Le Peuple comme nouvel ennemi systémique à traquer !

Qui est constamment surveillé et menacé de toutes les sanctions de l’État dit de droit, sinon le peuple ! Aujourd’hui où l’obsession de suivre le citoyen à la trace se corse par toutes formes d’inventions mises au service des autorités qui fichent chacun de nous dans leur base de données, l’on oublie en fait que ce n’est pas pour notre sécurité dont l’État fait l’alibi de cette surveillance, mais celle des privilégiés constituant l’establishment ploutocratique que toutes ces mesures opèrent. Tout désormais est prétexte de filature systémique de l’individu : de la carte bancaire à la carte de crédit ; du cellulaire au GPS en passant par la caméra publique dans les rues, tous servis par des satellites, radars et antennes de plus en plus perfectionnés ! Jamais dans l’Histoire, l’« orthopédie sociale »(1) en temps de paix, n’a été aussi publiquement évidente, performante dans sa quête que j’appellerais « théocratique » d’omniprésence, cherchant à fignoler une ubiquité punitive-dissuasive, une perfection répressive-préventive ! Nous Vivons le stade crucial d’un système qui, tout en se proclamant démocratique, fait l’impossible pour corseter l’individu tant dans l’ignorance par la désinformation que dans la « rectitude » asservissante par la surveillance. Système d’un establishment hanté par ses injustices et obnubilé par ses peurs. La paranoïa est de fait la maladie inévitable, iatrogène de cet asile de fous généré par des agresseurs économiques, des cerbères idéologiques craignant constamment la contreviolence de leurs agressés. Apeurés, ils font tout pour faire peur ! Le syndrome du maître et du geôlier, effrayé de savoir qu’à n’importe quel moment l’esclave ou l’écroué peut briser ses chaînes et le tuer pour s’affranchir, semble être la croix de nos riches banquiers et PDG. Car pour la ploutocratie de droit divin maîtresse du mode économique et social dans nos démocraties factices, l’autonomie de penser des citoyens se concertant, constituerait un antibiotique à l’infection nosocomiale qu’elle a planifiée et qui sévit en ses mégapoles-hôpitaux où elle s’efforce de faire « traiter » tous les citoyens contre le mal de liberté latente en l’être humain, parce que potentiellement mortelle pour l’ordre de la cité.

Erreur de croire que les politiciens élus au pouvoir dans le système ploutocratique, sont des hommes ou des femmes, des humains réels ! Ce ne sont, pour la plupart, que des mirages ou automates de la ploutocratie qui écrit pour eux la diégèse, fait la mise en scène du spectacle dont ils deviennent les vedettes, les saltimbanques cossus. Rien que de tristes mirages enrichis, hologrammes héroïsés artificiellement pour la masse des zombis qui les votent et croient en eux ! À l’époque des monarques anciens, les rois qui avaient du caractère imposaient, malgré leur tyrannie féroce, un ordre qui venait d’eux et de leur cour. Aujourd’hui, le despotisme est masqué par les artifices de la "démocratie représentative", le vrai pouvoir étant entre les mains des quelques banquiers et PDG cachés par la kunée des structures. Et ces quelques maîtres du système financier mondial font de la politique une mimesis, magistrale mascarade où ils prédéterminent les scènes pour les vedettes politiques en mal de se faire un nom. Les politiciens « droitistes » ou « gauchistes », pour la plupart tributaires de la Ploutocratie planétaire, savent bien qu’ils sont moins que rien, moins que l’ombre de leurs maîtres ploutocrates. C’est pourquoi, ils choisissent de traquer le peuple - dont le travail forcé et l’argent nourrissent les banquiers voyous, ces voleurs officiels du système libéral et PDG filous. Les milliards versés par le gouvernement aux crapules prodigues des banques et compagnies par ces temps de crise financière dont ils sont les seuls coupables, en est une nouvelle preuve flagrante et révoltante - tout en souriant au peuple, tout lui arguant de sécurité publique en violant l’intimité des citoyens le constituant. Surveillance de toute activité humaine et service abondant quasi sans restriction aux riches, voilà un cocktail qui s’appelle du despotisme déguisé, de la violence légalisée, légale mais illégitime et inhumaine du pouvoir. L’actuelle crise financière apprend à qui sait regarder et voir avec intelligence, que l’État appartient à quelques-uns (si restreints en nombre que ce n’est même pas une oligarchie) alors que toute la société d’une manière ou d’une autre, est asservie à cet infime groupuscule ploutocratique, ces maîtres du jeu macabre de la macroéconomie, deus ex machina, personnages toujours hors-champ, qui façonnent le faciès socioéconomique des peuples de la planète. On joue avec le système et se joue des masses et de leur émotion privée de recul. La liberté sociale des peuples ne peut advenir que par l’écartement de cette oligarchie tyrannique qui tire les ficelles de tous les gouvernements. Mais cela exige que les peuples soient humanisés et cessent d’être chose d’automation que l’on actionne par la cybernétique idéologique des grands médias, comme des machines actionnées par des boutons.

Mourir sans coup férir, est vil.

Comme je l’ai écrit une fois au sujet des cent cinquante mille fermiers qui se sont suicidés en Inde de 1997 à 2005(2), quelque tragique et dramatique que soit le fait du suicide, je ne compatis guère au sort des victimes du grand saut fatal lorsqu’il est abandon de l’occasion de révolte qu’engendre le fait de refuser une vie asservie qu’une oligarchie impose par la violence criminelle des lois et structures injustes. Lorsqu’il advient de souffrances sociales liées à de graves privations pécuniaires dues aux politiques appliquées et non de maladies extrêmes et insupportables où il prend la forme insolite d’une euthanasie non médicale, le suicide est pusillanimité irrationnelle et honteuse. Pour combattre la détresse artificielle planifiée par la politique ploutocratique, il faut se révolter, livrer bataille aux esclavagistes, éliminer les bourreaux s’il le faut, imposer ses droits en s’organisant, mais jamais se suicider. De toute façon, celui qui est prêt à mourir pour la justice, doit mourir les armes à la main en affrontant et combattant jusqu’au bout. Car c’est là, que la mort prend allure de résistance et de dignité. C’est là que le départ final de l’opprimé confronté à l’intolérable oppression, marque la grandeur d’âme et l’affirmation humaine. Vaut mieux mille fois être un trublion, un tueur pour ses justes droits que d’être un suicidé de l’oppression. Celui qui meurt au combat, a la gloire d’avoir fait face, mais celui qui se suicide devant l’injustice, qui choisit de mourir sans coup férir, est un indécent qui n’aide à aucune cause, surtout pas à une quelconque solution du sort des siens. Un déserteur de l’humanité qui abdiquant devant l’appel de cet attribut de liberté qui sied à la dignité de la nature humaine !
En cas d’oppression extrême, quand tout est épuisé et que le bourreau s’accroche comme une bête féroce sourde, sans état d’âme, et menace, il faut neutraliser l’agresseur mais pas se tuer en le laissant faire. Tel est le sens de la justice, telle doit être la foi de l’homme, cet être transcendant né pour la liberté, en son humanité.

Hélas ! Dans la société contemporaine surpolicée, surcontrôlée et constamment surveillée, société de désinformation paroxystique façonnant l’attitude permissive et la collaboration du grand nombre inconscient de sa mise sous contrôle, l’État ploutocratique peut compter sur ses endoctrinés aliénés pour poursuivre son agressive félonie contre la démocratie en sacrifiant les intérêts des immenses majorités !

Jamais la manipulation aisée des majorités via les simulations de protecteur public par le Moloch étatique n’aura été autant synonyme d’aliénation, ou plutôt comme je préfère dire, d’entraliénation, vu le double sens de l’aliénation allant de l’aliénant à l’aliéné, tous deux tarés dans le pathologique ludique de leur rapport, où les victimes consentantes s’identifient si bêtement et orgueilleusement aux intérêts sordides de leur sinistre et patibulaire victimaire.

1)Michel Foucault, in Surveiller et punir.

2)altermonde-sans-frontiere.com

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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5 commentaires
  • > Le Peuple comme nouvel ennemi systémique à traquer ! 2 décembre 2008 23:49, par Cristobal

    — - Oligarchies ---

    Au moment même où s’écroulent les institutions financières de la planète, il est "intéressant" d’observer combien la petite poignée jusqu’alors invisible des banquiers qui font la loi sur ce globe, eux-mêmes manipulés et aux ordres sans doute d’un autre petit groupuscule, mais bien caché celui-là, il est donc "intéressant" de voir les masques tomber.

    Dans un mouvement de panique généralisé, les ploutocrates qui mettent la planète à feu et à sang pour que croissent leurs profits et leurs pouvoirs, ces ploutocrates se mettent à aspirer et à réclamer goulûment des centaines de milliards de dollars pour renflouer leurs avoirs dépérissants.

    Ils se montrent en pleine lumière, encore imbus d’un pouvoir qui pourrait très bientôt leur échapper, tant sont immenses les écuries d’Augias qu’il faut curer, les organismes financiers s’étant endettés pour des trillions de dollars, dans des fourchettes avoisinant les 150% d’endettement.

    À cet égard, et nous avons là une sorte de caricature qui se profile à l’horizon, il est également "intéressant" d’examiner les individus qui composent le gouvernement du Président Obama : il y a là toutes les figures de l’ère Clinton et Bush II, depuis les personnages enthousiastes pour mener la guerre en Irak (Clinton), jusqu’aux "ministres des finances" qui ne sont autres que ceux-là mêmes qui ont impulsé et créé la dérégulation des circuits financiers mondiaux, depuis Wall Street, amenant cette crise financière actuelle (récession et possible déflation à venir...).

    En bref, "il faut que tout change pour que rien ne change", il faut donner en pâture au bon peuple US et aux citoyens de la planète le spectacle d’un Président Américain Noir, tout en reconduisant, inlassablement, la même caste, la même oligarchie au pouvoir.

    Des dizaines d’années passent, et rien ne change.

    Il est vrai que rien ne changera vraiment tant que les êtres humains sur cette Terre resteront agrippés à leurs croyances en un déroulement auto-régulé de l’Histoire, où émergeraient, portés par le suffrage universel, quelques figures politiques pour les mener vers un monde meilleur.

    Et si les choses étaient plus simples que cela ?

    S’il y avait véritablement anguille sous roche, gouvernement effectif et secret pour planète bleue ?

    Mais, pour ne serait-ce qu’envisager cette possibilité, il faudrait opérer une révolution conceptuelle, bien plus, changer de système de croyances, changer de paradigme, ce qui est apparemment une tâche herculéenne pour nombre d’individus.

    On pourra lire ainsi le site "dedefensa.org" en guise d’illustration de tout cela, puisque son auteur et rédacteur est en train de découvrir et d’expliquer le tableau "Obama et ses nouveaux/mais en fait/très anciens ministres". Et le rédacteur de dedefensa.org n’arrive pas à saisir les tenants et aboutissants de l’affaire, puisque pour lui l’Histoire est un grand fleuve qui emporte les hommes dans son torrent majestueux et impétueux, abaissant certains, faisant monter les autres, dans une sorte de machinerie sans tête pensante, auto-régulée et dénuée d’intentions, sans manichéisme aucun.

    Incapable de quitter, ne serait-ce qu’un instant, son système très commun de croyances, le rédacteur risque bien de s’étouffer de rage, rage de n’y plus rien comprendre.

    - Regardons le monde,
    - L’ancien monde,
    - Tomber.

    Bien cordialement. :)

  • > Le Peuple comme nouvel ennemi systémique à traquer ! 3 décembre 2008 00:17, par thdoree

    Je suis également convaincu de l’inefficacité de la non violence dans un cas comme le nôtre.
    Cependant tout le monde n’est pas capable de violence et vous n’auriez pas dû parler de la sorte de ces pauvres gens.
    Moi, je vous suis dans une action de révolte, que faites-vous hormis écrire ?
    En dehors de ça, pouvez-vous vous permettre de tels propos, que faites-vous comme travail, pour qui et quels actionnaires, merci ?
    N’avez-vous donc jamais collaboré, par votre travail avec les ploutocrates ?
    Pour critiquer , il faut pouvoir se le permettre.

    Lorsque vous m’aurez convaincu, je vous suivrai sinon ayez un peu plus de compassion.

    Thierry Dorée

  • > Le Peuple comme nouvel ennemi systémique à traquer ! 3 décembre 2008 05:04, par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

    Eraatum-Rectification

    Lisez

    abdiquant et non (qui abdiquant)

  • > DES MILLIERS DE GENS EXPLOITÉS NE SONT PAUVRES QUE PAR LEUR DÉSORGANISATION 3 décembre 2008 16:25, par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

    Voici ma réponse. Activités pécuniaires : je corrige les textes de ceux qui me le demandent, et j’aide des étudiants de différents cycles à structurer leur pensée.
    Toutefois, analyser librement comme le permettent les sites de la presse alternative, est mon humble contribution à la conscience nouvelle qui doit émerger s’il faut que cesse l’esclavagisme ploutocratique. Je suis avant tout un marginal, un inadapté volontaire à l’ordre infâme.

    Maintenant, quand vous m’accusez de méchanceté face à des "pauvres gens" , Je ne vous suis plus ! D’après vous, des milliers de fermiers seraient de pauvres gens sans alternative à leur exploitation ? Ils sont si bornés qu’ils ignorent leur force en tant que groupe socio-professionnel. Disons qu’ils sont, comme la plupart des individus fantômes de nos ploutocraties, trop inconscients des causes de leur misère, trop individualistes, trop désorganidés pour faire face. Sauf qu’ici, les individus se bernent de vivre en démocratie parce qu’ils votent ceux que l’oligarchie présélectionne et leur soumet pour légitimation !!!
    On n’est pas digne de liberté quand on refuse de s’organiser face aux bourreaux qui, eux, justement tyrannisent par leur organisation structurelle. Le suicide, je le redis, ne changera rien en ces occurrences sociales. Mais l’action, la révolte civile, non-violente si possible, violente sinon, peut transformer sensiblement les choses.

    Le problème de l’action révoltée, est qu’elle est impossible quand toute une société préfère ses drogues et ses illusions à la saisie claire de la réalité. Un homme seul ne saurait se révolter efficacement pour la société. Il ne peut alors que proposer des voies. Et l’écriture, la parole dans l’espace public est en soi une révolte digne.

  • > Le Peuple comme nouvel ennemi systémique à traquer ! 3 décembre 2008 16:59, par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

    Merci Monsieur Cristobal de vos mots, vous avez parfaitement compris mon point de vue.

 
 
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