Joyeuse année 2009 !

Encore une à laquelle on a survécu. Oh ! 2008 qui s’achève n’a pas été de tout repos. En plus de la litanie des maux habituels, il y a eu la pire crise économique depuis 1929. On fait le dos rond, mais on a le vague sentiment que le pire est à venir.

2009 commencera par le départ d’un des pires personnages politiques de l’histoire. Bush va débarrasser le plancher après 8 ans d’énormes erreurs et des millions de morts inutiles. Il a évité avec maestria deux chaussures, mais n’évitera pas le jugement de l’histoire, qui sera féroce. Si les Irakiens qui vont juger l’auteur du jet avaient une once de dignité pour leur Nation, ils relâcheraient le journaliste sur le champ et sans procès, et érigeraient une statue à la gloire de celui qui a rendu un semblant d’honneur à leur pays. Le simple fait que Bush ait pu sévir ainsi avec sa clique démontre l’état de décomposition avancée de l’humanité et des sociétés humaines. Ça fait tout simplement dégueuler.

Et puis il y a la crise financière qui se prolongera en 2009 avec la récession et la dépression généralisée à l’échelle planétaire. Une crise à attribuer au moins à 50% à Bush, le reste aux systèmes fous des modèles financiers tordus et à la cupidité des acteurs économiques et financiers. Tout ce beau monde a festoyé à outrance et s’en est mis plein les fouilles. Il faudra au moins une ou deux décennies d’efforts et de sacrifices de tous pour éponger l’addition. Obama hérite d’une Amérique qui court à sa ruine et cet effondrement à venir affectera le monde entier.

Devant ces échecs cuisants, l’homme de la rue reste ébahi et pantois pour l’infime minorité des plus conscients, et laisse la masse dans son état caractérisé d’inconscience abrutie. Toujours ces politiciens inutiles qui s’agitent à hauteur de leur ego démesuré, et dont la médiocrité et les turpitudes condamnent l’humanité. Si j’étais un mystique, j’affirmerais que le mal, ou le diable, gouverne ce monde. L’être humain s’achemine vers son sombre destin, baigné dans le sang des morts des tranchées de Verdun ou des plages de Normandie, ou de tous les lieux maudits où les boucheries déciment civils et soldats autant qu’innocents et enfants.

Où est la sagesse et le sens des hautes responsabilités, le sens de l’honneur et du devoir ? Où est le bon sens, la logique, et le respect de l’intérêt commun ? Dans ce merdier, seule une poignée de sangsues s’en tirent à bon compte et habitent leurs palais en voguant sur leurs yachts rutilants, leurs comptes en banque à l’abri pour mille générations. Certains s’affichent dans les revues du bottin mondain, d’autres se cachent sur les plages privées et les clubs du gotha. Les énarques se prélassent dans leurs jolis logements de fonction et leurs bureaux meublés d’époque en servant leur maître, le pouvoir, dont on sait peu si ce n’est qu’il n’est pas au Peuple mais qu’il est à l’argent.

Nous, il nous reste le problème des retraites, la peur de la fin du mois, et les difficultés pour boucler le budget. Il nous reste la fuite devant la télé, les bagarres au stade de foot et le loto. Il nous reste le spectacle affligeant de la gent politique et de ses guignols pathétiques. Il reste à ceux qui n’ont pas encore compris la consommation pour occulter l’angoisse existentielle.

Ce qui nous sauve du désespoir, c’est la famille, l’amour d’un proche et l’amitié. C’est la joie de lire ou d’écrire, le bonheur de créer, le plaisir de la musique. Ce qui fait que ce monde, pourri pour l’essentiel, tienne encore debout, ce sont les valeurs humanistes et l’espoir.

Hideuse, la précarité souffle son vent glacial et n’en épargne que très peu.

Joyeuse année 2009 !

Ashoka


 
 
 
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