Le PS à vau l’eau

Les Français sont en droit de se poser un certain nombre de questions sur le Parti Socialiste. D’abord à cause de son rôle historique dans la politique française et de sa grandeur passée, et surtout parce qu’il devrait être la principale force d’opposition face à une droite libérale.

La première question est de savoir combien il y a de partis socialistes en France aujourd’hui. Chaque petit chef a sa tendance qui, selon eux, divergerait tellement de la ligne du Parti Socialiste qu’aucun accord n’est possible pour que cette tendance soit une des composantes du parti, fusionnée avec d’autres tendances. Cet entêtement à vouloir imposer leurs tendances respectives conduit à une dispersion des forces, un éclatement qui affaiblit le PS. Quand Royal affirme que « S’il n’est pas rénové le PS peut disparaître », elle n’a pas tout à fait tort. Disparaître, peut-être pas, mais devenir une force marginale sûrement, et laisser le champ libre à une droite ravie des dissensions à gauche.

La deuxième question est : Y a t’il un programme du Parti Socialiste ? Quels sont les objectifs ? La réponse est simple. Tant qu’il y aura une guerre des petits chefs et un clash des tendances, aucun programme ne peut émerger. Or, sans programme, point d’électeurs, point de parti, point de projet. Et point de réel espoir pour les sympatisants de gauche.

La troisième question est : Qui, de tous ces petits chefs aux ambitions aussi démesurées que leur égo personnel, est le plus à même d’incarner un PS rénové et le mener à redonner un souffle à la gauche ? Des luttes au sein du PS il y en a toujours eu, mais lorsqu’un candidat émerge nettement du lot, il l’emporte, comme François Mitterand par le passé. Ici, qui a cette carrure, cette vision, cette force ? Or, faute d’une « pointure », on nage dans la quasi médiocrité.

Quatrième question : La révolution culturelle que Ségolène Royal veut imposer au vieux parti n’est elle pas la principale raison des luttes intestines ? Sa personnalité difficile et son style tranchant constituent autant d’handicaps. L’influence combinée de cette femme et de son ex-conjoint François Hollande auront contribué à la déconfiture du PS. L’histoire tranchera et déterminera les responsabilités.

Les manoeuvres pour le contrôle du PS agacent. Delanoë semblerait recueillir le plus de suffrages mais se désiste en faveur de Martine Aubry. Aurait-il des ambitions présidentielles ?

Une autre question : Quand le PS arrivera t’il à rallier les couches ouvrières qui ont déserté le parti ? En perdant ces électeurs traditionnels, le PS n’a t’il pas perdu sa raison d’être ? Sans positionnement clair, sans valeur ajoutée, sans identité, le PS flotte au gré des conflits entre ses petits chefs et des règlements de compte. Au PS on savonne plus les planches qu’on ne tend les mains. Au lieu d’œuvrer de concert à servir le parti et ses électeurs, chacun a choisi l’entêtement : imposer ses idées dans la divergence et l’affrontement. Les électeurs ne s’y retrouvent pas plus que les partisans.

Pierre Teilhard de Chardin écrivait : « Rien dans l’univers ne saurait résister à l’ardeur convergente d’un nombre suffisamment grand d’intelligences groupées et organisées ». C’est la définition d’une centrale d’énergie, seule possibilité de réussite. Au PS, ou plutôt au parti déchiré qui vogue à vau l’eau, il n’y a pas d’ardeur autre que celle de propulser sa petite personne en avant, pas de convergence, pas de groupe et nulle organisation. La faillite est là, on peut la toucher du doigt, l’échec est quasi garanti.

Les membres du parti voteront cette semaine pour un des trois prétendants. Il faudra ensuite rabibocher les dégâts, ressouder, discuter, jacasser, négocier. Là encore les intérêts personnels passeront devant ceux du parti, de ses adhérents et des électeurs. Et les rancoeurs empêcheront les alliés de circonstance de travailler réellement ensemble. Raillé, décrédibilisé, en loques, victime des manigances de médiocres politiciens qui ne sauraient incarner ce qui fut un grand parti, le Parti Socialiste Français traverse une des pires crises de son histoire, alors qu’à droite on jubile.

Ashoka


 
 
 
Forum lié à cet article

1 commentaire
  • > Le PS à vau l’eau 19 novembre 2008 18:36, par ciborg

    on ne peut pas transformer des mules et en faire des chevaux de courses.
    le ps tel qu’il est doit disparaitre et laisser la place a de jeunes dinamyques et porteurs d’idees revolutionnaires. c’est de çà qu’ont besoin les francais,il s’agit de changements en profondeurs que ni sego ni delanoé ni aucun autre carrieriste des elephants ou girafes ou encore singes ne peut aporté de solution.la solution du ps est dans sa disolution dans une premiere etape,ensuite une vaste consultation populaire et nationale avec toutes les autres tendences de gauche mais non pas jusqu’ a DSK.il faut des criteres clairs et nets, les democrates chretiens et la socialdemocratie doivent etre rejeter
    ,parceque on le voit ce sont
    precisement ces gens là qui mettent des obstacles,ils sont là que pour leur bizness et leur carrieres,ils ne savent pas ce que veut dire un projet collectif d’interet general,il faut le dire ils ont mal evolués, ils sont devenus des conservateurs sur le plan
    economique parceque si l’on changer les choses ils se veraient lesés.

 
 
Les derniers articles
 
Thèmes