’otage de Poutine par le groupe SECHIN » l’article semble lui prêter des ambitions personnelles mais il est difficile de corroborer cette affirmation.

La manœuvre de POUTINE à laquelle VADIM STOLZ fait allusion est la méthode du « bon flic » et du « mauvais flic ». Elle fait référence aux préparatifs de la succession de POUTINE à la Présidence. On se souvient qu’à l’approche du terme de second mandat consécutif, l’Occident a déclenché une grande campagne pour faire croire que Poutine allait se représenter et violer ainsi la Constitution qui interdit trois mandats consécutifs (mais pas trois mandats !). S’il était tombé dans ce panneau il aurait endossé lui-même le costume de dictateur qui lui avait déjà été taillé. Mais il lui fallait en même temps déjouer les manœuvres locales qui l’auraient empêché de choisir le successeur qui avait ses préférences. D’où le lancement de la candidature de SERGEI IVANOV qui se trouva soudain promu du Poste de Ministre de la Défense à celui de Premier Ministre et présenté aussitôt comme présidentiable. SERGEI IVANOV considéré comme un « dur » en Occident va donc jouer le rôle du mauvais flic, celui qui fait peur et permettre à DIMITRI MEDVEDEV de rester dans l’ombre le plus longtemps possible et d’apparaître comme un doux ou un faible au point qu’il a été rapporté que sitôt après la vigoureuse riposte russe à l’attaque Géorgienne de l’Ossétie du Sud, BUSH a téléphoné à MEDVEDEV et lui a manifesté sa surprise en lui disant : « je croyais que vous étiez un libéral ! » La subtilité politique de BUSH n’est évidemment pas très développée mais il ne faisait que répéter ce que son entourage lui avait dit : « on a échappé au méchant (IVANOV) on a eu le gentil (MEDVEDEV) ». L’occasion de faire remarquer que le pouvoir politique à Moscou fait l’objet d’une surveillance minutieuse des services officiels du gouvernement des Etats-Unis et de toutes les fondations et ONG pro US installées à Moscou et que cette surveillance n’a guère diminué depuis l’ère soviétique. Mais la preuve est faite aussi que Poutine et les SILOVIKI connaissent toujours la musique !

Le Livre d’ANTON BAUMGARTEN ne semble exister que dans sa version originale russe. Un bref résumé en anglais est disponible sur le site de LEFT.RU.

Le thème de la « LIGUE DES DEMOCRATIES » a été repris récemment par MAC CAIN dans sa campagne. Sans surprise ! Il est un nouveau symptôme de la volonté des néoconservateurs et de la droite étasunienne de détruire tout l’édifice du droit international construit après 1945 autour de l’ONU. De la même façon le discours sur les « barbares orientaux » rappelle tristement le discours nazi et en particulier la haine des slaves qu’il n’était pas moindre que celle des juifs.

Sur les armes nucléaires ukrainiennes :

La dissolution rapide de l’URSS a posé la question de l’armement nucléaire stratégique encadré en particulier par les accords REAGAN-GORBATCHEV connus sous le nom de SALT 1. Les armes nucléaires soviétiques étaient réparties dans 4 républiques de l’Union : Russie, Belarus, Kazakhstan, et Ukraine. Les discussions de ces 4 Etats entre eux d’une part et avec les Etats-Unis d’autre part aboutirent à un nouvel accord au terme duquel la Russie remplaçait l’URSS et devenait le seul partenaire des Etats-Unis dans les accords SALT et les 3 autres républiques étaient dénucléarisées. Le Belarus, le moins pourvu (quelques dizaines de bombes), ne fit aucune difficulté pour renvoyer ces armes en Russie, le Kazakhstan obtint en plus un financement des Etats-Unis pour le démantèlement de ses bases nucléaires, financement obtenu d’autant plus facilement qu’en échange les Etats-Unis obtenaient des permis de recherche pétrolière au Kazakhstan. Par contre l’Ukraine fit beaucoup de difficultés pour se « dénucléariser » (il fallut prés de 5 ans de négociations) et cela peut donner corps à l’hypothèse que, dans la vaste pétaudière qu’a été l’Ukraine nouvellement indépendante et qu’elle demeure assez largement aujourd’hui, quelques bombes auraient été dissimulées et non déménagées en Russie. >>>

 

NB
- Les néo-conservateurs US et les origines idéologiques du génocide géorgien contre le peuple ossète sont un sujet très important et nous en traiterons. . Mais que pouvez-vous nous dire sur la préhistoire de l’opération « Table rase » ?

VS
- Il y a quelque temps nous avons publié l’information, basée sur nos sources au ministère de la Défense ukrainien, que le général FILIN a, fin 2007, été affecté au département spécial « R » pour coordonner l’activité des services de renseignement ukrainien et géorgien. En pratique, cela veut dire que FILIN contrôlait la circulation des renseignements ukrainiens sur l’armée russe à la Géorgie.

Les services de renseignement géorgiens n’avaient pas les moyens de faire ce travail et devaient s’appuyer sur les ukrainiens. FILIN disposait de cadres expérimentés, beaucoup ayant travaillé pour les services soviétiques, et d’un puissant réseau d’information de terrain en Russie du Sud et à Moscou. FILIN avait aussi des informateurs au Ministère russe de la Défense, au FSB et dans d’autres services officiels. FILIN et ses partenaires de FARWEST LLC ont développé ces sources via des « contrats commerciaux » ou avec des partenaires dans le crime, le trafic de drogue et le trafic d’armes. On peut dire que , pour la partie renseignement humain, l’opération « Table rase » était soutenue par le renseignement militaire ukrainien et pour la partie renseignement technique qu’elle était assurée par les services US installés autour de la ville de GORI et ailleurs.

Selon nos sources allemandes, mi-mars 2008, ROBERT KAGAN a tenu une première réunion avec la direction de FARWEST LLC, FILIN, RUSLAN SAIDOV et ANTON SURIKOV. Ils ont été présentés à KAGAN à Bruxelles par FRITZ ERMARTH, aujourd’hui membre de la fondation NIXON. Cette réunion permit d’établir les liaisons entre FARWEST LLC et les responsables pour la politique étrangère et le renseignement de la campagne MAC CAIN. Ensuite en Mai, FILIN commença son chantage nucléaire contre la Russie, laissant entendre que l’armée ukrainienne avait conservé quelques armes nucléaires en violation de l’accord de Budapest de 1995. Il continua aussi à diaboliser les Sociaux-démocrates allemands en comparant le Chancelier SCHRÖDER et le Ministre des Affaires étrangères STEINMEIER à des nazis et le pipeline NORTH STREAM au pacte MOLOTOV-RIBBENTROP.

NB
- FILIN pouvait-il soulever la question de la renucléarisation de L’Ukraine sans l’accord de Washington.

VS
- Ceci est hors de question. Les affirmations de FILIN furent évidemment approuvées par l’entourage de DICK CHENEY et suggérées par des personnes de la campagne de MAC CAIN très probablement KAGAN et SCHEUNEMANN .C’est évident quand on considère la suite. En Mai, BUSH va à Berlin et dit à MERKEL que les Ukrainiens sont décidés à avoir la bombe si les allemands n’approuvent pas leur entrée dans l’OTAN. Après sa rencontre avec BUSH, MERKEL va à Kiev où le renseignement militaire a préparé pour YUSCHENKO et le Conseil National de Sécurité un projet de déclaration sur la sortie de l’Ukraine du traité de Budapest et sa décision de ne pas demeurer un Etat sans armement nucléaire. A Kiev, MERKEL temporise sur la question de l’OTAN mais convainc YUSCHENKO d’attendre avant de faire sa déclaration. Pendant ce temps, la presse ukrainienne répond à la publication de lefr.ru en ouvrant une discussion publique sur le statut nucléaire de l’Ukraine. Très vite, le député communiste LEONID GRACH demande officiellement une enquête sur une supposée violation par l’Ukraine du traité de Budapest. Il écrit à YUSCHENKO et aussi à l’ambassadeur US WILLIAM TAYLOR. Pendant que la presse russe continue à faire croire qu’il ne se passe rien, le maire de Moscou LUZKHOV réitère ses propos provocants sur la Crimée et de non moins provocantes publications anti-ukrainiennes sortent de l’écurie des « politologues » de SURKOV et BELKOVSKII. Les passions se mirent à monter des deux côtés. C’est précisément ce que souhaitent les organisateurs de l’opération « Table rase ».

Finalement, quelques jours avant l’attaque géorgienne, le prince RASHEED [note de l’éditeur : Président de FARWEST LLC] SAIDOV, FILIN et SURIKOV vinrent aux USA, apparemment pour faire les dernières mises au pont avec les soutiens politiques de l’opération et les hommes de GATES à la DIA [DIA renseignement militaire US qui dépend directement du Pentagone, ne pas confondre avec la CIA] FILIN vole directement des USA vers la Géorgie. Selon nos sources, son rôle à Gori était d’éviter la fermeture du tunnel stratégique de ROKI par les Géorgiens. Après que les premiers bataillons de la 58° armée eurent atteint Tskhinvali, FILIN se déplaça vers les gorges de Kodori en Abkhazie. Nous pensons que son rôle était double. Dans la mesure où la défaite géorgienne était imminente, il devait assurer une évacuation sans danger des spécialistes militaires ukrainiens et s’assurer que les Abkhazes prenaient le contrôle de la totalité des gorges. Cette ultime et importante tâche avait une portée stratégique pour les plans de FARWEST et ses sponsors Atlantistes et Panturkistes. Les gorges de Kodori sont un lien entre les Abkhazes et leurs cousins Tcherkesses du Nord Caucase. L’organisation des indépendantistes Tcherkesses anti-russes : « le congrès Tcherkesse » et les LOUPS GRIS turcs envisagent la création d’une « grande Tcherkessie » comme partie d’un empire pan-turk : « le grand Touran ». ANTON SURIKOV est considéré comme chargé des services de sécurité du « Congrès Tcherkesse » et de leur liaison avec les LOUPS GRIS en Turquie.

NB
- Si votre récit est correct, FILIN a réellement aidé l’armée russe. Pourquoi voulaient-ils garder le tunnel ouvert ?

VS
- C’est parce qu’amener les russes en Géorgie était le principal objectif de l’opération « Table rase » au moins pour ses sponsors US et Ukrainiens sinon pour SAAKASHVILLI .Ils ne pouvaient pas imaginer que l’armée géorgienne se désintégrerait si vite. Leur objectif stratégique était d’attirer la Russie dans une guerre prolongée aussi sanglante et épuisante que possible, avec de grandes pertes dans la population civile et la propagation du chaos dans tout le Caucase et au-delà à l’intérieur de la Russie. N’oubliez pas que la même attaque génocidaire était planifiée aussi contre l’Abkhazie. Les plans militaires géorgiens sur lesquels l’armée russe a mis la main, montrent l’encerclement des forces abkhazes et de la majorité de la population. Il est probable que la plus forte concentration de spécialistes militaires ukrainiens se trouvait dans les gorges de Kodori plus qu’autour de Tskhinvali. Mais l’armée russe ne s’est pas attardée à Tskhinvali et sa progression comme l’éclair stupéfia les militaires US. Même l’utilisation des spécialistes ukrainiens n’aida pas l’armée géorgienne. Selon nos sources, ce sont des missiles ukrainiens SAM, dirigés par des équipages ukrainiens qui ont abattu les 4 avions perdus par les russes. Mais cela eut peu d’incidence sur l’issue de la guerre. Peut-être la perte des deux bombardiers stratégiques TU 22 a-t-elle ralenti le mouvement des troupes russes. Mais, aussitôt les Géorgiens délogés de leurs positions sur les hauteurs autour de Tskhinvali, nous avons commencé à avancer rapidement vers Gori. Face au « blitzkrieg » russe, FILIN a évacué les ukrainiens des gorges de Kodori. Je pense que c’était une toute petite partie de leur plan dans tous les cas. Personne ne pouvait sérieusement escompter une victoire finale de la Géorgie. Ils ont utilisé la Géorgie comme un pays sacrifiable comme un appât et un hameçon pour la Russie. Le projet ukrainien était tout autre. Le lobbying de FILIN pour la dénucléarisation de l’Ukraine avait commencé en prélude à la guerre russo-géorgienne qu’il a contribué à provoquer.

<<< Comaguer : note N°4

Quelques éclaircissements sur les opérations militaires du 7 au 12 Aout :

Pour parvenir en Ossétie du Sud les troupes russes ne pouvaient pas emprunter la « route stratégique » qui relie VLADIKAVKAZ en Ossétie du Nord (donc en Russie) à TBILISSI puisqu’elles auraient ainsi directement envahi le territoire géorgien, elles n’avaient donc qu’un seul itinéraire possible : la route qui franchit le Caucase sous le tunnel de ROKI et qui est le seul et unique lien direct entre l’Ossétie du Nord et l’Ossétie du Sud. Si le tunnel de ROKI avait été détruit, l’intervention au lieu d’être massive (régiments entiers arrivant par la route) devenait une opération de commandos héliportés inévitablement moins percutante. Mais comme l’objectif était de piéger l’armée russe en Ossétie du Sud il fallait au contraire qu’elle puisse arriver en force et en nombre.

Ce qui a déjoué le plan géorgien c’est la décision russe de ne pas rester en Ossétie du Sud et de pénétrer aussitôt en Géorgie pour y anéantir les forces et les équipements militaires qui étaient destinées à détruire les siennes et , cette mission accomplie, de s’installer en Géorgie dans la zone tampon périphérique créée autour l’Ossétie du sud jusqu’à l’arrivée, ces derniers jours, des « casques bleus » de l’Union Européenne.

Dans le cas de l’Abkhazie le projet était le même : laisser libre le passage par les gorges de KODORI, entre l’Abkhazie et sa voisine du Nord la république Tcherkesse de Karatchevo-Tcherkessie pour que le maximum de troupes russes puissent pénétrer sur le territoire abkhaze et s’y trouver ensuite enfermées. De plus une force présence militaire russe en Abkhazie aurait permis d’allumer un nouveau feu « indépendantiste » islamiste et antirusse dans cette république.

Dernier point important : de l’avis des experts militaires, les troupes russes qui ont été engagées dans la « guerre de Géorgie » sont les meilleures troupes russes actuelles et n’ont plus grand-chose à voir avec « l’armée en déroute » des années 90 mal payée, ravagée par l’alcool et corrompue au point de vendre ses armes aux groupes indépendantistes qu’elle était supposée combattre. C’était évidemment ces troupes là qu’il fallait immobiliser dans le siège programmé de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie. >>>

NB
- Aurions-nous pu éviter de mordre à l’hameçon ?

VS
- Aucune chance. Ils savaient que la Russie ne pouvait pas attendre et assister à un génocide en Ossétie du Sud. Aussi ont-ils poussé SAAKASHVILI à cette aventure stupide et criminelle. Leur but n’était pas d’occuper l’Ossétie du Sud. Les américains s’en fichent. Autrement la première chose qu’ils auraient eu à faire aurait été de détruire le tunnel de Roki. Au lieu de quoi ils ont commencé par tuer les casques bleus et la population civile comme pour inviter la Russie à les secourir. Leur calcul était juste. La Russie avait le choix entre le très mauvais et le pire, entre la guerre et l’abandon des Sud-Ossètes à l’extermination. Nous devions choisir la guerre et contribuer à détériorer encore plus nos relations avec l’Ouest, ce qui allait sérieusement contrarier nos alliés comme STEINMEIER et les autres.

  <<< Comaguer  : Note N°5

STEINMEIER vient d’être choisi par le SPD allemand comme leur tête de file pour les élections parlementaires allemandes et ses chances de remplacer ANGELA MERKEL ne sont pas minces. >>>

 

NB
- Mais pourquoi n’avons-nous pas lancé une frappe préventive ? Bien sur je pense que c’est une question stupide, ils nous auraient présentés comme les agresseurs.

VS
- C’est certain ; Dans ce cas, la Russie aurait payé beaucoup plus pour sauver deux mille vies. L’Ukraine aurait eu le feu vert pour rentrer dans l’OTAN et nous aurions du agir rapidement et avec une grande force au risque de conséquences dangereuses.

NB
- En d’autres termes, notre victoire en Ossétie du sud n’a, somme toute, pas été une victoire.

VS
- Niunevictoire, ni une défaite. Après tout en russe le mot a deux sens opposés.Nous avons échouéà protéger la vie de deux mille personnes et à empêcher les destructions. Nous avons du mordre à l’hameçon, parce qu’ils avaient l’initiative stratégique et que rien ne les arrêterait. Mais nous avons gagné moralement. C’est la chose la plus importante.

Ils ne peuvent plus prévoir quoi que ce soit, notre activité diplomatique commence à produire des résultats qu’ils n’attendaient pas.

NB
- Le régime de SAAKASHVILI a été armé jusqu’aux dents par l’Ukraine, Israel, et les USA. Quel était le rôle de FARWEST dans l’armement de la Géorgie ?

VS
- Leur rôle était exceptionnel. FILIN et LIKHVINTSEV représentent les services secrets ukrainiens dans l’organisation de la coopération militaire avec les pays étrangers. Ils étaient également des partenaires en affaires du Ministre de la défense OKRUASHVILI, vendant des armes à la Géorgie avec leur maison-mère FARWEST LTD et ensuite à travers BIVIS-RU. Au passage, c’est la raison pour laquelle la publication dans PROFIL au sujet de transports d’armes d’Ukraine en Géorgie, en Azerbaïdjan et aux Etats-Unis a provoqué une réaction hystérique de FILIN. Cet article accusait ouvertement l’Ukraine de pousser à la guerre et de déclencher une course à l’armement dabs le Caucase. Comme je le rappelle c’est à ce moment-là que FILIN a pour la première fois présenté la Russie et l’Ukraine comme adversaires militaires potentiels et a menacé de rendre publique l’information sur les rétro-commissions dans les ventes d’armes de la Russie au venezuela. FARWEST a vendu à la Géorgie non seulement des armes provenant des arsenaux du Ministère de la Défense ukrainien mais aussi des armes produites dans des usines clandestines en Pologne, en Bulgarie et en Jordanie.

NB
- Qu’est ce qui va se passer ?

VS
- Ils vont débarquer SAAKASHVILI. Pour les USA il est devenu remplaçable depuis longtemps. Au printemps il avait été décidé de mettre BURDJANADZE [présidente du parlement géorgien après la « révolution des roses »] à sa place. Depuis lors, elle avait pris ses distances avec SAAKASHVILI. YUSCHENKO est dans le même bateau que SAAKASHVILI. Les américains et les BANDEROVITES vont le remplacer par TIMOSHENKO. Ils pensent qu’ils peuvent la contrôler. Pendant un certain temps elle a défendu son indépendance mais finalement FILIN, GALAKA, LIKHVINTSEV et les BANDEROVITES l’ont brisée psychologiquement. [Note de l’éditeur : GALAKA est le chef des services de renseignement ukrainiens]

Maintenant, TIMOSHENKO pense qu’ils la tueraient si elle désobéissait. La Russie va devoir faire face à de nouvelles provocations à Sébastopol puisqu’ils vont tenter de nous entrainer dans une guerre avec l’Ukraine. S’ils réussissent, il sera impossible d’éviter une nouvelle guerre froide et l’ouest poussera les BANDEROVITES à devenir une puissance nucléaire. Le noyau des ultras nationalistes en Ukraine est très capable de lancer la bombe sur Moscou. KADYROV [Ndt : Président de la République Tchétchène] et ses 25000 combattants de régime DOUDAEV-MASHKADOV (ne pas confondre avec le bataillon héroïque pro-Moscou des forces spéciales tchéchènes « Est et Ouest ») se tiennent tranquilles pour l’instant. Ils ne constituent pas une menace. Mieux vaut les laisser tranquilles. Nous avons mieux à faire pour le moment. En Turquie les LOUPS GRIS ont utilisé la Cour Suprême pour intimider ERDOGAN. Il a peur et recherche la compréhension et le soutien de la Russie. Israël, où tous les politiciens sont obsédés par l’Iran et se font concurrence pour être le plus dur au risque de se trouver dans la position de SAAKASHVILI au cas où Israel attaquerait l’Iran. Les USA et les arabes du Golfe veulent qu’Israël y aille parce qu’ils ont peur de l’Iran et souhaitent l’affaiblir par personne interposée. Les USA ont des négociations en coulisses avec la Chine. A ce que nous savons, les chinois veulent avoir leur propre secteur de responsabilité en Afghanistan. Ceci fera immédiatement de l’Asie Centrale et du Kazakhstan leur sphère d’influence. En échange ils peuvent utiliser l’Iran comme une monnaie d’échange avec les USA. Malheureusement nous ne pouvons pas vérifier cette information.

Autant que nous puissions voir, les relations entre Pékin et Moscou demeurent bonnes, mais il ya des efforts constants à l’intérieur comme à l’extérieur pour enfoncer un coin entre les deux. La presse occidentale et la presse russe contrôlée par FARWEST dépeint délibérément POUTINE comme un fasciste. L’exclusion de la Russie du G8 est presque inévitable. Dans la CEI personne n’a soutenu ouvertement la Russie. MEDVEDEV et POUTINE ont demandé personnellement à LUKASHENKO, NAZARBAEV et KARIMOV leur soutien mais ils ont refusé.

C’est tout ce que j’ai à dire pour le moment.


<<< Comaguer : note N° 6

Ces commentaires faits le 13 Aout ne prennent évidemment pas en compte les développements diplomatiques de la situation après cette date, développement qui les font apparaître assez pessimistes puisqu’ils ignorent :

  • la reconnaissance par la Russie des deux nouvelles républiques et les accords de défense qui vont bientôt les lier à la Russie

  • l’approbation rétrospective de l’action russe par les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai

  • le resserrement des liens entre les membres de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (Russie, Belarus, Arménie, Kazakhstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, République Kirghize

  • l’incapacité de l’Union Européenne à sanctionner la Russie comme le souhaitait Washington et l’obligation dans laquelle elle s’est au contraire trouvée de prendre en charge le dispositif de sécurité destiné à prévenir une nouvelle attaque géorgienne sur l’Ossétie du sud

  • le blocage des plans d’Israel d’attaque de l’Iran depuis des bases géorgiennes

  • l’abandon par le gouvernement de L’Azerbaïdjan de son discours guerrier sur la récupération du Haut Karabach par la force

  • le fait que l’exclusion de la Russie du G 8 n’ait même pas été à l’ordre du jour

En concerne la CEI, même s’il s’agit d’une organisation très faible et peu active, l’appartenance de la Géorgie et de l’Ukraine à cette entité semble la condamner soit à l’inaction soit à la disparition complète à moins d’un très improbable changement d’équipe au pouvoir dans ces deux pays.

Pour autant, dans cette guerre du Caucase, l’Occident ne lâche pas prise. Il est simplement redescendu à un niveau d’intensité inférieur en revenant aux actions « terroristes », les plus récentes ayant eu lieu en Ossétie du Sud et en Ingouchie (embuscade meurtrière contre les troupes russes). >>>


 
 
 
Forum lié à cet article

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes