Le jeu Royal

Les pièces principales sont maintenant posées sur l’échiquier du Parti Socialiste. Si ce n’est qu’il y a deux reines et deux stratégies de jeu, aux buts radicalement différents.

La composante historique du vieux parti, avec les éléphants usés sous le harnais, incapables de se réinventer et encroutés dans leurs vieux schémas éculés, a manœuvré pour faire obstacle à l’usurpatrice, au serpent nourri dans son sein depuis 33 ans. Ces vieux-là ont propulsé Martine Aubry pour faire obstacle à Ségolène Royal.

La présidente de Poitou Charente a jusqu’ici excellement bien mené sa barque. Sa petite structure Désirs d’avenir a squatté le PS et est arrivé à phagociter la moitié des militants. Faut dire que les médias s’y sont mêlés (« et si c’était elle ? »). Phase 1 réussie. Partie de presque rien, l’ambitieuse se retrouve avec 50% du pactole. Bravo !

Coup de chance pour elle, elle n’a pas été élue secrétaire du PS, ce qui aurait été une tragédie pour ses ambitions présidentielles. Poste ingrat, laborieux, usant. Elle n’aime guère gérer les querelles des fédérations, déteste les réunions du vieux PS, et cette charge l’aurait privée de l’essentiel : critiquer le parti. Tandis que là, sa position est idéale. Elle a un pied dedans, solide, avec la moitié des sympatisants, et un pied dehors. Elle est hybride, l’hydre à deux têtes qu’on soupçonne souvent en avoir une pas bien faite. Erreur ! Cette femme tenace est le danger absolu pour ses ennemis.

Pendant qu’Aubry s’usera à œuvrer au PS et prendra tous les coups en préparant toutefois sa candidature pour 2012, Royal fera la même chose mais sans contraintes. Elle fera ses shows, sera présentée sous son meilleur jour, jonglant adroitement entre les critiques de la droite et de la gauche, crachant dans la soupe. Son seul risque sera de tomber dans l’ornière dans laquelle Rocard était tombé. Très populaire et théoriquement un champion, mais sans jamais réussir à être désigné.

La partie commence. Les reines sont en place, les pions et les pièces subalternes s’agitent pour promouvoir leurs candidates respectives. Le PS est devenu le théâtre implicite de la lutte pour les présidentielles. Pauvre parti !

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