Sous Sarkozy, la police intimide la presse

Pour une fois, l’UMP et le PS sont d’accord sur une chose : Ils dénoncent l’interpellation musclée de l’ex directeur de publication de Libération et demandent une enquête. Est-ce une banale bavure ou la marque symptomatique d’un État répressif, servi par une police aux méthodes excessives et arbitraires, qui s’arrange pour intimider afin d’étaler son impunité ?

On sait maintenant que le journaliste a été menotté et insulté devant ses enfants, et a fait l’objet de deux fouilles au corps humiliantes, et ce dans une banale affaire. On n’a pas mémoire que la police ait jamais agi de façon aussi intimidante sous les présidences de la République précédentes. Quelles consignes la police française a t’elle reçue de sa hiérarchie, aux ordres d’une garde des sceaux contestée par l’ensemble de la magistrature et d’un président de la République qui sait flatter la presse quand elle le sert mais la tyranise pour montrer son pouvoir.

On juge un gouvernement à son impartialité, à son respect des formes de la loi, et au respect montré envers les citoyens. Quand on traite comme un criminel un simple citoyen, on s’autorise toutes les dérives, et c’est la porte ouverte à tous les abus. Que ce comportement soit autorisé sous le règne de sa majesté Sarko 1er n’est pas une coïncidence. La presse est tolérée par sa majesté quand elle le sert, mais se fait rabrouer par l’appareil judiciaire quand il s’agit de bien montrer qui est le maître.

Les turpitudes de Dati et de la police s’exerceront librement et sans limites tant que le petit président fera souffler le vent de ses faits du prince. Sarko, c’est un style et une manière de faire qui ne tient aucun compte de ce que devrait être la justice et le respect des lois.

Il convient de faire la lumière sur cette lamentable affaire, et de punir les policiers qui se sont ainsi comportés. Le tollé général qui a suivi cet abus intolérable montre à une police qui se croit tout permis qu’elle doit, elle aussi, rendre des comptes. N’en déplaise à sa majesté Sarko 1er qui n’en n’est plus à un abus de pouvoir près. Toutes les démocraties ont une chose en commun : la liberté de leur presse. Ici, c’est autant cette liberté de la presse que la liberté de la personne qui ont été bafoués par la police. Qu’elle fasse son travail sans intimider ni atteindre à la dignité des personnes et de la famille, et sans se venger sur la presse dont on sait que l’existence sereine est le meilleur garant de la démocratie.

Le pouvoir exécutif veut manifestement casser la presse et castrer les journalistes qui ont le tort de servir de contre-pouvoir au pouvoir en place. Une telle affaire, aussi banale puisse t’elle être, constituait le meilleur prétexte pour faire passer le message. Le pouvoir juge arrogante la presse, puisqu’elle ose dénoncer les abus et s’opposer à l’arbitraire. Le directeur de la police s’appuie sur le fait que le prévenu se serait montré arrogant lors de son interpellation, sous-entendant que les brimades indignes étaient une façon de le punir et étaient de ce fait justifiées. De quel droit la police pourrait-elle régler ses comptes au détriment du droit, parce que le comportement des prévenus ne leur conviendrait pas ?

On rapporte qu’un des policiers aurait dit au prévenu lors de l’interpellation musclée qu’il était "pire que la racaille". Le qualificatif est juste, mais ne s’applique pas à celui qui a subi des sévices inacceptables. C’est une police pareille, qui suscite à juste titre l’indignation, qui est en vérité pire que la racaille. Et par extension ceux qui la dirigent et lui donnent leurs instructions. C’est au plus haut niveau de la hiérarchie qu’il faut chercher les responsabilités, et c’est là qu’il convient de donner les coups de pieds au cul nécessaires.

Ashoka


 
 
 
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