Tous les organismes internationaux le confirment :

Communiqué de presse du 27 novembre 2008
Agence de presse Canada-Amérique latine

Dans son dernier rapport publié en octobre et intitulé « Laissez-nous en paix ! », Amnistie internationale (A.I.) affirme, contrairement aux déclarations du président Alvaro Uribe Vélez, que « la Colombie continue d’être un pays où des millions de civils sont gravement affectées par le conflit violent et prolongé » et où « l’impunité demeure la règle dans la plupart des cas d’atteintes aux droits de la personne ».

Selon Amnistie internationale, un important obstacle à l’élimination des violations des droits de la personne est la position d’Uribe concernant son refus de reconnaître que la Colombie est en proie à un conflit armé et son insistance à affirmer que tous les combattants, à l’exception des forces de sécurité de l’État, sont des organisations terroristes.

A.I. souligne également qu’entre juin 2002 et décembre 2007 (sous le gouvernement Uribe), 75 défenseurs des droits de la personne ont été assassinés en Colombie.

A.I. indique aussi que malgré le fait qu’un processus de démobilisation des groupes paramilitaires a été entamé par le gouvernement, ces derniers « continuent d’être actifs dans plusieurs régions du pays ». Le gouvernement affirme que les paramilitaires, dont le nombre est supérieur à 31 000, se sont démobilisés. Mais Amnistie internationale affirme que seulement 10% d’entre eux se sont engagés dans le processus intitulé « Justice et paix », qui leur accorde des avantages juridiques en échange d’aveux sur leur implication dans des violations des droits de la personne. En fait, environ 90% des paramilitaires démobilisés « ont bénéficié d’amnisties de fait » instituées par des décrets présidentiels, et seulement 8% d’entre eux sont en train d’être jugés en vertu de la Loi « justice et paix ».

Ce n’est pas un hasard si un grand nombre d’organismes s’accordent pour dénoncer de façon répétée les violations des droits de la personne commises en Colombie. Le rapport annuel du Haut commissariat des Nations Unies met sérieusement en doute, une fois de plus, la politique de droits de la personne instaurée par gouvernement Uribe.

Amnistie internationale souligne que malgré l’annonce de la démobilisation de plus de 31 000 paramilitaires, de nouveaux groupes armés illégaux, constitués en grande partie par des démobilisés, ont été créés, tels que les « Aguilas Negras » (Aigles noirs). Le Bureau de Haut commissariat des Nations Unies demande instamment au gouvernement colombien de démanteler ces nouveaux groupes paramilitaires, qui avaient été signalés l’an dernier par le sénateur Gustavo Petro, du parti « Polo Democrático Alternativo », lors de la session plénière du Sénat.

Pour sa part, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a indiqué, dans son rapport sur l’application de la Loi « justice et paix », « qu’en Colombie les groupes paramilitaires ont commis, au cours de leur existence, environ 60 000 crimes contre l’humanité et violations graves des droits de la personne. Il faut ajouter à cela le fait que plus d’un million de personnes ont été expulsées de leurs terres (« desplazadas ») par les stratégies de terreur, les menaces et les activités des groupes paramilitaires ». La Colombie est le deuxième pays au monde ayant le plus d’expulsion par la terreur (« desplazamientos forzados »).

Selon la FIDH, en 2006 (gouvernement d’Uribe), plus de 219 000 personnes ont été expulsées par la terreur. Mais selon les données du gouvernement, plus de 380 000 familles ont été enregistrées comme ayant été expulsées de leurs terres. Entre janvier et juin 2007, plus de 770 civils ont été tués ou portés disparus. Plus de 80 fosses communes ont été découvertes à la fin de 2006. Le Bureau du procureur estime qu’il reste encore à retrouver plus de 3 000 personnes. On considère cependant que ces données sont loin de refléter exactement le nombre de personnes portées disparues, qui s’élèverait à plus de 30 000. Le rapport de la Fédération internationale des droits de l’homme a exigé plus de deux ans de travail.

Selon le Comité international de la Croix-Rouge, l’expulsion de paysans pauvres et d’Autochtones de leurs terres est un phénomène qui ne cesse de croître malgré la prétendue démobilisation des groupes paramilitaires, alors qu’en vérité ces derniers continuent d’opérer dans différentes régions du pays.

Le rapport des Nations Unies signale une augmentation importante du nombre de cas d’exécutions extrajudiciaires, de torture et de personnes portées disparues imputables aux forces de sécurité de l’État au cours des deux dernières années. Le rapport souligne qu’il a été établi qu’un grand nombre de ces cas ont « trois éléments en commun : les victimes civiles sont décrites comme des "morts au combat" ; les scènes des crimes ont été modifiées par leurs auteurs ; et les enquêtes sur les faits sont réalisées par la justice pénale militaire ». Le rapport indique qu’« il semble que les exécutions extrajudiciaires ne soient pas des faits isolés mais qu’elles constituent plutôt une pratique qui tend à se généraliser ».

Les personnes qui ont été, d’une façon ou d’une autre, victimes de ces actes sanguinaires n’ont pas reçu de protection adéquate de l’État, et encore moins de réparations dignes pour compenser leurs pertes. Ainsi, aujourd’hui, 16 d’entre elles ont déjà été assassinées alors que les responsables jouissent de la plus totale impunité.

De leur côté, les confédérations syndicales colombiennes ont dénoncé l’assassinat de 474 syndicalistes sous le gouvernement d’Uribe. Elles accusent le président d’avoir mis en œuvre une politique hostile aux travailleurs et « de non-reconnaissance des organisations syndicales » et affirment que 97% de ces crimes restent impunis.

Chacune de ces organisations a fait des recommandations

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a demandé au gouvernement Uribe de retirer la déclaration adoptée par le gouvernement colombien, sur la base de l’Article 124 du Statut de Rome, et qui a soustrait les crimes de guerre commis par tous les groupes armés en Colombie de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI).

Actuellement, le Parlement canadien doit tenir compte de la demande présentée par la FIDH aux autorités des États-Unis et de l’Europe pour que les accords commerciaux qu’ils signent soient conditionnés au respect des droits de la personne en Colombie et que ces pays se joignent à la demande générale pour que le Procureur de la Cour pénale internationale ouvre une enquête pour crimes contre l’humanité sans plus tarder.

De même, le directeur d’Amnistie Internationale d’Espagne, Estéban Beltrán, a demandé au gouvernement espagnol de « faciliter et de ne pas bloquer », au sein de l’Union européenne, l’examen que la Colombie devra passer en décembre devant le Conseil des droits de la personne des Nations Unies et que le Conseil inclue la Colombie dans la liste des pays où se produisent des « violations flagrantes des droits de la personne ».

Amnistie internationale a demandé aux États-Unis et aux autres pays de suspendre l’aide militaire à la Colombie jusqu’à ce que ce pays réussisse à empêcher les assassinats de civils par les forces de sécurité de l’État et à respecter les autres recommandations des Nations Unies pour mettre fin au conflit armé prolongé dans ce pays.
La Colombie est le plus fort allié de Washington en Amérique latine et a reçu au moins quatre milliards de dollars, surtout en aide militaire, pendant le mandat d’Uribe.


 
P.S.

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