Bon anniversaire Cuba

Soyez réalistes : demandez l’impossible.

Et Cuba a été réaliste et Cuba a demandé l’impossible :

« Pour un Cubain, il ne s’agit pas du nombre de kilos de viande qu’il mange, ni du nombre de fois où il peut aller à la plage...

Il s’agit précisément que le cubain se sente plus riche intérieurement et beaucoup plus responsable.

Il s’agit précisément pour le cubain de forger jour après jour son esprit révolutionnaire, d’être toujours capables de ressentir au plus profond de son coeur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde car c’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire.

Il s’agit précisément pour le cubain de lutter tous les jours pour que cet amour de l’humanité vivante se transforme en gestes concrets, en gestes qui servent d’exemple et qui mobilisent.

Il s’agit précisément pour le cubain de se trouver au coeur de toutes les révoltes contre l’humiliation, et d’être présent, toujours et partout, chez les humiliés.

Il s’agit précisément pour le cubain d’être aux côtés d’autres peuples qui versent leur sang pour obtenir le droit de vivre dignement.

Il s’agit précisément pour le cubain de faire entendre sa voix amie à tous les pays exploités qui luttent pour leur émancipation et tendre sa main et offrir ses encouragements aux peuples frères qui aujourd’hui, les armes à la main, disent définitivement " non " à l’ennemi impérialiste. » [1]

Et l’impossible fut atteint.

Et l’impossible fut atteint malgré l’isolement, le blocus, les obstacles, les pressions externes, le mensonge et la propagande.

Et Cuba aujourd’hui a réussi son pari et glorieuse elle fête avec ses amis le 50éme anniversaire du triomphe de sa révolution.

Et Cuba aujourd’hui glorieuse fête les 50 ans de sa solidarité et de son amitié avec les peuples du monde.

Et Cuba aujourd’hui glorieuse fête les héros qui se sont battus pour elle mais aussi partout où il fallait "allumer deux, trois, plusieurs Viêt-Nam".

Et Cuba aujourd’hui glorieuse fête son guerillero heroico le mythe, l’immortel, El Che.

Mais les ennemis de Cuba mesquins et menteurs s’invitent comme un cheveu sur la soupe à la fête en propageant des fables mais ils « causent toujours », Cuba et ses amis qui ne craignent pas la vérité n’ont rien à craindre du mensonge.

A. Souchan, un chanteur Has been dont la carrière est au point mort s’attaque au Che et ose accuser de cruauté un symbole que chaque opprimé porte dans son cœur « Il faut s’endurcir, sans jamais se départir de sa tendresse. » disait l’ami des sans voix.

Pour sortir de l’ombre, A. Souchan a tenté de toucher à l’étoile mais le feu sacré d’un soleil qui ne s’obscurcit jamais le brûla.

Est-ce que ce chanteur démodé se rend-il compte qu’en s’attaquant au Che, c’est à tous les pauvres du monde qu’il s’attaque ? Mais Souchon s’intéresse t-il à un exploité en Palestine, en France, en Algérie, au Guatemala ou au Congo ? Non, A. Souchon ne s’intéresse qu’à sa carrière et aux caméras de ses maîtres et patrons de la politique, des médias et du show-biz.

Le Che celui qui a porté le tiers-monde dans son cœur, celui qui a soutenu l’indépendance de l’Algérie et a consacré sa vie entière aux pauvres, aux exploités, aux opprimés jusqu’à la mort est vivant dans la mémoire et le cœur de chaque homme qui porte comme lui la flamme du feu sacrée de la justice et de la liberté.

A A. Souchan et ses semblables je dis :

« C’est ici dans nos cœur que repose le révolutionnaire du Tiers-Monde »

A A. Souchan et ses semblables je dis :

Vive Cuba Libre.


Voici un article publié dans le N° 245 de Révolution Africaine, du 23 octobre 1967 suite au décès de l’immortel Che Guevara. [2]

Che Guevara s’est évadé dans la légende

La nouvelle colportée une semaine durant dans la presse internationale, admise par certains, contestée par beaucoup, vient d’être confirmée malheureusement par son frère d’armes, Fidel Castro.

Le doute n’est plus permis.

L’histoire d’un possédé de la révolution vient de se terminer dans un coin ignoré de la terre bolivienne où il avait porté la fièvre révolutionnaire qui l’a consumé lui-même jusqu’au dernier souffle.

Son corps sera enseveli dans quelque tombe anonyme qui gardera son secret à jamais.

Mais qui connaît la sépulture de Moïse ou d’Omar Ibn Abdel Aziz ou de ce tsar de Russie qui s’évada de son trône pour achever sa destinée sous la bure d’un moine mendiant errant dans les steppes de la Sibérie.

Che Guevara s’est évadé lui aussi du pouvoir et des honneurs pour reprendre le maquis, en tenue de guérillero.

L’histoire ne désignera même pas sa dernière demeure à la prospérité.

En fait, il s’est évadé dans la légende.

C’est peut-être de cette manière que sa destinée devait s’accomplir au mieux d’un dessein révolutionnaire encore confus mais qui est désormais libéré des possibilités physiques forcément limitées d’un simple mortel. Car dès l’instant où la terre a repris sa chair et ses os, ses idées sont devenues plus redoutables, échappant désormais à toute contrainte sur l’homme qui les a portées.

Sa voix qui avait communiqué aux foules cubaines l’enthousiasme s’est tue. Mais son ombre va maintenant parler à toutes les foules pour leur communiquer le feu sacré partout où il y a de l’injustice et de la corruption, de la lâcheté et de la trahison.

Déjà, elle parle un langage redoutable, bouleversant, dans chaque pays révolutionnaire, où le feu sacré risquait de s’éteindre, les dernières pensées de Che le rallument en y remettant en question les problèmes de l’après révolution.

C’est dans une lettre à la revue « Marcha » de Montevideo que, pressentant être à sa fin, il a voulu laisser son testament, les dernières phrases dans lesquelles il a voulu condenser toute la signification de son message :

« Le révolutionnaire, dit-il, se consume dans cette tâche ininterrompue qui ne se terminera qu’avec la mort(...) Si son ardeur s’émousse une fois les tâches les plus urgentes réalisées (...) la révolution qu’il dirige s’enfoncera dans la torpeur... »

Un machiavel apitoyé et amer, désavouerait, certainement ceux qui ont refermé une tombe anonyme sur la dépouille de Che Guevara.

Car c’est dans la mémoire des hommes qui ont porté, comme lui, la condamnation de toutes les tyrannies que la prospérité recueillera le souvenir du grand révolutionnaire. Son sort émouvant a voulu que ce soit là sa dernière demeure, avec cette simple épitaphe :

« Ici repose le révolutionnaire du Tiers-Monde »

Révolution Africaine, N° 245 du 23 octobre 1967.


Voici une chanson composée et chantée par le chanteur-compositeur révolutionnaire égyptien Cheikh Imam (http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=1848)


Paroles de la chanson traduites du parler égyptien

Guevara est mort

La nouvelle s’est répandue dans les radios

Dans les églises ,les mosquées, les rues, les cafés, les champs, les usines,

Guevara est mort Guevara est mort

Le révolutionnaire modèle est mort

Le héros est mort sur son canon

Dans la forêt

Le courageux est mort sur son canon

Dans l’anonymat sans publicité sans fanfare ni tambour

Quel est votre avis, celui-ci vous aime est mort

Et vous, pendant que vus mangez et buvez

Et êtes au chaud,

Guevara est mort en se battant pour vous

Mon cœur se déchire pour lui, son dernier moment seul sans compagnons pour lui faire leurs adieux

Ses gémissements ont atteins les cieux et personne ne l’a entendu

Mon cœur se déchire pour lui

Peut-être qu’il a crié de douleur, peut-être qu’il a rit, sourit ou pleuré

Peut-être que son dernier souffle a été un adieu fait à ceux qui ont faim, un testament à ceux qui continueront à porter le flambeau de la cause

Et des millions d’autre peut-êtres

Mais ce qui est sûr, sûr oh c’est que Guevara est mort, mort il est mort

C’est la dernière nouvelle des radios

Et mon cœur se déchire pour lui


Notes

[1] extraits de citations du Che.

[2] Cette revue m’a été offerte par un révolutionnaire de la guerre de libération d’Algérie.


 
 
 
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1 commentaire
  • > Bon anniversaire Cuba 2 janvier 2009 11:54, par Franck

    Très bon anniversaire, Cuba. Que tu sois enfin reconnue et non dénigrée par les médias comploteurs.
    Rendez-vous dans 50 ans...

 
 
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