Barack Obama, dernier président des USA

Le Global Trends 2025, le rapport préparé par le NIC (National Intelligence Council) pour la nouvelle administration est disponible en ligne depuis peu (Global Trends 2025 : A transformed World). Ce qu’il annonce est révolutionnaire car il officialise l’idée selon laquelle la domination des USA est sur le déclin, mais surtout que le dollar pourrait ne plus être la principale devise internationale.
L’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques) déclarait le 30 juin 2008 que les banques commerciales US possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés.
Son dernier rapport (30 septembre 2008) précise que JP Morgan Chase détiendrait 43 000 milliards de dollars en produits dérivés et Citigroup 17 500 milliards soit plus que le PIB mondial. Les sommes en jeu sont colossales et, pour rappel, les entreprises sont interconnectées à l’aide de CDS pour un montant de 62 000 milliards de dollars. Les premières défaillances ont commencé, nous assisterons donc bientôt, par effet domino, à l’implosion du système. Warren Buffet considéré comme l’homme le plus riche du monde a ainsi déclaré : « Les dérivés sont des armes financières de destruction massive. » Paul Jorion, un des rares économistes qui a prédit la crise actuelle, écrit sur son blog le 24 novembre : « Je ne sais pas si Mr.Obama s’en rend compte mais il va hériter d’un pays en ruines. »

Pourtant, il y a plus grave. Face à la catastrophe à venir, certains poussent à la création (prévue de longue date) d’une structure similaire à l’Union Européenne : l’Union Nord Américaine (NAU), qui regrouperait les USA, le Canada et le Mexique avec une monnaie commune. En voici l’historique.

North American Union (NAU)

L’histoire de l’unification du continent nord-américain débute en 1912, dans un ouvrage intitulé « Philip Dru administrateur » écrit par le conseiller du président Wilson, le colonel House.
- 1er janvier 1994 est signé l’Aléna, un traité créant une zone de libre-échange entre les trois pays d’Amérique du Nord : le Mexique, les Etats-Unis et le Canada.

- Septembre 1999, l’économiste canadien G. Herbert Grubel publie un livre intitulé « The Case for Amero » qui reprend la même idée et annonce même une monnaie unique pour les trois pays : l’Améro. Il circule actuellement des photos d’Améros sur le net qui ne sont que l’interprétation d’un artiste nommé Daniel Carr.

- Août 2001, les choses se précisent lorsque Robert A. Pastor écrit « Toward North american community ». Dans cet ouvrage, il s’agit de créer une entité politique avec une monnaie unique qui remplacerait le dollar américain, le peso et le dollar canadien. Or, Robert A. Pastor n’est pas n’importe qui, il a été ambassadeur au Panama et ancien conseiller de la campagne électorale de John Kerry, professeur à l’American University de Washington. Il est directeur exécutif de la Commission on Federal Election Reform de Jimmy Carter et James Baker III et vice-président de la Task Force d’étude de l’Amérique du Nord du Council on Foreign Relations (le CFR). Il a d’ailleurs été nommé vice-président du groupe de travail élaborant les structures de l’Union nord-américaine au sein du CFR.

- Le 23 mars 2005 est signé à Waco, au Texas, le Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP) dans le cadre de l’ALENA, de facto l’acte de naissance officieux de la NAU.
En 2007 et 2008, deux sommets, un à Montebello, l’autre à la Nouvelle-Orléans ont accentué les liens unissant ces trois pays.

La catastrophe économique en cours est donc une aubaine pour accélérer le mouvement et faire accepter aux Mexicains, Canadiens et Américains la NAU étape essentielle du Nouvel Ordre Mondial si cher à la famille Bush.

Sans avoir été ni consultés ni informés, de nombreux citoyens de ces pays risquent de ne pas accepter la situation et de nombreuses émeutes sont à craindre. Immanuel Wallerstein, chercheur au département de sociologie de l’université de Yale, ex-président de l’Association internationale de sociologie (qui n’est donc pas un dangereux anarchiste) a ainsi déclaré dans le journal « le monde », le 11 octobre 2008 : « En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l’effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n’acceptera pas ce qui est en train de se passer. Les conflits internes vont donc s’exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n’oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés... »

L’année 2009 sera l’année de tous les dangers par l’ampleur de la crise économique mais surtout politique, générés par la disparition de la nation américaine, et, il est fort possible que Barack Obama devienne alors le dernier président des USA.

Pour conclure sur la catastrophe économique en cours, je vous invite à lire et relire cette citation de J. K. Galbraith économiste Canadien et conseiller des présidents Roosevelt et Kennedy qui pour moi résume tout : « L’économie de marché est volontiers décrite comme un héritage ancien. En l’occurrence, c’est une escroquerie, ou plus exactement une erreur communément admise. Trop de gens apprennent l’économie dans des manuels qui entretiennent encore les dogmes de la production concurrentielle des biens et des services et de la capacité d’acheter sans entraves. En fait, il peut n’y avoir qu’un ou quelques vendeurs assez puissants et persuasifs pour déterminer ce que les gens achètent, mangent et boivent ». « Les nouveaux mensonges du capitalisme »
Publié dans le Nouvel Observateur (4/11/05)
Interview de John Kenneth Galbraith par François Armanet. Gilles Bonafi


 
 
 
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