L’opinion petite-bourgeoise contre le rêve du changement social.

Il est loufoque et hilarant d’entendre souvent dire par « monsieur tout le monde » que le respect est d’accepter et de valider toutes les paroles prononcées comme opinions individuelles dans la cité. Cela, serait le strict respect de la démocratie !!! J’en connais même qui piquent une crise d’égo, rien que de voir un autre argumenter logiquement contre ce qu’ils ont régurgité, c’est à dire sans nul argument sinon les arguties-clichés, de l’idéologie dominante et qu’ils croient être leur opinion. Opinion, voilà le maître mot jeté en pâture à la foule inculte et anonyme dans le fouillis populacier de l’idéologie pseudo démocratique des ploutocrates au pouvoir. Agressivité bête de l’expression de la bêtise idéologique érigée en système et ressassée par les individus se croyant citoyens ! Opinion, opinion, que de manipulations idéologiques, de dénis d’intelligence, et de pieuses sottises dégueulées en ton nom ! Le populo manipulé en arrive même à confondre le jugement analytique et logique du système par l’intellectuel avec les jugements médisants ou complexés que lui, manipulé par le système et sans outil de recul, porte par haine irrationnelle contre ceux qui combattent pour le changement ! Cela est naturellement l’effet de la propagande de la « démocratie formelle » que divulguent la presse, les larbins et porte-parole de l’oligarchie dominante en nos sociétés ploutocratiques. On brûle en effigie des dictatures personnelles ou prétendues telles en Afrique, en Asie et en Amérique latine tout en ovationnant avec impudence l’immonde dictature du système économique et financier, ce, malgré la pauvreté miséreuse, les scandales, les crises qu’il provoque en pays nantis et les famines, les morts, les misères auquel il donne lieu en pays périphériques. Nous sommes à l’ère « démocratique » en fait populacier de « l’indifférentisme opinant » qui stipule que toutes les opinions se valent. Indifférentisme sémantique qui confond à dessein le peuple-demos c’est-à-dire éduqué tant politiquement qu’idéellement pour assumer la citoyenneté avec le peuple-laos qui n’est que la masse d’individus réunis fatalement sur un territoire au sein d’un état. L’espace public en devient une espèce de fourre-tout « paralogique » et cacophonique, et tout baragouin, toute palilalie préstructurée voire préfabriquée par l’idéologie dominante, relayée par le petit-bourgeois ignare et snob, répéteur couramment scolarisé des clichés du système, a préséance sur l’effort de comprendre au-delà des prêts-à-penser. C’est le règne du psittacisme qui refuse l’importun osant penser et déranger les certitudes sociales et convenances idéologiques. Pourtant, prendre valablement la parole dans l’espace public, devrait exiger un outillage à la fois logique, moral et humain sérieux. Un intervenant citoyen devrait pouvoir dépasser, ou à tout le moins interroger, le sens établi par le questionnement. Cela est le minimum élémentaire de la nature humaine ! Hélas ! le contexte actuel en Occident « démocratique » n’est que celui de l’imposition des filons opportunistes d’une « métaphysique sociale » d’accomplissement de l’individu par la « pensée positive » (pure prostitution à l’establishment et à ses maîtres économiques). Le larbinisme convenant (politiquement correct) enjoint donc l’individu de s’accuser de ce qu’il ne s’intègre pas et de s’incriminer du délit de mal penser lorsqu’il fait le "mauvais choix insidieux et perdant" d’interroger les valeurs en vogue dans les structures ploutocratiques, de ne pas s’y soumettre voire de se révolter contre le système naturellement "bon et divin". Dans cette perspective de culpabilisation du penseur nécessairement indésirable et ipso facto marginalisé, l’on comprend que le système privilégie en la décontextualisant, l’idée du karma popularisé en Occident pour faire accepter aux masses, la naturalité de la concentration de toutes les richesses chez une infime minorité, pendant qu’elles (les masses) doivent reconnaître leurs responsabilités dans leur pauvreté, coupables qu’elles sont de leur origine, de leurs pensées négatives et d’être des non adaptées aux structures sociales si justes ! Et même en certains cas, c’est leur « conscience de pauvreté » et les crimes de leur vie antérieure qui les paupérisent ! L’autopunition des mases, voilà l’excuse de la pauvreté, de la précarité et du manque de transparence économique et politique dans l’État ploutocratique... L’hagiographie plouto-systémique mise en scène au quotidien dans la manipulation de masse détermine la projection de soi de quasi toute une société de servitude masquée et de prostitution inavouée. Et, il s’en faut vraiment de beaucoup à une éducation libératrice pour désaliéner la société ! Il faudra la délier de ses aveux de horde, la vider de ses comportements réflexes et l’aider à exorciser ses idées automatiques qui font de nos mégapoles de véritables usines d’automates inassumés. Car, hélas, la péremption du nombre qu’est l’électoralisme, tant que le peuple sera sans balises devant les manigances des moralistes, des spécialistes et des économistes de la ploutocratie, sera toujours la pierre d’achoppement tyrannique et asservissant de la démocratie. Une tolérance factice des intolérants pour les libres opinions prédéterminées dans le populisme culturel des ploutocrates relayés par la cohue malsaine de certaines strates des classes moyennes et la clique insane, fascisante des petits-bourgeois croyant être maîtres de ce qu’ils répètent et imposent pour abrutir le peuple, telle est la force de la démocratie de façade de l’État ploutocratique. Mascarade et déni démocratiques offerts au laos pour bloquer la venue effective du demos et assassiner la liberté et la citoyenneté. Là se conçoit aisément l’aversion des aliénés de tous poils qui accusent les intellectuels non alignés et les protagonistes du changement, de rêve inconséquent voire d’onirisme insensé !

Rêver, c’est agir et conquérir

Tout rêve n’est pas onirique. Ce serait extrêmement réducteur de voir ainsi cette chose si éminemment ontologique qu’est l’acte de rêver ! Tout ce qui a été réalisé de grand par le genre humain, a commencé par un rêve. Le rêve est soit onirique (là je vois le songe ou le délire fantasque), soit projection vers une finalité dans l’action (téléologie). On croyait les socialistes et féministes du dix-neuvième siècle, des fous des rêveurs-songeurs déphasés. Pourtant, leur pensée a quand même fait avancer le monde par la suite. Les droits de la femme, le vote populaire supplantant le vote censitaire, la liberté de religion etc... En science, le rêve est gage de conquête, le rêve de voler par exemple nous a valu la conquête de l’espace aérien puis interstellaire... En politique comme en science, en technique ou en technologie, le rêve est le moteur des conquêtes les plus utopiques à leur genèse dans l’imagination humaine.

Maintenant, qui écrit et critique le système rien que pour critiquer, est soit narcissique exhibitionniste voulant se faire voir, soit masochiste caressant ses plaies en public. Car critiquer en proposant des outils à la conscience collective, c’est quand même RÊVER c’est à dire espérer que cela peut aider à une amélioration de la condition sociale des gens si l’action collective s’en suit !

Critiquer l’ordre social sans rêver, est pleurnicherie masochiste. C’est même emmerder gratuitement et indécemment les gens. La théorétique qui, se distingue diamétralement de la politique, ne concernant guère l’action sociale mais juste certaines connaissances strictement scientifiques à appliquer, n’a peut-être pas à rêver, mais le discours social et politique dans un monde d’injustices, est soit rêve révolté soit aveu réactionnaire du statu quo.

Intervenir en analyste critique dans l’espace public, c’est rêver que l’impossible peut être rendu possible à certains égards puisque le système décrié n’est ni cosmique ni suprahumain ni métaphysique, mais choix de quelques hommes qui se servent des structures pour régner opprimer et réprimer...

Quant à moi, j’aime trop l’humanité, je m’aime trop pour faire de l’humble compréhension des choses que j’ai, une pleurnicherie analytique et nihiliste sans espoir ni rêve d’aucun changement possible. Auquel cas, j’eusse préféré me taire par décence !

Critiquer, prendre la parole dans l’espace public, c’est agir, naturellement il y a d’autres formes d’actions plus activistes plus pratiques mais elles ne sauraient dévaloriser l’action de proposer un regard autre, une vision analytique alternative de la chose collective et commune.

Notre rêve pour le changement propose - ce que nous saisissons comme changement essentiel et indicateur pour toute mouvance politico-sociale révolutionnaire qui veut vraiment saper l’ordre actuel intenable et injuste - les trois (3) paramètres suivants :

1) Renverser le pouvoir des banquiers et financiers pour que l’économie réelle soit au service du peuple qui la produit.

2) Enclencher la politique de la Décroissance pour sauver l’environnement et ainsi contribuer à ménager la planète entière.

3) Décréter la pauvreté illégale et crime contre l’humanité dans les constitutions des états, tout en y adjoignant une politique socio-économique garantissant l’intégration de tous à un seuil matériel acceptable.

La désaliénation du peuple contre le morbide et sordide chaos de l’opinion publico-médiatique, doit combattre et désavouer le comportement du petit-bourgeois ventriloque balourd occupant toute la place du débat social, porté à l’idolâtrie du ventre et du bas ventre avec ses idées arrêtées, ses "axiomes idéologiques" débités par les médias et leurs spécialistes stipendiés pour berner et esclavagiser le peuple interdit de citoyenneté effective. L’aliénation de nos pays soi disant démocratiques se maintient par la démagogie pseudo-moralisatrice et le consensus fonctionnel du petit-bourgeois prostitué qui érige sa prostitution à la ploutocratie en valeur et en exclusive de toute alternative politique, économique et sociale.

Le rêve de l’altérité possible définit l’homme rêvant à travers la conscience poussée à l’action, puisqu’il est perception et projection intime de soi.

Le rêve politique, parce que projection dynamique du changement social, est à la fois impulsion et attraction axiologique de l’action publique qui veut et tend à faire de lui la réalité.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE


 
 
 
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4 commentaires
  • > L’opinion petite-bourgeoise contre le rêve du changement social. 9 janvier 2009 18:37, par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

    Cher Cyborg, je suis d’accord à bien des égards avec ce que tu dis. Toutefois, toi et moi ne pouvons ni ne devons abandonner l’exclusivité du rêve aux ploutocrates. Leur rêve est le cauchemar des peuples exploités au profit des banquiers, des ministres, des pdg. Notre rêve est celui d’un monde où la richesse produite reste au profit de tout le peuple qui la produit. Leur rêve est destruction planétaire par l’exploitation outrancière, la vision climatérique de la consommation selon des besoins illimités oubliant les limites de notre planète alors que le nôtre (notre rêve) est la Décroissance, la frugalité, le partage et la décence...

    Par ailleurs, je suis à cent pour cent d’accord, quand tu dis, camarade, que des spécialistes, de faux altermondialistes font partie du mal. C’est exact, ils appartiennent pour la plupart à l’ordre actuel dont ils profitent. Heureusement, des penseurs et des savants quoique rares sont du bon côté !

    Rêver pour le militant du changement, est un combat, une action permanente dans la voie dynamique du but rêvé, ce n’est jamais un songe stagnant.

  • Non,Hitler aussi a fait rever avec ces delires,on sait ou nous a conduits ses reves.L’epoque actuelle est caracterisée par l’absence d’intellectuels honnetes,objectifs et impartials.Par contre il existe de nombreux charlatans specialistes et experts dans le monsenge et l’arnaque
    et le prets a penser qu’on appelle altermondialistes.Ces autoproclamés scientifiques n’ont pas aider a la comprehension des nouvelles donnes geopolitiques et geostrategiques.Ils ont faussée la grille de lecture du code des militants et des priorités dans la situation actuelle. J’ai meme remarquer qu’ils osent nous prevenir des dangers de l’imperialisme Chinois
    tout en faisant taire et oublier les crimes des imperialistes americains qu’ils n’ont jamais condamner par ailleurs parceque ,bien sur on touche quelques chose de chez l’oncle Sam.En clair les slogans ""de nouveau monde possible"" sont des cygles et des logos des nouveaux fonds commerces prosoperes et juteux qui les font vivre.Non je ne reverais pas avec n’importe qui.En fin faire reference a ""KARMA""qui divise la société Hindou en plusieurs classes est tres illustratif de la société
    contemporaine, permet moi d’ajouter que celui qui ne connait pas l’hidouisme et,si tu n’explique pas,il
    confendrai avec un mot arabe qui ne veut pas dire ce que tu veux dire.Camarade dans la vie pour militer
    a un veritable changement de société
    il faut des criteres et non pas du tout venant,c’est ce que m’a apris ma petite experience.

  • Un des articles les plus révolutionnaires que j’aie lu jusqu’à maintenant. Quelle analyse décapante ! et, comme à chaque fois que je lis Mr Loty Malebranche, il me faut revenir et revenir sur les propositions précédentes. Cet auteur n’est pas à prendre à la légère. Ses vues participent d’une précision lingusitique extraordinaire. Son EXIGENCE a surpasser les lieux communs de l’expression "journalistisque" de pure propagande (ou formelle), des discours communs entendus au premier degrés, me donnent vraiment l’occasion de comprendre ce qui , jadis, avait une appellation bien déterminée : la lutte des classe. Ce combat légitime des spoliés, des déshérités, tombé, semble-t-il, en désuétude, à cause du stalinisme essentiellement, reste plus que jamais à l’ordre du jour. Mr Loty Malebranche bouscule jusqu’à l’ordre établi du langage. Il met son érudition phénoménale à la portée de tous ceux qui comprennent, intuitivement, que la psychologie et la spiritualité (non synonyme d’un dieu tout-puissant) participent d’un éveil radical. Nous n’avons plus besoin d’être gouverné d’en haut. L’utopie, le rêve sont des réalités à la portée de tous. A condition de de nous défaire des possessions. L’homme naît nu et sans rien dit un vieux proverbe zen, et il n’emportera pas ses richesses dans la tombe.

    Voir en ligne : http://poesiedanger. blogspot.com

  • > L’opinion petite-bourgeoise contre le rêve du changement social. 10 janvier 2009 07:26, par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

    Merci Mr André Chenet. Venant de vous, un esprit aussi averti, aussi fécond, aussi anticonformiste, ces propos me ravissent. Votre intervention laudative, Monsieur, ne peut que me sustenter d’encouragement dans ce métier qui expose son homme à la critique facile et si souvent indigne et dénaturante.

    Car vous et moi, nous savons que l’écriture, parce qu’elle utilise les mots comme vecteurs d’expression, parce qu’elle est communication linguistique, donnent l’impression au commun qu’il peut s’ériger n’importe comment en critique de texte et ce hélas, trop souvent dans le sens du pire !

 
 
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