Le capitalisme victorieux.

Ceux qui prédisent la fin du capitalisme à cause de la crise financière se trompent lourdement. Le transfert de richesses qui a récemment fait passer plus de 6000 milliards de dollars de la poche des nantis à celles des super riches, au contraire, renforce le système capitaliste.

La crise de 2008 est aussi grave que celle de 1929. Les deux, on l’a dit, portent la marque de fabrique de la réserve fédérale américaine et de ses propriétaires, le cartel mondial de la haute finance qui de décennie en décennie augmentent leur étreinte sur les richesses du monde. Le plan a été exécuté magistralement, en deux temps : Création d’une bulle (dans le cas de 2008 de deux bulles, celle des dot.com entre 1997 et 2000 et de l’immobilier entre 2001 et 2006), et assèchement brutal du crédit. En 1929 c’était l’appel de marges auprès des investisseurs en bourse à qui les banques avaient permis un effet de levier de 10 fois leur mise, et en 2008 la crise de confiance interbancaire suite aux défauts de remboursement des crédits immobiliers, aggravée par l’effet de levier de 40 fois la mise pour les banques et de plus de 100 fois la mise pour les deux géants des prêts immobiliers américains, Freddie Mac et Fannie Mae.

Le château de cartes du système financier international s’est écroulé lamentablement, dans une série de cascades qui continuent encore aujourd’hui à agiter les bourses et qui s’étendra pour un certain temps à l’économie réelle. Ralentissement, récession ou dépression et déflation s’installent en attendant l’hyperinflation. Et le monde, effaré, découvre au fil des semaines tous les périls qui menacent les États. On avait peur des 12000 milliards de dollars du crédit immobiler. Une pécadille, une goutte d’eau dans un seau ! Quelques semaines plus tard on apprend que les CDS représentent un risque de 55000 milliards de dollars et rigoureusement personne à quelque niveau que ce soit ne sait aujourd’hui combien coûteront les défauts de paiement des CDS de la banque Lehman et de Washington Mutual. 500 milliards de dollars ou 2000 milliards de dollars d’addition à régler ? Puis maintenant ce sont les CDO, d’un montant de 300000 milliards de dollars, dont on connaîtra l’étendue des pertes plus tard. Sans compter que 350 fonds spéculatifs ont déposé le bilan et on s’attend encore à plusieurs milliers de défaillances sur les quelque 10500 fonds spéculatifs existants et on sait déjà que d’autres banques fermeront leurs portes en laissant des ardoises exhorbitantes. Tous les produits dérivés, les effets de levier interconnectés qui exposaient de façon exponentielle les prêteurs, créés avec des modèles mathématiques tirés par les cheveux, sont autant de bombes à retardement. Le système financier mondial s’est auto-détruit, tenté par le piège tendu par les comploteurs de la FED qui ont baissé démesurément les taux directeurs. L’avidité a fait le reste, permise et encouragée par l’absence de règles et de supervision.

Mais la déconfiture du système financier international n’est pas la fin du capitalisme. Au contraire, le transfert de richesses des nantis vers les super riches assoit le capitalisme encore plus profondément. On va définir de nouvelles règles pour le nouveau système financier international. La belle affaire ! Serez-vous conviés aux réunions ? Les politiciens lucides comme Ron Paul le seront-ils ? Certes non ! Le système financier actuel, mourant, a bien servi le grand capital. Il sera remplacé par un autre qui le servira aussi bien sinon mieux. Une fois encore, ceux qui confondent système financier et capitalisme font une lourde erreur et confondent l’outil avec la main qui s’en sert.

Si un nouveau système émerge de cette crise, on saura vite s’il est fait pour le mieux. Dans ce cas, les effets de levier des banques seraient limités à bien moins que dix fois, et pourquoi ne pas éliminer le système de réserve fractionnaire. La réserve fédérale américaine serait remplacée par une réserve fédérale publique et étatique, le dollar ne serait plus flottant mais adossé à l’or et les grandes monnaies le seraient aussi. Ce serait la seule façon d’éliminer l’inflation, ce mal qui nous a rendu pauvres et qui garantit qu’on le sera encore plus. Ne nous faisons aucune illusion, on assistera au contraire à des mesures qui renforceront le contrôle du grand capital, c’est à dire du cartel des banquiers internationaux. On verra soudain surgir une autre grande banque pour alimenter les banques, pilotée par les banques centrales, entre autres mesures inefficaces.

Le capitalisme n’est plus seulement une injustice, c’est un tyran qui réduit nos libertés. Le capitalisme est une dictature infligée à des peuples abrutis qui vivent encore l’illusion de vivre en démocratie, parce qu’on leur présente des simulacres d’élection, pour décider entre des faux choix. Les « programmes » des partis politiques d’opposition sont anémiques ou inexistants. On assiste au spectacle affligeant de guignols qui débattent de tout et de rien. Fichés, assujetis, nous devrons bientôt passer sous des portiques qui ne cacheront plus un seul détail de notre anatomie. Soumis, nous avalons toutes ces atteintes à nos libertés, encore heureux qu’on nous laisse respirer. Manipulés, poussés vers la consommation à outrance, on nous a vendu le culte du taux de croissance, ce vaudou qui n’a de sens que pour contrer l’inflation largement sous-évaluée. On ne vit plus, on survit, à moins d’avoir hérité d’un pactole confortable. On « embellit » notre existence avec un audio-visuel débilitant, on nous désinforme avec les mass medias.

Le monde va changer, inexorablement, et les changements qui s’annoncent seront importants, douloureux, et assez rapides. La surpopulation mondiale, les migrations sauvages, l’immigration clandestine, les délocalisations, l’érosion de notre pouvoir d’achat, les ravages sur l’environnement, la destruction de notre planète Terre, l’apauvrissement de certaines ressources comme le pétrole et les risques de guerre planétaire et d’explosion nucléaire rendent notre existence de plus en plus précaire et celle de nos enfants et de nos descendants incertaine. Cela devient une banalité de tirer la sonnette d’alarme, tant les gens ont l’air de s’en foutre royalement. La raison de leur indifférence ne change rien, qu’elle soit dûe à la peur ou à la certitude de l’inutilité de se battre. L’être humain est loin d’être parfait et est affecté d’un certain nombre de tares. Entre autres, celle de se soumettre à la domination, comme un animal en meute le fait à l’égard d’un chef de clan particulièrement dominateur. Dans le monde des humains les dominants ne manquent pas, et ceux qui détiennent l’argent, grâce au système capitaliste, imposent leur loi. Hélas, il semble qu’il faille attendre la fin du monde pour voir venir celle du capitalisme. Il faudrait presque une mutation, génétique ou autre, qui transformerait les populations et leur permettrait d’assumer la lutte sans laquelle rien ne sera possible.

Mais la lutte est inégale. D’un côté un cartel de quelques individus super puissants, super riches et très intelligents, dont la qualité première est de n’avoir qu’un programme simple, piller les richesses des autres. De l’autre une multitude de gens divisés, handicapés par leur peur, leurs politiciens, leurs différences ethniques, religieuses, culturelles, linguistiques. Ces gens divisés se gavent de désinformation et de jeux du cirque, de produits alimentaires édulcorés, et sont tellement abrutis par leur travail qu’il leur reste peu de temps pour penser. Ces gens ont l’illusion de la démocratie, l’illusion de pouvoir faire leurs propres choix. Rien n’est moins sûr. Encadrés par les medias menteurs et manipulateurs, désinformés par des pseudo experts payés ou complices du grand capital, se désinteressant de problèmes auxquels ils ne comprennent rien mais qui pourtant sont essentiels, ces gens simples forment la masse des taxables et corvéables à merci. La minorité de gens qui comprennent ou qui luttent ne fait pas le poids face au cartel, même si les prises de conscience progressent dans le bon sens. L’espoir qu’elles atteignent un jour la masse critique pour faire bouger les choses existe, alors que les voies politiques et syndicales sont d’une efficacité discutable bien que parfois précieuse. Reste à trouver le moyen, à inventer peut-être, pour créer un véritable contre pouvoir. À ce jour je n’en vois aucun, quoique l’Internet contient en lui une efficacité potentielle redoutable au niveau de la diffusion de la vérité. Mais on n’a prise sur le réel que par l’action, qui devra prolonger l’Internet pour être vraiment efficace. On peut tout changer avec des idées, comme celles qui ont précédé la révolution française. Est-ce à dire que seule une révolution peut changer les choses ? À vous de juger.

Ashoka


 
 
 
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2 commentaires
  • > Le capitalisme victorieux. 27 octobre 2008 09:53, par Eddy

    Qui sont les actionnaires

    - de la banque fédérale USA
    - de la banque d’Angleterre
    - de la Banque d’Ecosse
    - des banques constituant la Banque européenne

    Merci

  • > Le capitalisme victorieux. 28 octobre 2008 08:26, par CHP

    Encore un effort ASHOKA, et on vous trouvera une place entre EVOLA, GUENON ou NIETZSCHE.

    Bien cordialement.

    ( belle analyse de la situation )

 
 
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